Activités des Sociétés et Groupes de la NLS
Activities of the Societies and Groups of the NLS

  

 
 
ASREEP-NLS
 
Compte rendu du Séminaire ASREEP-NLS vers Dublin 2016: « Signes discrets dans les psychoses ordinaires »


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6006 signatures à 11:07 sur la pétition du ForumPsy

Plus de 22.000 signatures sur l'ensemble des pétitions !

 

Scientisme imposé. Désastre social annoncé.

 —


Nous refusons



Voix de jeunes travailleurs



 

En tant que jeunes travailleurs dans le champ de la santé
mentale, nous sommes inquiets de constater qu’il est possible dans les heures à
venir q
u’une loi « tyrannique » soit votée dans notre
pays, dit libre.

Tout comme les différents praticiens qui se sont déjà
manifestés pour s’opposer à ce projet de loi, nous y voyons différents risques.

Ce projet de loi annonce
que la psychothérapie devra « être fondée sur des preuves ». Dans
cette recommandation s’entrevoit notamment le risque que pour accompagner des
personnes en difficultés, il s’agira de recourir à des outils prétendus
objectifs parce que standardisés.


Les patients que nous
côtoyons nous font part de leurs bizarreries, de leurs comportements
dérangeants, déviants et de leurs difficultés. Nos
parcours
nous ont amenés à choisir d’accueillir
ces « écarts » et de les considérer comme précieux. En effet, nous
avons fait le choix, ce qui n’est pas toujours facile à défendre, de penser que
l’homme normal est une fiction. Nous travaillons en écoutant ce que les
patients nous disent de leur histoire et de la façon dont ils se débrouillent
face à ce qu’il leur arrive. Cette parole n’est jamais quantifiable et elle est
toujours singulière.


Faire ce choix a été
possible notamment parce que pendant nos études, nous avons eu la chance
d’assister aux cours d’enseignants dont les orientations variaient. Nous
n’étions pas toujours d’accord avec les uns et les autres, mais nous avons
consenti à nous intéresser aux fondements et valeurs de ces différentes
orientations et nous avons tenté, parfois le temps d’un examen, de retenir leurs
concepts. Nous avons pu également réaliser des stages dans des lieux dont les
repères théoriques n’étaient pas partout identiques.


Ainsi, il existait pour
le futur praticien la possibilité de choisir la conception de la clinique à
partir de laquelle il s’orienterait. Le projet de loi actuel met en péril la
richesse que représente l’enseignement de différentes orientations et la
possibilité de préférer l’une ou l’autre. Nous refusons que le choix
d’orientation et de formation du praticien soit décidé par une loi. Nous ne
voulons pas que les étudiants soient formés uniquement selon une approche
répondant à une idéologie promue par une loi et qui viserait la rééducation, la
resocialisation ou la productivité des patients.


Enfin, nous
trouverions aberrant que la prévalence d’un modèle empêche les patients
d’accéder librement au type d’accompagnement. D’après nous, ce choix devrait continuer
d’être décidé selon les attentes, les « affinités », les
« croyances » du patient et en aucun cas selon des « trajets de
soins » prescrits.


Voilà que nous nous mettons tout juste à travailler et nous
sentons que notre champ risque d’être « pris en otage » par une
conception qui se nourrit du leurre que la santé mentale est normalisable.



 

Phénicia Leroy

Mathieu Vanden Berghe

****

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Je refuse !



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5760 signatures à 21:50 sur la pétition du ForumPsy

Plus de 22.000 signatures sur l'ensemble des pétitions !

— Contre une bureaucratisation de l'âme —


Nous les voyons donc, sous toutes sortes de formes qui vont
du piétisme aux idéaux de l’efficience la plus vulgaire (…) se réfugier sous
l’aile d’un psychologisme qui, chosifiant l’être humain, irait à des méfaits
auprès desquels ceux du scientisme physicien ne seraient plus que bagatelles.

(J.
Lacan, Écrits, p. 217.)

 

 

 

L’effet
placebo des TCC

Éric Zuliani

 

En
Belgique comme en France, sur le front de la législation des pratiques
thérapeutiques ou sur celui des décisions bureaucratiques concernant l’autisme,
il serait bon que nos décideurs – qui s’apprêtent aveuglément à remettre les
clés de la santé mentale aux seules bonnes pratiques (Evidence Based Practice) des TCC – soient un peu plus
éclairés. Il se peut que dans quelques années, c’est-à-dire demain, des comptes
leur soient demandés ! Dans bien des pays en effet, à commencer par les États-Unis,
on en revient, comme dirait l’autre,
desdites bonnes pratiques. Ceci fait l’objet d’un long article, datant du 7
janvier, d’Oliver Burkman, journaliste qui signe une étude de terrain fouillée
et rafraîchissante dans le Guardian,
sous le titre : « 
Therapy
wars : the revenge of Freud
 ».

