
N’oubliez pas d’emmener votre billet d’inscription pour l’enregistrement
Soit imprimé, soit sur votre téléphone portable
Please do not forget to bring your registration ticket which you will need to sign in;
either in printed format, or on your smartphone.
Vous ne retrouvez plus votre billet d'inscription?
Récupérez-le en introduisant votre adresse mail dans le module d'inscriptions sur Weezevent:
You haven't received your entry ticket?
Retrieve it by entering your email address in the registrations field on Weezevent:
|
New Lacanian School Nous contacter : accueil@amp-nls.org Inscription : https://amp-nls.org/page/fr/42/sinscrire-nls-messager Le site de la NLS : https://amp-nls.org Lacan Quotidien : http://www.lacanquotidien.fr/blog/ |
New Lacanian School
website
: |

Il sera au Forum !
Il vit à Bruxelles
He will be at the Forum !
He lives in Brussels
Martin Deleixhe est professeur intérimaire à l’Université Saint-Louis – Bruxelles. Il enseigne également à Sciences Po Lille. Ses recherches portent sur des problématiques situées au carrefour des théories de la démocratie de la sociologie des migrations. Outre de nombreux articles scientifiques consacrés à ce sujet, il a par ailleurs publié deux livres. L’un est consacré à la trajectoire intellectuelle singulière du philosophe politique Étienne Balibar, L’illimitation démocratique(1) et l’autre explore les difficultés normatives soulevées par le contrôle des frontières dans les démocraties contemporaines, et en particulier aux frontières extérieures de l’Union européenne, Aux bords de la démocratie(2).
(1) Paris, Michalon, 2014.
(2) Paris, Classiques Garnier, 2016.
__________
Martin Deleixhe is Acting Professor at Saint Louis University – Brussels. He also teaches at Sciences Po Lille [Lille Institute of Political Studies]. His research focuses on issues at the crossroads of theories of democracy with respect to the sociology of migration. In addition to numerous scientific articles on this subject, he has also published two books. One is devoted to the unique intellectual journey of the political philosopher Étienne Balibar, L’illimitation démocratique [Democratic Illimitation] (1), and the other explores the normative difficulties raised by border controls in contemporary democracies, and in particular at the external borders of Europe. l’Union européenne, Aux bords de la démocratie [European Union, On the Edges of Democracy] (2).
(1) Paris, Michalon, 2014.
(2) Paris, Classiques Garnier, 2016.
________________
Venue: University St. Louis, Auditorium OM 10,
6, rue de l'Ommegang, 1000 Brussels
Simultaneous Translations in French, Dutch and English
Schedule: 9.00 AM – 7.00 PM
________________________
Adresse: Université de St. Louis, Salle OM 10
6, rue de l'Ommegang, 1000 Bruxelles
Traductions simultanées en français, anglais et néerlandais
|
New Lacanian School Nous contacter : accueil@amp-nls.org Inscription : https://amp-nls.org/page/fr/42/sinscrire-nls-messager Le site de la NLS : https://amp-nls.org Lacan Quotidien : http://www.lacanquotidien.fr/blog/ |
New Lacanian School
website
: |
De 9h à 19h !
Du vertige à la vertu – du méconnu à l'inconnu
Maria Novaes
« Je préférerais que mon fils meure dans un accident de voiture
plutôt que de le voir avec un moustachu »
« Jamais j'irai vous violer, vous ne méritez même pas ça,
vous êtes trop moche »
« Les gauchistes devront choisir entre la prison et l'exil.
Ils seront bannis de notre pays.
