Activités

des Sociétés et Groupes de la NLS

Activities of the Societies and
Groups of the NLS

Compte-rendu du
6e Séminaire de la
Société Bulgare de Psychanalyse Lacanienne

 

Le séminaire a eu
lieu à Sofia le
vendredi 30 mai
2014, à l’Institut français de Bulgarie, sous
la présidence d’Alain Merlet, psychanalyste à Bordeaux,
membre de la New Lacanian School, membre de l'Ecole de la Cause Freudienne et
de l'Association Mondiale de Psychanalyse, ancien médecin psychiatre, ancien
chef de service des Hôpitaux de Strasbourg, enseignant de la Section clinique à
Bordeaux.

Le séminaire était
dédié à « L'objet d
e désir » qui est le thème de
travail de la NLS
 cette année. Alain Merlet avait choisi
comme thème de travail le dernier chapitre du Séminaire VI de Jacques Lacan
« Le désir et son interprétation », où Lacan partage ses vues sur la
fonction de désir opérant dans l’expérience analytique…

[Lire la suite
en pièce jointe]

 

Compte –
rendu du 7e Séminaire de la Société Bulgare de
Psychanalyse Lacanienne

 

Le 7e séminaire de la SBPL a eu lieu à Sofia le samedi 28 juin 2014, à l’Institut français de Bulgarie, sous la présidence de
Patrick Monribot, psychanalyste à Bordeaux, membre de la New Lacanian
School, membre de l'Ecole de la Cause Freudienne et de l'Association Mondiale
de Psychanalyse et avec la participation de Geneviève Cloutour-Monribot
, psychologue et psychanalyste
de l'Ecole de la Cause Freudienne.

 

Le thème que
Patrick Monribot avait choisi pour le 7e séminaire de la SBPL était :
« La question du transfert. Les quatre concepts fondamentaux de la
psychanalyse. » …
[Lire la suite en pièce jointe]

 


L’association « Enfant et Espace » a fêté le 10ème anniversaire de sa création



Le 4 octobre dernier, dans la salle de l’Institut
français de Sofia, l’association « Enfant et Espace » a fêté le 10ème
anniversaire de sa création. L’évènement a été ouvert par M Xavier Lapeyre de
Cabanes, ambassadeur de France en Bulgarie et hôte de cet évènement. L’Institut
français de Sofia soutien l’association depuis sa création et continue toujours
à nous accueillir dans ses locaux à l’occasion de nos différents évènements.
Mme Deyana Kostadinova a présenté la lettre de félicitations que le Président
de la République, M Rossen Plevneliev, a adressé à l’association …
[Lire la suite en pièce jointe]









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Vers la Soirée Hôtel Europe avec Bernard-Henri
Lévy le 5 novembre

2

Jean-Daniel Matet, président de
l’EuroFédération de Psychanalyse parle des liens entre
Europe et psychanalyse

Lien
vers la vidéo






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NLS-Québec



Compte rendu de la matinée des cartels de NLS-Québec

Par Ruzanna Hakobyan, responsable des
cartels au Québec

Le 20 septembre, à Montréal, eut lieu la
matinée des cartels organisée par NLS-Québec.
Pour la troisième année consécutive, les cartelisants de
Montréal et de Québec se sont réunis pour partager leurs
expériences, leurs questionnements et le savoir qu’ils ont pu
extraire au cours de cette année.
Des sept cartels au travail cette année, cinq participants ont
proposé un exposé. Chaque exposé, soutenu et questionné par un
discutant, fut suivi d’une discussion animée et passionnante
avec la salle.

Ana RENGEL, dans son texte « En quoi La femme n’existe
pas ? », travail issu d’un cartel sur le Séminaire XX de J.
LACAN, est partie de l’aphorisme de Lacan « La femme n’existe
pas », qui lui paraissait au départ énigmatique et injustifiée.
Elle témoigna de son parcours qui l’amena à trouver une réponse
à cette question, et nous l’expliqua fort bien.

Michel JOHNSON poursuivit son travail amorcé l’année
précédente. Il a avancé, au cours de son travail de cartel sur
le cours de J.-A. Miller « L’être et l’Un », sur sa question
« Pourquoi chercher à atteindre au réel déjà ? »
Il a découvert que le réel imbriqué dans sa question-fil
conducteur, eh bien ce n’était peut-être pas celui sur lequel il
avait produit une élaboration ces deux dernières années.
Il y a bien le réel qui met fin à l’existence, le Waterloo du
corps, mais dans le temps vivant, la psychanalyse s’intéresse à
d’autres réels : celui du non-rapport sexuel et celui du
sinthome, entre autres. La formulation introduite par J.-A.
Miller, atteindre, atteindre au réel, « chercher atteindre au
réel », comporte déjà le fait qu’il n’y a pas de garantie,
plutôt même une certaine rareté.
Il conclut son texte : « La psychanalyse comme parlothérapie me
paraît user de la parole pour favoriser un remaniement de la
pulsion. Alors pourquoi chercher à atteindre au réel ? J’ose
ceci : pour associer bien dire à bien vivant. »

Luis VILLA, dans son texte « Le Réel et le savoir »,
issu d’un cartel sur le cours de J.-A. Miller « L’être et
l’Un », parle de ce qu’on ne peut pas nommer. Essayer de définir
le réel en partant de ce que le réel n’est pas : le réel ne
relève ni du sens, ni de l’idée, ni de la représentation, ni du
fantasme. Si on ne peut pas le dire, comment alors le dire ? Il
s’agit d’un déplacement du bla, bla bla de l’inconscient à l’Un
du réel.
Luis Villa indique que le dernier Lacan dissocie le réel et le
savoir, mais aussi le réel et le sujet supposé savoir. Par
contre, il y a un savoir plus modeste, plus réaliste par rapport
au réel, c’est le savoir-faire qui relève de l’inédit, de la
création, de la modification de la fatalité, de ne pas se
laisser emporter par l’Un tout seul.

Sylvie MICHAUD, dans son texte « Le fantasme », travail
issu d’un cartel sur le cours de J.-A. Miller « L’être et
l’Un », posa la question : « Comment se construit le
fantasme ? »
Le fantasme implique le sujet de la parole et l’objet a. Il est
composé des diverses identifications du sujet et il est toujours
phallique. Le fantasme est ce qui cadre la jouissance ; c’est
une fenêtre sur le réel, mais aussi le fantasme protège du réel.
À partir de différents témoignages d’AE, Sylvie Michaud termina
son exposé avec la question que pose Lacan dans le
Séminaire XI : « Que devient la pulsion après la traversée du
fantasme ? »

Les trois exposés de M. Johnson, L. Villa et S. Michaud
provenaient du même cartel dont le Plus-Un était Luc VENDER
VENNET
qui, de Belgique, participa à cette matinée en
envoyant un petit mot :
« Lorsque Lacan a introduit le cartel en tant qu’instrument de
travail de son École, il y a ajouté que ce n’était pas tout
simplement une modalité de travail comme une autre, mais que
c’était un instrument pour des « travailleurs décidés », et que
pour son École, il avait besoin de ce genre de travailleurs.
Être Plus-Un d’un cartel à une si grande distance et seulement
par voie électronique, n’est pas très évident. Mais j’ai eu la
chance d’avoir affaire à des travailleurs décidés. »

