Nuncius Digital 27
- Soirée Mental - ACF IDf le vendredi 8 février 2002
- Le colloque Jacques Lacan à Varsovie, compte rendu de Serge Dziomba
- Séminaire sur les psychoses à Athènes
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Une soirée exceptionnelle organisée conjointement par la revue Mental de l’EEP-D et par le Séminaire de Lecture de l'ACF IdF aura lieu
le vendredi 8 février 2002
à 21 h 15
31, rue de Navarin - 75009 PARIS
Nous aurons le plaisir d'entendre Carlo Vigano et Marie-Hélène Brousse.
Carlo Vigano est membre de l'EEP et psychanalyste à Milan. Nous travaillerons avec lui autour de son texte Les nouveaux symptômes et la question préliminaire, l’exemple de la toxicomanie , paru dans Mental n°6 en Juillet 99 et repris dans Mental n°9 en Juin 2001.
Avec Marie-Hélène Brousse, Présidente de l'EEP et actuelle directrice de rédaction de Mental, nous découvrirons l'originalité de cette revue internationale qui tient au caractère délocalisé et translinguistique de l'EEP-D : Mental, revue de psychanalyse appliquée, témoigne du travail de praticiens de la psychanalyse confrontés, dans la diversité des institutions, aux interrogations concernant la clinique et la thérapeutique. Nous aurons donc l'occasion d'aborder des questions très actuelles. Comme le souligne Marie-Hélène Brousse dans son éditorial de Mental n°9, éditorial qu'elle intitule Notre souci : "psychanalystes, nous avons la responsabilité de la présence de la psychanalyse dans l'univers en mouvement des savoirs, dans le monde changeant des pratiques sociales de soin, dans l'opposition des différents discours constitués".
Le texte de Carlo Vigano (Mental n°9) sera disponible sur le site de l'ACF-Idf :
http://www.multimania.com/acfidf
On peut se procurer la revue Mental :
Responsable : Marie-Hélène Doguet, 25 rue Lestorey de Boulongne 76620 Le Havre
Fax : 02 35 46 32 96 - E-mail : mental@wanadoo.fr
Prix du numéro : 17 Euros (110 F) pour les numéros 7, 8, 9
11 Euros (70 F) pour les numéros 3, 6 (les autres numéros sont épuisés)
Abonnement 1 an / 2 numéros : 29 (190 F)
Abonnement 2 ans / 4 numéros : 57 (380 F)
La neige nous avait précédé de peu. Il faisait presque froid quand nous arrivâmes. La salle était grande, nous y fumes confortablement installés. Il y avait là prés de cent personnes. Des jeunes et des moins jeunes, étudiants, en philosophie, en psychologie, des universitaires, des cliniciens psychiatres ou psychologues. La France étaient représentée comme telle, madame Elisabeth De Pontbriand parla au nom de Monsieur l'ambassadeur désolé d'être absent. Elle me dit son intérêt personnel à être en ce colloque. Son allocution porta sur l'importance de Jacques Lacan dans le rayonnement français, et ce fut une joie d'apprendre que l'ambassade désire participer financièrement à l'édition de l'oeuvre de Jacques Lacan en Pologne, car il s'agit là d'une prise de position publique, d'un engagement d'importance, c'était la bon-heur !
Guy Trobas fit l'introduction au travail proprement dit du colloque, en creusant un sillon où devait se vérifier durant ces deux jours l'influence de Lacan en Pologne au delà de la petite communauté qui l'étudie et s'en réclame. La réponse assez inattendue je dois le dire connaissant un peu l'université polonaise, vint d'un professeur, philologue, qui sut nous capter en nous adressant une mise en garde face à l'absence du texte traduit de Lacan. Les étudiants, les intellectuels en Pologne n'ont qu'une approche déformée, car aucun accès direct aux textes, d'où " un risque, celui d'une défiguration très grave. ". Il nous indiqua alors, l'enjeu de la psychanalyse à l'université tel qu'il le conçoit, " mener un véritable travail critique avec le soucis de la restitution de la pensée lacanienne ", la traduction de l'oeuvre de Jacques Lacan en polonais, prit d'autant un caractère incontournable et urgent. Miroslaw Loba conclut sa belle intervention sur ce trait qu'en Pologne, " la pensée lacanienne retrouve enfin sa nature rebelle ".Comme en écho, Ricardo Carrabino nous rendit présent ce texte si fameux de Jacques Lacan " Peut-être à Vincennes ",qui vient marquer la tache de l'enseignement de la psychanalyse à l'université.
Il fut aussi question de politique dans ce colloque, de Jacques Lacan et la politique. Barbara Gorczyca apporta un témoignage sur l'influence qu'eut sur elle alors qu'elle était jeune psychiatre, la façon dont Lacan se préoccupait du monde qui l'entourait, et comment la dimension de la responsabilité toujours présente chez Lacan l'avait marquée. Agnieszka Doda jeune chercheuse en sciences sociales osa, cela fut formidable, nous montrer qu'elle avait lu la " conférence de Milan " de mai 1972 dans laquelle figure une formalisation du discours du capitaliste.
Le réel lacanien sut se faire entendre par la voix de Philippe Stasse qui nous l'introduisit pour le distinguer de la réalité du psychologue. Cette intervention je la rapproche de celle que fit Marie-Hélène Doguet-Dziomba où il fut question de l'homo- psychologicus, de Canguilhem et son article " Qu'est ce que la psychologie ? ". Il me reste en mémoire la façon dont elle fit valoir la distinction entre l'individu et le sujet, la responsabilité subjective comme fait clinique et non pas du coté d'une idéologie ou d'un idéal de la psychanalyse. Ces termes de réel, de sujet, furent aussi marquant dans les propos de Barbara Kowalow, comme dans ceux de Dorota Parnowska, l'une par l'accent mis sur l'au delà de l'oedipe comme l'horizon de la clinique dans l'orientation lacanienne, l'autre qui indiqua " qu'avec la psychanalyse est produit un parlêtre qui sait sa part d'incurable, allégé de l'illusion de la complétude. ".
Nous eûmes également l'intervention d'un poète qui parla de la poésie comme d'un mode de traitement " du mélange des sentiments et de l'émotion ", au delà de la communication, en étroite relation avec la lalangue. Quand à la fin de sa réflexion il nous lu un de ses poèmes, j'en restais sans voix...Son nom:Tadeusz Pioro.
L'animation partit aussi de la salle où questions, réflexions se sont succédés avec cette force qui résulte d'une énonciation habitée par une passion. Du vivant, Jacques Lacan était vivant à Varsovie, ces 1er et 2 décembre 2001.
Serge Dziomba
Cette année un séminaire sur les psychoses est organisé à partir de l' écrit de J. Lacan «D' une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose».
Ce seminaire est bimensuel et ouvert au public. Il a lieu dans l' amphitheatre du Centre Hospitalier Départemental d' Athènes G. Gennimatas. Il a debuté le mardi 27 novembre 2001. Vingt cinq personnes environ y participent (psychiatres, internes, psychologues et étudiants en psychologie).
Les responsables du séminaire sont : Dora Pertessi, Epaminondas Theodoridis et Dimitris Vergetis.
Bien cordialement
Epaminondas Theodoridis