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Workshop
de l’Orientation lacanienne à Berlin

avec la participation de Daniel Roy


le 24 novembre 2018


« Du narcisse et de l'imaginaire »


suivi d'une conférence publique :


« Haine et
violence dans l’expérience subjective et dans le lien social »



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Aux Journées de l’ECF les 17 et 18 novembre au Palais des congrès à Paris
 
Venez trouver des nouvelles belles affiches et l’argument du congrès 2019 au stand de la NLS !
 
 

 
 

 
 

 

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THE LACANIAN REVIEW #6 – ¡URGENT!
 
 

 

 
 
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Rencontres et dédicaces
le samedi 17 novembre de 13 h 30 à 14 h 30
 
Marie-Hélène Brousse, directrice executive et
Cyrus Saint Amand Poliakoff, rédacteur en chef
 
Palais des congrès – Paris
 
Book signing on Saturday 17 November from 1:30 to 2:30 pm
 
Come and meet Marie-Hélène Brousse, Editor in Chief and
Cyrus Saint Amand Poliakoff, Managing Editor
 
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« La force injuste de la loi
» 

Alexandre Stevens

Les discours populistes qui montent aujourd’hui partout dans notre monde démocratique visent à produire une uniformisation de la société. Il faudrait que tous soient pareils, ce qui correspond à un rejet fondamental de l’étranger, mais aussi bien de toute singularité de jouissance.

L’amour du même peut prendre plusieurs habits et se décliner notamment sous la forme des discours identitaires. Cela peut être sous le signe du religieux, pour sauver l’Europe chrétienne, ou cela peut prendre l’exigence d’une racine commune, les terribles gaulois, par exemple. À ce titre les contradictions ne manquent pas puisque ces gaulois n’étaient pas chrétiens ! Ce peut être aussi le conservatisme moral qui condamne tout ce qui ne correspond pas au modèle de la famille classique hétérosexuelle. Dans tous les cas il s’agit de rejeter l’étranger, le différent, fut-il en nous-mêmes.

Or c’est de l’affrontement aux différences, de la réaction aux nouveautés, de l’intégration de l’étranger que nos sociétés ont toujours évolué. La démocratie implique l’émergence de singularités toujours autres. Contre cette évolution sociale, les discours haineux cherchent à inscrire un « tous pareils » dans la loi, une nouvelle norme sociale pour exclure l’étranger et la nouveauté. L’inquiétude que nous avons alors, c’est que vienne ainsi le règne de la norme, des règles, de l’uniformisation. Le règne de la loi.

C’est ce que dénonçait déjà Jacques-Alain Miller dans un cours en 2002 : « Qu’est-ce qui se passera si on ne veut plus connaître en France que la loi, la règle et la norme, si on doit vivre sous le règne de Allez, comme tout le monde ! ? Un pas de plus, et ça sera la dictature du même pour tous. » (1) On peut reprendre à ce propos, comme le fait Miller, la formule connue de François Mitterand : « La force injuste de la loi » (2). Nous connaissons cette « force injuste » aujourd’hui avec les lois qui rendent illégale l’assistance aux migrants, ou qui simplement rendent cette aide dangereuse en entretenant un flou entre celui qui aide et les passeurs — qui eux-mêmes d’ailleurs sont souvent d’autres migrants en difficulté et pas forcément des trafiquants d’êtres humains. La loi, aujourd’hui, chez nous, cherche à criminaliser la solidarité.

La démocratie implique un écart entre légalité et légitimité. L’obéissance à la loi ne peut se soutenir que si la loi est légitime, ce qui implique qu’on doit toujours se poser la question de cet écart. La solidarité est légitime même si elle n’est pas toujours légale. Savoir cela est essentiel au maintien d’un état de droit dans une démocratie. L’état de droit n’a pas de définition absolue et il n’est donc jamais parfait. Ses limites doivent être interrogées lorsque la loi empiète sur les libertés au nom de la sécurité. C’est en cela que toujours cette question se pose. Et les discours qui tuent sont des discours qui tendent aujourd’hui à faire croire que la loi protectrice du fantasme identitaire est supérieure à la légitimité. Il n’en est rien. L’exigence éthique est au contraire de soutenir ce qui est légitime, contre ce qui est légal, s’il le faut.

