– 5 –

De fait

Claudia Iddan

Israël

Depuis S. Freud, les signes discrets, les petits détails
du discours du parlêtre ou ceux de fait orientent la clinique. Telles de
petites boussoles, ils indiquent la direction de la cure à l'analyste. Pour
exemple, le regard jouissant de l’Homme aux rats qui, au moment de raconter la
torture terrifiante, avait donné son nom propre, sa trace singulière.
 

Le domaine de l’art représente l'une des sources
d’inspiration dans la recherche et l’éclairage de questions fondamentales du
psychisme, ainsi que de certains signes discrets qui sont à même de révéler une
structure. Je prendrai ici référence à l’art moderne, plus précisément au body-art, où la performance exhibe crûment
le corps humain, sa matérialité, dans une tentative de dévoiler le réel et
d’élever sa deshumanisation au rang d’œuvre d’art. La mutilation corporelle en constitue
la plupart des fois la voie préférée.

La performeuse Marina Abramovic se présente comme « la
grand-mère de la performance ». Pour elle, les performances sont des
actions de vie, pas des spectacles, et leur « fondement se trouve, selon
elle, dans la libération au moyen de la douleur : dans chaque cérémonie traditionnelle
ou rituelle, les gens essaient de dépasser la limite entre la douleur physique
et l’élévation de l’esprit afin de contrôler le corps et casser les chaînes de
la peur. »

Dans toutes ses performances, c'est soit le public, soit
elle-même qui marque son corps. J’ai entendu dernièrement un texte présenté par
Nassia Linardou-Blanchet dans lequel elle cite l’exemple où la performeuse
avait marqué sur son ventre l’étoile communiste et s’est laissée saigner
jusqu'à l’évanouissement. Il convient de rappeler ici que ses parents étaient des
partisans, ayant lutté aux côtés de Tito. La douleur physique remplit ici une double
fonction : casser toutes les chaînes symboliques et arriver à s’approprier le
corps en le contrôlant.

Ces marques sur le corps, à
quoi correspondent-elles ?

A ce sujet, J.-A. Miller fait le commentaire suivant :
« les piercings de bijoux incrustés sont à la mode aujourd’hui. Les
tatouages aussi. La mode s’est clairement inspirée de la psychose ordinaire.
Certains usages des tatouages sont un critère de la psychose ordinaire, lorsque
vous sentez que, pour le sujet, c’est une manière de s’attacher lui-même à son
corps. Cet élément supplémentaire fait office de Nom-du-Père. Un tatouage peut
être un Nom-du-Père dans la relation que le sujet a avec son corps. »[1]

Je propose de penser ce type de marques sur le corps
comme une inscription réelle, une Inscription de facto, de fait, qui « fait
office de Nom-du-Père et s'inscrit directement sur le corps sans passer par le
symbolique : une simili-castration en quelque sorte. » On connaît, dans la
clinique, ces cas de psychoses où le sujet introduit la castration de fait
par la coupure du membre viril.

Si l'on revient au body-art, à la performance, l’action
exposée peut fonctionner comme sinthome en transformant le corps qui se défait
en œuvre d’art.

L’idée d’une opération « de fait » trouve sa
place dans le tout dernier enseignement de J. Lacan. Avec l’introduction du
nœud borroméen, les trois registres, imaginaire, symbolique et réel, sont
équivalents, ont le même poids. Cela conduit, bien entendu, à des changements
qui mettent en relief, d’un côté la place du symptôme-sinthome et, de l’autre,
celle du corps. L'un de ces changements est le passage de la fonction
« une » du Nom-du-Père à la « multiplicité » de versions du
père, où chaque version opère sur un registre différent. Dans le séminaire Le Sinthome,
le mécanisme de la Verwerfung, c'est-à-dire la forclusion du Nom-du-père,
adopte une forme supplémentaire et nouvelle qui opère plutôt sur le corps, plutôt
sur l’imaginaire que sur le symbolique. Lacan l’intitule Verwerfung de fait [2].
James Joyce constitue l’exemple paradigmatique de la fonction « de cette
démission paternelle, de cette Verwerfung de fait, dans le fait que
Joyce se soit senti impérieusement appelé… » On sait, avec J. Lacan, que
cet écrivain réussit à se faire un nom propre et à l’élever à la dignité d’un
Ego qui donne une consistance à son corps.

La Verwerfung de
fait
est liée à la démission paternelle, à une carence qui, bien entendu,
active différents types de réponse en relation avec le corps. Je voudrais
proposer l’Inscription de fait du côté du sujet comme une réponse
possible qui fait aussi écho au dé-fait paternel.