Ce sera une purge comme jamais le Brésil n'en a connu »
(Jair Bolsonaro)
L'entre-deux tours des présidentielles brésiliennes* a été marqué, entre autres, par une proposition très intéressante dans les réseaux sociaux. Pour essayer d'atteindre certains électeurs de Bolsonaro, quelqu'un a lancé comme défi que ces personnes ressentent les effets des paroles choquantes du candidat. Qu'ils puissent prendre la parole dans leur entourage et qu'en proférant ces mots, d'en faire ainsi l'épreuve et prendre la mesure de leur impact… sur eux même. Et peut-être changer d'avis ? Une rencontre ultime avec la partie méconnue d'eux même, celle sur laquelle la psychanalyse peut nous éclairer. À la rencontre de ce méconnu le corps ! – aurait pu s'appeler ce défi, rencontre ultime et ratée, au regard du résultat de ces élections.
Nous ne sommes pas dupes, quand traversés par les effets d'une cure ainsi que par l'enseignement de Freud et de Lacan, du fait que le malaise dans la civilisation est structurel. Le choix d'un sujet se situant entre le refoulement et l'agressivité, la pulsion de mort est inexorablement de la partie. Cela conduira certains, cherchant à rester sous l'injonction de l'amour du prochain, à nommer le « mal » à condition qu'il se situe dehors, chez l'autre. C’est le terreau fertile de la haine, invitée, voire protagoniste de ces élections. Vertige !
L'éthique de la psychanalyse comporte un savoir y faire avec l'inconnu, elle relève de l'impossible à tout dire. C’est une éthique du bien-dire qui n'éradique pas l'inconnu, elle s’en soutient; elle se soutient de l'impossible à dire toute la vérité. « C'est même par cet impossible que la vérité tient au réel », nous dit Lacan dans Télévision, (p. 9). Pour échapper au vertige, la vertu du gai sçavoir, comme nous propose Lacan, encore dans Télévision (p. 40) car l’éthique du bien-dire permet d'apprivoiser cet inconnu du corps sans passer par le sens ou par la compréhension (1).
Si on peut ici aujourd'hui faire référence aux discours qui tuent, c'est parce que le corps, cet inconnu dont on a parlé ici, grâce aux effets du discours psychanalytique, est aussi celui qui insiste en tant que méconnu, étrange au sujet – étrangeté que Freud a su néanmoins épingler comme la part la plus intime et qui, expulsée, donne corps à l'objet de la haine de l'autre.
Il y a deux ans, le président élu, à l'époque député, a justifié son vote pour la destitution de la présidente Dilma Roussef, en s'appuyant sur l'éloge du militaire responsable d'avoir torturé plusieurs femmes, dont l'ancienne présidente en question. Cela en dit long sur les ressorts de l'élection de cet homme. Mais cette phrase-là, prononcée par lui ce jour fatidique, je fais le choix de ne pas la dire ici.
* Prononcé le 24 novembre 2018, à l’occasion du colloque annuel de l’ACF Voie domitienne, « A la rencontre de cet inconnu, le corps »
(1) « Non pas comprendre, piquer dans les sens, dit Lacan, mais le raser d'aussi près qu'il se peut sans qu'il fasse glu pour cette vertu, pour cela jouir du déchiffrage, ce qui implique que le gay sçavoir n'en fasse au terme que la chute, le retour au péché » (Télévision, p. 40)
Adresse: Université de St. Louis, Salle OM 10
6, rue de l'Ommegang, 1000 Bruxelles
Traductions simultanées en français, anglais et néerlandais
Horaire: 9h -19h
|
New Lacanian School Nous contacter : accueil@amp-nls.org Inscription : https://amp-nls.org/page/fr/42/sinscrire-nls-messager Le site de la NLS : https://amp-nls.org Lacan Quotidien : http://www.lacanquotidien.fr/blog/ |
New Lacanian School
website
: |

Il sera au Forum !
Il vit à Bruxelles
He will be at the Forum !
