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Martin Deleixhe est professeur intérimaire à l’Université Saint-Louis – Bruxelles. Il enseigne également à Sciences Po Lille. Ses recherches portent sur des problématiques situées au carrefour des théories de la démocratie de la sociologie des migrations. Outre de nombreux articles scientifiques consacrés à ce sujet, il a par ailleurs publié deux livres. L’un est consacré à la trajectoire intellectuelle singulière du philosophe politique Étienne Balibar, L’illimitation démocratique(1) et l’autre explore les difficultés normatives soulevées par le contrôle des frontières dans les démocraties contemporaines, et en particulier aux frontières extérieures de l’Union européenne, Aux bords de la démocratie(2).


(1) Paris, Michalon, 2014.

(2) Paris, Classiques Garnier, 2016.



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Martin Deleixhe
is Acting Professor at Saint Louis University – Brussels. He also teaches at Sciences Po Lille [Lille Institute of Political Studies]. His research focuses on issues at the crossroads of theories of democracy with respect to the sociology of migration. In addition to numerous scientific articles on this subject, he has also published two books. One is devoted to the unique intellectual journey of the political philosopher Étienne Balibar, L’illimitation démocratique [Democratic Illimitation] (1), and the other explores the normative difficulties raised by border controls in contemporary democracies, and in particular at the external borders of Europe. l’Union européenne, Aux bords de la démocratie [European Union, On the Edges of Democracy] (2).


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Du vertige à la vertu – du méconnu à l'inconnu

Maria Novaes

« Je préférerais que mon fils meure dans un accident de voiture

plutôt que de le voir avec un moustachu »

« Jamais j'irai vous violer, vous ne méritez même pas ça,

vous êtes trop moche »

« Les gauchistes devront choisir entre la prison et l'exil.

Ils seront bannis de notre pays.

Ce sera une purge comme jamais le Brésil n'en a connu »

(Jair Bolsonaro)

L'entre-deux tours des présidentielles brésiliennes* a été marqué, entre autres, par une proposition très intéressante dans les réseaux sociaux. Pour essayer d'atteindre certains électeurs de Bolsonaro, quelqu'un a lancé comme défi que ces personnes ressentent les effets des paroles choquantes du candidat. Qu'ils puissent prendre la parole dans leur entourage et qu'en proférant ces mots, d'en faire ainsi l'épreuve et prendre la mesure de leur impact… sur eux même. Et peut-être changer d'avis ? Une rencontre ultime avec la partie méconnue d'eux même, celle sur laquelle la psychanalyse peut nous éclairer. À la rencontre de ce méconnu le corps ! – aurait pu s'appeler ce défi, rencontre ultime et ratée, au regard du résultat de ces élections.

Nous ne sommes pas dupes, quand traversés par les effets d'une cure ainsi que par l'enseignement de Freud et de Lacan, du fait que le malaise dans la civilisation est structurel. Le choix d'un sujet se situant entre le refoulement et l'agressivité, la pulsion de mort est inexorablement de la partie. Cela conduira certains, cherchant à rester sous l'injonction de l'amour du prochain, à nommer le « mal » à condition qu'il se situe dehors, chez l'autre. C’est le terreau fertile de la haine, invitée, voire protagoniste de ces élections. Vertige !

L'éthique de la psychanalyse comporte un savoir y faire avec l'inconnu, elle relève de l'impossible à tout dire. C’est une éthique du bien-dire qui n'éradique pas l'inconnu,  elle s’en soutient; elle se soutient de l'impossible à dire toute la vérité. « C'est même par cet impossible que la vérité tient au réel », nous dit Lacan dans Télévision, (p. 9). Pour échapper au vertige, la vertu du gai sçavoir, comme nous propose Lacan, encore dans Télévision (p. 40) car l’éthique du bien-dire permet d'apprivoiser cet inconnu du corps sans passer par le sens ou par  la compréhension (1).

Si on peut ici aujourd'hui faire référence aux discours qui tuent, c'est parce que le corps, cet inconnu dont on a parlé ici, grâce aux effets du discours psychanalytique, est aussi celui qui insiste en tant que méconnu, étrange au sujet – étrangeté que Freud a su néanmoins épingler comme la part la plus intime et qui, expulsée, donne corps à l'objet de la haine de l'autre.