Après
avoir donné le contexte du triomphe des TCC aux États-Unis, Burkman fait
apercevoir les ressorts Evidence Based
de la situation actuelle : Depuis qu’elles
sont apparues dans les années 60-70, de nombreuses études se sont succédé
en faveur des TCC, de sorte que dans le jargon clinique « thérapies à
support empirique » est habituellement juste un synonyme de TCC :
autrement dit, ce qui est basé sur les faits. Vous cherchez aujourd’hui une
thérapie agréée par la
National Health Service (Sécurité Sociale), vous serez conduits (…) vers
de courtes séries de réunions très structurées menées par un professionnel de
la TCC, ou encore, pour intégrer des méthodes visant à interrompre votre
manière de penser par catastrophisme, à une présentation
PowerPoint ou à un programme en ligne.

 

À
ce propos, le journaliste cite un échange très instructif qu’il a eu avec une
femme qui s’était mise en quête d’une thérapie pour une dépression survenue
après la naissance de son premier enfant. Elle
a d’abord été conviée à assister à une présentation PowerPoint de groupe, lui
promettant, en cinq étapes, « d’améliorer » son humeur ; puis
elle a démarré une TCC, d’une part, avec un thérapeute et, d’autre part, et entre
ses séances chez le thérapeute, avec un ordinateur. « Je ne pense pas,
dit-elle, que rien n’ai pu jamais me faire me sentir aussi seule et isolée qu’un
programme informatique me demandant d’évaluer comment je me sentais sur une
échelle graduée de un à cinq ; et, qu’après avoir cliqué sur une triste
Émoticône sur mon écran, je m’entendais dire par une voix préenregistrée qu’elle
en était “vraiment désolée” ! Devoir par ailleurs remplir les liasses de
questionnaires des TCC, sous la direction d’un thérapeute, ne s’est pas révélé
beaucoup plus concluant. »

 

Mais
l’élément le plus surprenant de l’article est l’astucieuse interprétation que
fait l’auteur à partir des éléments de son enquête. Il cite la recherche de
deux Norvégiens qui, réexaminant les
scores des essais expérimentaux depuis l’origine des TCC, concluent que l’ampleur
de l’effet 
une mesure technique de sa réelle utilité a diminué de moitié depuis 1977. Et,
dans le cas peu probable où cette tendance aurait à persister, poursuivent ces
Norvégiens, les TCC pourraient être tout à fait stériles dans quelques
décennies. Est-ce à dire que les TCC ont d’une certaine manière bénéficié d’une
sorte d’effet placebo depuis tout ce temps ? Qu’elles sont demeurées
efficientes tant que les gens ont cru qu’elles constituaient un remède
miracle ?

 

Allons
plus loin et soulignons que l’effet placebo des TCC a d’abord un impact sur les
bureaucraties sanitaires avant que de concerner les patients qui eux en
pâtiront. Je travaille depuis 25 ans dans ce qu’on appelle en France le champ
médico-social auprès de jeunes pris dans de complexes difficultés
psychologiques invalidantes. C’est un champ très libéral où beaucoup
d’approches se croisent sans s’exclure depuis l’après-guerre. Dans toutes ces
approches, j’ai toujours pu constater que le travail de chaque intervenant repose
sur deux principes simples : pour aider un sujet à y voir plus clair dans
ses difficultés, il faut initier une conversation continue avec lui, et souvent
à plusieurs ; et cette conversation crée des liens, c’est-à-dire a des
conséquences. Mais, comme l’a souligné récemment Gil Caroz, à principes simples
concernant l’usage de la parole, formation pointue sur ce que parler veut dire.
Ce sont aujourd’hui ces approches, mais aussi toutes ces professions qui les
partagent dans le vaste champ de la santé mentale, qu’il faut défendre de ce
curieux et dangereux effet placebo que subissent nos décideurs !

 




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The Lacanian Review. Hurly Burly No. 1 ‘Oh my god(s)!!

La nouvelle édition de la Revue de la Nouvelle Ecole Lacanienne de Psychanalyse et de l’Association Mondiale de Psychanalyse (en anglais)

Scilicet (en anglais)

– Eric Laurent : L’Envers de la biopolitique. Une écriture pour la jouissance

– Dossia Avdelidi : La psychose ordinaire

– Mariana Otero & Marie Brémond : A ciel ouvert’, le livre (en anglais)

 Les revues des groupes de la NLS

 

– Et Lacan Actuel & Usages of Control (GIEP)

– iNWiT: “Crisis!” & Via Lacan (Kring)

– Actes du Pont Freudien (Quebec)

– Apprendre la langue de l’enfant (Bulgarie)

– Psychoanalytical Notebooks (LS-NLS)

– Lacanian Ink

Une séléction de la Collection Rue Huysmans

 

– La Cause du Désir – LCD 92

Quarto 94-95 – réedité  sur  la  psychose  ordinaire

Quarto  112-113  – dernier numéro

­- Mental 33 & 34

Les livres de Karnac

 

Nous prendrons des commandes pour la traduction en anglais du Séminaire The Sinthome: The Seminar of Jacques Lacan, Book XXIII qui  sortira bientôt.