Guylaine MASSOUTRE, dans son texte « Rodin, c’est pas
fini », inspiré d’un travail de cartel sur le Séminaire V de J.
LACAN, reprend le Witz freudien pour poser la question : comment
le sens, en tant que tellement-de-sens  peut-il devenir ce
« peu-de–sens » et ce « pas-de-sens » qui fait l’objet du
chapitre V dans le Séminaire V de LACAN ?
En faisant référence à l’exposition qui eut lieu récemment à
Paris Rodin-Mapplethorpe, Guylaine Massoutre, à partir de la
phrase « Rodin, c’est pas fini » prononcée par une visiteuse de
l’exposition, montra comment la phrase devient, par sa
répétition, à l’insu de qui la prononce, un jeu de mots. Au
moment où, répétée avec une intonation différente, elle devient
équivoque : « c’est pas terminé, c’est bâclé, c’est encore
porteur, c’est plein de contrastes et tensions, on n’en finit
jamais avec l’art etc ».

La matinée des cartels devient pour NLS-Québec une tradition qui
témoigne du travail continu qui se réalise dans les cartels.
Grâce à la discussion et aux questions posées pendant la
matinée, les participants ont réussi à mieux cerner les thèmes
sur lesquels ils aimeraient poursuivre le travail. De nouveaux
participants ont montré leur intérêt pour le travail en cartel.
Actuellement, nous sommes en train de constituer les nouveaux
cartels.

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Cercle de Varsovie de la NLS


SÉMINAIRE
DU CERCLE DE VARSOVIE DE LA NLS
Cycle:
Les structures du sujet dans la clinique psychanalytique 

Titre: Névrose hystérique
Animation: Laure Naveau et Pierre Naveau
Lieu: Warszawa, ul. Krakowskie Przedmieście 1
Date: 25 octobre 2014 
PROGRAMME
11:00 –
11:30 – 
réception

11:30 –
13:30 – séminaire partie 1 (Laure Naveau)
13:30 – 15:00
– pause
15:00 – 17:00 – séminaire partie 2 (Pierre
Naveau)
17:00 – 17:30 – pause
17:30 – 18:30 – cas clinique (Laure Naveau)




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Vers
le congrès de
la NLS
 
Moments de crise
Genève, 
9
et 10 mai 2015
 
 
 
Nous
relayons le
texte de
l’intervention
de Dominique
Holvoet au

Kring voor
psychoanalyse
van de NLS le
4/10/2014.
NLS-Messager
 
 

 

Symptômes
de crise,
crise du
symptôme

Dominique
Holvoet

 

“L’avenir
de la
psychanalyse
dépend de ce
qu’il
adviendra du
réel”

 

C’est
une tâche
ardue à
laquelle nous
invite Gil
Caroz avec ce
beau titre «
Moments de
crises » qui
annonce le
prochain
congrès de la
NLS à Genève1.  Tâche
ardue, car la
psychanalyse
est toute
entière
plongée dans
la dimension
de la crise,
elle est même
amie de la
crise,
disait-il.
Yves
Vanderveken
déclarait à
Athènes en
septembre que
« la
psychanalyse
est affine de
la crise et du
réel ».
 

 

C’est la
crise !

Certes
dans « notre
monde » –
expression à
problématiser
car
précisément
y-a-t-il «
notre monde »
– disons dans
cet immonde
pour reprendre
le jeu de mot
de Lacan dans
la
Troisième

– il ne se
passe pas un
jour sans que
le mot « crise
» ne soit à
l’avant plan
des médias.
Crise
économique
pour certains,
crise de
l’intégration
pour d’autres,
David Pujadas
avait fort à
faire dans un
débat télévisé
de la rentrée
entre
politologues
et philosophes
sur une chaîne
française.
Tous tentaient
d’échapper à
la question du
journaliste
qui leur
demandait :  «
Croyez-vous
que les
politiques
soient
impuissants à
modifier le
réel ? » Pour
notre part
nous suivrons
ce que le
Président de
la NLS suggère
pour les
psychanalystes
: qu’ils
interprètent
ce réel dont
la crise est
un des noms.
C’est ce à
quoi je vais
essayer de
contribuer
aujourd’hui à
Gand.

 

Ce qu’on
appelle
aujourd’hui «
crise »
déborde le Malaise
dans la
civilisation

articulé par
Freud en 1929.
Crise est un
terme qui nous
vient de la
médecine. Il
provient du
latin médical
crisis
et désignait
une phase
décisive d’une
maladie2.
  C’est
piquant de
constater que
le terme
aujourd’hui
abondamment
utilisé pour
désigner une
perturbation
brusque d’un
équilibre
social ou
économique
provient de la
médecine,
c’est-à-dire
nous vient de
ce qui
concerne le
corps et ses
états.  Le
tour que nous
ferons
aujourd’hui se
bouclera
nécessairement
sur le corps –
puisqu’il va
s’agir du
symptôme.

 

L’argument
écrit par Gil
Caroz nous
oriente
précisément
vers ceci : il
s’agit
d’interroger
la fonction de
la crise dans
l’expérience
analytique
en
confrontation
avec
l’hypermodernité.   La
crise est un
des noms du
réel,  le
signifiant est
répété dans
les médias, il
pullule dans
le monde, «
crise, crise,
crise »
disait-il.
Vous savez
qu’un
signifiant
répété un
certain nombre
de fois fini
par perdre sa
valeur
sémantique
pour n’être
plus qu’un
phonème
désarticulé.
Si donc la
Crise est un
des noms du
réel, on peut
soutenir que
c’est même le
signe d’une
impasse à
nommer le Réel
en jeu dans
l’hypermodernité.
D’ailleurs de
quoi s’agit-il
quand on parle
d’hypermodernité.
Je vais
prendre trois
références
qu’a eu
l’amabilité de
me transmettre
Lieven
Jonckheere
pour approcher
ce terme.

 

L’hypermodernité

Pour
Nicole Aubert,
qui est
Docteur en
Sciences des
Organisations
à Paris, ce
qui
caractérise
notre époque
hypermoderne
c’est le culte
de l’urgence,
titre de son
dernier
ouvrage3.
Selon
l’auteure,
l’urgence et
l’instantanéité
sont les
maîtres mots
de
l’hypermodernité.
La cause est
située à la
fois du côté
de la
globalisation
économique
mais aussi des
avancées de la
technique, au
croisement
donc de deux
discours,
celui du
capitalisme et
celui du
discours de la
science. Face
à ce culte de
l’urgence le
sujet oscille
entre
jouissance et
épuisement.
Pour Nicole
Aubert il y a
un retour du
refoulé
qu’elle nomme
précisément «
crise » et qui
indiquerait un
effondrement
brutal du
culte de
l’urgence et
de
l’instantané.
L’homme
hypermoderne
serait-il
donc, se
demande-t-elle,
un homme sans
avenir, qui
aurait
remplacé la
quête
d’éternité par
la quête
d’instantanéité
?4
 

 

Une
fausse urgence

Ce que
nous
apercevons de
notre
strapontin
analytique
c’est à quel
point
l’urgence en
question est
fondamentalement
une fausse
urgence, une
course en
avant pour
échapper, non
pas à ce que
nous ne
pourrons
atteindre,
mais plutôt
pour échapper
à la vérité de
ce qui nous
cause, à la
vacuité même
de cette
vérité
pluralisée,
voire
pulvérisée
dans le monde
hypermoderne.

