Activités des Sociétés et Groupes de la NLS
Activities of the Societies and Groups of the NLS
reçoit Hélène Bonnaud
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New Lacanian School
Nous contacter: nls-messager-help@amp-nls.org
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sur France Culture, de 16 h 15 à 17 h,
thème : « La
répétition en psychanalyse »
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La Psychanalyse, no 8
SOMMAIRE
EN GUISE DE PROLOGUE
Epaminondas Theodoridis, La double face du symptôme
JACQUES LACAN
Conférence à Genève sur le symptôme
(traduction : Polina Agapaki, revue par Réginald Blanchet)
L’ORIENTATION LACANIENNE
Jacques-Alain Miller, Le partenaire-symptôme
(traduction : Anna Pigkou et Eléni Molari, revue par Epaminondas Theodoridis)
L’ENSEIGNEMENT DE LA PASSE
Anne Lysy, « Faut y aller ! »,
(traduction : Eléni Rigoutsou, revue par Réginald Blanchet)
LE CAS CLINIQUE
Jean-Pierre Deffieux, présentation de malade à Athènes
(traduction : Nassia Linardou-Blanchet)
CONFÉRENCE À ATHÈNES
P. Monribot, L’efficacité de la psychanalyse avec les enfants,
(traduction : Nafsika Papanikolaou, revue par Epaminondas Theodoridis)
L’INVITÉ
Yannis Stavrakakis, « Crise »
ÉTUDES CLINIQUES
Dossia Avdelidi, Les deux faces du symptôme psychotique
Despina Andropoulou, Pertes de jouissance au profit de la position analytique
Nouli Apazidou, « Celui qui a réponse à tout »
Yannis Grammatopoulos, L’angoisse du jeune clinicien devant l’impasse de l’errance psychotique
Yannis Dimitrakos, Le savoir lire-bien dire du symptôme dans « la clinique de tous petits indices de la forclusion ». L’art culinaire comme sinthome
Despina Karagianni, Une dépression puerpérale ?
Argyris Tsakos, « L’homme persécuté ». Chronique d’un processus psychotique
MALAISE DANS LA CIVILISATION MODERNE
Epaminondas Theodoridis, Les adolescents à l’époque Geek
Réginald Blanchet, Père et gay ? Du désir d’enfant
Nassia Linardou-Blanchet, Deuil et séparation dans l’art de Marina Abramović

Activities of the Societies and Groups of the NLS

La Société Hellénique de la NLS en Crète
invite
Marie-Hélène Brousse, psychanalyste, membre de l’ECF, de la NLS et de l’AMP,
les 13 et 14 juin 2014.
Marie-Hélène Brousse donnera le vendredi 13 juin,
à 19h, à l’hôtel Galaxy, 75 avenue Dimokratias, Héraklion,
une conférence ouverte au public, avec comme thème :
« Les femmes et leurs partenaires ».
Le samedi 14 juin, Marie-Hélène Brousse animera un séminaire fermé :
10.00-12.30 : séminaire théorique, avec comme thème « La sexuation : ce qui change au XXIe siècle »
12.30-13.30 : pause – buffet
13.30-16.30 : présentation de deux cas par l’équipe de l’Hôpital psychiatrique de La Canée.
Le séminaire fermé se déroulera dans le local des séminaires en Crète,
84, rue Géorgiou Papandréou, Héraklion
Renseignements : tél. 0030 6973028246 et 0030 6944880059
Nombre de participants limité
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Vous lirez ici le compte-rendu des cartels électroniques de la NLS, pour l’année 2013-2014, par Despina Andropoulou.
Compte-rendu des cartels électroniques de l’année 2013-2014
par Despina Andropoulou
Le grand secret de la psychanalyse : la forclusion généralisée
« Le grand secret [de la psychanalyse], c’est – il n’y a pas d’Autre de l’Autre »1. Cette phrase épinglée par J.-A. Miller dans le Séminaire VI, Le désir et son interprétation, nous servira de boussole pour présenter le travail préparatoire des cartels vers le Congrès de la NLS de cette année, en ayant comme fil conducteur de « mettre cette révélation à l’épreuve de la clinique »2.
Le thème du Congrès « Ce qui ne peut se dire. Désir, fantasme, réel » « se déploie entre ce qui ne peut se dire qu’entre les lignes et ce qui reste impossible à dire »3. Autrement dit, le fait que le signifiant fasse défaut dans l’Autre [S(A barré)], nous amène à constater qu’il y a « une inadéquation du réel et du mental » et par conséquent, « du réel on ne peut que mentir »4. Cette condition est éprouvée par le sujet parlant comme un trauma, duquel il se défend soit par l’expérience désirante du fantasme, soit par le délire ou encore par une invention sinthomatique, parfois précaire. De toute façon, on a toujours affaire au rapport du sujet avec un objet de nature – plus ou moins – voilée qui constitue sa vérité5. Ceci dit, on se trouve plutôt dans un continuum où l’extension du fantasme fondamental du névrosé et du pervers vers le délire fait que la névrose et la psychose peuvent être considérées comme deux modalités d’organisation psychiques analogues, chacune apportant le secours d’un discours établi afin de faire face au dérangement de la jouissance6.