Nous avons un stock de livres psychanalytiques, qui inclut les auteurs suivants :

Agnès Aflalo – Marlène Belilos – Gustavo Dessal – Eric Laurent – Jacques-Alain Miller – Bogdan Wolf – Stijn Vanheule

 

… et  la présentation d’une librairie unique irlandaise…

        The Winding Stair Bookshop

La librairie The Winding Stair est l’une des plus anciennes librairies indépendantes et survivantes à Dublin. Un havre de détente situé à la Halpenny Bridge, dans le centre de la ville. Nous nous spécialisons dans des titres uniques non disponibles dans de plus grandes librairies, combinant des livres neufs et d’occasion. Lors du Congrès, nous vous fournirons un mélange d’écrivains irlandais traditionnels et contemporains – James Joyce, Yeats, John McGahern, Edna O’ Brien, Anne Enright, Colm Toibín, Colin Barrett et Donal Ryan pour n’en citer que quelques uns. Notre restaurant primé au premier étage vous permettra de goûter à la old-fashioned homemade cuisine, avec des produits provenant des artisans de l’île.

Pour d’autres informations :

www.nlscongress.org

  https://twitter.com/NLSCongress2016   https://www.facebook.com/NLS-Congress-2016-933316580050024   www.nlscongress.org
 

 

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5330 signatures sur la pétition du ForumPsy

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Réactions sur les « pistes pour lorganisation des soins
psychologiques
 »1
propos
ées par le KCE (Centre fédéral dexpertise des soins de santé)

Par Justine Junius

 

Travaillant
dans un SSM
à Bruxelles, en tant que psychologue clinicienne orientée par ma formation analytique
continue, je d
écide de vous écrire pour témoigner de mon travail quotidien
dans une
équipe pluridisciplinaire, où contrairement à ce que vous laissez entendre aux
politiciens
 : à savoir que nous ne parvenons pas à
accueillir nos
patients,
à prendre le temps de les écouter, à analyser leur demande, à accueillir les crises… nous ne
faisons que
ça ! Et surtout avec une éthique rigoureuse et un
professionnalisme li
é à la responsabilité quengage ce type de travail.

Sachez quau SSM dans lequel je travaille, nous recevons le patient
sans lui constituer un dossier
électronique, sans lui faire passer de bilan fonctionnel
pour qu
il puisse poursuivre son suivi,
sans limiter les s
éances à un nombre standard, sans prétendre être capable de diviser les
maladies mentales dites
« légères » ou dites « plus sérieuses » en une première ligne et une seconde ligne,
faisant de surcro
ît, fi du transfert que le patient peut avoir envers son
th
érapeute… Qui peut croire à ce que vous proposez ?

Lorsquil arrive quau sein de
notre centre, un professionnel ne puisse pas recevoir de nouveaux patients, car
il manque certes parfois des places, nous prenons cependant le temps de les
orienter vers un autre professionnel qui soit abordable financi
èrement et dautre part, nous prenons le temps de nous informer au préalable que ce professionnel ou
centre a encore de la place. Chaque demande est trait
ée, en équipe, une fois par semaine et
dans les jours qui suivent, nous rappelons la personne pour lui proposer un
rendez-vous ou une r
éorientation adéquate.

Alors vous
voulez tout d
étruire sur base notamment dune étude faite sur la réalité
des CGG en Flandre ? Pourtant vous écrivez vous-mêmes quil ny a
« pas de
chiffres pour les Services de sant
é
mentale »2. On ne travaille pas tous de la même façon ! Venez voir comment on travaille, dans la dentelle, à
la mesure de la
complexit
é du psychisme humain.

Je refuse quon me recommande des « bonnes
pratiques
 » déconnectées de la réalité
du terrain, qui véhiculent une idéologie déshumanisante, simpliste,
dangereuse
 !

 

1. Dans KCE : Synthèse – modèle dorganisation et de financement
des soins psychologiques

https://kce.fgov.be/sites/default/files/page_documents/KCE_265Bs_Psychotherapy_synthese.pdf

2. Idem., Chapitre 2.2.4. : « Les listes sont longues ».

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Qui est charlatan ?


 

Réponse à l’interview du Président de la Fédération belge des psychologues1



Allons. Soyons sérieux. Qu’est-ce qu’un diplôme de psychologue ? Pas grand-chose. Je le dis parce que j’en ai un, que j’ai décroché il y a trente ans. Je l’ai obtenu de la même façon que je suis allé à la commune chercher ma carte d’identité, c’est-à-dire pour avoir un papier. Ensuite, il a fallu que je me forme, réellement. Car rencontrer des personnes et s’allier à leur destin n’est pas chose légère. Je savais dès le départ que le diplôme de psychologue ne me formerait en rien à accompagner des gens qui cherchent un point d’appui pour aborder leur réel. Je savais que rien ne m’autoriserait à le faire tant que je n’aurais pas eu le courage d’aborder le mien, de réel. Le diplôme de psychologue n’était que la preuve que j’avais la capacité d’être assis pendant des heures à travailler à mon bureau, d’ingurgiter un peu de savoir mort afin de le resservir,  tout aussi mort, lors des examens. C’était aussi la preuve que j’étais obéissant. Que je savais repérer chez mes professeurs d’université ce qu’ils voulaient entendre et aussi ce qu’ils ne voulaient pas entendre. Que je m’abstenais par exemple de contester leurs idées parfois délirantes, comme celle qui stipule que quand un sujet concentre son attention sur la couleur rouge d’un tableau de Rorschach, c’est le signe qu’il a une personnalité agressive. Ou encore, qu’à caresser une souris trois fois par jours, on apprend les effets de l’acte de tendresse chez les humains. Allons, soyons sérieux. Qui peut croire qu’il s’agit là d’une science ?

