
Compte rendu de la demi-journée Des réels, organisée le 8 mars 2014 par l’Asreep-NLS
Par Dominique Martin
La demi-journée Des réels, organisée le 8 mars 2014 par l’Asreep-NLS sous la direction de Daisy de Avila Seidl,
a rassemblé près de 75 personnes autour d’une réflexion sur le thème du prochain
congrès de l’AMP, « Un réel pour le XXIe siècle ». L’événement s’est déroulé au Musée Olympique de
Lausanne et a été suivi d’un apéritif dinatoire. Parmi les participants se trouvent une quarantaine de
membres et amis, ainsi qu’une audience plus large qui compte des psychiatres, des psychologues,
des scientifiques.
La journée a été introduite par Lynn Gaillard, présidente de l’association, avec une séquence poétique d’un film de Jean Rouch,
La Pyramide Humaine, évoquant l’énigme de la sexualité émergente et le malentendu entre les races.
Les intervenants, à travers des textes clairement orientés par les pistes ouvertes par Lacan pour penser la clinique,
ont ensuite déplié des bouts de réel à partir de quatre déclinaisons: le réel et l’enfant, le réel et le corps, le réel et la science, le
réel et la loi.
Le premier axe s’est articulé autour de deux cas cliniques : l’un présenté par Olga Sidiropoulou, qui a
rendu compte avec beaucoup de finesse de l’effet de surprise, voire de perplexité, chez un enfant de
5 ans, que procure le surgissement de larmes, une jouissance de corps qui vient l’humaniser et va au
fil de la rencontre avec l’analyste pouvoir se significantiser ; l’autre par Katia Léglise, qui déplie le
rapport d’une fillette de 5 1⁄2 ans aux objets chus de son corps et la façon singulière dont l’enfant les
articule dans les signifiants du transfert. Ces cas ont été commentés par Mathilde Morisod Harari qui
a questionné à partir des “Notes sur l’enfant” (Lacan) la position de l’enfant par rapport au symptôme
amené par l’Autre : le fait-il sien ? S’en plaint-il ? Fait-il bouchon à l’angoisse maternelle, alors en
place d’objet a pour celle-ci ? Ou comme symptôme du couple parental ? Mathilde Morisod Harari a
interrogé également les rapports du langage au bout de réel en cause.
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Compte-rendu des 1ères journées d’étude du groupe NLS-QUÉBEC à Montréal
les 1er & 2 mars 2014
La voie du désir
Par Anne Béraud
Ces 1ères journées d’étude à Montréal du groupe NLS-Québec furent un événement, avec la présence du Vice-Président de la NLS, Yves Vanderveken, et d’un AE, Bruno de Halleux. Elles réunirent dans une salle comble, 35 personnes (un nombre conséquent pour le Québec) inscrites à l’avance, très attentives et participantes avec de nombreuses questions montrant l’implication de chacun. La marque du style de ces journées fut l’élan et l’enthousiasme qui présidèrent à la constitution du groupe NLS-Québec.
NLS-Québec compte, à ce jour, sept membres actifs au Québec, dont six ont présenté un travail au cours de ces journées.
Dans l’après-coup de ces journées, les commentaires des participants indiquent le pas franchi, le quelque chose de plus auquel nous sommes passés. Ces journées firent événement.
Anne Béraud ouvrit ces journées par une question : « Pourquoi la création d’un nouveau groupe ? » La fondation de NLS-Qc, située dans une perspective de formation des analystes orientés par Lacan et par l’orientation lacanienne de J.-A. Miller, donne ainsi une présence concrète à l’École au Québec. NLS-Québec a été créé, s’ajoutant au travail du Pont Freudien, pour viser un point au-delà du Pont Freudien avec l’École pour horizon. Donner une place aux psychanalystes et à leur formation, ainsi qu’à ceux qui sont « travaillés » par la cause analytique, en tant que cliniciens, analysants, futurs analysants…, et ainsi produire un effet d’inscription de la transmission de la psychanalyse lacanienne au Québec, nécessitent un nouage orienté vers et par l’École. Nous travaillons en lien avec la NLS, traitant, de concert avec les autres groupes et sociétés de la NLS, les thèmes des congrès de cette École.