 

Quelle
est cette
cause ? Dans
la
psychanalyse
nous
n’attribuons
donc pas la
dépression
généralisée
dans le monde
à un
épuisement
d’une activité
jouissive
intense.  Pour
nous cette
activité de
jouissance est
le retour dans
le réel de ce
qui est rejeté
de l’être, du
fait qu’il
parle.  Lacan
corrige le
cogito  en
disant :  «
Je pense donc
se jouit »,
c’est ce qu’il
propose dans La
troisième
.
Qu’est-ce que
ça dit :
 

1.       Le « je
» est aliéné à
un « savoir
constitué […]
de son
insertion dans
le discours où
il est né »5,
c’est-à-dire
aliéné au
discours du
maître.
 

2.       Mais le
sujet n’a
qu’un
signifiant
pour le
représenter
auprès de ce
savoir
constitué, ce
qui ne lui
permet pas de
rejoindre son
être. « Je
pense là où je
ne suis pas »
pourrions-nous
dire.

3.       Dès lors
il y a un
savoir
impossible à
rejoindre pour
le sujet,
c’est
l’inconscient.
Le « je suis »
est rejeté et
forclos,
reparaît dans
le réel sous
la forme du «
se jouit ».  Non
pas « je »
jouis bien sûr
car il n’y a
qu’un corps
pour se jouir,
mais « ça »
jouit comme la
trace de la
forclusion de
l’être du fait
qu’il parle lalangue,
du fait qu’il
partage
l’expérience
inconsciente
du groupe.

 

Des
lendemains qui
chantent ?

Je
poursuis ma
revue des
références
sociologiques
et
philosophiques.

 

Le
philosophe
Gilles
Lipovetsky
fait valoir
quant à lui
que l’époque «
postmoderne »
– qui fait
suite à la
Société
disciplinaire
d’avant 1968,
caractérisée
par la rigueur
et le
sacrifice mais
aussi par les
promesses du
progrès – que
donc l’époque
postmoderne se
spécifie d’un
hédonisme
niais et
individualiste
caractérisé
par un
relativisme
puissant (tout
se vaut). Mais
pour lui cette
époque
post-moderne
est révolue :
« les temps se
durcissent à
nouveau (…). A
l’heure où
triomphent les
technologies
génétiques, la
mondialisation
libérale et
les droits de
l’homme, le
label
postmoderne a
pris des rides
» (p. 71).  Ainsi
ce que
l’auteur
appelle
société
hypermoderne
est une forme
de
radicalisation
de la logique
individualiste
de l’époque
dite « post »,
par
l’extension du
modèle de la
consommation à
l’ensemble du
corps social.
Désormais,
tout se
consomme, mais
frénétiquement,
jouir autant
que possible,
« s’éclater »
écrit-il, avec
ce caractère
d’urgence et
d’épuisement
qui rejoint la
thèse de
Nicole Aubert.
 À
cette
accélération
s’ajoute une
préoccupation
pour le futur
qui donne aux
thèses de
Lipovetsky des
accents de
lendemains qui
chantent :
reprise de
l’universalisme
des droits de
l’homme et des
valeurs
démocratiques
ou regain des
grandes
ambitions dans
le champ des
technosciences.
L’auteur dit
percevoir dans
l’époque
hypermoderne
un
réinvestissement
des valeurs et
du sens. Tout
ce qui avait
été mis à mal
par le
postmodernisme
iconoclaste,
encore appeler
« ère du
soupçon » se
trouverait
aujourd’hui,
dans
l’hypermodernité,
porteur de
promesses
d’avenir
meilleur.

 

Dans son
interview
contemporaine
de La
troisième
,
publié par J-A
Miller sous le
titre « Le
triomphe de la
religion »,
Lacan fait
valoir ce
retour du
sens,
inévitable,
qu’il prédit
revenir sous
la forme du
religieux qui
va secréter du
sens de façon
puissante,
retour du sens
rendu
nécessaire par
l’inconnu
généré par les
innovations
extraordinaires
de la science.
Je cite Lacan
: « La
science, c’est
du nouveau, et
elle
introduira des
tas de choses
bouleversantes
dans la vie de
chacun. Or la
religion,
surtout la
vraie, a des
ressources que
l’on ne peut
même pas
soupçonner.
[…]Il va
falloir qu’à
tous les
bouleversements
que la science
va introduire,
ils donnent un
sens. […]
Depuis le
commencement,
tout ce qui
est religion
consiste à
donner un sens
aux choses qui
étaient
autrefois les
choses
naturelles. Ce
n’est pas
parce que les
choses vont
devenir moins
naturelles,
grâce au réel,
que l’on va
cesser pour
autant de
sécréter le
sens. »

 

L’époque
de la
psychanalyse,
un moment
privilégié

La
psychanalyse
cependant n’a
pas pour
destin de
devenir une
religion. La
religion est
faite, dit-il
à la fin de
l’interview,
pour que les
hommes ne
s’aperçoivent
pas de ce qui
ne va pas. La
psychanalyse
elle, est
insérée entre
deux mondes.
Avec la
psychanalyse
nous
connaissons un
moment
privilégié «
pendant lequel
on aura eu une
assez juste
mesure de ce
que c’est que
[…] le
parlêtre6 – et
il précise que
le parlêtre
est pour lui
un terme plus
adéquat pour
exprimer
l’inconscient.
 Lacan
ne donne donc
pas dans les
promesses
d’avenir
meilleur, mais
pas plus que
dans la
dramatisation
d’un monde
envahissant,
agressif et
obsédant. Il
interprète ce
monde. Il
énonce alors
de façon
étonnante, je
le cite, qu’on
« doit pouvoir
s’habituer au
réel » en
précisant que
« le symptôme
ce n’est pas
encore
vraiment le
réel. C’est la
manifestation
du réel à
notre niveau
d’êtres
vivants. Comme
êtres vivants,
nous sommes
rangés, mordus
par le
symptôme »7. Dès
lors à 30 ans
d’intervalle,
alors que dans
les
Complexes
familiaux

ils nous
invitaient à
ne pas nous
affliger du
passé révolu,
du déclin des
idéaux
paternalistes,
de même en
1974 il
suggère de ne
pas contribuer
à la
dramatisation
des médias (il
répond à un
journaliste) –
« je ne suis
pas, lui
répond-t-il,
parmi les
alarmistes ni
parmi les
angoissés »
8

 

Le jouir
et le temps

Pour
fermer ce
dossier des
références
connexes, je
pourrais
encore citer
rapidement
Marc Augé qui
déjà en 1992
parlait de
surmodernité
pour qualifier
notre époque
selon trois
caractéristiques
essentielles :
la
surabondance
événementielle,
que les
historiens
peinent à
interpréter,
la
surabondance
spatiale qui
vise
l’expansion
des
possibilités
de mobilité
tout autant
que la
présence
d’information
provenant du
monde entier
via la
télévision et  enfin
l’individualisation
des références
dont Wikipédia
est un
paradigme
permettant à
chacun
d’interpréter
par lui-même
des
informations
qu’il peut
collecter
largement
plutôt que de
se reposer sur
un sens défini
au niveau d’un
groupe9.