 

Comme je ne suis pas un charlatan, dès que j’ai commencé à rencontrer des « patients », après mes études de psychologie clinique, je me suis dit qu’il fallait que je me forme, cette fois-ci réellement. C’est alors que j’ai commencé une analyse. Oui, il y trente ans, j’ai commencé une analyse et un contrôle de ma pratique. Mon cas, pas moins que le cas des autres, a dû et doit toujours être analysé, même si, à partir d’un certain moment, l’analyse verse de plus en plus dans l’autoanalyse. Sans oublier par ailleurs la lecture de textes en petits groupes (cartels), l’étude clinique dans un institut de formation, les présentations de cas, la participation à des entretiens avec des personnes hospitalisées en psychiatrie, les colloques, les congrès, le travail institutionnel de la chose analytique… Voilà ce que je fais depuis trente ans, parce que je ne suis pas un charlatan. Par contre, brandir le diplôme de psychologue pour revendiquer la légitimité de « recevoir » des gens et s’insérer dans leur parcours est un charlatanisme de haut niveau. 

 

Monsieur le Président de la Fédération belge des psychologues, c’est à vous que j’adresse ces mots. Je crois halluciner quand je pense que vous voulez soumettre au contrôle d’un psychologue mes quelques collègues, psychanalystes laïques, hyper compétents dans leur formation analytique au sein d’une École de psychanalyse, mais qui n’ont pas un diplôme de psychologue. Certains sont philosophes, d’autres sont mathématiciens, d’autres encore sont architectes… Pourtant, je vous mets au défi de vous mesurer à eux sur le plan de la clinique.    

Vous dites qu’il y a « tout et n’importe quoi » dans le domaine de la formation à la psychothérapie et que c’est la raison pour laquelle il faut avoir un diplôme de psychologue pour exercer un acte psychothérapeutique. Comme par hasard, vous mentionnez à ce propos qu’on « peut se former à la psychanalyse en dix week-ends ». Voilà, vous avez jeté votre discrédit sur les psychanalystes, alors que vous savez très bien que derrière eux, il y a des Écoles bien plus sérieuses que les universités. 

 

Vous vendez votre âme au diable de l’Evidence Based pour peu de chose, pour faire partie de ceux qui veulent détenir le monopole dans ce domaine, alors que vous le savez, si vous vous prêtez réellement à traiter le réel qui frappe à votre porte, le diplôme ne garantit rien. À la troisième question qui vous est posée dans la Libre Belgique du 22 juin 2016, celle de savoir « s’il y a beaucoup de charlatans », vous ne répondez pas. Vous divaguez en parlant d’une volonté de « professionnaliser la psychothérapie pour le bien du patient ». Je veux bien. Mais alors, commencez par dire à ces patients dont vous voulez le bien, ce que vous savez de la valeur du diplôme de psychologue : celle d’un simple papier. 

 

Gil Caroz

 

1. http://www.lalibre.be/actu/belgique/des-psychotherapeutes-sans-existence-legale-se-sont-engouffres-dans-ce-vide-juridique-57697a1d35708dcfedb4338c


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Activités

des Sociétés et Groupes de la NLS

Activities of the Societies and
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Société Hellénique de la
NLS


CRÈTE

Le séminaire de Daniel Roy en Crète

Les
journées du séminaire de la Société hellénique, animées par
Daniel Roy en Crète se sont achevées le 10 juin au soir. Et
pourtant, vingt-quatre heures plus tard, je ne suis pas encore
« sortie » de ce monde où il nous a fait pénétrer.

L’un cherche l’autre, par SMS, par téléphone,
comme si l’on cherchait à se rassurer que l’on n’est pas
seul, que l’on n’est pas le seul à se trouver en proie à un
tel enthousiasme.

Daniel Roy nous a pris par la main et nous a
conduits fermement sur les chemins de la
lalangue, du
langage habitat et organe. Corps parlant,
parlêtre,
accent de singularité, jouissance singulière, l’
Étourdit, sinthome,
psychose ordinaire… Et pour terminer ce séminaire, il a fait
les « tours du dit » des cas cliniques.

Et ça glissait comme l’eau de source du mont
Ida. Des concepts ardus devenaient simples, tout
naturellement. C’étaient l’art et le savoir.

En fin de compte, ce dont aucune crise n’est
capable de nous priver, c’est du monde du savoir. Et quand
cela devient l’art du savoir, c’est magique !

Georgia
Fountoulaki


Compte rendu
d
es
journées
des 10 & 11 Juin en Crète


par Ioanna Vérigaki, déléguée de la
Société hellénique en Crète

Les
10 et 11 Juin, dans le cadre de ses activités, la Société
hellénique de la nouvelle École Lacanienne en Crète a reçu
à Héraklion le psychanalyste
Daniel Roy.