On peut ajouter que l’égalitarisme populiste participe tout aussi bien de cette canaillerie moderne en « étendant le règne du nombre, le règne du signifiant maître » (3).

La démocratie consiste à soutenir la variété plus que le nombre, puisqu’au-delà de toute majorité se pose la question du respect et de la représentation des minorités. Et il faut noter que les hommes politiques qui tiennent des discours qui tuent sont toujours favorables aussi à un pouvoir fort, c’est-à-dire concentré dans les mains du maître ou de quelques-uns. Pour la démocratie il faut « que la marche de l’Un précisément soit entravée : la démocratie veut dire ça. » C’est-à-dire que l’Un de l’exception respecte tout le monde y compris « ceux qui se mettent en travers de sa route » (4). L’exception doit tenir compte du pas-tout, c’est-à-dire laisser place à la singularité de chacun.

(1) Miller J.-A., cours du 11/12/2002.

(2) Mitterand, le 16 décembre 1984 sur TF1.

(3) Miller J.-A., cours du 4/12/2002.

(4) Miller J.-A., cours du 11/12/2002.

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Guillaume le Blanc est philosophe, professeur de philosophie politique à l’université Paris-Diderot. Il est membre du comité de rédaction de la revue Esprit, a participé à la création de l’exposition « Persona Grata » au Musée National de l’histoire de l’immigration à Paris. Il a écrit avec Pasolini la pièce de théâtre La nostalgie du futur, créée et jouée en ce moment par Catherine Marnas. Il a publié en 2018 Vaincre la peur et tendre la main (1) et a écrit avec Fabienne Brugère La fin de l’hospitalité (2). Ses précédents livres portent sur l’exclusion et la précarité, Vies ordinaires vies précaires (3), sur l’invisibilité, L’invisibilité sociale (4), sur la condition d’étranger, Dedans dehors, la condition d’étranger (5). Il est en France par ailleurs l’un des spécialistes reconnus de la philosophie française contemporaine et de Michel Foucault auxquels il a consacré deux ouvrages, La philosophie comme contre-culture (6) et La pensée Foucault (7). Il est également l’auteur de Courir (8) et de L’insurrection des vies minuscules (9), consacré à Charlot.

(1) Flammarion, 2018.

(2) Flammarion, 2017

(3) Seuil, 2007.

(4) PUF, 2009.

(5) Seuil, 2010.

(6) PUF, 2014.

(7) Ellipse, 2008.

(8) Flammarion 2012.

(9) Bayard, 2014.

 

__________

 

 

Guillaume le Blanc is a philosopher and professor of political philosophy at the University Paris-Diderot. He is a member of the editorial board of the journal Esprit; he has participated in the creation of the exhibition “Persona Grata” at the National Museum of the History of Immigration in Paris. He co-authored, with Pasolini, the play “The Nostalgia of the Future” [La nostalgie du futur], staged and performed at the moment by Catherine Marnas. In 2018 he published “Vanquishing Fear and Reaching Out” [Vaincre la peur et tendre la main] and with Fabienne Brugère authored “The End of Hospitality” [La fin de l’hospitalité]. His previous books deal with exclusion and precariousness: “Ordinary Lives Precarious Lives” [Vies ordinaires vies précaires]; invisibility, “Social Invisibility” [L’invisibilité sociale]; the condition of foreignness, “Inside Out, the Condition of Foreignness” [Dedans dehors, la condition d’étranger]. In France, he is also one of the recognized specialists in contemporary French philosophy and the work of Michel Foucault, to whom he has devoted two books, “Philosophy as Counter Culture” [La philosophie comme contre-culture] and “The Thought of Foucault” [La pensée Foucault]. He is also the author of “Running” [Courir] and “Insurrection of Tiny Lives” [L’insurrection des vies minuscules], a text dedicated to The Tramp.