 

L’hypermodernité
marque donc
l’époque du
sceau du «
plus-de-jouir
» hors temps.
Vous savez
combien le
temps de la
science reste
une énigme
pour les
scientifiques
eux-mêmes,
qu’il n’y a
aucune unité
théorique du
temps. Entre
les temps de
la physique
classique, de
la
thermodynamique,
de la
cosmologie et
de la physique
quantique,
aucun étalon
ne peut être
posé. Je cite
Etienne Klein,
physicien
français, qui
écrit que  «
le visage du
temps […]
reste celui
d’un sphinx,
(que) son
essence
demeure
fantomatique,
indécise et
plutôt
disparate »10. On
peut se
demander si le
temps
subjectif –
qui est le
temps du
symptôme – ne
rejoint-il
pas, plus
encore, la
relativité du
temps dans les
sciences,
notamment par
l’introduction
des
technologies
de la
communication
qui  se
proposent de
plus en plus
comme
prothétique au
corps humain,
implémentées
dans la chair
ou comme
organes
complémentaires.
Le téléphone
permettait
déjà la
téléportation
de la voix, le
fax nous
offrait la
simultanéité
de l’écrit,
l’internet
ouvre la
bibliothèque
des savoirs et
des images
comme
télé-réalité
permanente et
globale. Ce
qui fait «
crise-crise-crise
» c’est donc
bien la
dissolution de
la routine
comme le
soulignait Gil
Caroz, liée à
une distorsion
de
l’espace-temps
introduit par
les objets de
la science.

 

Du
gadget de «
l’homme
augmenté » au
symptôme

Nous
retiendrons de
ces travaux
que l’époque
dite
hypermoderne
transforme
l’espace et le
temps de façon
profonde,
donnant à voir
un monde
immédiat et
omniprésent
par une
fenêtre
démultipliée :
télévision,
smartphone,
tablette,
console…
Derrière ces
écrans mettons
en avant leur
valeur, non
plus de
gadgets comme
s’exprimait
Lacan en 69,
mais d’objet
hors corps,
c’est-à-dire
relié au
corps,
complément
aujourd’hui
indispensable
pour la vie
courante,
premiers
organes
complémentaires
de l’homme
augmenté de
demain. Ces
objets
prennent ainsi
valeur d’objet
plus-de-jouir,
et ils
intéressent la
psychanalyse
par la façon
dont ils
feront
finalement
symptômes. Car
ce qu’il y a
de
symptomatique
dans cette
profusion
d’objets c’est
avant tout que
nous en
devenons
esclave,
c’est-à-dire
que nous en
jouissons…
encore.

 

Le
collectif,
matériau du
parlêtre

Ce beau
titre «
moments de
crise »
implique un
lien profond
entre ce que
j’ai appelé «
les symptômes
de crise »,
par exemple
l’angoisse des
savants ou la
dépression de
nos
contemporains,
et « la crise
du symptôme ».
Autrement dit
comment le
symptôme
analytique, en
tant que crise
de la sphère
intime et
comme
manifestation
de
l’inconscient,
est-il impacté
par la crise
dans le monde,
dans le
collectif, la
crise dans la
sphère
politique que
j’ai
développée
dans la
première
partie. Dire «
impacté »
impliquerait
un simple lien
de cause à
effet du
collectif vers
l’individuel.
Mais peut-être
que le
symptôme
analytique est
constitué de
ce matériau
même qu’est le
collectif ?
Dans le thème
de la NLS, il
y a un lien
plus serré
qu’il n’y
paraît entre
collectif et
individuel,
entre le champ
politique et
le champ
inconscient.
C’est une
question que
Jacques-Alain
Miller a
déployée dans
plusieurs
interventions11
autour de la
fondation de
l’Ecole de
psychanalyse
italienne au
début des
années 2000,
c’est-à-dire à
l’entrée dans
le XXIè
siècle. Miller
va soutenir
que pour Lacan
ce n’est pas
la politique
qui se
réduirait à
l’inconscient
mais que ce
que nous
appelons
l’inconscient
c’est la
politique !

 

Qu’est-ce
que cela peut
bien vouloir
dire ? La
psychanalyse
est dans la
politique,
l’inconscient
c’est la
politique, il
n’est pas
ailleurs, il
n’est pas dans
une
extraterritorialité
qui le
tiendrait à
l’abri des
horizons
incertains du
monde ou dans
une
structuration
immuable
inscrite dans
les astres.
Comme je le
rappelais en
introduction,
Gil Caroz nous
propose dans
son argument
d’interroger
la fonction de
la crise dans
l’expérience
analytique
en
confrontation
avec
l’hypermodernité.
Il s’agit donc
de rendre
compte de ce
lien étroit
entre la
politique,
telle qu’elle
se déploie
dans « le
monde », et la
sphère privée,
l’individuel,
l’intime
qu’accueille
la
psychanalyse.
Pour faire ce
lien je suis
parti du
commentaire
que
Jacques-Alain
Miller a
proposé à
Milan en 2002
et qui a été
publié sous le
titre «
D’Intuitions
milanaises »
en deux
parties dans
Mental 11 et
12, ainsi que
d’une
intervention
qui précède
celle de Milan
et qui a été
retenu comme «
la théorie de
Turin »
énoncée en
2000. Ces deux
interventions
ont partie
liée avec la
formation d’un
collectif
analytique, ce
qu’on appelle
une Ecole.
Jacques-Alain
Miller cherche
à préciser la
nature du
collectif à
laquelle
n’échappe pas
l’Ecole et sa
particularité
en tant
qu’Ecole de
psychanalyse.
Ce qui
m’intéresse
pour le propos
d’aujourd’hui
c’est de
saisir en
quoi, « le
collectif
n’est rien que
le sujet de
l’individuel »12
comme
s’exprime
Lacan dans les
Ecrits
et plus encore
de saisir vers
quoi nous mène
la formule
renversée de
Lacan « je
dirais même
‘l’inconscient
c’est la
politique’ ».

 

L’inconscient,
discours du
maître

Il
commente cette
phrase de
Lacan dans la
logique du
fantasme : «
Je ne dis pas
la politique
c’est
l’inconscient
mais
l’inconscient
c’est la
politique ».
La première
partie de la
phrase est
finalement
très
freudienne.
C’est ce que
Freud
développe dans
sa Massenpsychologie
et que le
premier Lacan
 prolonge
en disant que
l’inconscient
c’est le
discours du
maître.  Il
y a un
signifiant
maître, un
point d’Idéal
structuré dans
le champ
social, disons
l’instance
paternelle,
qui permet
l’identification
imaginaire
entre les
semblables et
qui par cet
effet de colle
identificatoire
font masse en
faveur de la
loi du père,
de ce que
Freud nomme
Idéal du moi.
Le collectif
est ici
constitué
d’une
multiplicité
d’individus
qui se
choisissent un
même objet
comme Idéal du
moi. Les
concepts de
référence de
cette thèse
selon laquelle
la politique
peut se saisir
à partir des
liens
inconscients
qui
constituent le
groupe, donc
de dire « la
politique
c’est
l’inconscient
», ce sont
l’identification,
la répression,
la censure et
le
refoulement.