Il y a deux ans, le président élu, à l'époque député, a justifié son vote pour la destitution de la présidente Dilma Roussef, en s'appuyant sur l'éloge du militaire responsable d'avoir torturé plusieurs femmes, dont l'ancienne présidente en question. Cela en dit long sur les ressorts de l'élection de cet homme. Mais cette phrase-là, prononcée par lui ce jour fatidique, je fais le choix de ne pas la dire ici.

* Prononcé le 24 novembre 2018, à l’occasion du colloque annuel de l’ACF Voie domitienne, « A la rencontre de cet inconnu, le corps »

(1) « Non pas comprendre, piquer dans les sens, dit Lacan, mais le raser d'aussi près qu'il se peut sans qu'il fasse glu pour cette vertu, pour cela jouir du déchiffrage, ce qui implique que le gay sçavoir n'en fasse au terme que la chute, le retour au péché » (Télévision, p. 40)

 

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Les choix politiques au XXIe siècle

Angelina Harari




Nous reprenons, ci-dessous, un texte qu’Angelina Harari écrivait le 22 mars 2017, moins de deux mois avant les élections présidentielles françaises de 2017, et plus d’un an avant les élections présidentielles brésiliennes




On sent, à lire les Écrits de Jacques Lacan, qu’il poursuit toujours un seul et même débat : le débat des lumières !


Comment les élections présidentielles françaises résonneront-elles outre Atlantique ?

Des élections récentes ont montré que les choix politiques sont aujourd’hui de plus en plus terribles, ils relèvent de la rage.


Un titre dans les médias France’s next revolution attirait, il y a peu, l’attention sur le vocable « révolution ». On explique, dans l’article qui porte ce titre, la raison pour laquelle les élections présidentielles françaises auront des conséquences qui dépasseront les frontières, que leurs résultats revitalisent l’Union européenne ou la détruisent.


Un choix politique vers l’extrême-droite en France, s’il se produit, montrerait-il que l’escalade de la démagogie et le nationalisme de droite avaient juste été mis sous le tapis ? Ce serait alors un réveil douloureux, le réveil du rêve d’un état démocratique de droit qui s’étendait harmonieusement, et petit à petit, partout, depuis la chute du Mur de Berlin(2).


Qu’en est-il au-delà des frontières européennes ? Quid du Brésil ? Qu’est-ce donc qui pourrait sortir de sous le tapis au Brésil ? Le vote pourrait-il imposer une extrême-droite qui n’existe plus depuis la fin du régime militaire en 1985 et l’instauration de la VIe République Brésilienne, laquelle se caractérise par une ample démocratisation politique et une stabilité économique ?


Une esquisse d’extrême-droite – esquisse puisqu’il n’existe pas un parti d’extrême-droite aujourd’hui au Brésil – se profile par la voie d’un député de Rio, militaire à la retraite, évangélique, qui gagne en notoriété depuis l’impeachment de la Présidente Dilma Rousseff. En peu de temps, il a déjà récolté 12 % des intentions de vote pour la présidentielle de 2018. Il a changé de parti au début 2016, pour choisir celui avec lequel il lancera sa campagne comme candidat à la présidence 2018. Dans son programme de gouvernement, il clame vouloir récupérer la fierté nationale, c’est-à-dire la fierté militaire, et promet, le cas échéant, d’offrir aux militaires la moitié des ministères de son gouvernement. La défense de la torture et l’obtention d’information de manière « énergique » font bien évidemment partie de son programme.


En France, où le vote n’est pas obligatoire, le mouvement de nos collègues psychanalystes a poussé, non pas à s’abstenir de voter, mais à voter contre MLP. Au Brésil, où le vote est obligatoire, il nous faudra à tout prix éviter les choix politiques poignants qui relèvent de la rage, les choix politiques subjectifs et imprévisibles.




(1) economiste.com, 4 mars 2017.

(2) folha.uol.com.br, in ilustríssima, 19/03/17.

 

 


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L’ARGUMENT

 

Le cerveau est en passe de devenir le poumon de Toinette. Plus rien qui n’y soit référé. Après le décryptage du génome, les développements techniques de la science nous promettent de lever – certes, pour… bientôt ! – les derniers secrets du fonctionnement du cerveau. Neuro-ci, neuro-là, les espoirs sont grands, les progrès évidents.