[1] J.A. Miller, Effet retour sur la psychose
ordinaire
, Retour sur la psychose ordinaire, Quarto 94-95, p. 46.

[2] J. Lacan, Livre XXIII Le Sinthome, Editions
du Seuil, Paris, p. 89.


*********************

Congrès de la NLS 2016
Dublin,
les 2 et 3 juillet
2016
 
 

 

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Congrès : 180 euros 

Etudiants (-26 ans) : 90 euros 

 Soirée/Repas du samedi soir : 50 euros


 Horaire du congrès : Samedi de 9h à 18h
– Dimanche de 9h à 15h.

Le paiement peut se faire
selon trois modalités
:

1 – Paiement sécurisé par
carte de crédit via ogone – https://amp-nls.org/page/fr/211/inscriptions

2 – Paiement par virement
bancaire (provenant uniquement de pays de l'union
européenne)

BAN : BE38
0014 5620 0372, BIC : GEBABEBB.

BNP Paribas Fortis, Agence
Albertlaan, Gand.

3 – Paiement par chèque
(uniquement chèques français).

À libeller au nom de la NLS
et à envoyer à Lynn Gaillard, 333 rue de la Vie Dessus, 01170 Echenevex,
France
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Présentation de la huitième séance du séminaire d'Éric Laurent
"Parler lalangue du corps"
 
Il est important d'observer que la différence entre la passe et les autres dimensions traitées par Eric Laurent se réfère non seulement à la nouveauté relative de l'invention de ce dispositif, mais aussi à la position qu'il occupe dans les pratiques analytiques. C'est-à-dire, pour être rigoureux, le fait d'être situé en dehors de l'analyse. Comme l'a commenté à l’occasion Jacques-Alain Miller, de la même manière que l'anamorphose dans les Ambassadeurs de Holbein, la passe est le moment précis où l’on regarde en arrière, c'est-à- dire où l’on considère que l'analyse fait partie du passé. Cela donne à la passe un caractère temporel spécial, qui permet de regarder d'une perspective unique tous les autres aspects de l'analyse.
 
Entrevista
 
El punto central está en el que Lacan prefigura como el cuerpo tomando en el lugar del Otro […] La pulsion atrapa cada vez más objetos fuera del cuerpo e una conclusion es que la distancia entre los objetos a y los objetos fuera del cuerpo es menor. Hay una grande industria que percibe esto […] y saca un inmenso provecho de esto. Los objetos han mejorado rapidamente para la satisfacción.[…] La pregunta por la existencia se reduce hoy a una pregunta sobre la satisfacción y esto pone el cuerpo en primero lugar.

 

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Activités
secrétariat NLS-Europe de l’Est

Activities of the
NLS-Eastern Europe secretariat

Kiev – Ukraine

«
Inconscient et féminité », conférence de Laura
Sokolowsky

25.02.2016

« Inconscient et féminité »,
conférence de Laura Sokolowsky
 
A l’occasion de la Journée internationale de
la femme, l’Institut français a invité à Kiev
Laura Sokolowsky, psychanalyste et psychologue
française, pour rencontrer le public et les
spécialistes ukrainiens.
 
Jeudi 3
mars à 19h
Art-café
« Freud House »
21, rue
Kostiantynivska
Kiev, Ukraine
 
La rencontre de Freud avec des femmes
hystériques lui fit inventer la psychanalyse. Il
consacra à l’énigme du féminin certains de ses
derniers écrits. La distinction entre féminité et
maternité est une donnée que Lacan va développer
en montrant que la première trouve ses coordonnées
au-delà de l’Œdipe. La psychanalyse indique ainsi
que chaque femme doit inventer sa solution
singulière car il n’y a pas de représentant
universel de La femme dans l’inconscient. Laura
Sokolowsky se servira d’exemples cliniques et
littéraires afin d’illustrer ce propos.
Laura Sokolowsky est psychanalyste et docteur
en psychologie, membre de l’Ecole de la Cause
freudienne et de l’Association Mondiale de
Psychanalyse. Elle est l’auteur de nombreux
articles et de livres dont Freud et les Berlinois,
publié aux Presses Universitaires de Rennes en
2013. Elle vit et travaille à Paris.
 
