JOURNÉES DE TRAVAIL

DE LA SOCIÉTÉ BULGARE DE PSYCHANALYSE LACANIENNE,

GROUPE ASSOCIÉ DE LA NEW LACANIAN SCHOOL

 

 

Les hommes, les femmes et le désir d’enfant

 

 

 

 

 

2 et 3 novembre 2013

SOFIA

Venus Conference Center

Grande salle de conférences

9, Blvd Dondoukov, entrée du côté de la rue Batcho Kiro

Traduction assurée

 

 

 

 

 


Information et inscriptions :

http: // champfreudienbg.org

e-mail : champfreudienbg@gmail.com

Tel : 0885 362 029

Avec la participation de:

 

Anne LYSY, psychanalyste, membre de l’ECF et de la NLS

Yves VANDERVEKEN, psychanalyste, membre de l’ECF, vice-président de la NLS, directeur thérapeutique au Centre Médico-Pédagogique Courtil, Belgique.
 

Qu’est-ce qu’un père, qu’est-ce qu’une femme, d’où viennent les enfants? Qu’est-ce que la différence des sexes, des générations, qu’est-ce que le désir d’enfant? Ce sont des énigmes auxquelles chacun de nous est confronté. La psychanalyse, avec Freud et avec Lacan, nous permet de les situer et oriente notre pratique avec des sujets qui, chacun à sa façon, les rencontre et y répond.

Allons-nous, sous ce titre, parler de la famille? Oui, mais en gardant à l’esprit à la fois l’écart et l’articulation entre «les hommes et les femmes» et «les pères et les mères»; ou entre le Père et les pères à chaque fois particuliers, ou encore entre mère et femme. Ce qu’on appelle «désir d’enfant» se situe par rapport à l’amour, au désir et à la jouissance d’un homme et d’une femme, qu’ils soient en couple ou isolés.

La famille moderne, loin de se réduire à la famille «biologique» père-mère-enfant, est complexe et prend des formes très variées: familles monoparentales ou recomposées, basées ou non sur un contrat dont le mariage n’est plus la forme privilégiée, couples de même sexe, etc. Les institutions, au sens large d’appareillage symbolique, qui suppléent à certaines fonctions de la famille, sont elles aussi diverses et complexes. Comme l’a souligné Eric Laurent, «il n’y a pas d’enfant sans institution. Même s’il est laissé à l’abandon, il y a l’institution de la rue qui fait accueil. Il n’y a pas d’enfant tout seul. L’enfant va avec une institution, c’est la famille ou c’est ce qui vient à la place: la bande, la rue, la loi de la jungle s’il le faut.» (1)

Nous abordons ces énigmes en habitants de notre époque, attentifs à la subjectivité contemporaine, caractérisée par la perte d’autorité du Nom-du-Père et par l’exigence d’un «pousse-à-jouir» aux formes variées, l’«overdose généralisée» (2). Le recours nostalgique à la tradition est vain. J.-A. Miller le rappelait au dernier Congrès de la NLS à Athènes: Lacan a lui-même déconstruit la notion de Nom-du-Père comme principe universel d’ordonnancement symbolique (3), il a pluralisé la fonction du père. Il a nous introduits au-delà de l’Oedipe, là où prévaut la logique du pas-tout, qu’il a dégagée à partir de la sexualité féminine (4). Il a apporté au fur et à mesure des concepts qui nous servent d’instruments de lecture: le désir, le fantasme, l’objet (a), les discours, le sinthome…

 

Un enfant a toujours le statut d’objet (a) au départ, dira-t-il. Dans la «Note sur l’enfant» (5), qui a été traduite en bulgare et étudiée cette année, il souligne la nécessité d’une «transmission» «impliquant la relation à un désir qui ne soit pas anonyme» pour que l’enfant se constitue comme sujet. Nous nous réfèrerons à ce qu’il écrit là des «fonctions» du père et de la mère, «incarnées» et «particularisées», ce qui est à l’opposé de l’idéal et de la norme, y compris à un idéal de la famille. Nous essayerons de saisir dans la pratique ce qui opère comme «transmission d’un désir». C’est spécialement important à une époque où le Père symbolique ne protège plus l’enfant de l’exigence sociale, qui évalue et ségrègue (6), à une époque où le discours de la science a introduit des effets nouveaux, et où l’enfant devient un produit sur le marché.