 

L’inconscient
discours de
l’Autre qui
n’existe pas

Mettons
en regard de
cette thèse
que, dans
l’époque qui
dévoile
l’inexistence
de l’Autre, la
crise devient
l’état
permanent de
cette époque –
c’est ce qui
permet de la
qualifier «
d’hyper-», de
« plus-de ».
Ainsi se
révèle que
l’inconscient
comme discours
de l’Autre,
s’appuie sur S
de grand A
barré et c’est
par là que
l’inconscient
c’est la
politique.
L’inconscient
est constitué
par
l’expérience
inconsciente
d’un groupe.
La politique
est, en ce
sens, non plus
un S1 « unien
», mais le
lieu d’une
fracture de la
vérité (Marcel
Gauchet, cité
par J.-A.
Miller) et
l’inconscient
se révèle être
cette autre
scène où le
sujet fait
l’expérience
que la vérité
n’est pas Une.
On voit alors
que les
totalitarismes
ne sont qu’une
tentative –
certes
terrible – de
restaurer le
Un de la
vérité,
conformément à
la théorie
freudienne de
la Massenpsychologie.
Et à l’inverse
la démocratie
implique un
consentement à
la division de
la vérité. Ce
pour quoi Gil
Caroz
soulignait
dans une
contribution
antérieure que
la
psychanalyse
ne peut se
développer que
dans les zones
où le système
politique est
démocratique.

 

La
concorde
démocratique
produit alors
un retour du
refoulé qui
est cette
douleur intime
où le sujet
fait
l’expérience
de la division
de la vérité.
Eh bien dans
notre époque
que je dirais
« épileptique
», au sens que
la crise y est
continue,
risque de
surgir à tout
instant, nous
vivons dans un
espace social
où, parce
qu’il est
globalisé,
plus rien
n’est à sa
place. La
notion même de
place, fait
remarquer
J.-A. Miller,
est
problématique.
On ne peut
dire d’un
livre qu’il
manque à sa
place que dans
une
bibliothèque
bien rangée.
Ici plus de
bibliothèque
mais plutôt
une googelisation
du monde où
les recherches
se font selon
des
algorithmes
puissants qui
dissolvent
toute
bibliothèque,
aussi bien
rangée
soit-elle.  Nous
dirons que le
monde
hypermoderne
est sans
pilote, sans
opérateur,
précisément
parce que le
vrai réel,
celui de la
science, celui
auquel nous
n’accédons
qu’avec des
petites
lettres et des
petites
formules, est
inimaginable.
 «
Le propre du
réel, c’est
qu’on ne
l’imagine pas
» relève
Lacan.13  On
passe donc de
l’inconscient
comme discours
du maître,
articulé à un
S1 (ce que
j’évoquais
plus haut à
partir de « la
Troisième »
comme « le je
lié au savoir
constitué de
son insertion
dans le
discours où il
est né »), à
l’inconscient
articulé à S
de A barré (où
se justifie le
concept de lalangue
comme reste,  lieu
où la
jouissance
fait dépôt
d’être rejeté,
chiffré par le
langage).

 

Les
crises,
fluctuations
des régimes de
jouissance

Miller
repère trois
phases dans
l’enseignement
de Lacan qui
formalise ce
passage du S1
à S de A barré
comme
constitutif de
l’inconscient
:

         
D’abord
la
psychanalyse à
l’époque
disciplinaire,
l’inconscient
est repéré
comme
répétition
signifiante et
articulé
autour de
l’Œdipe, de la
castration, du
refoulement,
du
Nom-du-père.
Le désir est
fixé comme
métonymie d’un
manque.

         
Ensuite
Lacan
pluralise les
Noms-du-père,
le refoulant
n’est plus le
père mais le
langage
lui-même. Le
désir se
déplace vers
le concept de
jouissance et
l’accent est
mis sur
l’objet petit
a
qui comble le
manque.

         
Et enfin
une phase
ultime où la
jouissance n’a
pas de
contraire, le
langage
lui-même est
jouissance et
non plus
opérateur de
refoulement.
C’est là qu’il
doit inventer
le concept de
lalangue
comme « le
dépôt,
l’alluvion, la
pétrification
qui s’en
marque du
maniement par
un groupe de
son expérience
inconsciente »14.  Dès
lors si je
puis dire, on
n’y échappe
plus, on est
aux prises
avec ce noyau
de jouissance.
C’est en tout
cas ce que
vise une
analyse, de
réduire le
symptôme,
produit du
réel, à son
trognon, le
réduire à ce
que Lacan a
nommé sinthome.
Tout devient
alors affaire
d’arrangement,
de régime de
jouissance, de
passage d’un
régime à
l’autre. C’est
dans ces
fluctuations
que je
situerai la
notion de
crise, telle
que Gil Caroz
nous propose
de la traiter
et non pas
dans la
dramatisation
du spectacle
du monde.

 

La crise
dans la
psychanalyse
est le nom de
ce passage
d’un régime de
jouissance à
l’autre. Il y
a à trouver de
nouveaux
arrangements :
les familles
se composent
et se
recomposent,
la théorie du
genre
complexifie la
différenciation
sexuelle et
autorisent de
nouveaux
discours, les
travailleurs
eux-mêmes sont
appelés à une
flexibilité
maximale, on
change
plusieurs fois
de métiers sur
une vie etc.  Chaque
fois c’est un
moment de
crise qui
appelle la
nécessité d’un
remaniement,
mais dont le
point fixe est
le sinthome
qui est notre
« répondant
parasexué »
faute d’un
répondant
sexuel15.

 

Ne pas
reculer devant
la crise

D’abord
La
psychanalyse
fait face à
ces moments de
crise en
permettant
leur
élaboration,
ensuite elle
permet par
l’appui
transférentiel
la mise à
l’épreuve des
assurances
subjectives
prisent
jusque-là sur
le réel.  Et
enfin elle
cherche un
arrangement
plus
satisfaisant
des solutions
symptomatiques.  L’aperçu pris
sur le réel
permet
d’envisager la
crise sous un
autre angle,
non pas de
l’éviter mais
de la prendre
pour ce
qu’elle est :
un indice du
réel que
l’analysant
commence à
bien connaître
et parfois à
apprivoiser.
Dire que la
psychanalyse
est amie de la
crise c’est
aussi une
façon de faire
valoir qu’il
n’y a pas à
reculer devant
la crise.  L’entrée
en analyse
n’est-elle pas
toujours un «
moment de
crise », et si
ce n’est pas
le cas ne
faut-il pas
dans certains
cas la
provoquer ?