Ce qui marque, c’est que ce ne sont plus seulement les atteintes neurologiques ou encore ledit développement de l’intelligence qui en sont l’objet. Toutes les dimensions de l’être et de la pensée sont maintenant visées et concernées. Affects, sentiments, névrose, sexualité, amour, haine et bonheur – plus rien n’y échappe. La « vie mentale »1 est promise à l’accès au rang d’une science et d’un traitement « objectif ». L’inconscient-même sonne comme le dernier bastion dont on trouvera la clé neurologique. D’où les errances où s’engouffrent d’aucuns, psychanalystes évidemment compris, d’un possible décloisonnement des disciplines : le cerveau se présentant comme le dénominateur commun « naturel » de la supposition que le psychique est cérébral.

Qu’on ne s’y trompe pas : l’inconscient de la psychanalyse, c’est pour mieux le tuer. L’aveu est de rectifier l’erreur freudienne qui, à l’instar de Christophe Colomb, aurait découvert autre chose que ce qu’il croyait 2. Vive l’inconscient cognitif, où l’inconscient se trouve réduit à ce que ni Freud ni Lacan ne voulaient qu’il soit : les processus non conscients. Là se trouve le projet de fonder le cognitivisme sur l’inconscient lui-même.

Les véritables noces sont ailleurs. La marche en avant de la science dans son couplage à la technique fonde, à l’époque où la production est devenue le signifiant-maître mondial, un discours de la quantification qui emporte tout. Le matérialisme cognitiviste, et sa croyance que l’homme est une machine à traiter de l’information, a trouvé dans le cerveau son objet majeur 3. Il lui permet de mieux voiler ou de redonner du lustre à son origine behavioriste, qui faisait dans son application au champ de l’humain, il n’y a pas si longtemps encore, honte. Le cognitivisme s’emploie à démontrer la légitimité du réductionnisme qui l’habite : celui de réduire la qualité à des quantités. L’évaluation en est le bras opérationnel et son idéologie. Un peu, beaucoup, passionnément est dès lors appliqué à tous les champs et « le suffixe neuro est la forme que prend le chiffre quand il vient capturer le psychique »4. L’imagerie cérébrale donne à ces mesures et corrélations, où tout peut être comparé, un substrat supposément scientifique – dont les plus honnêtes disent parfois ne pas savoir quoi en déduire –, mais dont on infère des processus mentaux et des solutions curatives qui ne mènent la plupart du temps pas bien loin. PIPOL 9 s’attèlera à dresser cette radioscopie des neurosciences.

L’individu est séduit par cette proposition de s’identifier à son organisme5 par le biais de la mesure. Il aime à s’imaginer être une machine et ne répugne pas à voir son cerveau comparé dans son fonctionnement à un ordinateur aux potentialités incroyables. Il croit y trouver, par le chiffrage, une assurance et l’existence de son être qui ne cesse de fuir et qu’il n’a de cesse de vouloir rejoindre. Il y trouve aussi un idéal d’égalité – tous identiques et comparables – adéquat au souci démocratique. Le politique y trouve lui, depuis qu’il s’est enquis de s’occuper de la santé et du bonheur des peuples – ce qui n’est, pour une part, pas pour nous rassurer – un allié dans la gestion et la maîtrise des populations. Augmenter et optimiser, par la rectification de ce qui se trouve rabattu sur des biais cognitifs ou des sous-utilisations de potentialités, sont autant de promesses de lendemains qui chantent. Certes la courbe est souvent rentrante – c’est que le cerveau est une machinerie complexe, voyez-vous ! Mais la promesse reste de guérir du malaise dans la civilisation ; la séduction, puissante.