Nous parlerons donc des hommes et des femmes, des couples, de la famille, et de situations diverses où le désir d’enfant est en jeu, qu’il s’agisse d’enfants en famille ou d’enfants en institution, de l’adoption, du placement. Nous nous intéresserons aussi par exemple aux procréations médicalement assistées (PMA): elles mettent particulièrement en valeur la disjonction entre vouloir et désirer, entre sexe et procréation, mais, comme le remarque François Ansermet (7), elles «ne sont qu’une loupe grossissante de l’énigme qu’implique pour chacun des parents la rencontre avec l’enfant qu’ils ont conçu.» Nous verrons comment le discours analytique, que ce soit dans la cure analytique ou plus largement dans les pratiques éclairées par son éthique, introduit la dimension d’un désir incarné. Celle-ci ne peut se réduire à des problèmes de «carence affective» ou d’attachement, ni à des finalités de prévention, mais ouvre la possibilité à chaque sujet de construire son destin.

Ces Journées d’étude prolongeront les deux précédentes et permettront d’élaborer et de transmettre le travail clinique, complexe, riche et varié, opéré dans divers secteurs, dans le contexte de la Bulgarie d’aujourd’hui.

Anne Lysy

(1) Eric Laurent, «Institution du fantasme, fantasmes de l’institution», Feuillets du Courtil, 4, p. 3. «Institution of the Phantasm, Phantasm of the Institution», http://www.ch-freudien-be.org/Papers/Txt/Laurent-fc4;pdf

(2) Eric Laurent, Le Nom-du-Père: psychanalyse et démocratie, Cités, 16, Paris, PUF, 2003.

(3) J.-A. Miller, «L’Autre sans Autre», présentation du Séminaire VI de Lacan, «Le désir et son interprétation», Athènes mai 2013, en introduction au thème du Congrès de la NLS 2014, «Ce qui ne peut se dire. Désir, fantasme, réel», www.amp-nls.org

(4) J. Lacan, Le Séminaire Livre XX Encore, (1972-73), Paris, Seuil, 1975. Voir aussi J.-A. Miller, «On love», http://www.lacan.com/symptom/?page_id=263, et la bibliographie des Journées NLS à Sofia l’an dernier (novembre 2012) sur «Devenir mère/devenir femme. Questions de filles».

(5) J. Lacan, «Note sur l’enfant», (1969), Autres écrits, Seuil, 2001.

(6) Gil Caroz, «The modern family», http://iclo-nls.org/pdf/

(7) François Ansermet, «Le roman de la congélation», La Cause freudienne, 65, 2005, p. 60.

 

 

 

 

 

Les hommes, les femmes et le désir d’enfant

Samedi, 2 novembre 2013, de 9 h à 18h30

Grande salle de conférences

09.00 – 09.30 Accueil

09.30 – 10.00 Ouverture des journées de travail

Vessela Banova, Présidente de la Société Bulgare de Psychanalyse Lacanienne (SBPL)

Gilles Rouet, Attaché de coopération universitaire et scientifique à l’Institut Français de Sofia

Dimo Stanchev, Président de l’Association Bulgare de Psychothérapie


10.00 – 11.00 Anne Lysy, “Les hommes, les femmes et le désir d’enfant: questions de désir et de jouissance”

11.00 – 11.30 Pause café

11.30 – 12.30 L’enfant dans le fantasme maternel


Modérateurs : Vessela Banova, Yves Vanderveken

Ana Ancheva: ’’Teddy, the desire of the mother’’

Milena Popova ’’Une blessure insupportable’’

12.30 – 14.30 Pause déjeuner

14.30 – 16.30 Jouissance de la femme et désir d’enfant


Modératrices : Anne Lysy, Dessislava Ivanova

Katya Vitkova : ’’L’invention d’être femme à travers le corps’’

Anelia Vassileva : ’’Seule sur la lune

Milena Brachkova : ’’Amour, galactosémie et autres mésaventures’’