 

 

 

 

 

 

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Attention à la démocratie !

Katty Langelez-Stevens

Dans mon petit texte précédent, je vous disais comment Viktor Klemperer s’est soutenu d’une thèse très proche de Freud, en tout cas telle que Lacan l’a relue. Pendant les douze années de dictature allemande, il observe, étudie comment le nazisme s’insinua dans la chair et le sang du grand nombre à travers des expressions isolées, des tournures, des formes syntaxiques qui s’imposaient à des millions d’exemplaires et qui furent adoptées de façon mécanique et inconsciente. Tout comme les psychanalystes, il pense que c’est la langue qui est le maître des pensées et non l’inverse. L’humain est assujetti à la langue et son désir est toujours le désir de l’Autre, c’est-à-dire de ce qui est véhiculé par la langue. « La langue ne se contente pas de poétiser et de penser à ma place, elle dirige aussi mes sentiments, elle régit tout mon être moral d’autant plus naturellement que je m’en remets inconsciemment à elle. Les mots peuvent être comme de minuscules doses d’arsenic : on les avale sans y prendre garde. » (1)

Pour parvenir à imposer la LTI, Goebbels, ministre de la propagande du IIIème Reich, a utilisé les journaux et les radios. La Bible de cette langue était le livre d’Hitler, Mein Kampf. Ensuite elle a été diffusée largement grâce au contrôle strict des médias qu’orchestrait Goebbels. Plus question d’écrire comme avant, il fallait s’en tenir au nouveau vocabulaire et à la syntaxe prescrite. C’est ainsi qu’a pu se propager massivement un délire paranoïaque organisé : l’Autre méchant en place de persécuteur, ennemi du peuple allemand, était le Juif. Cette figure diabolisée permettait ainsi à tous ceux qui se sentaient floués, frustrés, aigris de se rassembler contre et d’accepter finalement une guerre au nom soi-disant de sa propre défense. Grâce à la langue du IIIème Reich et à son organisation délirante autour d’un ennemi, le Juif et d’un sauveur, Hitler, le peuple allemand a voulu croire qu’il était attaqué et qu’il pouvait légitimement se défendre. Paradoxalement ce qui a rendu possible cette folie collective destructrice, c’est la démocratie et la liberté d’expression. Au nom de ces deux principes éminents, les pires ennemis du genre humain peuvent imposer leur rhétorique haineuse et tordue. Parvenus au pouvoir, ils font très vite le nécessaire pour réduire la liberté d’expression et verrouiller la démocratie en s’attaquant aux principes de l’Etat de droit. Les exemples polonais et hongrois en Europe ne sont que trop explicites à ce sujet.

Alors, faut-il, ou pas, encadrer la liberté d’expression ? Surtout celle qui sévit sauvagement sur le net. Faut-il, ou pas, inviter des représentants des partis extrêmes sur les plateaux TV et leur donner ainsi la chance de diffuser en masse leurs idées simplistes, sans éthique, voire pousse-au-crime ? Viktor Klemperer regrettait que dans les années 20, la République de Weimar ait permis la diffusion, la publicité et la propagation des idées nazies. A l’heure de la mondialisation instantanée de l’information, il faut sans doute trouver des moyens d’encadrer et de faire appliquer les lois qui existent pour punir les propos racistes et antisémites.

Que le site d’extrême-droite le plus virulent et haineux s’intitule « Démocratie participative » ne devrait pas nous étonner puisque les extrémistes sont toujours démocrates tant qu’ils ne sont pas au pouvoir. Son intitulé lui permet ainsi d’attraper dans ses filets beaucoup de naïfs égarés.

De nombreux titres de partis d’extrême-droite en Europe contiennent soit le mot démocratie, soit le mot liberté. En Allemagne le NPD (parti national-démocrate), en Autriche le FPÖ (parti de la liberté d’Autriche), en Croatie l’Alliance démocratique croate de Slavonie et Baranya, en Espagne Démocratie nationale est un parti nationaliste et populiste, aux Pays-Bas le Parti pour la Liberté, en Suède les Démocrates de Suède. Et enfin au sein du Parlement européen, on trouve L’Alliance pour la paix et la liberté, mouvement politique européen créé en 2015, qui rassemble divers mouvements ultranationalistes en Europe et aussi le groupe Europe de la liberté et de la démocratie directe.