Avec
traduction consécutive en ukrainien
 
Entrée
payante, d’après les tarifs de

« Freud House »
 

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Activités des Sociétés et Groupes de la
NLS
Activities of the
Societies and Groups of the NLS

Cercle de Varsovie de
Psychanalyse de la NLS


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– 3 –

Puissance de l’image

Réginald Blanchet

Grèce

 

                  « Que resterait-il de l’humanité sans la psychose ? »

(Jacques-Alain Miller, Barcelone février 2005)

 

                  Il n’est plus inhabituel désormais, depuis que le clinicien d’orientation lacanienne s’en est avisé, que des sujets qui ont recours à son office fassent état d’un nouage RSI constitué autrement qu’au Nom-du-Père. Il arrive qu’un tel nouage donne la prévalence à l’imaginaire, et que le symptôme qui, au titre de quatrième rond, fait tenir le nouage des trois autres, attienne essentiellement à l’imaginaire. Il y aurait lieu de parler ici strictement d’une causalité imaginaire du sujet au sens où capturé par une image il s’en soutient effectivement. Une telle causalité fait sa psychose ordinaire.

                  Il arrive que le sujet qui se soutient ainsi de l’imaginaire se présente comme un sujet mimétique. C’est le sujet « comme si » dont Lacan dira qu’il est entré dans l’ordre signifiant « par une sorte d’imitation extérieure ». Le sujet ici se fait image, image d’un alter ego. Cette image ne fait pas que le capturer : elle le constitue. Le sujet ici est pur mirage : il se mire dans l’autre. De façon plus générale ce rapport en miroir avec l’autre s’étend au monde tout entier. Le sujet se donne pour spectateur, « spectateur total » aux dires d’un patient. Engagé lui-même dans le spectacle du monde comme élément du spectacle il donne l’apparence de son intégration dans le discours commun voire dans le lien social. Ceci fait sa normalité. Elle est essentiellement de semblant. Son rapport aux réalisations effectives, aux engagements personnels qui en appelleraient à son énonciation propre, le dénonce.

                  Il apparaît dès lors que le sujet de la mimesis est aussi un sujet en trompe-l’œil. C’est un sujet qui se camoufle, qui se fonde dans la masse et qui prend, tel le caméléon, les couleurs du monde ambiant et le pli de ses valeurs. Ici, le moi idéal mais aussi les idéaux du sujet sont d’emprunt. Le sujet ne les assume pas lui-même, il en endosse les accoutrements. L’image en quoi il se fait consister voile son vide subjectif, et son camouflage son être regardé. C’est aussi sa façon de se prémunir du regard qui le viserait, lui, tout spécialement. C’est sa manière de faire avec l’objet regard dont il n’est pas séparé. Mais de se lover sous les semblants de son autre pour s’y diluer ne suffit pas toujours : par instants tel patient se percevait comme regardé de partout.

                  C’est dire que l’élection d’un semblable comme alter ego avec qui se soutenir dans un tête-à-tête spéculaire vise à loger le regard omnivoyant et à le limiter. L’alter ego fonctionne de la sorte comme un dompte-regard (Lacan) qui préserve le sujet du surgissement de l’objet désarrimé du symbolique, soit donc l’objet qui équivaut à son abolition de sujet, à sa réduction à l’état d’être joui par l’Autre. Car le regard de son semblable lui renvoie une image. Elle est par construction image idéale qui le préserve de sa qualité d’objet de jouissance. L’image voile ici l’objet et préserve le sujet de l’angoisse causée par l’objet pulsionnel qui n’est plus manque mais instance du réel.

Mais si l’image captive c’est parce que la jouissance elle-même capture : sur un mode assenti ou, au contraire, défensif du sujet. La puissance de l’image tient à l’objet a qui organise le champ scopique. Lorsque le sujet se constitue comme sujet de la pulsion scopique régulée avant tout par l’image, par le symptôme imaginaire, il y a lieu d’inférer une assise symbolique défaillante et un rapport à la jouissance non phallicisé. Celui-ci s’organiserait dès lors selon l’algorithme a /Φ0 au lieu du rapport canonique a /. Ce que montrent déjà la dimension persécutrice du regard et l’instabilité du nouage moyennant le symptôme imaginaire. La tendance à la mélancolisation du sujet réduit à l’état de déchet en sa qualité d’objet joui dans le regard de l’Autre est encore l’effet de son rapport à un corps qui n’est pas fait de l’incorporation du symbolique. En l’absence des phénomènes plus aisément repérables liés à P0  et qui manifestent un désordre essentiel de l’ordre symbolique, il conviendra d’établir au plus juste le rapport du sujet à l’imaginaire qui, souvent, assure à ce dernier l’apparence de la normalité, c’est-à-dire de la banalité commune – ce qui ne veut pas dire névrotique – quand il n’est que le masque d’un rapport défensif au réel de la jouissance désarrimée. C’est encore ce qui fait l’ordinaire de la psychose et son signe discret souvent.