Le point panique devant l’indicible dans l’Autre
Dans les 14 vignettes présentées par nos collègues, nous allons d’abord repérer ce qui a constitué dans chaque cas le « point panique »7 du sujet, à savoir le moment où dans sa vie il a été amené à « faire face à son existence », le moment où, hilflos, il a été gommé, démuni du soutien que la garantie de l’Autre lui procurait jusqu’alors d’une certaine façon pour ordonner son monde.
La lâcheté morale vécue comme tristesse conduit une jeune femme à s’interroger sur sa position subjective, sur sa responsabilité à l’égard de son désir. Plus précisément, le désir de savoir la cause pour laquelle elle choisit des hommes qui sont déjà en relation avec d’autres femmes, conduit T. chez l’analyste au moment où le fantasme de l’enfant modèle qu’elle était pour l’autre vacille et que les idéaux s’écroulent, laissant la place à l’insatisfaction, le dégoût et la perte du sens de la vie (cas 9).
D’autres sujets, comme nous avons pu le constater, sont confrontés au trou que l’inexistence de l’Autre laisse ouvert, notamment au moment de la séparation avec un être bien-aimé. Dans un des cas, le sujet reste perplexe devant les pensées encombrantes (cas 7), dans un autre, il constate son incapacité à donner une réponse qui concernerait son désir, puisque jusqu’alors il agissait selon la volonté de l’Autre dont il était l’objet (cas 1). La séparation marque pour un autre sujet le début d’une période de débranchement de l’Autre et du laisser tomber du rapport au corps (cas 10) tandis que, juste après sa séparation avec un compagnon qui la hantait à travers des insultes visant son image du corps, une jeune femme régresse jusqu’à en arriver au stade du miroir et que la jouissance prenne une forme symptomatique ravageante (cas 12).
Dans deux autres cas, les sujets se trouvent face au trou qu’ouvre la question du sexe et de la mort au moment de la séparation avec leurs enfants lorsque ceux-ci atteignent l’adolescence. Ainsi, une mère, confrontée à la jeune femme que sa fille est devenue, affronte l’énigme de la sexualité à travers cette autre femme8 « qui ne parle pas, est très belle, apathique… » et qui l’interroge par rapport à sa propre sexualité réduite à la signification procurée par la science ; pour elle il ne s’agit que d’hormones (cas 5). Dans le même registre, le fait que le fils ait abandonné le domicile pour entrer en internat au collège éveille le souvenir de la fête ratée de l’anniversaire des 15 ans de sa mère. Intégrer ce ratage dans le discours fait émerger des tabous familiaux qui en tant que taches noires étouffent la position du sujet comme être sexué (cas 11). L’énigme de la sexualité jaillit chez un autre sujet sous la forme de l’idée obsédante qu’il est gay, idée qui le tourmente chaque fois qu’il est rejeté par une femme (cas 13), tandis que pour une adolescente de 14 ans ce sont les paroles sorties de la bouche maternelle qui deviennent pur réel. Puisque le sujet n’a pas accès à la métaphore, le mot est la chose9 qui le vise (cas 4).
Dans un autre registre, la séparation avec l’Autre inentamé se réalise avec l’arrivée d’un nouveau-né dans la famille. La rencontre du sujet avec le manque dans le réel, suite à sa propre destitution en tant que phallus imaginaire de l’Autre maternel, suscite la déréliction de l’être (cas 2).
D’autres facteurs qui mettent à jour l’indicible sont les événements de vie qui révèlent l’inconsistance de l’Autre et dévoilent la jouissance crue (menace de mort, disparition et meurtre du frère, exil forcé, demande d’asile) faisant de l’injustice un véritable trauma obligeant le sujet à faire le parcours de l’impossible. L’apparition de Dieu, en tant que seule garantie qui puisse mettre de l’ordre dans son monde, semble être, à ce moment, insuffisante pour voiler le réel (cas 3).
Modes de rébellion du ça
Nous savons que depuis Freud, névrose et psychose sont l’une comme l’autre des expressions de la rébellion du ça contre le monde extérieur, de son déplaisir, ou si l’on veut, de son incapacité à s’adapter à la nécessité réelle, à l’Άνάγκη10. Les formes que prend dans chaque cas cette rébellion du ça contre le déplaisir que suscite la rencontre avec la barre de l’Autre et la faille qui s’ouvre pour le sujet, méritent donc toute notre attention.
Nous constatons que le cauchemar est un masque du réel dans sa version d’insupportable que l’on rencontre souvent dans les cas présentés. La pulsion de mort y est véhiculée par des images exemplaires pour leur férocité (scène d’amputation dans les cas 3 et 14, d’étouffement dans le cas 3) annonçant la mort imminente du sujet (cas 5).