He lives in Brussels
Martin Deleixhe est professeur intérimaire à l’Université Saint-Louis – Bruxelles. Il enseigne également à Sciences Po Lille. Ses recherches portent sur des problématiques situées au carrefour des théories de la démocratie de la sociologie des migrations. Outre de nombreux articles scientifiques consacrés à ce sujet, il a par ailleurs publié deux livres. L’un est consacré à la trajectoire intellectuelle singulière du philosophe politique Étienne Balibar, L’illimitation démocratique(1) et l’autre explore les difficultés normatives soulevées par le contrôle des frontières dans les démocraties contemporaines, et en particulier aux frontières extérieures de l’Union européenne, Aux bords de la démocratie(2).
(1) Paris, Michalon, 2014.
(2) Paris, Classiques Garnier, 2016.
__________
Martin Deleixhe is Acting Professor at Saint Louis University – Brussels. He also teaches at Sciences Po Lille [Lille Institute of Political Studies]. His research focuses on issues at the crossroads of theories of democracy with respect to the sociology of migration. In addition to numerous scientific articles on this subject, he has also published two books. One is devoted to the unique intellectual journey of the political philosopher Étienne Balibar, L’illimitation démocratique [Democratic Illimitation] (1), and the other explores the normative difficulties raised by border controls in contemporary democracies, and in particular at the external borders of Europe. l’Union européenne, Aux bords de la démocratie [European Union, On the Edges of Democracy] (2).
(1) Paris, Michalon, 2014.
(2) Paris, Classiques Garnier, 2016.
________________
Venue: University St. Louis, Auditorium OM 10,
6, rue de l'Ommegang, 1000 Brussels
Simultaneous Translations in French, Dutch and English
Schedule: 9.00 AM – 7.00 PM
________________________
Adresse: Université de St. Louis, Salle OM 10
6, rue de l'Ommegang, 1000 Bruxelles
Traductions simultanées en français, anglais et néerlandais
|
New Lacanian School Nous contacter : accueil@amp-nls.org Inscription : https://amp-nls.org/page/fr/42/sinscrire-nls-messager Le site de la NLS : https://amp-nls.org Lacan Quotidien : http://www.lacanquotidien.fr/blog/ |
New Lacanian School
website
: |

|
|
New Lacanian School Nous contacter : accueil@amp-nls.org Inscription : https://amp-nls.org/page/fr/42/sinscrire-nls-messager Le site de la NLS : https://amp-nls.org Lacan Quotidien : http://www.lacanquotidien.fr/blog/ |
New Lacanian School
website
: |

De 9h à 19h !
Les choix politiques au XXIe siècle
Angelina Harari
Nous reprenons, ci-dessous, un texte qu’Angelina Harari écrivait le 22 mars 2017, moins de deux mois avant les élections présidentielles françaises de 2017, et plus d’un an avant les élections présidentielles brésiliennes
On sent, à lire les Écrits de Jacques Lacan, qu’il poursuit toujours un seul et même débat : le débat des lumières !
Comment les élections présidentielles françaises résonneront-elles outre Atlantique ?
Des élections récentes ont montré que les choix politiques sont aujourd’hui de plus en plus terribles, ils relèvent de la rage.
Un titre dans les médias France’s next revolution attirait, il y a peu, l’attention sur le vocable « révolution ». On explique, dans l’article qui porte ce titre, la raison pour laquelle les élections présidentielles françaises auront des conséquences qui dépasseront les frontières, que leurs résultats revitalisent l’Union européenne ou la détruisent.
Un choix politique vers l’extrême-droite en France, s’il se produit, montrerait-il que l’escalade de la démagogie et le nationalisme de droite avaient juste été mis sous le tapis ? Ce serait alors un réveil douloureux, le réveil du rêve d’un état démocratique de droit qui s’étendait harmonieusement, et petit à petit, partout, depuis la chute du Mur de Berlin(2).
Qu’en est-il au-delà des frontières européennes ? Quid du Brésil ? Qu’est-ce donc qui pourrait sortir de sous le tapis au Brésil ? Le vote pourrait-il imposer une extrême-droite qui n’existe plus depuis la fin du régime militaire en 1985 et l’instauration de la VIe République Brésilienne, laquelle se caractérise par une ample démocratisation politique et une stabilité économique ?