Il en sera ainsi. Ce sera pour le meilleur… et pour le pire. L’introjection du surmoi de la production, Performe ! – Jouis !, dira Jacques Lacan – n’a pas attendu pour produire ses effets en retour : burnout, suicide au travail, addiction, dépression, violence, exclusion, ségrégation et haine du différent. Quand il ne prend pas cette intensité mortifère, le nouvel impératif qui prescrit de se rendre maitre de soi et de son corps dans un rapport de bien-être rencontre les paradoxes de la jouissance que l’expérience d’une psychanalyse isole. À savoir, l’inconfort et l’intranquillité, non de l’individu, mais de ce que nous appelons avec Lacan, le sujet divisé, qui n’est jamais pareil et transparent à lui-même, qui reste non homogène, non catégorisable, incomparable. Bref, ce qui de l’individu met « en échec les algorithmes les mieux conçus […] les calculs les plus massifs qui prétendent tout expliquer, tout évaluer, tout prévoir »6, fût-ce par les connexions neuronales et les activités du cerveau.

Une éthique du désir s’oppose à cette civilisation du chiffre et de l’imagerie cérébrale. L’inconscient, de la psychanalyse, témoigne de cela. Non, l’inconscient n’est pas une mémoire, fût-elle enfouie, oubliée, non consciente. Il n’est pas non plus la trace laissée par l’expérience, qui témoignerait de la plasticité neuronale. Si Freud et Lacan ont pu explorer ces pistes, c’est pour en arriver, par l’expérience, à la conclusion que l’inconscient que nous rencontrons par la psychanalyse témoigne d’un réel qui lui est propre. L’expérience d’une psychanalyse ne dit rien au cerveauPIPOL 9 en recueillera les témoignages.

Ce dont l’expérience accumulée de la psychanalyse témoigne, c’est d’une insurrection du symptôme contre la catégorisation forcée à laquelle le sujet refuse de se laisser réduire. L’inconscient de la psychanalyse témoigne par ses effets retours qui font toujours effraction, trou, d’une commémoration d’une rencontre certes, mais d’une rencontre manquée avec une satisfaction qui conviendrait et qui, du coup, n’est jamais advenue. L’inconscient, c’est cette insistance d’une perte inassimilable qui réitère, et ne se laisse ni représenter ni mettre en image. Le corps est « une surface d’inscription de [ce qu’avec Lacan nous appelons] la jouissance qui ne cesse de fuir »7. À cet égard, l’image du corps voile le réel de la jouissance. Elle donne l’illusion, par une image mentale (dont Lacan a su traduire l’opération dans le stade du miroir), d’une unité et complétude du corps, alors que la pulsion qui l’anime est toujours en quelque sorte inachevée, partielle, disons-nous avec Freud. Cette image, c’est ce que les neurosciences tentent d’attraper par l’imagerie cérébrale. Le paradoxe, c’est qu’elle n’est pas du corps, mais relève du mental, du Moi comme image idéale de soi. C’est une méconnaissance des propriétés du corps de l’être parlant. Les neurosciences prolongent cette volonté de méconnaissance avec un arsenal technique inégalé. À cet égard, nous pouvons dire que le cerveau ne connaît pas la pulsion – au sens où la pulsion fait trou dans la cognition.

PIPOL 9 nous permettra de dresser les contours du réel propre dont l’inconscient témoigne. Il devrait nous permettre de resserrer cette notion d’inconscient au regard de l’époque. Nous maintenons, avec Jacques-Alain Miller, qu’il nous faut le soutenir comme « ek-sistant hors des normes du discours scientifique, si nous voulons sauver la psychanalyse »8. C’est en effet l’enjeu. Si, dans ce tintamarre de la fausse évidence, la voix de la psychanalyse peut paraitre faible, la puissance de la force du réel du symptôme n’est pas sans promettre quelques déboires à ceux qui parieraient sur son éradication ou sa maîtrise.

Faire l’hypothèse éthique de l’inconscient de la psychanalyse, d’une autre scène où le sujet peine à se reconnaître identique à lui-même, a des conséquences dans le rapport à l’humain. Il détermine une dimension éthique qui traverse dès lors l’ensemble des pratiques qui s’y rapportent.

Tous les champs de l’humain, y compris l’art, sont maintenant convoqués par le neuro-paradigme. L’enfant – objet électif de l’éducation – en est la première cible. Mais l’enfance se prolongeant maintenant loin, c’est l’être parlant dans son ensemble qui est concerné. Plus rien de l’en-dehors du champ des apprentissages 9 ne semble y avoir sa place. Les projets dans ce domaine ne sont pas sans être traversés de visées extravagantes, au mieux dérisoires, au pire dans leur dimension éthique, attentatoires à quelques principes de liberté. PIPOL 9 sera à même d’en récolter et d’en dévoiler quelques-uns à l’opinion éclairée.