La voie du désir fut le titre de ces journées, dans la perspective du thème du prochain congrès de la NLS (Ce qui ne peut se dire – fantasme, désir, réel).
La voie du désir est opposée à celle du père, et c’est cette voie que choisit Lacan à partir du Séminaire VI. Nous avons tenté de suivre la voie qu’il nous ouvre dans la construction des cas cliniques présentés.
Yves Vanderveken introduisit le thème. Les trois termes – désir, fantasme, réel – sont supposés avoir une relation avec « ce qui ne peut se dire », titre du prochain congrès de la NLS. C’est dans ce fil qu’Yves Vanderveken a placé son intervention d’ouverture.
Avec la question du désir, énonça-t-il, nous sommes plongés au cœur de l’expérience analytique, qui consiste à reconnaître, en l’interprétant, un désir. Faute de quoi, il fabrique des symptômes.
Le désir n’a pas d’objet naturel, son objet est fantasmatique. Le désir inconscient est donc habité d’une jouissance du fantasme qui le détermine. Ainsi, le désir de l’être humain est extravagant, toujours une protestation aux normes, et l’humanité habitée par une jouissance qu’il ne faut pas.
Le désir se fait entendre sur fond de ce qui ne peut pas se dire.
La voie du désir est la prise en compte du fait qu’il y a un trou dans l’Autre de la loi où défaille à s’ordonner le tout de la jouissance.
Le Séminaire VI Le désir et son interprétation part du désir pour aller vers le fantasme. Yves Vanderveken s’est appuyé sur le Chapitre XXIV, La dialectique du désir chez le névrosé. Le désir devient « une défense contre la jouissance de l’Autre qui ne se laisse résorber dans aucune loi, une jouissance au-delà du phallus, dite pour cela jouissance féminine. » Le fantasme est alors un point de recours. Au moment de rencontre avec l’irreprésentable qui le laisse sans recours, le sujet répondra toujours à partir de son fantasme. Hamlet, comme le petit Hans, rencontre un désir qui excède la norme chez la mère et le plonge dans le plus grand désarroi. Face à cela, le désir névrotique se constitue comme défense par rapport au désir de l’Autre.
L’accent mis sur la clinique, dans le programme de ces journées, orienta le travail sur la pratique, à partir de la spécificité de la clinique psychanalytique. Ne récusant pas le type clinique auquel tout sujet appartient, la clinique du cas s’attache à révéler la particularité de l’inconscient et l’incomparable de chaque Un.
Ainsi, cinq cas cliniques ont été présentés, puis discutés avec la salle et commentés par B. de Halleux et Y. Vanderveken.
Deux cas en analyse, mais de courte durée. Ruzanna Hakobyan a présenté le cas d’un sujet venu la rencontrer depuis peu. Cas d’un homme dont la particularité est la prévalence donnée à l’image pour se soutenir. Devant son identité énigmatique, le vide surgit et l’image vient se substituer à ce vide ; avec le regard qui à la fois le soutient et le persécute.
Anne Béraud a déplié le parcours de deux années d’analyse d’une adolescente, qui mettait en évidence comment le sujet névrosé répond avec son fantasme à la question de l’énigme radicale du désir de l’Autre ; ainsi que l’articulation de la névrose de la fille à celle de la mère. Cette jeune fille a pu trouver son style.
Puis l’après-midi, trois cas rencontrés en institutions très variée ont été présentés. Geneviève Houde rapporta le cas d’un jeune autiste qui l’a interpellée au cours d’un stage au Courtil. Il passe de l’auto-mutilation comme tentative d’inscrire un moins là où l’objet perdu ne s’est pas constitué, à la constitution d’un objet qu’il détruit ensuite. Ouverture-fermeture vient se substituer à l’auto-mutilation. Quand l’objet devient trop vivant, il le casse.
Tahar Amghar présenta le cas d’une femme rencontrée au centre de crise où il travaille. Face à la sexualité de sa mère qui excédait les normes – voir sa mère embrasser un ami de la famille et aller le dire à son père, fit, à l’âge de 7 ans, trauma pour elle. Être irréprochable fut la réponse du sujet comme indexe de son fantasme.