*********************
 

 
Congrès de la NLS 2016
Dublin, les 2 et 3 juillet 2016
 
 

 

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Congrès : 140 euros (jusqu’au 1er mars 2016)

(180 euros, après)

Etudiants (-26 ans) : 70 euros (jusqu’au 1er mars 2016)

(90 euros, après)


 Soirée/Repas du samedi soir : 50 euros

 

 Horaire du congrès : Samedi de 9h à 18h – Dimanche de 9h à 15h.

 

Le paiement peut se faire selon trois modalités :

1 – Paiement sécurisé par carte de crédit via ogone – https://amp-nls.org/page/fr/211/inscriptions

2 – Paiement par virement bancaire (provenant uniquement de pays de l’union européenne)

BAN : BE38 0014 5620 0372, BIC : GEBABEBB.

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​ 

De
l’inconscient au parlêtre

Ioanna Verygaki*


Le symptôme « joui-sens »

Freud définit d’abord le symptôme sur le versant du sens : « Les symptômes névrotiques ont donc leur sens, tout comme les actes
manqués et les rêves et comme ceux-ci, ils sont en rapport avec la vie des
personnes qui les présentent
»[1]. Le symptôme, c’est une entité linguale, « pleine de sens et reliée à l’expérience vécue du malade »[2].

Freud définit le symptôme non seulement comme une formation de
l’inconscient à décoder, mais aussi par son rapport à la pulsion. Dans son
texte Inhibition, symptôme et angoisse, il affirme que le symptôme est
« le signe et le substitut d’une satisfaction
pulsionnelle qui n’a pas eu lieu
»[3]. La formation des symptômes concerne le corps libidinal, c’est une
défense face à un danger libidinal, défense liée à la pulsion de mort. Il
s’agit là d’une autre définition du symptôme sur le versant de la jouissance.
Cette approche du symptôme qui transforme « le plaisir attendu de la
satisfaction…en déplaisir
»[4] se manifeste au cœur de la réaction
thérapeutique négative. Et la cure analytique, selon Freud, reste incomplète,
il y a toujours
« des manifestations résiduelles, une
immobilisation partielle en arrière
»[5], signes de la pulsion qui insiste.

 

Du symptôme au sinthome

L’analyse, alors, du parlêtre,
cette définition de l’inconscient freudien, l’analyse du corps parlant, évoque
la pulsion qui exprimée par le corps. Si, d’un côté, le sujet parle par le
langage, de l’autre, l’être parlant parle, aussi, avec le corps.

Nous trouvons là le passage d’un
corps freudien conçu
comme
« grand réservoir de la libido »[6], à un corps « substance jouissante ». Ainsi, le dernier enseignement de Lacan
met au premier plan ce corps qui subit le trauma du signifiant sur la
jouissance corporelle. Désormais, le parlêtre
ne s’articule plus seulement au discours de l’Autre, à l’inconscient du sujet,
mais se définit comme
« l’être qui parle de sa jouissance ». Nous ne pouvons
pas ignorer que
« ça jouit là où ça ne parle pas, ça
jouit là où ça ne fait pas sens
»[7]. La notion du corps déplace
l’accent sur le corps parlé par le signifiant, sur le corps qui jouit. C’est un
corps qui fait symptôme.

Dans cette optique, nous constatons que « l’inconscient
structuré comme un langage
» a affaire avec la jouissance du corps, une
jouissance qui se rapporte au signifiant, mais
[que] cette
jouissance est hétérogène. C’est une jouissance de l’Un- tout-seul.
L’expérience analytique n’est plus un travail de déchiffrage de l’inconscient
freudien, de l’inconscient-vérité. C
’est un travail sur un inconscient qui
n’est plus le discours de l’Autre, mais un
« inconscient réel ». Il y a là un changement de perspective : d’un inconscient
transférentiel, on passe à un inconscient réel. Ce qui met au premier plan le
déplacement de la vérité, impossible à dire tout entière, à la jouissance.