Ainsi, le vendredi 10
Juin, au Musée d’Histoire Naturelle de la ville, Daniel Roy
a donné une conférence dont le sujet «Un enfant
d’aujourd’hui» a suscité un vif intérêt auprès d’un public
varié, où l’on observait de nombreux
médecins, psychiatres et psychologues.


La conférence a
commencé par une référence aux mythes de l’antiquité grecque
et, plus précisément, par une comparaison entre le Minotaure
crétois, issu de la jouissance d’une femme à laquelle un
père a donné un nom, et nous-mêmes, qui provenons d’un corps
de jouissance et d’un corps de langage, donc de deux corps
qui manifestent une disjonction.


De la légende du Minotaure, Daniel Roy est
passé à l’histoire d’«Isidore», cas clinique d’«un enfant
d’aujourd’hui». Avec une grande finesse, tout en restant
très accessible aux auditeurs, il a développé le travail
fait avec «Isidore» dans le cadre d’une cure analytique.



Ce très jeune enfant
présente des symptômes très habituels de nos jours : il est
très agité, il a des cauchemars pendant la nuit qui le
poussent à aller dans le lit de sa mère. «Isidore» nous
montre qu’un enfant «peut être pour l’Autre objet toujours
disponible, d’un accès direct et illimité, et que sa
symptomatologie est la condensation de cette condition
appliquée désormais à l’Autre et de la tentative toujours
ratée d’échapper a la prise de cet Autre».


Par le chemin
parcouru dans le cadre du transfert, «Isidore» a traversé
plusieurs phases pour arriver à trouver «un principe de
limitation, à savoir quelque chose qui lui a permis d’avoir
un rapport au monde un peu plus réglé». «Isidore» est
parvenu, d’un corps de jouissance en trop, à une dépense de
ce qui était en trop dans le corps. Ce déplacement s’est
effectué par divers moyens : jouissance de la parole,
jouissance de l’image, jouissance phallique ou jouissance
sublimatoire.


Daniel Roy a bien
démontré que le travail analytique ne consiste pas à
appliquer des méthodes pour gérer ou éduquer un enfant, mais
à offrir à l’enfant la possibilité de traiter ses symptômes
comme des signifiants, comme des créatures utiles pour
explorer des territoires où les parents ne peuvent pas
répondre. «Isidore» nous a appris que «la partie la plus
précieuse qui constitue l’être du sujet, c’est un reste qui
n’est pas éducable». S’éduquer pour un enfant, c’est donc
« confronter son corps de jouissance aux attentes de l’Autre
qui forment le cadre de cette confrontation». Et cette
confrontation fait principe de limitation pour l’enfant.


Le samedi 11 juin a
constitué la journée de travail traditionnelle pour tous
ceux qui, durant l’année, suivent notre séminaire.
Psychiatres en cours de spécialisation, médecins,
psychologues, étudiants en psychologie, soit cinquante-cinq
personnes, ont ainsi travaillé dans la matinée avec Daniel
Roy autour du sujet «Troubles du langage et usages de la
langue».


Pour aborder la
question « que recouvrent les troubles de la parole et du
langage » Daniel Roy a développé la distinction effectuée
par Saussure entre parole, langage et langue, pour évoquer
ensuite Roland Barthes qui, dans son ouvrage «Système de la
mode», tente d’appliquer à cette dernière la structure
saussurienne.


Le fait de parler et
la façon de s’habiller sont immédiatement liés a la
condition humaine. Ils ne sont pas des attributs. Être vêtu
est constitutif du corps et la parole est constitutive du
corps parlant. Le dispositif analytique isole uniquement la
dimension du corps parlant. Ainsi, l’analyste comme «grand
couturier» fait attention au lien entre les mots, à la
syntaxe et à l’usage particulier qu’en fait le sujet. Ainsi,
l’analyste prête attention aux événements, aux accidents de
l’ordre de la parole, aux événements de corps produits dans
l’usage particulier de la parole qui existe uniquement dans
une cure analytique.


Nous rencontrons ici
la version du
parlêtre que propose Lacan, «qui ne nie
pas l’inconscient freudien, mais ne l’isole pas par
l’événement de la parole». Les troubles, alors, de la parole
permettent de signaler les éléments du code linguistique qui
soudain émergent comme signifiants, mais aussi la présence
toxique du signifiant : à savoir les moments où le
signifiant sans médiation vient percuter le corps, en tant
que «accents de singularité», ainsi que le signale
Jacques-Alain Miller


Daniel Roy a ensuite
abordé la thèse lacanienne selon laquelle «la parole sert le
réel». Il a exploré les deux formes canoniques de la
dimension du langage chez Lacan, le langage organe et le
langage habitat, en faisant référence aux influences et aux
objections de Lacan, face aux théories de Heidegger et de
Noam Chomsky.


Pour Lacan, le
langage fait trou dans le réel, le langage comme ordre de
dire ne trouve aucun répondant dans le réel. «Il est
susceptible de devenir à tout moment un organe de
commandement au service de n’importe quel signifiant». Et
pour désigner ce qui arrive au corps et qui fait un sujet
corps parlant, Lacan a inventé le néologisme
lalangue. D’une part, il y a le langage
comme élucubration de savoir sur
lalangue et, d’autre part, l’inconscient
comme savoir-faire avec
lalangue. L’inconscient est un accrochage
particulier, mais il y en a d’autres, que nous rencontrons
dans des cas cliniques. Plus précisément, la clinique de la
psychose ordinaire témoigne qu’il y a le
sinthome, autre savoir faire avec lalangue. Enfin, «la langue porte le coup d’un réel
pour le
parlêtre» et crée le sinthome, «lien singulier qui noue ensemble
le langage dans sa structure symbolique, le corps comme
image et le réel de la jouissance
».