Fernando Rosa présenta le cas d’un homme schizophrène, rencontré dans une maison d’hébergement, autour de la question de « qu’est-ce qu’un corps ? » Il nous enseigna sur la réponse singulière de cet homme qui put se construire un savoir sur ce qu’est un corps, se constituer une géographie de son corps, une extension trouée, mais à partir de l’accueil que lui réserva Fernando Rosa, à partir d’une rencontre inédite fondée sur le désir du côté de l’intervenant. F. Rosa témoigna du fait que « plus la dynamique du désir fonctionne (dans le milieu de travail), plus l’intervenant s’oriente en fonction de la reconnaissance du singulier, du cas par cas ».
Le dimanche fut consacré à une séquence d’A.E. avec Bruno de Halleux. Il témoigna de son cas sous le titre : « Qu’est-ce qu’une analyse dans l’École de Lacan ? » Son exposé fut suivi d’une conversation. Tout ce qu’il a fait dans sa vie a été indexé par le fantasme. Nous reprîmes particulièrement trois interprétations des deux derniers analystes qui l’ont marqué, jusqu’à saisir le moment où le signifiant ne se connecta plus au signifiant d’après.
Pour mettre à profit cette séquence d’A.E. et en tirer un enseignement, la plupart de l’auditoire avait participé à une soirée préparatoire où huit textes des témoignages de B. de Halleux avait été étudiés.
La passe permet, entre autres, de tirer un enseignement de ce qui fait qu’une analyse est menée à son terme. Avec l’intervention de Bruno de Halleux, nous fûmes au cœur d’un travail d’École.
Succéda à cette séquence un cartel fulgurant, où trois participants avec le Plus-Un, Yves Vanderveken, suivirent chacun un fil, à partir des chapitres 20, 21 et 22 du Séminaire VI Le désir et son interprétation de Jacques Lacan. Ce cartel exista le temps de l’exercice, qui comprit un moment d’échange avec la salle.
Tahar Amghar, Anne Béraud et Anne Marché Paillé se prêtèrent à l’exercice. La discussion dégagea une question : l’objet a du fantasme est-il i(a) ou le petit a cause du désir, donc devant ou derrière le sujet ?
C’est sous le signe de l’enthousiasme que se déroulèrent ces deux journées de travail intense, ce qui ne laisse aucun doute sur la reconduction d’une formule dans un style semblable pour les deuxièmes journées d’étude prévues en 2015.
La 1ère Assemblée Générale de NLS-Québec eut lieu dimanche après-midi, réunissant les sept membres du groupe avec Yves Vanderveken et Bruno de Halleux.
Montréal, le 18 mars 2014.
Sur le Mont-Royal à Montréal, par -24o, le 3 mars 2014 : Bruno de Halleux, Anne Béraud, Yves Vanderveken

L’enfant et ses symptômes
Cycle CIEN en Bulgarie – 2013-2014
Compte-rendu du Premier module ’’Troubles du lien social chez l’enfant’’ à Sofia
Les 8 et 9 février 2014 a eu lieu à Sofia le premier module de l’année du programme de formation ‘’L’Enfant et ses symptômes’’, mis en place par La Société Bulgare de Psychanalyse Lacanienne, le CIEN et l’Association ‘’Enfant et espace’’. Cela fait quatre ans maintenant que Le Courtil et le CIEN sont nos partenaires. Depuis le début de ce programme en Bulgarie, plus de 600 professionnels de différentes institutions et centres de services sociaux travaillant avec des enfants et leurs familles ont participé. Chaque professionnel est invité et a la possibilité de présenter un cas de sa pratique qui suscite des questionnements. Le laboratoire du CIEN en Bulgarie ’’L’enfant et ses symptômes’’ oriente ses travaux en prenant en considération la particularité du réseau social bulgare. La Bulgarie, membre de l’Union européenne, s’inscrit en effet, de façon déterminée, dans une politique de désinstitutionalisation des enfants. Les travailleurs sociaux, toujours en recherche de repères cliniques, ont trouvé dans ce laboratoire un lieu d’élaboration qui permet d’appréhender les difficultés du terrain. Dans ce contexte, en 2010-2011, le laboratoire du CIEN a choisi pour thème : Professionnels et parents : deux partenaires de l’enfant, en 2011-2012 : L’angoisse des mères : la réponse des enfants, en 2012-2013 : La psychose de l’enfant. En tenant compte des thèmes qui ont été abordés les années précédentes, le laboratoire a décidé logiquement de mettre au travail en 2014 la question des Troubles du lien social chez l’enfant.