Enfin, le champ de ladite santé mentale est évidemment en première ligne impacté. Si le neuro-paradigme peut se présenter modeste et habité des meilleures intentions, les praticiens de cette dite santé mentale, d’Europe et son au-delà, sont bien placés pour vivre dans leur chair la rectification forcée des pratiques à l’œuvre, opérée partout par le politique et son administration. Toutes ces politiques visent ouvertement le champ que nous appelons du transfert et de l’inconscient. Car c’est, bien au-delà, le champ de l’ensemble des pratiques de la parole qui se trouvent remises en cause.

L’idéologie du chiffre et le neuro-paradigme fondent des discours sans au-delà, qui produisent une vacuité sémantique. Comme l’indique Lacan, « le progrès de la science fait s’évanouir la fonction de la cause »10, au sens où se produit un « ça veut dire quelque chose » là où « se rompt l’implication du sujet dans sa conduite »11. Ils sont congruents en cela avec la perte de sens, des valeurs morales et des pratiques qui se fondent sur la recherche d’une vérité. Nous en voyons tous les jours se déployer les effets. Le discours politique en est lui-même traversé, non sans quelques inquiétudes pour les temps à venir. Sans l’orientation de la psychanalyse, qui est une pratique qui se fonde du mouvement des Lumières, le champ semble libre soit à toutes les formes d’obscurantisme et d’ésotérisme, soit au nouvel essor du religieux.

PIPOL 9 donnera l’occasion à plus de cent quarante praticiens de démontrer les effets d’utilité publique de pratiques cliniques qui se fondent encore sur l’hypothèse éthique de l’inconscient, relevant du champ de la parole et du langage. Un aggiornamento des symptômes produits par ces coordonnées nouvelles du discours de la science s’y fera. Face aux symptômes d’aujourd’hui, ce sera aussi l’occasion de révéler l’ampleur du désarroi qu’a procuré dans le champ psy la disparition progressive de la dialectique des repères cliniques au profit de leur classification statistique et neurobiologique – repères que la psychanalyse d’orientation lacanienne a pu préserver et mettre à jour.

Qu’il y ait des interventions sur le cerveau qui puissent changer les comportements, les modifier, n’est pas à mettre en doute. C’est même ce qui ne cesse d’inquiéter. Personne ne méconnait les progrès permis par la science dans le champ du médical en général, et dans le domaine du cerveau en particulier. Un saut s’opère par contre quand nous entrons dans le champ de la subjectivité et du mental. La psychanalyse sera à même d’en récolter les effets, tant elle est le lieu d’adresse et d’interprétation de ce qui constitue la faille absolue qui habite l’être parlant.

Comme psychanalyste, nous avons l’expérience que la rencontre avec la jouissance et les manifestations du désir – si celles-ci produisent peut-être de la dopamine ! – ne relève pas moins de la contingence absolue. Jouissance et désir sont toujours singuliers, ne répondent à aucun modèle, et ne sont soumis qu’à la loi de la pure rencontre. Dans le champ du rapport entre les sexes chez l’être parlant, rien ne relève d’un programme établi – seule l’invention y est de mise. C’est ce que Lacan épinglait de l’aphorisme : Il n’y a pas de rapport sexuel. C’est là-dessus que nous fondons notre boussole en tant que psychanalyste. Il y a ce que nous nommons une jouissance dérangée, intrinsèquement dysfonctionnelle, de l’être parlant à son propre corps. Elle fait barrage au rapport entre les sexes et à toute possibilité de réconciliation hédoniste. Cette faille est à l’opposé de tout déterminisme physique, programme ou réel calculable. Elle relève d’un réel qui reste à la merci de la contingence absolue.

La psychanalyse propose un choix éthique : promettre à chaque un qui veut s’y prêter qu’il ne sera pas comparé ni « rééduqué », tout en lui proposant de serrer au maximum les coordonnées singulières qui fondent l’inconciliable de la contingence qui lui est propre. Pour qu’il puisse s’orienter dans la vie à partir de la logique qui détermine son mode d’être toujours symptomatique, à l’écart des illusions de l’identification.