Dans l’après-midi,
Daniel Roy a commenté avec une grande perspicacité deux cas
de malades de l’hôpital psychiatrique de la Canée et de la
clinique psychiatrique Haghios Charalambos à Héraklion,
présentés sur dossier par les psychiatres. Les auditeurs ont
participé à la conversation clinique qui a suivi, posé
plusieurs questions et fait divers commentaires.


La participation
observée pendant ces Journées vérifie un vif intérêt et un
désir permanent pour la psychanalyse. La capacité de Daniel
Roy à transmettre avec clarté et avec aisance des notions et
des termes analytiques difficiles nous a entraînés dans un
travail efficace et créatif.


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Pratiques basées sur preuves (evidence based practices

et le rejet de la subjectivité

 

Entretien entre le Professeur Dr I. Devisch 

(membre du Conseil Supérieur de la Santé)

et Nathalie Laceur

 

Extraits[1]

 

Ignaas Devisch est professeur d’éthique, de philosophie et de philosophie médicale à l’Université de Gand et à l’École supérieure « Artevelde ». En vue de la parution de son livre « Ziek van gezondheid. Voor elk probleem een pil ? » (« Malade de la santé. Une pilule pour chaque problème ? »), en 2013, il a récolté une série d’avis critiques, issus des domaines de la médecine, la psychologie et la sociologie, qui soulignaient la médicalisation de notre société. Depuis mars 2014, il fait partie du Conseil Supérieur de la Santé.

 

«  Concernant les problèmes psychiques, 

qui sont toujours complexes, 

le modèle evidence based est bancal » 

 

Modèle evidence based et le rejet de la subjectivité

NL : Il existe diverses manières d’examiner l’efficacité d’une pratique. Le Conseil Supérieur de la Santé donne la préférence aux statistiques de la méthodologie evidence based et recommande donc les pratiques evidence based. Celles-ci sont, je cite : « des pratiques validées par la recherche ou des pratiques basées sur les résultats ou les preuves se référant à la littérature scientifique ». [2]

ID : Concernant la notion evidence based, j’ai souligné il y a quelques années que l’on suppose que le E de Evidence peut être automatiquement transféré à un patient unique[3]. Sans doute peut-on tirer des conclusions générales, mais il reste qu’il y a un patient, et que celui-ci est unique, singulier, qu’il représente toute une richesse que les chiffres, seuls, ne peuvent pas traduire. Le singulier ne peut pas se caser dans une série statistique, et pour moi, c’est là que se situe l’erreur majeure dans le raisonnement. Dès que l’on fait de la recherche evidence based concernant les problèmes psychiques, qui sont toujours complexes, le modèle evidence based est bancal. L’application du modèle EB aux problèmes psychiques mène, à mon sens, à l’appauvrissement de l’aide, puisque toute la pointe du problème individuel manque. Expertise based pourrait être un complément bienvenu à l’evidence based. Les deux ne doivent pas s’exclure ; ils peuvent être complémentaires.  

NL : En fait, voulez-vous dire que le modèle evidence based est impossible à appliquer pour définir ce que sont les « bonnes pratiques » ?

ID : Non, ce n’est pas ce que je dis. Je dis qu’il faut considérer la diversité des soins et je dis que, sauf évidence, il y a encore beaucoup d’autres choses qui rendent possible une intervention psychosociale justifiée : établir la confiance, parler, développer l’expertise clinique. Ce serait tout de même absurde de ne pas tenir compte de tout cela. Cela ne me fait pas problème que l’on fasse de la recherche dans sa généralité en termes de : y a-t-il quelque chose à dire en général à propos d’un certain trouble ? Mais cela ne dit encore rien à propos de toutes ces personnes particulières que l’on classe dans la catégorie de ce trouble. Il faut partir du patient. Tant que l’on ne prend pas en considération la composante du vécu, la subjectivité de la personne, on ne pourra jamais faire plus que combattre quelque chose au niveau du symptôme. On peut parfaitement combattre un symptôme pendant longtemps, mais cela ne résout rien. Pouvons-nous, au vingt et unième siècle, voir enfin que cette subjectivité est un élément constitutif de la science et non un obstacle, car c’est de cela qu’il s’agit : la subjectivité est constitutive d’une bonne science. Dès que l’on travaille avec des personnes, on a affaire à de la subjectivité. Point.

NL : Pourtant, dans le Rapport du Conseil Supérieur de la Santé la « scientificité » et le modèle evidence based vont toujours de pair. La conséquence en est que la psychanalyse, qui, en effet, ne manie pas la méthodologie evidence based pour évaluer sa pratique mais opte sans détour pour la méthode clinique, et plus précisément pour la singularité de l’étude de cas, est écartée comme « non consensuelle ».