La torsion et l’utilisation perverse des mots est aussi un principe de la LTI. A nous aujourd’hui d’être vigilants et de dénoncer ces glissements malignement introduits dans la langue.

(1) Viktor Klemperer, LTI, la langue du troisième Reich, Albin Michel, 1976. p. 40.

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Killing me softly…

Miquel Bassols

L’expression « les discours qui tuent » peut s’entendre comme les discours qui conduisent à un acte de mort, assassin, mais aussi comme les discours qui tuent par eux-mêmes. Une parole peut-elle tuer ? En tout cas, comme l’indiquait Jacques Lacan (1), le pouvoir est toujours lié à la parole, y compris lorsqu’il fait usage de la force pure et simple. Et la première violence plus ou moins dissimulée est celle perpétrée par un discours qui endort l’être parlant, lui dérobant le pouvoir même de la parole, tout en le réduisant à un objet sans paroles possibles. Et c’est quelque chose qui peut se faire également avec des paroles, avec la violence propre à la parole lorsqu’elle agit dans les limites du symbolique.

Le principe peut en être très simple, tellement simple et si « démocratique » en apparence : « Les minorités devront s’adapter à la majorité. » La phrase est de Jair Bolsonaro – dans un discours de février 2017 à l’aéroport de Joao Suassuna – mais nous pouvons relever des phrases équivalentes à différents lieux et à différents moments dans nos sociétés dites démocratiques. Y compris en Europe, et avec les meilleurs arguments. Ce peut être même le meilleur argument agité comme « démocratique » pour imposer une action au moyen d’une panoplie de techniques de modification du comportement, depuis les plus douces jusqu’aux plus violentes. Passer de cette action de style « TCC de masse » à l’étape suivante est une question de degré : « Par la voie électorale, tu ne changeras rien dans ce pays, est-ce bien compris ? Rien ! Absolument rien ! Malheureusement, seul changera le jour où nous pourrions commencer la guerre civile dans ce pays. Et nous accomplirons le travail que le régime militaire n’a pas fait : tuer trente mille personnes ! On va commencer avec FHC [Fernando Henrique Cardoso, président actuel]. Si des innocents meurent, eh bien dans toutes les guerres font mourir des innocents. » Cette déclaration se trouve émaner du président élu récemment lors des élections brésiliennes, mais ces paroles résonnent aussi fortement, toutes proches, beaucoup trop proches du lieu où je me trouve à présent, de ce côté-ci de l’Atlantique. Que ce discours menaçant passe à l’acte n’est qu’une question de poursuivre les conséquences de la certitude subjective qui l’anime. Pour le moment, il suffit qu’il s’alimente lui-même avec davantage de paroles qui tuent, même si elles se présentent avec la douceur de l’amour pour l’unité de la patrie, laquelle motive la haine pour ce qui est différent.

Comme le disait Gil Caroz (2) dans un texte récent : « Le Brésil n’est pas l’Europe, le phénomène Bolsonaro n’est pas équivalent au phénomène Le Pen, et les contextes sont différents. Pourtant, nous pouvons considérer que les événements au Brésil constituent la vérité d’un mouvement de civilisation qui ravage l’Europe comme un incendie. C’est l’aboutissement d’une chute de l’autorité verticale, qui appelle la mise en ordre du monde par le massacre : soit tu es comme moi, soit tu meurs. » Il importe de situer les discours qui ont contribué à produire au Brésil cette conjoncture mortifère, et qui ont soutenu et alimenté un sens dont la contagion se répand comme une traînée de poudre. C’est la combinaison du discours religieux évangéliste, ce faux « humanisme » qui alimente aussi bien Trump aux États-Unis, et du pouvoir de la dictature militaire qui a traversé indemne les dernières décennies (3), une dictature qui avait chuté des représentations du pouvoir de l’État, mais qui n’avait pas disparu du pouvoir politique effectif. Ainsi, ce sont les favelas qui ont voté pour Bolsonaro et également certaines couches instruites de la population, et pas uniquement les lobbys et les pouvoirs factieux, quantitativement minoritaires. Sans ces deux appuis, Bolsonaro n’aurait pas remporté les élections : sentiment religieux – il est présent des deux côtés – et pouvoir armé de l’armée agissant au nom de la loi.