 

Avec ce
thème des «
Moments de
crise » on
saisit à quel
point les
concepts de
Lacan sont
robustes et
vont nous
permettre de
traiter de ce
thème de façon
éclairée. Yves
Vanderveken
suggérait
d’ailleurs le
Séminaire des
quatre
concepts comme
point d’appui,
j’ajouterai
notamment la
structure du
pas-tout comme
appui
conceptuel que
J-A Miller
reprend dans
la partie 2
des «
Intuitions
milanaises ».

 

J’aurais
aimé vous
parler aussi
de « la
Troisième » de
façon plus
détaillée à
partir de la
conclusion de
ce que je vous
ai apporté
aujourd’hui et
qui met en
valeur la
dimension du
pas-tout et du
continu qui
rompt avec la
discontinuité
des structures
cliniques
classiques. La
conséquence
qu’en tire J-A
Miller c’est
que le
symptôme
devient
l’unité
élémentaire de
la clinique en
lieu et place
de ce
qu’étaient les
classes de
symptômes,
c’est-à-dire
les structures
cliniques. Le
sinthome
dans sa
nouvelle
écriture est,
dit-il, la
version
lacanienne de
la
fragmentation
des entités
clinique du
DSM.  Dans
« Choses de
finesse » il
disait du sinthome
que c’était un
concept
effaceur de
frontière
(leçon du
10.12.2008).

 

A partir
de là on
pourrait
travailler
autour de ce
que Lacan
déclare dans «
la Troisième »
que la
psychanalyse
dépend de
l’avenir du
Réel. La
science dit-il
produit les
gadgets qui
transforment
le réel. Mais
ajoute-t-il,
nous ne
deviendrons
pas purement
et simplement
animés par les
gadgets, ils
deviendront
eux-mêmes des
symptômes.

 

 

 

1
Intervention
au . Je
remercie Geert
Hoornaert pour
sa relecture
attentive.

2 Bloch
et Wartburg,
dictionnaire
étymologique

3 Aubert
Nicole, « Le
culte de
l’urgence. La
société malade
du temps »,
coll. Champs
essais, 2009.

4 Voir
pour une
lecture dans
l’urgence le
blog de Gaël
Picut sur
en-aperte.com
à propos du
livre de
Nicole Aubert.

5 Lacan
Jacques, « La
troisième »
(1974), La
Cause
freudienne
,
79, p. 12

6 Lacan
Jacques, Le
triomphe de la
religion (29
oct. 1974), p.
87, coll.
Champ
freudien,
Seuil, 2005.

7 Lacan
Jacques, op.
cit. p. 93

8 Lacan,
op. cit. p. 95

9 Augé
Marc, «
Non-Lieux.
Introduction à
une
anthropologie
de la
surmodernité
», Seuil,
1992.

10 Klein
Etienne, Le
temps, Coll.
Domino,
Flammarion,
1995, p. 68.

11 Miller
Jacques-Alain,
« Intuitions
Milanaises 1
», Mental, 11,
2002. «
Intuitions
Milanaises 2
», Mental 12.
« Théorie de
Turin sur le
sujet de
l’Ecole »
(2000), La
Cause
freudienne,
74, 2002, p.
133.

12 Lacan
Jacques, « Le
temps logique
ou l’assertion
de certitude
anticipée », Ecrits,
Paris,
Seuil, 1966,
p. 213, note
2. Cité par
J-A Miller
dans sa «
Théorie de
Turin sur le
sujet de
l’Ecole »
(2000), La
Cause
freudienne
,
74, 2002, p.
133.

13 Lacan
Jacques,  «
Le triomphe de
la religion »,
op.
cit.
P. 92

14 Lacan
Jacques, « La
troisième »,
op. cit., p.
20

15 Lacan
Jacques, « La
troisième »,
op. cit., p.
32


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Vers la Soirée
Hôtel
Europe
avec
Bernard-Henri
Lévy le 5 novembre

1

Anaëlle
Lebovits-Quenehen répond
aux questions de
l’Envers de Paris

 

hotel
                                                  europe 

Philippe
Benichou : Le
prochain numéro du
Diable probablement
,
à paraître le 6
novembre, s’interroge
sur les formes
contemporaines de la
haine, sujet éminemment
présent dans la pièce de
BHL.

Anaëlle
Lebovits-Quenehen

: Si ce thème y est
présent, c’est que le
rapport à l’autre sous
les espèces de la haine,
tel qu’il se manifeste
aujourd’hui, fait
symptôme pour un certain
nombre de nos
contemporains.
Bernard-Henri Lévy est
de ceux-là. Ce n’est pas
d’hier. La haine
décomplexée est en effet
l’un des visages actuels
du malaise dans la
civilisation. Il s’agit
donc peut-être plus de
l’interpréter que de
seulement la regretter
ou la dénoncer, telle la
belle âme qui se plaint
des désordres d’un monde
auquel elle ne prendrait
pas part. Au-delà de la
circonstance qui donne
son point de départ à Hôtel
Europe
, à savoir
l’intellectuel aux
prises avec la
difficulté de rédiger un
discours sur l’Europe
dans le moment où elle
lui apparait si mal en
point, Bernard-Henri
Lévy fait bel et bien de
la haine le point de
réel auquel il doit
répondre, comme
intellectuel engagé
corps et âme dans son
époque.

PB : La thèse
de BHL prend la forme
d’un monologue
théâtral qui contraste
avec le style essai
qu’il donne le plus
souvent à sa pensée.

ALQ
: Oui, bien plus qu’un
texte à thèses (même si
Hôtel Europe n’en
est pas dépourvu), on
assiste là à la pensée
en train de s’élaborer,
à ses contradictions,
aux points de butée
qu’elle rencontre, à ses
échappées, voire à ses
envolées. Son auteur
nous donne à voir le
bouillonnement de
jouissance intérieure
qui précède la
construction d’un propos
argumenté dont il s’agit
qu’il ait des effets
politiques. La façon
dont il prend la pensée
à sa racine
fantasmatique, dans une
effervescence
incessante, rend
sensible le fait qu’une
vision du monde
s’enracine dans le
fantasme. La lecture de
la pièce m’a évoqué
cette remarque de Lacan
selon laquelle : «
Il
n’y a que les corps
parlants […] qui se font
une idée du monde comme
tel. Le monde, le monde
de l’être plein de
savoir, ce n’est qu’un
rêve, un rêve du corps
en tant qu’il parle, car
il n’y a pas de sujet
connaissant. » (Séminaire
20). Hôtel Europe,
nous entraîne dans le
rêve que BHL fait alors
qu’il se trouve être aux
prises avec ce réel qui
lui en rappelle un autre
: « ce sale parfum
d’années trente qui est,
partout, le fond de
l’air européen ». Et
disons-le, ce rêve
confine parfois au
cauchemar.

PB : En quoi
les questions que pose
Hôtel Europe,
les démons auxquels il
s’y affronte,
concernent-t-ils le
discours analytique ?