Dans d’autres cas, c’est l’expérience de l’angoisse – en tant qu’affect qui ne trompe pas et indice de l’objet que le sujet est pour l’Autre – qui est le signe majeur du réel épouvantable. Sous forme d’attaques de panique et d’étouffement, l’angoisse indique la fixation, voire la pétrification du sujet dans une position d’objet absolu de l’Autre dont le désir est énigmatique (cas 11, cas 13). Cette position d’assujettissement provoque dans d’autres cas la colère et le sentiment du vide intérieur aux moments de la séparation (cas 5, cas 10). Dans certains cas, le sujet est souvent paralysé, sans énergie, inhibé, désintégré (cas 10), desinstitué (cas 8), devant le trou du symbolique rendant explicite le statut de déchet qu’il est pour l’Autre.
La lâcheté morale qui va jusqu’à la mélancolie est souvent repérée dans des cas où le surmoi accable le sujet à travers certains signifiants – « Tu es médiocre, t’es rien, t’es personne » (cas 1), « Tu deviendras comme ton père, compulsif et violent (cas 13) » – qui ont pour effet un excès d’assignation de l’être, fixant le sujet sous un signifiant maître massif, supposé le représenter univoquement au lieu de l’Autre. Ces énoncés qui prétendent lever le x du désir de la mère et qui souvent sont formulés par elle, ravalent le sujet et le pousse à s’identifier à un objet du fantasme maternel, objet d’un désir de mort11.Nous voyons l’illustration de cette pétrification mortifiante dans le cas de l’adolescente pour qui les paroles de sa mère qui dévoilent la volonté de la grand-mère paternelle de lui donner la mort, sont prises par la jeune fille comme des énoncés absolus, hors dialectique, suscitant une angoisse de mort dans le réel (cas 4).
Par la suite, le retour du symbolique dans le réel est repérable dans les cas d’hallucinations et les phénomènes de corps. C’est le cas de l’articulation des « mots vilains et sales » dont le sujet n’est que le témoin. Il s’agit de mots venant, du désert d’une instance désubjectivisée où « s’avoue l’absence du sujet dans le ça »12 (cas 4). Le surgissement des voix des proches qui accompagnent le sujet dans sa solitude (cas 3), le tremblement du corps, en tant que satisfaction étrangère au corps, chaque fois que le sujet trouve le bon mot (cas 5), l’expérience de l’autonomisation des parties du corps (cas 6), sont des phénomènes du retour de l’indicible, de ce qui a été forclos du symbolique, dans le réel.
Le symptôme est une réponse que le sujet construit pour répondre à une réalité à laquelle il est toujours impossible de s’adapter et, en même temps, il constitue pour le clinicien une autre façon d’aborder la pulsion dans chaque cas. Dans la psychose, le symptôme répercute l’objet dans le réel13, par exemple sous la forme d’une voix qui se met à injurier, tandis que dans la névrose, le symptôme établit une connexion entre un signifiant (S1) et l’objet de la pulsion (a). Dans tous les cas, le symptôme est un effet du symbolique dans le réel.
Dans au moins trois cas, l’objet oral sous forme d’anorexie, de boulimie et d’alcoolisme devient l’objet réel auquel le sujet se raccroche aux moments de déréliction. La boulimie constituerait un effort du sujet pour combler le vide dans le réel (cas 2), tandis que l’anorexie serait une façon de localiser la jouissance permettant à la jeune femme de rester vivante à travers les préoccupations qu’elle suscite14 et d’exposer aux regards des autres son enfer intérieur (cas 12). Devant la peur de son anéantissement, une adolescente réelise sa volonté de « ne pas être un poids pour sa mère », et se met à perdre du poids en suscitant en même temps la réaction de l’Autre. C’est une façon d’exister pour l’Autre – le cri de la mère et les disputes des parents pour elle sont les moments où ils se rappellent qu’elle existe – tout en incarnant l’objet qu’elle est pour cet autre, un être pour la mort (cas 4). Une autre jeune femme qui est identifiée à la jouissance paternelle, s’accroche à l’alcool pour éviter la rencontre avec son propre désir. L’identification à un homme raté, un loser qu’elle veut sauver devient un fantasme qui la sépare de la volonté maternelle envahissante, mais en même temps l’amène au pire à travers des pratiques à risques et des choix de partenaires qui l’abandonnent. L’angoisse devant un homme qui pourrait la désirer prend alors le relais du fantasme d’être sauvée par un autre raté (failed) (cas 7).
Dans un certain nombre d’autres cas, on constate l’effet ravageant d’être l’objet d’un Autre intrusif et puis de se laisser tomber, fait qui révèle la volonté du sujet d’être l’objet exclusif de l’Autre (cas 5, 10).