Comment répondre aux discours qui tuent sans alimenter leur sens, leur sens mortifère ? Sur ce point, la polarisation empêche toute équidistance qui pourrait s’établir au nom d’une impossible harmonie universelle. L’erreur de bonne foi continuera ici aussi à être de toutes la plus impardonnable, alors qu’il s’agit de répondre à ce danger majeur pour l’humanité. Ce ne sera pas au nom d’un Humanisme qui a déjà périclité, cette « humanitairerie » à propos de laquelle Lacan disait que nous ne faisons rien de plus qu’en revêtir nos propres exactions, celles de notre propre mode de jouir (4). Bien plutôt, ce sera au nom d’un in-humanisme, celui que la psychanalyse découvre chez l’être parlant habité par la pulsion de mort.

Concluons : il y a des discours vénéneux à la saveur de miel, et aussi au nom de l’amour. Disons avec les paroles de la chanson. Rappelez-vous : with his words, killing me softly with his songs.

(1) Jacques Lacan (1975), « Conférence à Genève sur le symptôme », La Cause du désir, n°95, Paris, 2017.

(2) Gil Caroz, « Notre vérité brésilienne », texte de préparation du Forum Européen « Les discours qui tuent », Bruxelles, le 1er décembre 2018.

(3) Pour une analyse de cette conjoncture, voir Aldo Cordeiro Sauda et Benjamin Fogel : « Bolosonaro’s Most Dangerous Supporters », revue digitale Jacobin, le 18 octobre 2018.

(4) Jacques Lacan, « Télévision », Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 534.

Traduit de l’espagnol par Jean-François Lebrun

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Coup
de fusil à l’énonciation

Paola
Francesconi

« Qu’on
dise reste oublié derrière ce qui se dit dans ce qui s’entend. » (1)

 

C’est
ainsi que Lacan nous a transmis son concept d’une frontière interne au dire
lui-même, marquée par l’existence de l’inconscient qui traverse le langage.
Cela me fait penser qu’un des « lieux du délit » – pour le dire ainsi
–, des discours qui tuent, peut naître là, dans l’intolérance particulière à ce
quelque chose qui reste oublié, mais qui n’est pas sans incidence sur le dit
des parlêtres. L’accueil de l’étranger qui est en nous, qui se ressent
dans le décalage entre ce que l’on veut dire et quelque chose qui veut désirer
dans ce qui se dit.

 

L’oublié
est dangereux, indécidable le point où il peut apparaître à nouveau. La
différence entre énoncé et énonciation est une différence primordiale dans le
contexte de la démocratie du langage, respectueuse des énonciations
singulières. La soi-disant « révolution du bon sens » qui, dans le
programme de Matteo Salvini, devrait conduire au profond renouveau de l’Europe
qu’il voudrait promouvoir, va justement frapper là, dans l’intolérance au qu’on
dise, au profit de ce qui se dit et doit s’entendre, rejetant tout autre sens
au profit d’un seul et unique qualifié de bon.

 