ID : Oui, c’est une chose que jamais je ne soutiendrais, parce que la science est davantage que le modèle evidence based, et parce que la science vit aussi de dissensus – et certainement dans le domaine médical. Dès que l’on travaille avec des êtres humains, il y a un facteur d’incertitude ou de non définissable et, qu’on le veuille ou non, nous avons à nous en accommoder. Exclure une pratique qui prend le vécu subjectif comme point de départ pour toute forme d’intervention psychosociale… je ne sais pas ce que l’on veut obtenir avec cela. Cette pratique doit évidemment aussi pouvoir se légitimer, elle doit pouvoir montrer une efficacité clinique et doit s’inscrire dans le champ de la discussion scientifique. Ce n’est qu’ainsi qu’elle pourra se distinguer de toutes sortes de circuits alternatifs qui veulent toujours se dérober à cet examen sous prétexte que quelque chose marche parce qu’on y croit. Si la psychanalyse se prend elle-même au sérieux, elle doit fortement s’en distancier. De plus, je le répète, nous devons toujours supposer que le terrain psychosocial présente un « objet de recherche » tellement complexe qu’il n’atteindra jamais d’emblée un consensus, sauf s’il amène artificiellement quelques facteurs dans un laboratoire, mais en quoi cela nous avancerait-il ? Il n’est pas difficile de trancher dans un débat concernant la gravité terrestre, mais par contre, lorsqu’on développe la science, l’expertise concernant ce que vit un être humain, il faut prendre cet être humain comme point de départ. Quelle folie de penser que l’on pourrait y échapper !

 

Traduction Monique de Buck



[1] L’entretien dans son intégralité est à lire dans INWiT 12, novembre 2014 (NL).

[3] (2009) Devisch Ignaas and Murray Stuart, We hold these truths to be self-evident: Deconstructing ‘evidence-based’ medical practice (Journal of Evaluation in Clinical Practice, 15: 950-964)

 
 
 
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Nous n’avons rien à perdre


par Gil Caroz

 

 Images intégrées 1


LQ : Pour l’opinion éclairée, en Belgique comme en France, la situation de
la psychanalyse était désormais réglée, donnant en Belgique comme en France aux
Écoles et Sociétés de psychanalyse le soin de décider à qui elles confient la
tâche d’exercer cette profession singulière. Que s’est-il passé ? 

 

Gil Caroz : En effet
une loi sur les professions de santé mentale a été votée à Bruxelles en avril
2014 dans le cadre d’un mandat gouvernemental de large coalisation de centre
gauche. Outre le fait que cette loi, assez subtile, prenait en considération la
complexité des offres de soins psychothérapeutiques, elle reconnaissait la
spécificité de la psychanalyse, en considérant qu’elle n’était pas concernée
par cette loi. Ainsi, la garantie de la formation du psychanalyste est restée
en Belgique dans les mains des Écoles de psychanalyse. On constate aujourd’hui
que le débat qui a précédé cette loi, et dans lequel nous étions très actifs, a
eu pour effet d’ancrer dans l’opinion belge une distinction entre la
psychothérapie et la psychanalyse. On peut d’ailleurs lire et entendre dans les
médias que la confusion se produit de moins en moins.
Or, depuis lors, des
élections ont eu lieu : en automne 2014, un nouveau gouvernement est
venu au pouvoir, composé cette fois d’une large majorité de droite
essentiellement néerlandophone. Un nouveau projet de loi a été élaboré dans le
secret, à partir d’avis « d’experts » et sans représentation adéquate
des praticiens du terrain.
À peine la loi précédente était-elle votée, et sans
même qu’elle ait pu entrer en vigueur, le nouveau projet de loi, qui sera
soumis au vote dans moins d’une semaine, vient défaire l’équilibre délicat qui
avait été obtenu. Il s’agit de mettre un champ compliqué au pas d’une « simplification » :
tous les « psy » dans le même panier.
Par ailleurs, ce projet de loi
entend supprimer le titre de « psychothérapeute », en réduisant cette
pratique à un « acte clinique » qui doit répondre aux critères
scientistes de l’
Evidence Based Practice (pratique
fondée sur des résultats prétendument empiriquement et statistiquement
contrôlés), et en soumettant le domaine des soins psychiques aux seuls
médecins, psychologues cliniciens et orthopédagogues titulaires d’un master.
L’hégémonie absolue des universités sur ces nouvelles procédures de formation
s’imposerait à tous – comme si un diplôme valait garantie pour une pratique
dans le champ psychique.
Les motivations de ce rapt par le nouveau législateur
sont multiples. Le conflit communautaire y joue un rôle. C’est une ministre flamande
qui détricote une loi d’une ministre wallonne. Mais derrière ce confit
communautaire, il y un confit idéologique, entre le scientisme anglo-saxon et
une tradition d’humanisme culturel latin. À cela s’ajoute le corporatisme des
psychologues cliniciens orientés par les TCC (techniques
cognitivo-comportementales) et des questions financières liées au remboursement
des soins. 

 

LQ : Alors que l’Evidence Based Medecine semble
partout en déclin y compris aux USA où le DSM lui-même s’effondre (1), pourquoi
le ministère belge de la Santé veut-il soudain y soumettre les psychothérapies ?