Ce choix, c’est celui auquel PIPOL 9 ouvrira grandes ses portes, tout autant qu’il regardera en face et élucidera celui avec lequel il n’a rien en commun !

Cet argument développé reprend les axes qui organiseront le blog PIPOL 9

————————-

1 Dehaene S., Vers une science de la vie mentale, Leçons inaugurales du Collège de France, Fayard, 2018.

2 Naccache L., Le nouvel inconscient, Freud, le Christophe Colomb des neurosciences, Odile Jacob Poches, 2009.

3 Miller J.-A., « L’orientation lacanienne, Tout le monde est fou », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l’université́ Paris VIII, leçon du 16 janvier 2008, inédit.

4 Miller J.-A., « L’orientation lacanienne, Tout le monde est fou », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l’université Paris VIII, leçon du 23 janvier 2008, inédit.

5 Laurent É., L’envers de la biopolitique, Une écriture pour la jouissance, Navarin, Champ freudien, 2016, p. 19.

Ibid., p. 10.

Ibid., p. 15.

8 Miller J.-A., « L’orientation lacanienne, Tout le monde est fou », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l’université́ Paris VIII, leçon du 9 février 2008, inédit.

9 Lacan J., Le Séminaire, livre X, L’angoisse, Seuil, Paris, 2004, p. 335.

10 Ibid., p. 329.

11 Ibid., p. 325.

 
 
 
     
 
 
 
 

 

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Enric Berenguer


Dans l’histoire de l’humanité, les pires désastres ont été faits au nom du bien. Et, une des formes les plus dangereuses de l’application de cette prémisse du bien dans la politique, passe par l’idée de solution. À chaque fois qu’on commence à trop entendre parler de solutions, il y a de quoi se mettre à frémir du pire que cela augure.


Or, nous vivons un temps de solutions. Ce qu’on appelle populisme en politique — dont il y en a tant de versions qu’on dirait que c’est simplement un nom de la politique d’aujourd’hui — est souvent, sinon toujours, un discours des solutions. L’on est excédés par les problèmes que l’on connaît depuis toujours et de constater les partis politiques “traditionnels”, “l’establishment”, etc., s’avèrent incapables d’y apporter une solution. Alors, il faut trouver des nouvelles solutions, et le faire vite — dans le style qu’a le sujet contemporain de vivre le temps, celui de sa vie : l’attente, l’insistance, même la patience, n’ont plus de place.


On s’affaire donc à trouver des problèmes non résolus et, dans le marché des discours politiques disponibles, on peut facilement choisir celui qui promet la solution la plus rapide et radicale. Y’a t-il de l’immigration ? Le plus évident est, sans doute, d’ériger un mur, ou bien d’empêcher quelques pauvres bateaux d’arriver dans un port ou sur une plage — avec le cynique espoir que ce seront le désert ou la mer qui feront le reste. Est-on mal dans l’Europe ? Ne répond-elle pas à ce que nous en attendions ? Alors, c’est facile : on s’en va !


Le rapport de Donald Trump avec ses voisins du Sud est à cet égard très parlant. Des pays comme le Honduras et le Salvador et, d’un point de vue plus large, toute la région, ont souffert pendant des décennies des politiques agressives de la part des États-Unis qui, parfois, sont intervenus très violemment, empêchant la construction de solutions démocratiques originales (le Guatemala avec Arbenz, par exemple), tout en retirant, d’autre part, des bénéfices énormes d’une main-d’œuvre clandestine (Mexique, Guatemala, Salvador, Honduras), sans aucune protection et qui devait accepter des salaires de misère dans des conditions inhumaines de vie.


Mais voilà que ces personnes résistent, qu’ils vivent leur vie et qui font entendre partout leurs accents doux, leur musique et leur manière de vivre. Le pire étant qu’ils peuvent même parvenir à constituer une certaine communauté, non négligeable dans les calculs électoraux ! Il faudra donc construire un mur, pour en finir avec ce à quoi on a décidément participé.