Une esquisse d’extrême-droite – esquisse puisqu’il n’existe pas un parti d’extrême-droite aujourd’hui au Brésil – se profile par la voie d’un député de Rio, militaire à la retraite, évangélique, qui gagne en notoriété depuis l’impeachment de la Présidente Dilma Rousseff. En peu de temps, il a déjà récolté 12 % des intentions de vote pour la présidentielle de 2018. Il a changé de parti au début 2016, pour choisir celui avec lequel il lancera sa campagne comme candidat à la présidence 2018. Dans son programme de gouvernement, il clame vouloir récupérer la fierté nationale, c’est-à-dire la fierté militaire, et promet, le cas échéant, d’offrir aux militaires la moitié des ministères de son gouvernement. La défense de la torture et l’obtention d’information de manière « énergique » font bien évidemment partie de son programme.
En France, où le vote n’est pas obligatoire, le mouvement de nos collègues psychanalystes a poussé, non pas à s’abstenir de voter, mais à voter contre MLP. Au Brésil, où le vote est obligatoire, il nous faudra à tout prix éviter les choix politiques poignants qui relèvent de la rage, les choix politiques subjectifs et imprévisibles.
(1) economiste.com, 4 mars 2017.
(2) folha.uol.com.br, in ilustríssima, 19/03/17.
Adresse: Université de St. Louis, Salle OM 10
6, rue de l’Ommegang, 1000 Bruxelles
Traductions simultanées en français, anglais et néerlandais
Horaire: 9h -19h
|
New Lacanian School Nous contacter : accueil@amp-nls.org Inscription : https://amp-nls.org/page/fr/42/sinscrire-nls-messager Le site de la NLS : https://amp-nls.org Lacan Quotidien : http://www.lacanquotidien.fr/blog/ |
New Lacanian School
Registration:
https://amp-nls.org/page/gb/42/sinscrire-nls-messager NLS
website
: |
|
|
|
New Lacanian School Nous contacter : accueil@amp-nls.org Inscription : https://amp-nls.org/page/fr/42/sinscrire-nls-messager Le site de la NLS : https://amp-nls.org Lacan Quotidien : http://www.lacanquotidien.fr/blog/ |
New Lacanian School
Registration:
https://amp-nls.org/page/gb/42/sinscrire-nls-messager NLS
website
: |

A ce jour, 503 inscrits au Forum
Les discours qui tuent
As of today 503 people have registered for the Forum
Discourses That Kill
Salle OM 10, Université Saint Louis, 6, rue de l'Ommegang, 1000 Bruxelles

Traduction simultanée: Français, néerlandais, anglais
Simultaneous Translations: French, Dutch, English
Horaire: 8h45 -19h
(accueil à partir de 8h15)
(Welcome from 08.15)
|
New Lacanian School Nous contacter : accueil@amp-nls.org Inscription : https://amp-nls.org/page/fr/42/sinscrire-nls-messager Le site de la NLS : https://amp-nls.org Lacan Quotidien : http://www.lacanquotidien.fr/blog/ |
New Lacanian School
website
: |


De 9h à 19h !
Tuer son symptôme
Enric Berenguer
Dans l’histoire de l’humanité, les pires désastres ont été faits au nom du bien. Et, une des formes les plus dangereuses de l’application de cette prémisse du bien dans la politique, passe par l’idée de solution. À chaque fois qu’on commence à trop entendre parler de solutions, il y a de quoi se mettre à frémir du pire que cela augure.