Le thème du premier module de cette année, portant le titre ’’Un sujet autiste, au bord du lien social’’, a été abordé par Guy Poblome (psychanalyste, membre de l’ECF et de l’AMP, actuel président de l’ACF-Belgique, directeur thérapeutique au Courtil), qui a attiré l’attention de l’auditoire sur la spécificité du travail clinique orienté par la psychanalyse, à savoir comment apprendre par le sujet lui-même la façon de l’accompagner en tant que sujet unique. Pour illustrer cela à travers la pratique clinique, Guy Poblome a présenté le cas d’Albert – un enfant qui a été accueilli au Courtil à l’âge de trois ans et demi et qui a vingt ans aujourd’hui. Comment prépare-t-il son départ de l’institution ? Le cas d’Albert est publié et peut être lu dans Quarto 105 ( Se faire son ’’petit style de vie’’).
Guy Poblome a choisi d’introduire quelques éléments théoriques à travers des points d’appui, illustrés dans le cas d’Albert. Le travail avec ce garçon a été long et nous avons pu saisir comment la construction pas à pas de sa relation subjective au bord du lien social a été possible pour lui. Les observations cliniques, les hypothèses et les démarches entreprises par les collègues au Courtil ont non seulement attiré l’attention des participants dans la salle mais aussi ont établi le fil conducteur des questionnements dans les sept cas présentés par les professionnels bulgares lors du module.
Dans le cas d’Albert le sujet réussit à inventer des stratégies pour pouvoir non seulement supporter mais aussi participer à la construction d’une relation sociale à partir d’un bord et ainsi avoir la possibilité d’établir un vrai style de vie. Pour élaborer cela, Guy Poblome a utilisé comme référence le livre de Jean-Claude Maleval, L’autiste et sa voix. Les observations cliniques faites par les différentes équipes du Courtil dans leur travail avec Albert témoignent comment les adultes ont pu devenir ses partenaires par rapport à ses inventions subjectives et ceci durant plus de seize ans dans l’institution. A travers le cas d’Albert et ce que Guy Poblome a apporté lors du Module, le public bulgare a pu entendre et saisir quelques éléments clés des avancées théoriques, référées à l’enseignement de Jacques Lacan :
· La voix en tant qu’objet pulsionnel. Pourquoi Lacan dit que les autistes sont des sujets plutôt verbeux, qu’ils parlent mais que nous avons de la peine à les entendre, à donner une portée à ce qu’ils disent ?
· Un retour de la jouissance sur le bord (Éric Laurent). Que signifie la description de l’autisme qui fait référence au bord tel qu’Eric Laurent nous en parle ? Comment la jouissance fait-elle retour notamment à cet endroit-là – au bord ?
· Le bord, en tant qu’il isole le sujet de l’Autre. Comme toute limite le bord a deux côtés – une partie qui est l’intérieur, du côté du sujet, et une partie qui est l’extérieur, du côté de l’Autre. Si nous suivons Maleval, nous apprenons que le bord est une frontière érigée par le sujet autiste, à partir de son objet, entre son monde sécurisé et immuable et le monde des autres, incohérent et angoissant, mais il est aussi une voie prudente, délicate vers le lien social.
· Ce bord est constitué par trois éléments imbriqués les uns dans les autres : l’objet autistique, le double et l’îlot de compétence. Ils localisent la jouissance du sujet et lui servent de protection.
Les cas clinques présentés par les professionnels bulgares après l’exposé de Guy Poblome ont donné la possibilité non seulement d’illustrer ces trois composantes du bord, mais aussi de mettre en valeur comment chaque sujet présenté de façon singulière et unique subit un changement subjectif lors de la rencontre avec l’adulte, ce qui lui permet de construire un rapport spécifique avec le bord.
Le premier cas, présenté par Bistra Dancheva, psychologue au Centre de jour pour enfants autistes à Gabrovo, a montré le cheminement dans l’accompagnement d’un enfant autiste, des premières rencontres marquées par le refus massif face à la demande de l’Autre jusqu’à la construction d’une ’’entrée’’ possible dans le monde social, une vraie ’’renaissance’’ subjective.