Traiter l’indicible : modes de suppléance et la fonction de l’analyste
Le symptôme nous permet d’apprivoiser la jouissance dans ce qu’elle a d’indicible15 mais nous voyons bien que dans les cas de psychose, qui concernait la grande majorité des cas présentés, il ne parvient pas à limiter la jouissance ; le fait que la jouissance reste non apprivoisée, illimitée, pousse le sujet à d’autres inventions pour régler l’intrusion de la jouissance. Dans le cas 2, l’introduction des coupures par l’analyste a comme effet d’arrêter la jouissance orale déferlée, tandis que dans le cas 7, l’introduction de la figure paternelle dans le discours de la patiente a aussi un effet d’apaisement. Dans le cas 5, l’analyste devient l’exutoire à la colère du sujet quand celui-ci n’arrive pas à faire Un avec sa fille. L’analyse dans ce sens est un lieu d’accueil de l’angoisse que suscite la rencontre avec un autre vivant. Dans un autre cas, le fait d’éloigner le sujet de la perplexité que les questions sur l’identité sexuelle suscitent en elle et de reconnaître son style de vie comme performance selon les injonctions écrites (S1) et épinglées partout dans son appartement sous formes de petites notes, sont des moyens de stabilisation soutenus par l’analyste (cas 6). Par contre, ce qui a revitalisé la vie d’un autre sujet a été le fait de parler des tabous familiaux qui jusqu’alors l’empêchaient de tisser son histoire de filiation ayant des effets d’inhibition majeurs (cas 11).
La richesse des cas présentés ne peut, bien évidemment, être épuisée dans ces quelques lignes de commentaire. L’espace des cartels électroniques est un lieu non seulement de présentation d’un travail clinique important mais aussi de discussion et d’échanges, voire de débat sur les questions que la clinique contemporaine pose au praticien. La question du cartel 14 « La névrose a une structure particulière mais si elle n’existe pas, est-ce que cela signifie automatiquement qu’il s’agit d’une psychose ? » est exemplaire des questions pertinentes que peut susciter le cartel à plusieurs.
Je tiens à remercier tous les collègues et notamment les Plus-Un et les extimes qui ont soutenu et contribué au travail des cartels électroniques de cette année.
1 Lacan J., Le Séminaire, Livre VI, Le désir et son interprétation, Paris, éd. de La Martinière, p. 353.
2 Miller J.-A., Présentation du thème du prochain Congrès de la NLS à Gand (mai 2014), exposé en clôture du XIe Congrès de la NLS, « Le sujet psychotique à l’époque Geek », Athènes, 19 mai 2013.
3 Holvoet D., Argument du XIIe Congrès de la NLS à Gand.
4 Miller J.-A., Choses de finesse en psychanalyse, 2008/2009, inédit.
5 Lacan J., Le Séminaire, Livre XI, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Paris, Seuil, p. 10.
6 Tout le monde délire : cartel avec Véronique Eydoux, José Rambeau, Catherine Stef, Pierre Sidon, Dominique Wintrebert (plus-un). Rédacteur : Dominique Wintrebert.
7 Lacan J., Le Séminaire, Livre VI, Le désir et son interprétation, op. cit., p. 108.
8 Commentaire de l’extime Luc Vander Vennet
9 Miller J-A., « Clinique ironique », La Cause freudienne, n° 23, février 1993, p. 5.
10 Freud S., Névrose, psychose et perversion, PUF, Paris, p. 301.
11 De Georges Ph., Par-delà le vrai et le faux, Vérité, réalité et réel en psychanalyse, Éditions Michèle, Paris, 2013, p. 181.
12 Lacan, « Commentaire sur le rapport de Daniel Lagache », in Écrits, Paris, Seuil, p. 666-667.
13 Miller J.-A., Ce qui fait insigne, cours du 3 juin 1987.
14 Commentaire de l’extime J.-L. Monnier
15 Miller J.-A., Ce qui fait insigne, op. cit.
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Moments de crise
Gil Caroz
[version francophone]
Une hypothèse : le florilège des groupes psychanalytiques que constitue la NLS détient un savoir sur « la crise » qu’il serait intéressant de mettre en évidence. Considérant la crise comme étant un des signifiants-maîtres de notre temps, et en tant que tel une façon de nommer un réel, la panoplie des pays que couvre notre École peut nous enseigner sur une série de modes de rapport au réel. Entre Israël, pays sans cesse en crise, et la Suisse qui semble éviter toutes les crises, la Grèce et l’Irlande se sont fait les signes de la crise économique en Europe, la Grande-Bretagne et le Canada sont les précurseurs de la crise du scientisme et de la technologie, la Belgique est le lieu d’une crise linguistique, l’Ukraine est scandée par des crises d’un Etat qui a du mal à s’imposer comme tel, et j’en passe…
Le signifiant « crise » renvoie étymologiquement à un moment critique où les choses basculent ainsi qu’à un jugement autour d’une décision à prendre. Ce signifiant a été adopté par la médecine depuis le temps d’Hippocrate pour désigner une phase de la maladie où les symptômes se manifestent d’une façon violente. Plus tard, le terme « crise » a trouvé tout naturellement sa place dans la psychiatrie, et s’est infiltré avec facilité dans les dimensions de l’Autre que nous appelons le politique, le social, l’économie, l’histoire et la morale. Aujourd’hui ce signifiant fait partie de la langue commune.