16.30 – 17.00 Pause

17.00– 18.30 Désir, perte, transmission


Modérateurs : Anne Lysy, Evguenii Guenchev

Dimitrina Grigorova : ’’Les cinq cercles olympiques’’

Diana Assenova ’’Du désir d’enfant vers le Désir de l’enfant


Yordanka Hristozova : ’’Tout le monde sait ce que c’est le sevrage (Jacques-Alain Miller)’’


Dimanche, 3 novembre 2013, de 9h à 12h30

Grande salle de conférences


09.00 – 10.00 L’enfant, ses partenaires, et les voies tortueuses du désir


Modératrices : Anne Lysy, Vessela Banova

Bilyana Mechkunova : ’’Trois boucliers contre le désir’’

Lyubov Lukareva : ’’Retrouvé et recherché

10.00 – 10. 30 Pause café

10. 30 – 11.30 Soutenir la particularité du désir, contre l’idéal.


Modérateurs : Bilyana Mechkunova, Yves Vanderveken

Maya Raykovska : ’’La famille qui veut des enfants’’

Stara Zagora : ’’A la recherche de l’amour’’

11.30 – 12.30 Conclusion – perspectives: Bilyana Mechkunova, Yves Vanderveken

 

 

 


Conférence publique


Quel réel pour la psychanalyse au 21ème siècle ?

Lecteur: Yves Vanderveken

Psychanalyste, membre de lAssociation Mondiale de Psychanalyse, viceprésident de la New Lacanian School


La conférence est orientée vers le congrès en avril 2014 de lAssociation Mondiale de Psychanalyse (WAP/AMP) sur le thème ’’Un réel pour le XXIe siècle’’ (A real for the XXIst century)

Vendredi 1 novembre 2013

18h30, Musée Nationale ’’La terre et les hommes’’

Sofia

La conférence est organisée par la Société bulgare de psychanalyse lacanienne, groupe associé de la New Lacanian School .

Images intégrées 1

 
 

Images intégrées 1        Exposé de « lecture » ! 

(Notes sur la Conférence de F. Biagi-Chai le 11.10.2013 à Martigny : « Le pousse au crime du discours moderne »). 
 
 
Francesca Biagi-Chai a rappelé en quoi et pourquoi la parole est fondatrice de l’être et qu’elle 
ne peut, en aucun cas, être considérée comme un appendice dont le sujet se servirait sans y 
être corporellement engagé. Cette dernière représentation supposerait qu’il existerait un sujet 
d’avant la parole, un sujet avant même, qu’avec son corps, il entre dans le langage et la 
parole. 
 
Francesca Biagi-Chai inscrit son intervention entièrement dans la veine de l’enseignement de 
Jacques Lacan et de l’éclairage de Jacques-Alain Miller auxquels elle ajoute une fraicheur et 
une clarté toute personnelle. Dans sa présentation, elle choisit de suivre non seulement la 
question du « qu’est ce que parler veut dire » mais aussi qu’elles sont les conséquences du 
parler et de ce qu’on y lit ! C’est ce que condense la phrase de Jacques Lacan tiré de 
« l’Etourdit » (Autres Ecrits, Paris, Seuil, 2001, p.449) que Francesca Biagi-Chai a citée et 
commentée : « Qu’on dise reste oublié derrière ce qui se dit dans ce qui s’entend ». 
 
Cette phrase pourrait, selon Francesca Biagi-Chai, être la « phrase de bataille de la 
psychanalyse » (Rouen, 16 mars 2012, inédit). L’énoncé de Lacan y déploie concrètement et 
de manière condensée les deux étages du graphe du désir de Lacan qui combine et éclaire non 
seulement l’articulation entre l’énoncé et l’énonciation mais aussi la logique de sa lecture. 
Voilà comment Francesca Biagi-Chai nous a déployé cette phrase : 
 
« Qu’on dise » : Renvoie à l’intention qui existe dans le dire, soit ce qui nous pousse à parler, 
le désir qui nous cause en tant que parlant. C’est ce que Lacan définit aussi comme 
l’énonciation ou encore le Réel du message inconscient. 
« reste oublié derrière » : Ce point rappelle que le « qu’on dise » n’intéresse personne, pris 
que nous sommes dans le concret des signifiants qui nous sont adressés. 
« ce qui se dit » : C’est la chaine signifiante qui nous est adressée ; c’est à proprement parler 
l’énoncé.  
« dans ce qui s’entend » : c’est-à-dire cette chaine signifiante que nous prenons, comme le 
dit Francesca Biagi-Chai, « pour argent comptant » – pris que nous sommes dans la glue du 
sens des mots qui nous attrapent d’abord sur leur versant imaginaire. 
 