Le
récent mariage célébré à Rome entre souverainismes, en l’occurrence entre
Marine Le Pen et Matteo Salvini, a son revers, comme cela se produit souvent
dans l’imaginaire des analysants, dans l’enterrement de l’énonciation, d’un
qu’on dise
ouvert aux frontières de la dialectique. Tout comme Marine Le
Pen l’a fait lors de la campagne pour l’élection présidentielle française de
2017, l’utilisation d’énoncés empruntés à d’autres contextes énonciatifs dans
le but de les tordre en l’unicité d’une énonciation absolue et sans équivoque,
a trouvé chez Salvini son partenaire symptôme italien. L’Europe, dit Le Pen, a
piétiné le principe de solidarité et ne respecte pas l’un par un des
divers États, leurs politiques libido-monétaires. Il faut, continuent en chœur
Salvini et Le Pen, fonder une nouvelle Europe qui respecte les différences
entre États, qui initie une coopération : oui, mais dans quelle direction ?
De la solidarité entre tous ceux qui refusent tout ce qui vient de chaque
possible Autre-scène étrangère au sujet. De la coopération dans le fait de
ne pas se casser les pieds mutuellement en proposant et en tolérant des styles
d’économie, des stratégies de développement à construire à travers les
échanges.

 

Ainsi,
se réalise le crime contre l’échange lui-même, contre la construction commune.
Le crime consiste, à mon avis, dans le fait de faire passer habilement ce qui se
dit
ainsi pour la seule manière de l’entendre, habilement, tellement
habilement que même des intellectuels comme Sgarbi tombent dans le piège,
éberlué par l’idée lepiniste d’une nouvelle Renaissance européenne, ébloui,
aveuglé derrière ce qui se dit. En fait, plutôt que d’une renaissance,
c’est d’une nouvelle mortification qu’il s’agit. Une Europe qui n’est plus.
Cacciari, aussi, pour un instant, a glissé sur la peau de banane du dit
salvinien lorsque celui-ci lance une invitation à une Europe plus solidaire et
moins sévère face aux difficultés individuelles d’un État et qui donnerait un
coup de main à l’Italie pour la gestion des arrivées de migrants sans faire
trop de leçons d’économie. Heureusement, Cacciari s’est repris à Bologne (2), à
l’occasion du lancement d’un programme à venir pour l’Europe, fondé sur une
idée d’unité inspirée par un renforcement des politiques du travail, des
investissements dans les infrastructures, etc., un New Deal, comme il
l’a appelé, à la mémoire de Roosevelt, repris aussi il y a quelque temps par
Romano Prodi.

 

Comme
l’a écrit Dominique Holvoet, il n’est pas nécessaire que les discours frappent
directement le corps pour qu’ils aient un effet mortel. Il suffit qu’ils tuent
l’indécidable, l’impensable qu’il y a au-delà de la limite de ce qui se dit, au
nom d’une larve du dit habilement vidé et empaillé, après s’en être emparé en
dehors de la multiplicité des énonciations. Cela ne doit pas être appelé
franchissement de la frontière entre la droite et la gauche, mais plutôt vol de
ce qui se trouve au-delà de la frontière de notre propre dire. Comme Carlo De
Panfilis l’a suggéré dans sa contribution, cela doit s’appeler degré zéro du
langage, terre brûlée de la division interne au langage en tant que principe de
« bonheur » du sujet.

(1)
J. Lacan, « L’étourdit », Autres écrits. Textes réunis
par J.-A. Miller, Seuil, Paris, 2001, p. 449.

(2)
M. Cacciari, Un New Deal per l’Europa o siamo spacciati, Bologne,
3.10.2018, Repubblica.it, vidéo.

 



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Horaire: 9h -19h
 
Schedule: 9.00 AM – 7.00 PM

 
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Elle sera au Forum ! 

Et viendra de Paris. 

 

She will be at the Forum!

And she will come from Paris.

 

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Voici un extrait du rapport que Marine De Haas dirigeait, récemment :

« À l’été 2015, alors que des centaines de milliers de personnes empruntaient la route des Balkans pour rejoindre le nord et l’ouest de l’Europe, clôtures, barrières et murs se sont multipliés en Macédoine, Grèce, Bulgarie, Slovénie et Hongrie… 

Par ailleurs, le gouvernement hongrois a procédé à l’électrification de la barrière et utilise désormais drones et hélicoptères pour patrouiller […]. Des compagnies privées ont été sollicitées pour la construction de ces barrières […]. La compagnie Dak Acelszerkezeti, ayant participé à la mise en place des clôtures en acier, a, quant à elle, déployé 500 travailleuses et travailleurs dont un tiers étaient des prisonniers. Ces deux sociétés ont décliné nos propositions de rencontres en Hongrie. Par ailleurs, des entreprises chinoises, sud-africaines et espagnoles (la même entreprise ayant fourni le matériel pour les clôtures à Ceuta et Melilla) ont été sollicitées pour la fourniture de caméras ou de systèmes électriques. 