 

G.C. : Nous
sommes sans doute dans un moment historique qui précède celui des USA sur ce
plan. La liberté d’action que nous avons eue jusqu’ici ne permet pas encore de
voir les effets de destruction discursive que produit le scientisme. Le projet
de loi sur les professions de santé mentale s’inscrit dans le fil de la
déclaration de constitution du gouvernement actuel qui stipule enfin pouvoir
opérer les réformes empêchées par le pouvoir wallon de gauche qui régnait sur
le pays pendant de longues années. C’est aussi un symptôme de la réaction du
gouvernement au vacillement social, économique et sécuritaire que nous vivons
actuellement en Belgique et ailleurs.
Le nouveau gouvernement opte pour des
solutions simplistes et autoritaires, qui rassurent dans le court terme, et
préparent un désastre à long terme. Ceci, en jetant de la poudre aux yeux de la
population, assurant que dorénavant ce champ sera nettoyé des « charlatans »,
que les services seront moins coûteux, plus rapides et « prouvés scientifiquement ».
Car en effet, l’
evidence based donne
l’impression que 
everything is under control, que tout
problème a sa solution finale et définitive, et que la science en est la
garantie. Toute personne qui a un peu d’expérience de vie sait qu’il n’y a pas
de solutions sans failles, que l’absence de solution définitive est inhérente à
tout problème. Les politiciens, artisans d’une « pratique impossible »,
le savent autant que les psychanalystes. Mais ils agissent comme si ils ne le
savaient pas. Est-ce parce que ce savoir est insu d’eux-mêmes, ce qui
relèverait de l’inconscient, ou est-ce par cynisme et populisme qu’ils agitent
ce rêve d’une solution définitive ? Quoi qu’il en soit, ils agissent selon
la maxime de Henri Queuille selon laquelle « la politique n’est pas l’art
de résoudre les problèmes, mais de faire taire ceux qui les posent. » 


Images intégrées 2

 

LQ : Comment les praticiens belges
francophones et néerlandophones entendent-ils réagir à la nouvelle loi
d’obédience scientiste, c’est-à-dire qui n’a de la science que l’apparence ?

 

G.C. : Il n’y a
pas une réaction 
Une, ce qui
confirme la complexité du terrain que ce projet de loi méconnaît.
Parlons tout
d’abord de nous. Ce projet de loi ne parle pas de la psychanalyse, et on est en
droit de penser que ce qui a été obtenu par la loi votée en 2014 reste en
vigueur. En tout cas, comme je l’ai mentionné plus haut, il est bien clair dans
l’esprit d’un grand nombre que la psychanalyse ne peut pas être concernée par
une loi qui règlementerait la psychothérapie. C’est ce point que nous,
psychanalystes francophones et néerlandophones du Champ freudien, voulons
continuer à marteler.
Par ailleurs, nous menons un combat contre cette loi pour
des raisons éthiques. Une loi qui s’attaque à la parole et au droit à la
singularité s’attaque aussi à la psychanalyse, même si elle ne la menace pas
sur le plan juridique – ce qui est encore à vérifier. Notre combat s’appuie sur
le discours de la logique du pas-tout et contre la logique totalisante qui
écrase les particularités (2).
D’autres praticiens, organisés dans des
associations de psychothérapeutes, mènent également un combat contre cette loi
pour des raisons corporatistes, voulant protéger la reconnaissance du titre de
psychothérapeute afin de s’attribuer une part du gâteau des remboursements.

Certains praticiens en Belgique sont satisfaits de cette loi. Il s’agit des
psychologues qui s’orientent du scientisme et des TCC, pratiques de dressage
qu’il faut considérer comme étant hors du champ des pratiques de parole. Il
s’agit dans ce cas du cynisme corporatiste d’un collectif qui voit satisfaire
ses intérêts. Ces psychologues sont heureux d’obtenir un statut équivalent à
celui des médecins. Ainsi cette loi fait-elle le bonheur de l’Administrateur
délégué de la Fédération belge des psychologues justement parce que les
psychothérapeutes ne seront pas reconnus comme exerçant une profession
distincte de celle des médecins. Ce n’est évidemment pas ainsi qu’il le dit. Le
cynisme est poussé à l’extrême dans une déclaration récente par rapport à ce
projet de loi qui, selon lui, « signifie que l’on opte résolument pour la
qualité et la protection du patient ».
En ce qui nous concerne, nous,
psychanalystes dans le Champ Freudien, sommes heureux d’être du côté d’une
action vigoureuse. Nous considérons qu’à chaque fois que le champ de la parole
est attaqué, il faut se battre. Nous n’avons rien à perdre, car nous ne
demandons pas une reconnaissance de la part du maître. Nous ne faisons
qu’exiger un droit à l’association libre et la liberté comme telle. De là,
notre force. 



————- 


1 : Jean Charles Troadec, « Talk
Therapy », 
Lacan Quotidien n° 556.
2 :
Laurent E., 
Lost in cognition, Psychanalyse et
sciences cognitives
, Nantes, éd. Cécile Defaut, 2008, p. 53

 

Interview parue initialement dans Lacan Quotidien 590
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