La crise et le temps
La crise a un rapport au temps. Hanna Arendt parle de la crise comme le point de rencontre conflictuel entre le passé et le futur1. Ce point n’est pas le présent. Il est à comprendre plutôt comme une brèche dans le temps qui surgit quand la tradition qui cadrait jusque là le réel s’évanouit, et que les nouvelles coordonnées symboliques de l’avenir ne sont pas encore connues. Le sujet doit alors jouer sa partie face au réel qui s’engouffre à l’intérieur de ce vide créé dans l’intervalle entre deux systèmes symboliques.
Mais la crise n’est pas un concept psychanalytique. Nous devons donc délimiter l’usage que nous en faisons, tout en préservant la liberté de nous saisir de toutes les manières dont ce signifiant paraît dans la culture. Nous trouverons notre premier point d’appui dans une définition de Jacques-Alain Miller lors d’une interview donnée en 2008 au magazine Marianne sur la crise économique. « Il y a crise au sens psychanalytique quand le discours, les mots, les chiffres, les rites, la routine, tout l’appareil symbolique, s’avèrent soudain impuissants à tempérer un réel qui n’en fait qu’à sa tête. Une crise, c’est le réel déchaîné, impossible à maîtriser. L’équivalent, dans la civilisation, de ces ouragans par lesquels la nature vient périodiquement rappeler à l’espèce humaine sa précarité, sa débilité foncière »2. Dans le même esprit, dans son « Introduction à l’érotique du temps », Jacques-Alain Miller cite la proposition de Deleuze selon laquelle « le temps met en crise la vérité »3. Autrement dit, la vérité n’est pas éternelle, elle s’évapore avec le temps. En cela elle se distingue du réel sans loi, celui qui n’obéit à rien, même pas au temps. Que le temps mette en crise la vérité, cela veut dire que celle-ci se met à vaciller à un moment donné quand elle est rattrapée par un réel qu’elle ne peut ni traiter, ni maîtriser. La crise apparaît alors comme un moment de rupture dans la ligne du temps, un événement qui extrait le sujet de sa routine et le somme à élaborer un nouveau rapport au réel. C’est ce rapport de la crise au temps qui nous fait parler de « moments de crise ».
L’hyper-crise
La crise qui se présente ainsi comme coupure dans la ligne du temps, appartient au temps de l’Œdipe. Après l’Œdipe ce simple modèle dialectique entre routine et événement qui fait crise ne nous suffit plus pour lire le phénomène. C’est ainsi que les sociologues ont abandonné la nomination « postmodernisme » au profit de l’hypermodernité4. En effet, le postmodernisme se borne à décrire les premières désillusions relatives au progrès et à l’humanisme des Lumières, qui ont suivi la seconde guerre mondiale. Mais pour décrire la modification qualitative de l’homme au cours des trois dernières décennies, il fallait ajouter le préfixe « hyper » au mot « modernité ». Celui-ci transmet mieux la notion d’excès, d’exacerbation et de course poursuite sans-mesure qui caractérise l’ère de la montée au zénith de l’objet a comme effet du discours capitaliste.
Qu’est-ce que cela veut dire ? La précipitation des événements ne se limite pas à une simple accélération sur une ligne du temps. Les technologies de pointe produisent une sorte de contraction du temps et de l’espace. Avec des simples moyens comme Skype, ou Facebook les distances sont abolies et la durée est réduite à l’immédiateté. A peine un événement est apparu, voilà déjà que le prochain pointe son nez. Le pattern routine- crise-routine a été remplacé par la série crise-crise-crise… qui tend à l’infini. Le passage entre l’instant du regard et le moment de conclure est souvent immédiat, court-circuitant le temps pour comprendre.
Dans ces conditions le monde ne suit plus la thèse de Hanna Arendt. Il ne s’agit plus d’un conflit entre le passé et le futur dont le sujet subit les pressions. La ligne du temps se fait sans cesse rattraper par un réel dans une succession de moments de crises sans répits. À peine un système symbolique installé, il vacille pour donner place à un autre. Le printemps arabe nous paraît déjà comme une vielle histoire. Il n’a pourtant qu’un peu plus de trois ans. Ce soulèvement s’est propagé avec la rapidité d’un incendie dans une série de pays, réseaux sociaux à l’appui. En peu de temps, nous avons vu des tyrans chuter de leur trône et mis aux bans des accusés, condamnés avec ou sans procès, le tout médiatisé en temps réel partout dans la monde. Depuis lors, nous n’avons pas encore vu s’installer un nouvel ordre dans ces pays. Les crises se succèdent.
La crise de la technique
Dans le champ qui nous concerne de la dite « santé mentale », on constate que les réponses données au surgissement des crises dans la culture s’affolent. Dans un article sous le titre « La crise post-DSM et la psychanalyse »5, Eric Laurent reprend le concept foucaldien de la biopolitique pour décrire le mouvement qui abolit la clinique au profit de la gestion médicale des populations. Ce mouvement « vient remplacer le droit des Etats à « faire mourir » qui jadis permettait la gestion des identifications ». En 2011, le Conseiller régional de l’OMS pour la santé mentale nous l’a confirmé dans un message adressé aux participants du premier congrès européen de psychanalyse, PIPOL 56.