C’est la même chose avec la production et le trafic de cocaïne, par les pays voisins des États-Unis : aucune “War on drugs” — ce qui a justifié toute une politique, avec des mesures militaires et une alliance presque perpétuelle entre les “tough guys” du spectre politique de toute la région — ne peut voiler le statut de symptôme dont un élément fondamental est la demande intarissable de stupéfiants. Qu’importe que “the U.S. Opioid Epidemic”, les “Synthetic drugs” et même les “designer drugs”, démontrent que le marché des jouissances nord-américain peut, assez bien, se passer des importations du sud.


On a déjà une perspective suffisante pour savoir ce que donnent les solutions “radicales” et définitives. Ce qui ne fait aucun doute, c’est que cela multiplie les morts et la souffrance. Mais voilà que les problèmes persistent et, parfois même, s’aggravent. Et, qui plus est, les consignes brutales lancées aux quatre vents “pour en finir” tendent à aggraver les symptômes qui devaient disparaitre. Et même elles suscitent des réponses inattendues. Le rejet le plus brutal produit quelquefois un effet d’appel paradoxal.


En voilà un exemple, celui de la caravane qui depuis le Honduras a traversé l’Amérique Centrale et le Mexique, et qui est maintenant parvenue jusqu’aux portes, ou plutôt jusqu’au mur, des États-Unis de Donald Trump. Même la menace explicite de la mort est sans effet sur ceux qui cohabitent quotidiennement avec la mort dans ses formes les plus brutales. Qui sait même si, face à une mort banale et anonyme — une unité de plus à ajouter aux chiffres habituels — on peut y préférer une mort qui résulterait d’un défi contre les maîtres du monde, sous les yeux du regard universel des médias. Phénomène collectif, d’autre part, qui fait passer ce qui normalement relève de la solitude de chacun à ce qui, dans les structures du fantasme y et la temporalité du passage à l’acte, est susceptible d’être partagé dans l’illusion d’une communauté.


Nous avons tous — partout il y en a — des symptômes dont on n’en veut pas. C’est ce qui fait que, en Europe par exemple, les années 30 font retour. C’est stupéfiant de voir comment on reprend des discours et on revendique même des figures de solutions promises qui ont conduit au désastre. Avec l’espoir que, cette fois, on fera mieux — bien sûr ! —, puisqu’on connaît quand et pourquoi on s’est trompés : on ne va pas répéter les mêmes erreurs, mais seulement reprendre quelques bonnes inspirations, très bien justifiées au nom du bien pour, cette fois, les conduire à la fin que l’ange de l’histoire leur aurait arrachée.


Chez nous, en Espagne, c’est le symptôme “Transition” et la “mémoire” de la Guerre ; le retour à ce qui au fil des années semblait possible. Fantasme de mémoire construit sur des oublis sélectifs — chacun le sien, que ce soit insu ou inavouable. On n’en veut plus de ce symptôme dont nul ne veut se faire responsable. On préfère trancher, s’en aller, tout découvrir : la vérité, sans voiles, devrait nous sauver. Tandis que, de l’autre côté, on prétend substituer aux liens de la parole ceux de la pire version de la loi. Loi dans laquelle, au fond, ils n’ont jamais vraiment cru. Et on répond, tant aux abus de la mémoire qu’à son évocation légitime, avec son simple et pur effacement ou une manipulation cynique de l’histoire.


Récemment, Antoni Puigverd, dans La Vanguardia, disait que ceux qu’ont vécu la fameuse Transition n’avaient pas besoin d’une loi de la mémoire, puisqu’on se souvenait très bien et on voulait autre chose. (1)


Récemment aussi, un livre de conversations est paru, signé par un journaliste et un jeune protagoniste de la politique espagnole. Le titre est intéressant : Nœud Espagne (2). Voilà une topologie plus intéressante, quelque chose, peut-être, un peu plus près du réel qui, lui, ne se laisse pas réduire à des catégories binaires : dehors/dedans, nous/eux, problème/solution.


Bien sûr, il y a des vieux symptômes qu’il nous faut traiter ; assurément, ils ont perdu une partie de leur efficacité. Mais pour les traiter il faut commencer pour s’en faire responsables. Il faut voir ce que nous faisons avec les ficelles du nœud, même quand il s’agit d’en faire autre chose. Puisque chaque ficelle est un lien, qu’on veuille ou pas le reconnaître.


(1) Antoni Puigvert, “Cólera”, La Vanguardia, 05/11/2018

(2) P. Iglesias, E. Juliana, Nudo España, Arpa, 2018.