Or, nous vivons un temps de solutions. Ce qu’on appelle populisme en politique — dont il y en a tant de versions qu’on dirait que c’est simplement un nom de la politique d’aujourd’hui — est souvent, sinon toujours, un discours des solutions. L’on est excédés par les problèmes que l’on connaît depuis toujours et de constater les partis politiques “traditionnels”, “l’establishment”, etc., s’avèrent incapables d’y apporter une solution. Alors, il faut trouver des nouvelles solutions, et le faire vite — dans le style qu’a le sujet contemporain de vivre le temps, celui de sa vie : l’attente, l’insistance, même la patience, n’ont plus de place.
On s’affaire donc à trouver des problèmes non résolus et, dans le marché des discours politiques disponibles, on peut facilement choisir celui qui promet la solution la plus rapide et radicale. Y’a t-il de l’immigration ? Le plus évident est, sans doute, d’ériger un mur, ou bien d’empêcher quelques pauvres bateaux d’arriver dans un port ou sur une plage — avec le cynique espoir que ce seront le désert ou la mer qui feront le reste. Est-on mal dans l’Europe ? Ne répond-elle pas à ce que nous en attendions ? Alors, c’est facile : on s’en va !
Le rapport de Donald Trump avec ses voisins du Sud est à cet égard très parlant. Des pays comme le Honduras et le Salvador et, d’un point de vue plus large, toute la région, ont souffert pendant des décennies des politiques agressives de la part des États-Unis qui, parfois, sont intervenus très violemment, empêchant la construction de solutions démocratiques originales (le Guatemala avec Arbenz, par exemple), tout en retirant, d’autre part, des bénéfices énormes d’une main-d’œuvre clandestine (Mexique, Guatemala, Salvador, Honduras), sans aucune protection et qui devait accepter des salaires de misère dans des conditions inhumaines de vie.
Mais voilà que ces personnes résistent, qu’ils vivent leur vie et qui font entendre partout leurs accents doux, leur musique et leur manière de vivre. Le pire étant qu’ils peuvent même parvenir à constituer une certaine communauté, non négligeable dans les calculs électoraux ! Il faudra donc construire un mur, pour en finir avec ce à quoi on a décidément participé.
C’est la même chose avec la production et le trafic de cocaïne, par les pays voisins des États-Unis : aucune “War on drugs” — ce qui a justifié toute une politique, avec des mesures militaires et une alliance presque perpétuelle entre les “tough guys” du spectre politique de toute la région — ne peut voiler le statut de symptôme dont un élément fondamental est la demande intarissable de stupéfiants. Qu’importe que “the U.S. Opioid Epidemic”, les “Synthetic drugs” et même les “designer drugs”, démontrent que le marché des jouissances nord-américain peut, assez bien, se passer des importations du sud.
On a déjà une perspective suffisante pour savoir ce que donnent les solutions “radicales” et définitives. Ce qui ne fait aucun doute, c’est que cela multiplie les morts et la souffrance. Mais voilà que les problèmes persistent et, parfois même, s’aggravent. Et, qui plus est, les consignes brutales lancées aux quatre vents “pour en finir” tendent à aggraver les symptômes qui devaient disparaitre. Et même elles suscitent des réponses inattendues. Le rejet le plus brutal produit quelquefois un effet d’appel paradoxal.
En voilà un exemple, celui de la caravane qui depuis le Honduras a traversé l’Amérique Centrale et le Mexique, et qui est maintenant parvenue jusqu’aux portes, ou plutôt jusqu’au mur, des États-Unis de Donald Trump. Même la menace explicite de la mort est sans effet sur ceux qui cohabitent quotidiennement avec la mort dans ses formes les plus brutales. Qui sait même si, face à une mort banale et anonyme — une unité de plus à ajouter aux chiffres habituels — on peut y préférer une mort qui résulterait d’un défi contre les maîtres du monde, sous les yeux du regard universel des médias. Phénomène collectif, d’autre part, qui fait passer ce qui normalement relève de la solitude de chacun à ce qui, dans les structures du fantasme y et la temporalité du passage à l’acte, est susceptible d’être partagé dans l’illusion d’une communauté.