Aujourd’hui, nous regrettons le temps où ce rêve de la surveillance sociale par l’administration prenait son appui dans un savoir médical. Au XXème siècle la technique est venue prendre la place du savoir. Marteau sans maître, celle-ci est régie par une jouissance. La technique ne vise rien d’autre que de se déployer comme technique. Elle n’est pas une pratique au service du maître et de son idéal, mais une jouissance dont le maître se fait l’instrument, qu’il le sache, ou pas. Jean-Claude Milner force le trait. Selon lui, les chambres à gaz ne furent pas le moyen de mettre en œuvre l’idéologie nazie. Plutôt, l’idéologie nazie fut pour la technique l’occasion de se déployer via les chambres à gaz7.
Toutes différences gardées et sans avoir la férocité de celles-ci, le DSM est également une manifestation de la technique. Depuis que sa 3ème édition s’est débarrassée de toute référence à la psychanalyse, il se veut athéorique. Autant dire qu’il s’annonce avec fierté comme marteau sans tête. Sa classification est fondée sur une mesure statistique de l’objet plutôt que sur le savoir. Elle nous fait croire que c’est l’objet même qui parle. Or justement, l’objet ne parle pas8.
Les troubles notés dans le DSM, extraits de cette pratique du chiffre, n’embrayent pas sur le réel. Ce sont des signes autour desquels s’organisent des masses de corps humains. Ils permettent l’uniformisation des diagnostiques cliniques à travers le monde, ce qui ouvre à des nouveaux marchés de psychotropes. Par ailleurs, cette disjonction entre d’une part les catégories nosographiques et d’autre part la clinique, facilite l’expansion du nombre de troubles ajoutés à chaque nouvelle version de DSM et l’extension des limites de chaque trouble. Ainsi, afin de s’appliquer à tous, la technique s’emballe, s’affole, classifie et médique de façon maniaque, sans ancrage dans le réel. L’APA, Association américaine de Psychiatrie qui publie le DSM n’est pour la technique que l’instrument de son emballement.
Clinique de la crise
Le malaise dans la culture nous le montre, avons-nous dit, les crises se succèdent. Quels sont les échos chez le sujet de ces crises sans répit comme phénomènes de civilisation ?
Le citadin occidental est sans cesse exposé à des informations catastrophiques provenant de tous les coins de la planète ainsi que provoqué par des objets hyper séduisants titillant ses pulsions perverses polymorphes. Les sirènes de la pornographie sont premières de classe en la matière. Angoisses et excès de consommation s’entremêlent. Le film Shame de Steve McQueen a bien décrit cette galopade effrénée de la jouissance, due aux défaillances du symbolique et à la réduction de l’homme à la misère de son corps.
Ce jogging permanent du sujet, de crise en crise, de contingence en contingence, le met en position d’une souris dans un labyrinthe, plutôt objet immergé dans le réel que sujet, dans une course folle entre choc électrique et récompense. Là où jadis le discours du maître ordonnait un « marche ou crève », le discours capitaliste est plus exigeant et impose un « cours ou crève ». L’envers de ce mouvement d’accélération infinie est la fragilisation du lien social et la mise au rebut de tous ceux qui peinent à suivre ce rythme infernal. Ainsi, au-delà des structures psychiques, cette duplicité du sujet qui court et de celui qui « crève » fait écho au binaire clinique de la manie et de la mélancolie. La manie en tant que fuite en avant qui se paye en accélération du signifiant non lestée par l’objet. La mélancolie, chez les sujets qui, n’en pouvant plus de cette course, abandonnent tout et se mettent à incarner l’objet chu de l’Autre.
Au niveau des structures cliniques une recherche s’impose. Je me limiterai ici à quelques suggestions.
Pour la psychose il serait sans doute intéressant d’interroger la question de la crise à partir du trio déclenchement, décompensation, débranchement. Tous les trois sont des modes de crise, si on considère qu’ils impliquent une vacillation du symbolique, un surgissement d’un réel, et ensuite une restauration d’une nouvelle forme de symbolique. Mais il y a sans doute des distinctions à faire entre un déclenchement suite à la rencontre avec Un père, un déclenchement suite à une dissolution du registre imaginaire, une décompensation comme retour d’un déclenchement qui a déjà eu lieu, et le débranchement qui est du côté de l’abandon du sujet par l’Autre.
Dans la névrose, le symbolique n’est jamais complétement dévasté. La déchirure du voile du fantasme est un moment de crise qui peut conduire le sujet en analyse. Le sujet ne tire plus du plaisir de sa jouissance et est exposé à l’angoisse due à l’irruption du désir de l’Autre. Mais ensuite, c’est l’analyse même qui prend le relais et fait crise pour le névrosé. À tous les carrefours, l’interprétation, notamment celle qui dérange ou démonte la défense, est susceptible de faire crise accompagnée d’angoisse. La lune de miel du début d’une analyse est vite substituée par une rectification subjective de la part de l’analyste. La chute de la position phallique et des idéaux est suivie d’une exacerbation des symptômes. La destitution subjective n’est pas vraiment une fête, en tout cas pas dans un premier temps. La chute du sujet supposé savoir, et la traversée du fantasme, peuvent aussi être vécues comme une crise.