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Entretien avec Léonard Simon,

le photographe de l’affiche du Forum Européen

 

 

we are not terrorists.jpg

 

Marie Brémond : Pourquoi avez-vous choisi, entre autres, l’image Open the borders, we are not terrorists pour votre série Idomeni ?

Léonard Simon : J’ai passé sept jours à Idomeni en mars 2016. La plupart du temps, ma tente juxtaposait celle des réfugiés. J’avais donc beaucoup de temps à ma disposition pour les rencontrer. Le camp était un rassemblement assez branlant de tentes installées au bord de la frontière gréco-macédonienne. Il n’y avait ni murs ni barbelés pour le délimiter. Les gens ne savaient littéralement pas vers où aller ensuite.

Pendant le temps où je suis resté sur place, il n’y a pas eu de confrontations violentes entre les réfugiés et la police ou les militaires. Il y avait beaucoup de journalistes présents, parfois certains y restaient plusieurs semaines.

La protestation que vous pouvez voir sur la photo était celle d’un petit groupe de gens qui portaient des panneaux avec différents messages. Peu de temps avant cette protestation, il y avait eu les attentats terroristes à Bruxelles. Et, même dans le camp, les réfugiés pouvaient sentir l’hostilité nourrie à leur égard. Ces protestations, c’était une façon pour eux de communiquer avec la population européenne.

Marie Brémond : Et cette image avec le Hamburger et l’amoncellement de batteries de smartphones, qu’est-ce qu’elle raconte ?

 

big mac.jpg

 

Léonard Simon : Lors de mes expositions, les gens étaient un peu perdus face à cette photo, ils trouvaient bizarre que les réfugiés aient des Smartphones assez chers. Mais la photo dit bien plus, si l’on y pense :

D’abord, oui, ces gens avaient des Smartphones pour la plupart, et comme pour beaucoup de gens dans le monde, pas des plus nouveaux. Ensuite, on voit beaucoup de Smartphones, mais seulement une seule prise, sale. En estimant à 7000 environ le nombre de personnes présentes dans ce camp, vous imaginez l’amoncellement autour du peu de prises disponibles !

Par ailleurs, j’ai choisi cette image, pour le hamburger qui se trouve à l’arrière-plan, tel le désir inatteignable de ces gens vivant dans les camps. Pour beaucoup, la seule façon de faire du thé, par exemple, était de faire chauffer de l’eau dans une bouteille en plastique au-dessus du feu de camp.

Marie Brémond : Que pouvez-vous dire de la photo que nous avons choisie pour le forum ?

 

the barbed.jpg

 

Léonard Simon : Elle représente les grillages en barbelés à la frontière de la Macédoine, avec des enfants qui jouent et qui parlent dans un arbre juste à côté des barbelés. Les arbres, eux-mêmes, ont un air hostile, même s’ils tentent de s’élever au-dessus des barbelés. Ces enfants, dans toute leur innocence de la situation, n’auront sûrement jamais la possibilité de les franchir. C’est un moment très triste, sans joie ni espoir.

Marie Brémond : Quelles sont les rencontres qui vous ont marqué sur cette route des Balkans ? Quels souvenirs en gardez-vous ?

Léonard Simon : Des souvenirs très positifs. Les gens qui vivaient dans ces camps étaient heureux que l’on s’intéresse à leur destin.

Mais j’ai été marqué aussi par le fait que beaucoup de personnes tentaient de tirer profit des réfugiés. Dès que des réfugiés franchissaient la frontière, ils devaient payer un chauffeur de taxi, un ticket de bus, de train. Mais, du moment qu’ils partaient et pouvaient payer leur déplacement, tout le monde était « content ». Je n’oublie pas non plus les petits restaurants installés sur la route avec des panneaux en arabe pour vendre des boissons et de la nourriture.

J’ai été frappé également par le fait qu’il n’y avait jamais de silence dans le camp, il n’y avait pas non plus un seul endroit au chaud ou au sec. Les installations changeaient tout le temps, sans aucune protection contre la pluie ou d’autres intempéries.

 

Lien vers la série photographique Idomeni :

http://lsphotography.eu/photo_press/idomeni/#7





 

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