ALQ
: La psychanalyse ne
sert pas de référence au
texte de la pièce.
Toutefois, deux éléments
entre autres, me
semblent pouvoir
interpeler les
psychanalystes en tant
que tels. D’abord, le
fait que Bernard-Henri
Lévy pose implicitement
la question du rapport
entre vérité et réel,
non seulement en
laissant passer que la
vérité est variable (varité
dit Lacan), mais aussi
en se posant la question
de la forme que son
propos doit prendre pour
avoir un effet, porter à
conséquence, ne pas
rester lettre morte. Il
sait, par exemple, qu’il
y a un certain nombre de
vérités qu’on ne peut
dire toutes, parce que
les livrer comme telles,
nues et crues, les
rendraient vaines, voire
mensongères. Comment la
vérité peut-elle
attraper quelque chose
du réel en jeu ? Telle
est une des questions
cruciales que la pièce
pose, travaillée qu’elle
est par l’éthique du
bien dire sur laquelle
le monologue vient et
revient. Et puis,
concernant les thèmes
abordés par la pièce
maintenant, ils ne
peuvent être
indifférents à un
analyste pour autant que
le discours analytique
est indissociable du
discours du maître dont
il constitue l’envers.

PB : BHL
esquisse-t-il des
solutions aux maux
potentiellement
mortels que l’Europe
connaît aujourd’hui
selon lui ?

ALQ : Bernard-Henri
Lévy prône le courage à
la fin de la pièce.
Aussi fait-il de l’acte,
au sens analytique de ce
terme, de l’acte en tant
qu’il suppose une
solitude radicale, la
seule réponse possible
au Zeitgeist.
Cette perspective
est-elle compatible avec
la notion même de «
communauté des hommes »
à laquelle il semble par
ailleurs tenir ? Et si
oui, à quelle condition
? Ce sont là deux des
questions que je lui
poserais volontiers
durant le débat qui
suivra la représentation
d’Hôtel Europe le 5
novembre prochain.

Hôtel Europe,
Théâtre de l’Atelier,
pièce de Bernard-Henri
Lévy,  avec
Jacques Weber, mise en
scène de Dino
Mustafic. Réservations
et locations des
places dès aujourd’hui
au 01 46 06 49
24
au tarif
préférentiel de 33
euros, pour la soirée
du 5 novembre, si vous
faites savoir que vous
y serez à l’invitation
de l’Envers de Paris.



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Activités des Sociétés et Groupes de la NLS
 
Activities of the Societies and Groups of the NLS

 

Kring voor Psychoanalyse van de NLS

4 octobre 2014

Premier samedi après-midi du Kring:

Le psychanalyste, ami de la crise

 


Le 4 octobre aura lieu le premier samedi après-midi de cette année de travail. Nous faisons connaissance avec un nouvel arrivé: l’atelier de lecture. La conférence d’un invité de la NLS reste au programme.

 

 

13h30 – 15h30: Atelier de lecture

 

Le thème de travail pour cette année a été présenté par Gil Caroz dans son texte ‘Moments de crise’. Pour notre premier atelier de lecture nous partons d’un énoncé de Jacques-Alain Miller cité dans le texte. Jacques-Alain Miller, en 2008, lors d’une interview autour de la crise financière pour l’hebdomadaire Marianne, disait que ‘Le psychanalyste est ami de la crise’. La psychanalyse est d’ailleurs orientée vers le réel et c’est du réel qu’il s’agit dans la crise.

Nous articulons cet énoncé de Jacques-Alain Miller à l’assertion de Lacan disant que la psychanalyse ne survivra que pour autant que la réel continuera à insister et donc dans un certain sens pour autant qu’elle échoue comme ‘thérapie’. Lacan a élaboré cette assertion lors d’une conférence en Italie en 1974, connue sous le titre ‘La troisième’. Marie-Hélène Brousse a commenté ce passage dans son article ‘L’avenir de la thérapeutique’.

Nous invitons tous les participants à l’atelier de lecture de lire les passages mentionnés dans les textes. Ces textes sont à consulter sur le site du Kring: http://www.kring-nls.org/teksten/aktueel-crisismomenten. L’atelier de lecture aura lieu en néerlandais.


– G. Caroz, Moments de crise. Présentation du thème du congrès de la NLS de 2015 à Genève. Paru en français sur NLS-Messager.

– La crise financière vue par Jacques-Alain Miller. Marianne, 11 octobre 2008.

– J. Lacan (2001 [1974]), La troisième (texte établi par Jacques-Alain Miller). La Cause freudienne, nr. 79, pp. 11-33, plus précisément pp. 18-19.

– M.-H. Brousse (2003 [2002]), L’avenir de la thérapeutique. Quarto, 78, pp. 18-23, plus précisément pp. 20-23.


 

 

16h – 18h: Conférence d’un invité de la NLS

 

Dans sa conférence l’invité approfondira le même thème. La conférence aura lieu en français.

Symptômes de crise, crise du symptôme.

L’avenir de la psychanalyse dépend de ce qu’il adviendra du réel’ (1)

Dominique Holvoet

Ancien président de la NLS
Membre de la NLS, de l’ECF, de l’AMP et membre d’honneur du Kring
Directeur de Le Courtil
Enseignant à la l’Antenne clinique de Mons et au Collège clinique de Lille.


Le psychanalyste est ami de la crise car la liberté de dire n’importe quoi, propre à l’association libre, est une mise à l’épreuve, une confrontation à l’impossible. Ce qu’il s’agit pour chacun d’y trouver c’est une lettre, un codicille dont il ignore et le sens et le texte, et en quel langue il est écrit (2). Le parcours analytique, s’il traverse certes le sens à tort et à travers, vise à le décaper pour en retenir l’os, une lettre hors sens, une lettre qui se met en travers du sens propre à “reculer le champ du symptôme” (3)

L’entrée en analyse est déjà un moment de crise propice à ébranler le symptôme qui est là en souffrance de se nourrir du sens.

C’est cette fonction de la crise dans la cure que Gil Caroz (4) nous invite à mettre à l’étude en confrontration avec l’hypermodernité. De celle-ci ne peut-on déduire que le symptôme même est en crise dans une monosymptomatisation qui le rend illisible.

Nous proposerons une première lecture de “La troisième” pour situer que le destin du gadget est de nécessairement faire symptôme.


(1) J. Lacan, “La troisième”; (texte établi par Jacques-Alain Miller), la Cause freudienne, 79, Navarin éditeur, 2011 p. 32.

(2) J. Lacan, “Subversion du sujet et dialectique du désir”; Ecrits, 1966, Paris, Seuil, p. 803.

(3) J. Lacan, “La troisième”; op.cit., p. 30.

(4) G. Caroz, “Moments de crise”; argument pour le Congrès de la NLS, Gand, 2014. Publié sur NLS Messager.

 

L’atelier de lecture et la conférence auront lieu dans la ‘projectiezaal’, Zebrastraat 32, 9000 Gand et sont ouverts à tous.

Les non-membres du Kring paieront une participation aux frais.