Nous avons tous — partout il y en a — des symptômes dont on n’en veut pas. C’est ce qui fait que, en Europe par exemple, les années 30 font retour. C’est stupéfiant de voir comment on reprend des discours et on revendique même des figures de solutions promises qui ont conduit au désastre. Avec l’espoir que, cette fois, on fera mieux — bien sûr ! —, puisqu’on connaît quand et pourquoi on s’est trompés : on ne va pas répéter les mêmes erreurs, mais seulement reprendre quelques bonnes inspirations, très bien justifiées au nom du bien pour, cette fois, les conduire à la fin que l’ange de l’histoire leur aurait arrachée.
Chez nous, en Espagne, c’est le symptôme “Transition” et la “mémoire” de la Guerre ; le retour à ce qui au fil des années semblait possible. Fantasme de mémoire construit sur des oublis sélectifs — chacun le sien, que ce soit insu ou inavouable. On n’en veut plus de ce symptôme dont nul ne veut se faire responsable. On préfère trancher, s’en aller, tout découvrir : la vérité, sans voiles, devrait nous sauver. Tandis que, de l’autre côté, on prétend substituer aux liens de la parole ceux de la pire version de la loi. Loi dans laquelle, au fond, ils n’ont jamais vraiment cru. Et on répond, tant aux abus de la mémoire qu’à son évocation légitime, avec son simple et pur effacement ou une manipulation cynique de l’histoire.
Récemment, Antoni Puigverd, dans La Vanguardia, disait que ceux qu’ont vécu la fameuse Transition n’avaient pas besoin d’une loi de la mémoire, puisqu’on se souvenait très bien et on voulait autre chose. (1)
Récemment aussi, un livre de conversations est paru, signé par un journaliste et un jeune protagoniste de la politique espagnole. Le titre est intéressant : Nœud Espagne (2). Voilà une topologie plus intéressante, quelque chose, peut-être, un peu plus près du réel qui, lui, ne se laisse pas réduire à des catégories binaires : dehors/dedans, nous/eux, problème/solution.
Bien sûr, il y a des vieux symptômes qu’il nous faut traiter ; assurément, ils ont perdu une partie de leur efficacité. Mais pour les traiter il faut commencer pour s’en faire responsables. Il faut voir ce que nous faisons avec les ficelles du nœud, même quand il s’agit d’en faire autre chose. Puisque chaque ficelle est un lien, qu’on veuille ou pas le reconnaître.
(1) Antoni Puigvert, “Cólera”, La Vanguardia, 05/11/2018
(2) P. Iglesias, E. Juliana, Nudo España, Arpa, 2018.
Adresse: Université de St. Louis, Salle OM 10
6, rue de l'Ommegang, 1000 Bruxelles
Traductions simultanées en français, anglais et néerlandais
Horaire: 9h -19h
|
New Lacanian School Nous contacter : accueil@amp-nls.org Inscription : https://amp-nls.org/page/fr/42/sinscrire-nls-messager Le site de la NLS : https://amp-nls.org Lacan Quotidien : http://www.lacanquotidien.fr/blog/ |
New Lacanian School
website
: |

De 9h à 19h !
Entretien avec Léonard Simon,
le photographe de l’affiche du Forum Européen
Marie Brémond : Pourquoi avez-vous choisi, entre autres, l’image Open the borders, we are not terrorists pour votre série Idomeni ?
Léonard Simon : J’ai passé sept jours à Idomeni en mars 2016. La plupart du temps, ma tente juxtaposait celle des réfugiés. J’avais donc beaucoup de temps à ma disposition pour les rencontrer. Le camp était un rassemblement assez branlant de tentes installées au bord de la frontière gréco-macédonienne. Il n’y avait ni murs ni barbelés pour le délimiter. Les gens ne savaient littéralement pas vers où aller ensuite.