Cette politique de fermeture se matérialise également par un renforcement de la présence des forces policières et militaires aux frontières […]. En août 2016, le Premier ministre promettait de recruter 3.000 border hunters (chasseurs aux frontières) supplémentaires, placés sous l’autorité policière, augmentant ainsi les effectifs policiers en présence à 47.000 agents… 

Par ailleurs, pour répondre à une “crise causée par une immigration de masse” selon les autorités hongroises, la nouvelle législation autorise l’usage de balles en caoutchouc, gaz lacrymogène et autres mesures coercitives, dès lors qu’elles n’ont pas pour objectif de tuer […], la formation de patrouilles informelles par les autorités locales du village d’Asotthalom, soit de véritables milices civiles munies d’armes, de bâtons, de torches et de gaz lacrymogène qui procèdent à des interceptions de personnes migrantes sans aucun mandat ni habilitation légale. »


Cet extrait est issu d’un travail de terrain et de recherche (missions aux frontières françaises, hongroises et travail de veille de long terme sur les évolutions en Méditerranée) qui a donné lieu à un rapport de la CIMADE, « Dedans, dehors : une Europe qui s’enferme », publié en juin 2018, coordonné par Marine De Haas, responsable des questions européennes, qui sera notre invitée au forum. Elle s’exprimera sur les résultats de sa mission à la frontière entre la Hongrie et la Serbie, mettant en lumière comment la Hongrie est en passe de devenir une sorte de laboratoire des politiques migratoires européennes dont les mots clés pourraient être : enfermement, découragement, non-accès au territoire.

 

 

Here is an extract from a recently published report by Marine De Haas :

“In the summer of 2015, as hundreds of thousands of people took the Balkan route to the north and west of Europe, fences, barriers and walls multiplied in Macedonia, Greece, Bulgaria, Slovenia and Hungary. 

In addition, the Hungarian government has electrified the barrier and now uses drones and helicopters to patrol […]. Private companies have been contracted for the construction of these barriers […]. The Dak Acelszerkezeti company, which participated in the installation of the steel fences, deployed 500 workers, one-third of whom were prisoners. These companies have declined our proposals for meetings in Hungary. Furthermore, Chinese, South African and Spanish companies (the same company that supplied the equipment for the fences in Ceuta and Melilla) were asked for the supply of cameras or electrical systems. 

This policy of closure is also reflected in the reinforcement of the police and military forces present at these borders […]. In August 2016 the Prime Minister promised to recruit 3,000 border hunters, to be placed under police authority, increasing the police force in presence to 47,000 agents. 

Moreover, to respond to a ‘crisis caused by a mass immigration’, according to the Hungarian authorities, the new legislation allows the use of rubber bullets, tear gas and other coercive measures – since these are not intended to kill […], also there is the formation of informal patrols by local authorities in the village of Asotthalom; real civilian militias armed with weapons, sticks, torches and tear gas whom, without any legal mandate or authorization, intercept migrants.” (1)

This excerpt comes from field-work and research (from missions to the French and Hungarian borders, as well as long-term monitoring work on developments in the Mediterranean) which gave rise to a report by CIMADE (French NGO founded in 1939 to work with displaced groups), “Within and Outside: Europe Closes Itself Off”, published in June 2018, coordinated by Marine De Haas, responsible for European issues, who will be our guest at the forum. She will speak about the results of her mission on the border between Hungary and Serbia, highlighting how Hungary is becoming a kind of laboratory of European migration policies whose key words could be: imprisonment, discouragement, non-access to the territory.

 

(1) https://www.lacimade.org/publication/dedans-dehors-une-europe-qui-senferme/ 
A summary of the Report is also available in English at the above address

Translation by Raphael Montague

 
 

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