 

 


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Activités des Sociétés et Groupes de la NLS
 
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SOCIÉTÉ HELLÉNIQUE DE LA NLS
 

 

Compte-rendu du séminaire Nouages
à Athènes du 20 septembre 2014


par Dossia Avdélidi
membre de la NLS et de la Société hellénique de la NLS

 

 

 

Le séminaire Nouages, organisé par la société hellénique de la NLS et présidé par Epaminondas Theodoridis, s’est tenu à Athènes samedi 20 septembre 2014.
Dans l’amphithéâtre de l’hôpital G. Gennimatas et en présence du nouveau président de la NLS, Yves Vanderveken, les soixante-dix participants ont eu l’occasion d’assister à cinq interventions passionnantes. Le thème du séminaire reprenait celui du prochain congrès de la NLS qui aura lieu à Genève, les 9 et 10 mai 2015 : Moments de crise.

Dans son intervention théorique, Yves Vanderveken nous a rappelé la définition de la crise selon Jacques-Alain Miller : la crise, c’est quand « le discours, les mots, les chiffres, les rites, la routine, tout l’appareil symbolique, s’avèrent soudain impuissants à tempérer un réel qui n’en fait qu’à sa tête »1, la crise c’est « le réel déchaîné, impossible à maîtriser »2.

Dans les années soixante-dix, Lacan déclare qu’il ne peut pas y avoir de crise de la psychanalyse. C’est sans doute parce que la psychanalyse s’occupe de ce qui ne va pas, précise Yves Vanderveken. Il soutient ainsi que la psychanalyse est affine de la crise et du réel. C’est pour cette raison que la crise, sans être un concept psychanalytique, intéresse la psychanalyse. La psychanalyse rencontre précisément des moments de rupture de l’ordre symbolique sous la forme du trauma ou du symptôme. Il s’agit des moments de crise dans l’économie subjective où une jouissance contingente et imprévisible émerge, troue l’ordre symbolique et le défait.

Mais si la psychanalyse n’est pas en crise, ceci ne signifie pas qu’elle ne change pas, qu’elle ne se modifie pas sous les effets de l’époque. L’ordre symbolique n’est plus ce qu’il était. Les semblants sont dénoncés et tout ordre est remis en cause. Tout discours est désormais empreint du sceau du « faux » potentiel, du virtuel. Nous sommes dans l’ère du fake généralisé, de l’incroyance généralisée, du règne du non-dupe. L’objet a n’est plus au-dessous de la barre, il s’est dévoilé, il n’est plus enserré sous sa représentation signifiante, il est nu, cru, déchaîné et frénétique.

Yves Vanderveken souligne que la dévalorisation des semblants et le détricotage des grandes constructions sociales produisent des affects privilégiés : le désenchantement, habité de colère, le sentiment de tromperie et de laisser tomber mais surtout l’ennui. Quand tout n’est que semblant et vain, la seule chose qui sonne alors vrai, nous dit Yves Vanderveken, c’est la sensation. D’où l’explosion des pratiques de corps diverses, opérant comme marques réelles : l’usage des drogues, les pratiques des sports extrêmes, la sexualité réduite à des pratiques de corps désincarnés où l’impératif de jouissance prime. Jacques-Alain Miller précise que nous sommes passés non seulement du temps de l’interdiction à celui de la permission mais aussi au temps de la monstration quasi forcée et ouverte à tous. Nous assistons alors à la réduction de la dimension métaphorique au profit d’une dimension dite « réelle ».

Yves Vanderveken souligne que la psychanalyse face à ce dénudement des semblants n’a pas à rendre les armes. Elle doit l’interpréter, mais il ne s’agit plus entièrement de l’interprétation-vérité qui lève le refoulement. Un autre statut de l’interprétation est nécessaire ainsi qu’un autre statut de l’inconscient. Il donne alors toute sa valeur à l’indication de Jacques-Alain Miller concernant l’orientation de la cure : conduire l’analysant à être « dupe d’un réel », « que sa débilité cède à la duperie du réel ». L’enjeu sera désormais de serrer et isoler dans une cure, par-delà la vérité menteuse, un réel singulier et contingent cause du sujet.

Il revient alors à la psychanalyse de restituer un réel, qui n’est pas semblant. Dans une analyse, nous sommes confrontés à des rémanences des modes de jouissance. Il ne s’agit pas des moments à se remémorer ou à déchiffrer. Le signifiant y manque. Cette rencontre manquée entre le corps et le signifiant fait trauma. Elle fait alors retour par des bouts itératifs qui indexent ce moment de la rencontre ratée, et la psychanalyse, nous dit Yves Vanderveken, est un excellent observatoire de ce moment de crise.

Dans la partie clinique du séminaire, trois cas ont été présentés et discutés. Philippe Stasse, secrétaire de la NLS pour l’Europe de l’Est, membre de la NLS et de l’ECF, a présenté un cas de psychose où le sujet, Christophe, vit dans le présent d’une crise aiguë et perpétuelle. L’intervention de l’analyste consiste à essayer de calmer l’angoisse et de trouver une solution pour tenter de renouer le nœud défait. Christophe vit un profond et angoissant déchirement entre l’amour d’une femme et l’appel à la prêtrise, qui sans l’appui du symbolique, le plonge dans de profonds tourments. À défaut de devenir prêtre, l’analyste lui suggère de devenir diacre – ce qui lui permettra de rester lié à une femme. Christophe a saisi, de cette intervention surgie dans le transfert, ce qui lui permettra de se tenir à une certaine distance de ce qui lui faisait menace.

Inga Metreveli, membre de la NLS, a présenté le cas d’une patiente de 39 ans qui consulte l’analyste pour une « crise de couple ». Le discours qu’elle tient fait d’elle la « victime », elle ne veut rien savoir de sa propre jouissance. Deux interventions de l’analyste ont permis, dans un premier temps, de sortir du simple récit des histoires tragi-comiques de sa vie quotidienne et de parler de son roman familial où deux signifiants – pute et forcée – se répètent et dans un second temps de libérer sa parole et de prendre de la distance avec son fantasme.

Thanos Xafenias, membre de la NLS et de la Société hellénique, a présenté le cas de Yannis, un homme de 28 ans qui a recours à une cure de désintoxication suite à l’éventualité de son emprisonnement. La crise est survenue pour lui au moment où il s’est retrouvé à l’université car la perspective de faire des études s’appuyait uniquement sur le désir de la mère. La drogue, qui constitue la réponse de Yannis à la dimension du manque, lui a permis de se séparer du désir de la mère ainsi que de l’idéal familial. Une intervention de l’analyste lui a permis de passer de la drogue à l’ennui en le conduisant à dire que son problème n’était pas la drogue, mais le fait qu’il était un enfant gâté.

À la fin de la journée Réginald Blanchet, membre de l’ECF, de la NLS et de la Société hellénique, a pris la parole pour parler de la politique de la violence extrême, politique exercée en Grèce par le parti nazi Aube dorée. Il soutient alors que la violence est ce qu’il est convenu de subsumer sous le vocable courant de « crise ». La Grèce est, à cet égard, le point de la plus haute condensation de la violence de la crise et le symptôme même de la crise en Europe. Et si la puissance électorale d’Aube dorée continue à monter, c’est parce que l’électeur de ce parti, opte pour cette violence politique, anti-démocratique et raciste, il vote pour cette violence.

La discussion avec les participants, après chaque intervention, fut passionnante, car elle était vivante et éclairante.

1- La crise financière vue par Jacques-Alain Miller, Marianne, 10 octobre 2008.
2- Idem.

 


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