Pendant le temps où je suis resté sur place, il n’y a pas eu de confrontations violentes entre les réfugiés et la police ou les militaires. Il y avait beaucoup de journalistes présents, parfois certains y restaient plusieurs semaines.
La protestation que vous pouvez voir sur la photo était celle d’un petit groupe de gens qui portaient des panneaux avec différents messages. Peu de temps avant cette protestation, il y avait eu les attentats terroristes à Bruxelles. Et, même dans le camp, les réfugiés pouvaient sentir l’hostilité nourrie à leur égard. Ces protestations, c’était une façon pour eux de communiquer avec la population européenne.
Marie Brémond : Et cette image avec le Hamburger et l’amoncellement de batteries de smartphones, qu’est-ce qu’elle raconte ?
Léonard Simon : Lors de mes expositions, les gens étaient un peu perdus face à cette photo, ils trouvaient bizarre que les réfugiés aient des Smartphones assez chers. Mais la photo dit bien plus, si l’on y pense :
D’abord, oui, ces gens avaient des Smartphones pour la plupart, et comme pour beaucoup de gens dans le monde, pas des plus nouveaux. Ensuite, on voit beaucoup de Smartphones, mais seulement une seule prise, sale. En estimant à 7000 environ le nombre de personnes présentes dans ce camp, vous imaginez l’amoncellement autour du peu de prises disponibles !
Par ailleurs, j’ai choisi cette image, pour le hamburger qui se trouve à l’arrière-plan, tel le désir inatteignable de ces gens vivant dans les camps. Pour beaucoup, la seule façon de faire du thé, par exemple, était de faire chauffer de l’eau dans une bouteille en plastique au-dessus du feu de camp.
Marie Brémond : Que pouvez-vous dire de la photo que nous avons choisie pour le forum ?
Léonard Simon : Elle représente les grillages en barbelés à la frontière de la Macédoine, avec des enfants qui jouent et qui parlent dans un arbre juste à côté des barbelés. Les arbres, eux-mêmes, ont un air hostile, même s’ils tentent de s’élever au-dessus des barbelés. Ces enfants, dans toute leur innocence de la situation, n’auront sûrement jamais la possibilité de les franchir. C’est un moment très triste, sans joie ni espoir.
Marie Brémond : Quelles sont les rencontres qui vous ont marqué sur cette route des Balkans ? Quels souvenirs en gardez-vous ?
Léonard Simon : Des souvenirs très positifs. Les gens qui vivaient dans ces camps étaient heureux que l’on s’intéresse à leur destin.
Mais j’ai été marqué aussi par le fait que beaucoup de personnes tentaient de tirer profit des réfugiés. Dès que des réfugiés franchissaient la frontière, ils devaient payer un chauffeur de taxi, un ticket de bus, de train. Mais, du moment qu’ils partaient et pouvaient payer leur déplacement, tout le monde était « content ». Je n’oublie pas non plus les petits restaurants installés sur la route avec des panneaux en arabe pour vendre des boissons et de la nourriture.
J’ai été frappé également par le fait qu’il n’y avait jamais de silence dans le camp, il n’y avait pas non plus un seul endroit au chaud ou au sec. Les installations changeaient tout le temps, sans aucune protection contre la pluie ou d’autres intempéries.
Lien vers la série photographique Idomeni :
http://lsphotography.eu/photo_press/idomeni/#7
Adresse: Université de St. Louis, Salle OM 10
6, rue de l’Ommegang, 1000 Bruxelles
Traductions simultanées en français, anglais et néerlandais
Horaire: 9h -19h
|
New Lacanian School Nous contacter : accueil@amp-nls.org Inscription : https://amp-nls.org/page/fr/42/sinscrire-nls-messager Le site de la NLS : https://amp-nls.org Lacan Quotidien : http://www.lacanquotidien.fr/blog/ |
New Lacanian School
Registration:
https://amp-nls.org/page/gb/42/sinscrire-nls-messager NLS
website
: |