L’exposé suivant, présenté par Penko Dekov, psychologue au Centre de santé mentale pour enfants et adolescents à Roussé, a raconté l’histoire de trois enfants autistes et les rencontres singulières avec eux. Grâce aux cas, Guy Poblome a apporté un précieux éclairage quant au rapport spécifique du sujet à l’objet autistique. Le sujet autiste du premier cas réalise avec l’aide de l’objet une opération de soustraction. Le deuxième cas illustre comment le sujet autiste invite l’adulte à participer dans un jeu de jouissance, un jeu qui se produit au moment où l’adulte est dans la position de l’Autre qui demande. Dès que l’adulte change de position pour le sujet, dès qu’il devient un Autre sans demande, le travail lié au bord devient possible pour le sujet. Le troisième cas illustre de son côté l’îlot de compétence dont parle Maleval. L’activité prend tout le temps du sujet. Le monde de l’enfant dans le cas présenté par Penko Dekov est organisé par les circuits en voiture. C’est de cette manière que l’enfant autiste structure le monde. C’est à travers les signes du code de la route, en tant que signes et pas en tant que signifiant, que ce sujet établit son rapport au monde. Le seul accompagnement possible dans un travail du bord est quand l’adulte lui aussi fait partie du jeu avec les signes et devient ainsi un double dans un monde régulé.
Le cas, présenté par Lubov Lukareva, psychologue au Centre ’’Coin d’enfant’’ à Roussé, a été décrit par Guy Poblome comme un cas qui de façon très claire illustre la position du psychologue du côté de la mère, de l’Autre de la demande, de l’Autre qui vient avec son monde et ses objets. La rencontre avec le refus du sujet fait en sorte que la psychologue change de position et reste au bord – elle sort et entre dans le cabinet. Cela rend possible au sujet autiste d’amener ses propres objets et à l’adulte de son côté de l’accueillir avec ses objets et de le suivre dans ses inventions. Dans le cas présenté, les objets de l’enfant sont ses parents. Pour pouvoir travailler avec l’enfant, il devient indispensable de travailler avec la mère. Le Centre offre un espace pour la mère ce qui a des effets sur l’enfant assez rapidement – la mère fait un pas de côté et l’enfant n’est plus obligé de la repousser, une relation entre la mère et l’enfant devient possible.
La deuxième journée du Module ’’L’enfant et ses symptômes’’ a poursuivi les réflexions et les questionnements soulevés par l’exposé de Guy Poblome.
Svetla Petrova, orthophoniste au Centre de santé mentale pour enfants et adolescents à Roussé, a présenté son travail avec une petite fille qui refuse de parler, de rentrer en contact avec les autres, refuse d’entendre ce que l’autre lui adresse. Dans son comportement, on observe des mouvements stéréotypés, elle se cache, demande que la nourriture soit d’une seule couleur. Toutes ces observations font écho à ce que Maleval renvoie du côté de l’immuabilité dans l’autisme. Tout doit rester inchangé, tel qu’il est. L’Autre aussi doit rester le même car s’il change, il devient menaçant. Ce qui était très intéressant dans le cas présenté était l’apparition du transfert entre l’orthophoniste et les parents. Le transfert a été possible grâce à la position éthique de la part de Svetla Petrova quant au symptôme en tant que décision du sujet, ce qui rend au symptôme toute sa dignité et ne le réduit au déficit. Dans ce contexte l’enfant est accueilli et accepté avec ses décisions comme par exemple le cache-cache ou le refus… La position prise n’est plus celle de l’Autre de la demande et de l’exigence, mais c’est la position de l’autre de l’autiste. C’est ainsi que le symptôme de l’enfant prend un statut psychanalytique – non pas en tant que dysfonctionnement mais comme ayant une fonction pour le sujet de traiter la jouissance de l’Autre. Le changement dans la position subjective de la petite fille s’effectue de nouveau par rapport au bord de la relation avec l’Autre.