 

L’orientation de la pratique
analytique

Quelle est, alors, notre orientation dans la clinique ? Notre clinique
met en question les effets du langage sur le corps, le rapport du réel et du
signifiant, le corps en tant que partenaire du sujet, le corps en tant que lieu
d’angoisse, de somatisation, des complexes, ainsi que le mentionne Hélène
Bonnaud dans son livre Le corps pris au
mot
. Le corps ne peut pas être séparé de la structure du sujet. L’analyste
se laisse surprendre par la parole du sujet afin de saisir les moyens dont il
dispose pour remanier son corps.

À l’inverse de la clinique freudienne qui place au premier plan
l’insuffisance du complexe d’Œdipe et le roc de la castration, le dernier
enseignement de Lacan transforme l’échec de l’incurable en une modalité
singulière de la jouissance du sujet. Cette jouissance apparaît comme séparée
de tout sens. La rencontre avec un analyste permet le surgissement d’une parole
hors du sens. C’est une rencontre entre les mots et les corps. L’analyste prend
au mot le corps de l’analysant pour l’amener à la conjonction contingente du
signifiant et de la jouissance.

C’est un passage de l’inconscient au parlêtre,
du symptôme au sinthome fonctionnel,
structure qui organise la jouissance du sujet. C’est un passage de l’événement
du corps à l’émergence de la jouissance. Nous sommes là devant un nouveau champ
de recherche quant à l’orientation de notre pratique analytique. Il ne s’agit pas
de la reconstruction d’une histoire, mais d’une réduction de l’inconscient et
du symptôme.
L’analyste s’y engage par son corps
et par le pouvoir de sa parole, afin de parvenir à conduire le parlêtre à une nouvelle relation avec
son être de jouissance. Notre pratique se fonde donc sur l’impossible à dire,
et a pour objectif le réel, un réel qui se situe
« à ce niveau où
l’existence se conjugue à l’écriture, hors sens
»[8]. 


*Membre de
la Société Hellénique -NLS

 



[1] S. Freud, Le sens des symptômes, Conférences d’Introduction à la
psychanalyse (1916-17), traduit par S. Jankélévitch, Paris, Payot, 1922, p.239

[2] S. Freud, Le sens des symptômes, Conférences d’introduction à la
psychanalyse (1916-17), Paris, Gallimard, 1999, p.329.

[3] S. Freud, Inhibition, symptôme et
angoisse
(1926), Paris, P.U.F, 1990, p.7

[4] S, Freud, Inhibition, symptôme et
angoisse
(1926), Ibid.

[5] S. Freud. L’analyse avec fin et l’analyse sans fin (1937), Résultats, idées, problèmes, II, Paris,
P.U.F., 1987, p.243.

[6] J. A. Miller, L’inconscient et le corps parlant, Scilicet, Le corps parlant, sur l’inconscient au XXIe siècle,
Collection rue Huysmans, p.32

[7] J.A. Miller L’inconscient et le sinthome, La Cause Freudienne, No 71, Paris, ECF,
Navarin 209, p.78,79.

[8] J. A. Miller, L’orientation lacanienne, L’Être et l’Un, leçon du 6 avril 2011.

 

 

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– 1 –

Diagnostiquer – un effort de poésie

Gil Caroz

Belgique

Texte issu de l’Hebdo-blog n°61, consacré à la prochaine Journée FIPA


Querelle diagnostique ou phénomène clinique ?

Lors de l’après-midi casuistique de mars 2015 (1), Jacques-Alain Miller a souligné que le diagnostic n’est plus en
vigueur dans une clinique qui prend acte du « tout le monde
délire » lacanien. Dans ce contexte, a-t-il ajouté, le
diagnostic ne se dit plus, il est sous-entendu. Par ailleurs,
ce qui est à mettre en avant est l’interrogatoire clinique en
tant qu’il permet de constater le phénomène, le préciser et le
décrire très brièvement. Cette description concise est de
l’ordre d’une nomination.

Si le clinicien ne peut se passer d’une connaissance du
catalogue de la vraie psychiatrie, à distinguer du DSM, sa
compétence à décrire le tableau clinique dépend de son talent
de bien dire, celui qui lui permet de nommer le phénomène tout
en n’effaçant pas le sujet derrière le rapport clinique. Le
génie de Clérambault est ici source d’inspiration. Parlant des
rapports que Clérambault rédigeait chaque jour par dizaine,
Paul Guiraud, qui a préfacé sonŒuvre Psychiatrique, les
qualifie de « certificats sur mesures, œuvres d’art autant que
de science ». En une ou deux pages, Clérambault savait
« épouser sans lacune et sans défaut la personnalité du
malade, ne reculant pas devant le néologisme qui était
toujours de filiation authentique. On peut dire qu’il a
presque créé une école littéraire qui devrait être celle de toutes les administrations (2). »