Arrêtons-nous aussi particulièrement sur ce qui fait crise dans la perversion. Nous avons eu l’occasion de vivre une mini-crise en découvrant l’image du travesti autrichien Tom Neuwirth, surnommé Conchita Wurst qui a remporté la semaine dernière le premier prix à l’Eurovision 2014. Seize ans se sont écoulés depuis que ce prix fut remporté par le transsexuel israélien Dana International mais il semble qu’un monde sépare ces deux gagnants. Alors que l’image de Dana International s’insère facilement dans la catégorie des femmes, notre imaginaire ne dispose pas encore de la case qui permet d’insérer une image de femme à barbe comme celle de Conchita. Le réel de ces jouissances singulières qui revendiquent une identification et une reconnaissance nous rattrape sans cesse pour nous mettre en crise.
Conchita ne cache pas le plaisir qu’il ou elle tire de cette vacillation produite dans l’Autre. Son spectacle, les paroles de sa chanson, son commentaire provoquant et défiant une fois le premier prix gagné, sont une affirmation de son mode de jouissance et une contestation des normes conformistes. En Autriche, les opinons divergent entre d’une part les personnes, notamment de l’extrême droite, qui s’offusquent de ce qu’une telle image ait pu représenter leur pays, et d’autre part des jeunes imprégnés du sentiment de la vie qui se tricotent des barbes artificielles en signe de soutien et d’identification avec Conchita. Des hommes politiques russes n’ont pas raté l’occasion pour dénoncer la décadence européenne. Sans doute une pique lancée vers les Ukrainiens fidèles à Kiev : vous voulez être européens, et bien, voilà, voyez ce qu’est l’Europe en la figure de Conchita Wurst. On le constate, si dans la psychose et dans la névrose la crise se situe du côté du sujet, dans la perversion c’est l’Autre qui est mis en crise.
Le psychanalyste ne juge pas de ces questions. Conchita sera le bien venu dans son cabinet. Mais hors du cabinet, le conflit entre d’une part les forces de répression qui souhaitent que rien ne bouge et d’autre part les revendications de nouvelles identifications autour de nouveaux modes de jouissance, vont sans doute croître. Cela s’impose. Nous nous sommes habitués assez vite à Dana International. Elle fait aujourd’hui partie de notre carte imaginaire. Conchita le deviendra également. Car si comme dit Jacques-Alain Miller une partie du monde se féminise, celle-ci deviendra de plus en plus tolérante envers ce genre de solutions qui, dans un premier temps se présentent comme sinthomatiques à quelques sujets, et dans un deuxième temps deviennent une mode répandue.
Ainsi la perversion met en crise notre train-train conformiste et fait avancer le monde sur la voie du désir vers des nouveaux exploits, même si nous ne considérons pas nécessairement les performances de Conchita comme une sublimation réussie à un niveau culturel. Ce conflit entre le conformisme culturel et la perversion est souligné par Lacan à la fin de son Séminaire VI, quand il noue la perversion à la sublimation : « nous pouvons poser que ce qui se produit comme perversion reflète, au niveau du sujet logique, la protestation contre ce que le sujet subit au niveau de l’identification (…) D’une part, le conformisme (…) et, d’autre part, la perversion, pour autant qu’elle représente au niveau du sujet logique la protestation qui s’élève dans la dimension du désir »9.
Ainsi, un renversement se produit. Là où notre lecture de la crise a pu s’entendre jusqu’ici comme une prophétie terrible qui puise son style dans l’ancien testament, avec la perversion nous trouvons la crise dans sa dimension amicale à la psychanalyse. Si la crise est à l’occasion source de larme et de douleur, elle est aussi un passage obligé vers l’invention et le nouveau. C’est une traduction possible de ce que dit Jacques-Alain Miller dans l’interview au magazine Marianne mentionnée plus haut. « Le psychanalyste est ami de la crise ».
L’urgence et l’acte
L’amitié entre le psychanalyste et la crise n’est pas une simple sympathie pour les effets de crise obtenus par le contestataire qui vient ébranler le conformisme des normes. D’ailleurs Lacan dans son Analyticon à la fin du Séminaire XVII recommande de nous méfier de la jouissance du contestataire qu’il compare à celle du célibataire. « Prenez garde, dit-il, que le contestataire ne se fasse pas chocolat lui-même »10. La proximité entre la psychanalyse et la crise a des fondements solides qui passent par la dimension de l’urgence et celle de l’acte, deux conditions pour qu’une création soit possible, pour qu’il y ait modification de position chez le sujet, pour qu’après ce ne soit plus comme avant.