Le dernier cas du Premier module pour cette année du programme ’’L’enfant et ses symptômes’’ était présenté par Donika Borimetchkova, psychologue. Il était question du travail minutieux avec un garçon qui, suite à l’accompagnement discret de l’adulte, commence petit à petit à travailler autour de la symbolisation de l’objet. L’Autre en régulant sa propre voix devient moins menaçant. L’enfant se met à manipuler les objets du constructeur, à jouer avec des dinosaures, à créer des scénarios, à faire l’effort de passer du réel au semblant, et il lui devient ainsi possible de travailler autour de la question de la séparation. L’enfant est invité à participer à un atelier avec d’autres enfants et il arrive au bout de quelque temps à ’’raconter’’ une histoire, son histoire. Sur l’axe imaginaire, en écho avec l’histoire racontée par sa sœur, qui fait partie du même atelier, il arrive à développer son histoire, à construire son propre conte. Dans ce conte, au sein du groupe d’enfants, le garçon tente de se présenter lui-même en tant qu’objet et plus précisément en tant qu’objet-déchet. Dans ce cas, ce qui était très intéressant était de voir qu’au moment où il a la possibilité de nouer une relation avec les autres enfants, au moment où quelque chose du rapport au lien social devient possible, il arrive à (se) dire, à exprimer sa position d’objet.
En conclusion nous pouvons relever les points que Guy Poblome a bien mis en relief en commentant les cas présentés. Tous ces points ont été des clés dans le travail avec le sujet autiste dans le sens où ils ont permis un changement et une évolution. La prise de position de celui qui ne demande pas, de l’Autre qui n’exige pas et en même temps continuer à avoir le désir de travailler avec le sujet autiste, ce qui passe par la séparation d’avec sa propre identification de psychologue ou orthophoniste, la régulation de la voix, le choix de se laisser guider par le sujet autiste, l’attention portée sur la fonction du symptôme, le changement de position de l’Autre menaçant à l’Autre sécurisant, tout cela a été illustré à travers les cas présentés. Et le travail se poursuit…
Dessislava IVANOVA et Anguélina DASKALOVA
Troisième Samedi de la NLS
Samedi 29 mars le Kring voor Psychoanalyse de la NLS reçoit:
JACQUES BORIE
Psychanalyste à Lyon, membre de l’École de la Cause freudienne, de la New Lacanian School et de l’Association Mondiale de Psychanalyse, coordinateur de la Section Clinique de Lyon, auteur de Le psychotique et le psychanalyste (Éd. Michèle, janvier 2012).
La conférence aura lieu en français. Le séminaire clinique sera partiellement en néerlandais (la présentation du cas), partiellement en français (la conversation animée par Jacques Borie). Questions et remarques des participants seront traduits sur demande.
14h00 – 16h30: Conférence: Le désir l’objet et l’Autre
En construisant le désir autour du fantasme, Lacan montre le sujet lié à l’objet et non au seul manque; c’est déjà une place sans la garantie paternelle dans l’Autre. Mais que devient le rapport à l’objet lorsque, comme à notre époque, l’Autre n’est pas seulement manquant mais inexistant?
La conférence est accessible à tous
17h00 à 18h30: Séminaire clinique.
Un membre du Kring présentera un cas clinique et la conversation sera animée par Jacques Borie.
Assister au séminaire clinique n’est possible qu’après une conversation et l’autorisation d’un des responsables Geert Hoornaert ( hoornaert.geert@telenet.be) ou Luc Vander Vennet (luc.vdvennet@skynet.be)
La conférence et le séminaire clinique auront lieu dans la salle de projection de la Zebrastraat, Zebrastraat 32, 9000 Gand. (Attention nouvelle adresse!)
Les non-membres du Kring paieront une participation aux frais.
> Envoyer un texte pour le blog à anne.beraud@pontfreudien.org (2500 signes maximum)> Proposer un travail à présenter au congrès avant le 31 mars 2014.
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- Priorité aux cas cliniques : Une attention spéciale sera accordée à la construction du cas – réduction et sélection du ‘matériel’, mise en série et étayage du binôme fantasme/symptôme à partir de la question que le cas pose au praticien.
- Délai et longueur des textes : Les textes, comportant 7000 signes espaces compris, devront parvenir à Dominique Holvoet (dominique.holvoet@gmail.com) et Lieve Billiet (billietlieve@gmail.com) avant le 31 mars 2014 avec la mention dans l’objet du mail : CONGRES NLS. Le nom du fichier joint sera au nom de l’auteur.

Séminaire d’étude sur la passe
Samedi 22 mars 2014





