L’usager du DSM 5 peut se contenter de noter le code 297.1
(F22) pour indiquer que le patient souffre de Delusional
disorder
. Ensuite, son art se réduit à préciser s’il s’agit du
type érotomaniaque, grandiose, de jalousie, de persécution,
somatique ou « mixed ». A l’opposé, les descriptions littéraires de Clérambault dans ses courts « certificats »
donnent à la personne décrite une consistance vivante. Il ne
s’agit pas seulement d’un tableau clinique, mais d’une
présence, une épaisseur de corps, nourrie à l’occasion par des
citations du patient. Ainsi, on croit entendre la voix
d’Amélie, lingère dans une maison religieuse, décrivant
l’étrangeté de l’automatisme mental qui la parasite. « Quand
on dit « on », dit-elle, on a l’air de parler de deux
personnes… Il y a quelque chose qui parle quand il veut, et qui
arrête quand il ne parle plus. » Plus loin, Clérambault note
concernant Amélie que « son érotisme se manifeste par des
sourires et des rougeurs prolongés » ou encore qu’elle
« commence et elle arrête des gestes impulsifs. Elle dit tout
haut ce qu’elle suppose que nos pensons. » C’est comme si le
lecteur participait à l’entretien quand il lit sous la plume
de Clérambault : « Une moitié d’elle se fatigant à la fin de
l’interrogatoire et lui inspirant à ne pas répondre, une autre
moitié, qui nous est favorable, s’irrite, et à haute voix elle
rebiffe l’autre : « on veut répondre, laissez, on attendra
bien un peu. (3) » On songe ici à L’amante anglaise de
Marguerite Duras qui nous permet de toucher du doigt la
réticence psychotique à partir de la mise en scène du lien qui
s’installe entre l’auteur du crime et l’homme qui l’interroge
pour tenter de cerner le trou indicible de sa motivation. Et
quand Clérambault conclut de façon laconique « En résumé :
Automatisme. Érotisme. Mysticisme. Mégalomanie », ces mots qui
appartiennent à une classification universelle, sont
transformés en nominations de quelques phénomènes éminemment
singuliers du cas d’Amélie.

Les présentations de malades du Dr Lacan témoignent de
l’enseignement de Clérambault qu’il reconnaît comme son seul
maître en psychiatrie. Telles que nous les dépeint Jacques-
Alain Miller (4), elles relèvent de la tragédie grecque, sauf
que les participants à la présentation, à la fois chœur et
public, sont dans une attente non pas d’une catharsis, mais
d’un diagnostic qui serait le dernier mot sur le patient.

Lacan esquive cette attente en faisant un pas de côté. Il
arrive à affirmer le diagnostic, et dans le même temps le
suspendre et le problématiser pour en prolonger l’étude. Sa
référence à la classification est là pour dire la normalité du
sujet psychotique qui ne manque pas de reconnaître l’Autre
dans l’automatisme mental qui le traverse. Pour le reste,
Lacan suit le fil freudien d’une nomination de la jouissance
singulière qui l’emporte sur la nomenclature psychiatrique. En
effet, Ernst Lanzer est entré dans l’histoire de la
psychanalyse sous le nom de L’homme aux rats plutôt que comme un cas de névrose obsessionnelle. De même, on pense à Sergueï
Constantinovitch Pankejeff comme étant L’homme aux loups avant
de considérer le cas de névrose infantile, diagnostic par la
suite contesté.

Ainsi, aux côtés de la nosographie psychiatrique qui convient,
la psychanalyse tente d’épouser au plus près non seulement la
personnalité mais aussi la jouissance sujet. La nomination des
phénomènes relève d’une compétence littéraire, plus que
scientifique. Rien de mieux pour se former à cet effort de
nomination que la cure elle-même. Savoir nommer sa propre
jouissance est une condition préalable au bien dire relatif à
la nomination de la jouissance de l’autre. Diagnostiquer,
c’est faire un effort de poésie.


(1). BOSQUIN-CAROZ, P. Compte rendu de l’Après-midi casuistique
des CPCT et associations apparentées
(FIPA).

(2).  de CLERAMBAULT, G., Œuvre psychiatrique, PUF, Paris, 1942. 

(3). Ibid. p. 457- 458.

(4). MILLER J.-A., « Enseignements de la présentation de
malades », La conversation d’Arcachon, Paris, Le Seuil, 1997,
p. 285-304. 

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