Le fait que nous étions partis des crises dans le monde politique ne doit pas nous tromper. La crise amie de la psychanalyse ainsi que l’urgence de l’acte auquel elle fait appel ne sont pas à lire avec la grille du discours du maître. Le psychanalyste n’est ni ambulancier, ni pompier. Certes, il doit reconnaître les situations qui dépassent les pouvoirs de la parole afin d’adresser le sujet, quand il le faut, vers d’autres discours, notamment la médecine : crises de panique qui ne se tempèrent pas, danger suicidaire d’un sujet ayant la certitude inébranlable de la valeur de déchet de son être, bouffée délirante avec tendance de passage à l’acte sans aucune accroche à l’Autre, envahissement hallucinatoire…
Or, si ces événements de la cure appellent une action de la part du psychanalyste, les coordonnées de l’urgence à laquelle il répond par son acte sont autres. Il y a lieu de distinguer l’action qui est du registre du possible de l’acte qui se produit sur fond de l’impossible11.
Lacan a qualifié les urgences en psychanalyse de subjectives12. Celles-ci se produisent quand le sujet se heurte au trauma de la langue en tant que celle-ci se refuse au sens. L’urgence dont il s’agit est du côté du sujet, et c’est une urgence à dire afin de se dépasser dans sa vérité13. Cette formule n’est pas uniquement propice pour décrire l’entrée en analyse. Elle correspond aussi à tous les moments de crises qui ont lieu dans une cure déjà entamée. Le sujet supposé savoir pousse l’analysant à déployer les signifiants qui surgissent de son inconscient comme autant de vérités. C’est ce qu’on appelle l’inconscient transférentiel. Mais celui-ci se fait rattrapé à des moments carrefour par l’inconscient réel14, un signifiant tout-seul « qui n’a plus aucune portée de sens ou d’interprétation »15, qui ne se conjugue à aucun autre signifiant, et qui résiste donc à la production d’une vérité.
Ces moments sont suivis d’une façon ou d’une autre d’une bascule dans la cure. L’acte est ici convoqué à l’endroit où aucun S2 ne peut répondre pour couvrir le surgissement du réel par un sens. Dans ces moments, l’analyste doit jouer sa partie afin que le franchissement des limites autistiques du signifiant tout seul demeure à l’intérieur de la cure sous une forme d’un bien dire. À défaut, c’est le sujet qui prendra l’acte à sa charge soit par un acting out qui restera noué à la parole, un passage à l’acte qui le séparera de l’Autre au prix d’une sortie de la scène, ou encore un déclenchement psychotique. Ces moments délicats se présentent souvent comme des crises transférentielles. Cela va d’une agitation hors séance qui est contre-productive pour la cure jusqu’à la rupture avec la psychanalyse tout court, en passant par le surgissement d’un transfert négatif plus ou moins intense, une rupture avec l’analyste pour continuer l’analyse ailleurs, etc. Mais quand la cure se poursuit, ces moments peuvent aussi être les plus féconds, avec à l’horizon la fin de la cure, si l’acte se conclut par le passage de l’analysant à l’analyste.
Vous avez compris. Pour le congrès de la NLS de 2015, j’ai proposé à notre nouveau président Yves Vanderveken le titre suivant : « Moments de crise ». J’ai essayé d’ouvrir quelques portes qui pourraient éventuellement nous mettre au travail sur ce thème. J’espère avoir réussi à vous intéresser.
1 Hannah Arendt, La crise de la culture, Gallimard, 1972.
2 La crise financière vue par Jacques-Alain Miller, Marianne, 10 octobre 2008. http://www.departementpsychanalyse.com/documents.aspx?Page=2
3 Jacques-Alain Miller, « Introduction à l’érotique du temps », La Cause freudienne, n°56.
4 Nicole Aubert, L‘individu hypermoderne, Toulouse, Eres, 2010.
5 Eric Laurent, “La crise post-DSM et la psychanalyse”,
http://www.latigolacaniano.com/assets/2)-ltgzo-3-francés-la-crise-post.pdf
6 Matt Muijen, “Message du Conseiller régional de l’OMS pour la Santé mentale – Région Europe”, Mental, Revue internationale de Psychoanalyse, n° 27/28, septembre 2012.
7 Jean-Claude Milner, Le juif du savoir, Paris, Grasset et Fasquelle, 2006.
8 Jean-Claude Milner, La politique des choses, Navarin, Paris, 2005.
9 Jacques Lacan, Le Séminaire livre VI, Le désir et son interprétation, Editions de la Martinière, Le Champ freudien, 2013, pp. 569-570.
10 Jacques Lacan, Le Séminaire livre XVII, L’envers de la psychanalyse, Paris, Seuil, 1991, p. 229.
11 Jacques-Alain Miller, « Introduction à l’érotique du temps”, p. 81.
12 Jacques Lacan, « Du sujet enfin en question », Ecrits, Paris, Seuil, p. 236.
13 Jacques Lacan, “Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse”, Ecrits, p. 241: « Rien de créé qui n’apparaisse dans l’urgence, rien dans l’urgence qui n’engendre son dépassement dans la parole ».
14 Jacques-Alain Miller, « L’inconscient réel », Quarto, n° 88-89, décembre 2006.
15 Jacques Lacan, « Préface à l’édition anglaise du Séminaire XI », Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 571.
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