Elle confirme ce que Jacques-Alain Miller énonce dans son cours sur la « Fuite du sens » de 
1996 (n°9, 14.02.96, p.143, inédit) soit que : « Le signifié n’a rien à faire avec les oreilles – 
ça n’a rien à faire avec le signifiant qu’on entend – mais seulement avec la lecture ». Ce qui 
est encore une autre manière d’exprimer que les paroles, nos signifiants, en disent toujours 
plus que ce qu’ils signifient dans un dictionnaire. Francesca Biagi-Chai a montré que ce que 
la psychanalyse lacanienne vise, c’est ce réel. Le réel qui cause le dire et qui, comme un objet 
fractal, se retrouvera dans toutes les manifestations de l’existence du sujet. 
Le champ de la criminologie tend trop facilement à prendre les signifiants à la lettre ou alors à 
faire parler des comportements sans la parole du criminel. Francesca Biagi-Chai a alors donné 
une véritable leçon de lecture lacanienne qui objecte à cette réduction, à cette standardisation 
du discours moderne ! 
 
Francesca Biagi-Chai a fait comprendre à son auditoire en quoi la prise en charge actuelle des 
criminels – les faits divers tragiques de ces derniers mois le confirment –  s’inscrit pleinement 
dans un discours qui, non seulement croit que l’objet de satisfaction existe (cf. l’usage des 
items des échelles d’évaluation criminologiques, les tests, les images de la neurolaw, etc..) 
mais aussi que la jouissance passe par l’objet de satisfaction. 
 
Ce passage par l’objet, et non par l’autre de la parole, ne permet ni les identifications, ni la 
mise en place d’idéaux pourtant incontournables dans la construction et la stabilisation de la 
personne (cf. stade du miroir). Pourquoi ? Parce que l’objet ne parle pas ! Il ne parle à 
personne. Il est silencieux et il ne peut ni se situer en place de « grand Autre » (lieu du code) 
ni avoir la fonction du « petit autre » (cf. l’alter ego) qui nous parle et nous reconnaît ! 
 
Même si pas toute, seule la parole et ses signifiants sont en mesure d’emballer quelque chose 
de la pulsion et de la jouissance du sujet – qu’il soit criminel ou non. L’objet lui n’emballe 
rien, il est même un « pousse à » encore et toujours plus. Dans ce discours, l’objet ne peut que 
faire « addiction » et non « addition » dans les expériences du sujet. 
 
Dès lors, si la jouissance et la pulsion sont trop dénudées, en raison d’une absence de discours 
dans lequel le sujet peut s’inscrire, stabiliser ses signifiants et faire lien social (soit lien à 
l’Autre), il risque d’être poussé vers « la solution » du passage à l’acte pour s’extraire, se 
séparer d’une jouissance mortifère, pour provoquer une réponse de l’autre même si celle-ci 
peut aussi être la sanction. 
 
Par conséquent, seule une lecture lacanienne du « qu’on dise » permet de saisir les 
coordonnées du point par lequel le sujet criminel se tenait dans un rapport aux autres, au 
monde et à lui-même avant son passage à l’acte. Francesca Biagi-Chai nous rappelle que ce 
point est nommé le réel. Qu’il est le noyau actif du sujet, qu’il donne la cohérence à ses actes 
et surtout qu’il « ordonne » (dans les deux sens) sa jouissance.    
 
Dans un discours toujours limpide, Francesca Biagi-Chai termine en illustrant concrètement 
les points théoriques qui précèdent en déployant la logique clinique d’un « criminel » de sa 
pratique mais aussi dans sa lecture du « qu’on dise » qu’elle fait dans une expertise ; expertise 
qu’elle définit comme une « biographie éclairée par le réel, soit par les brisures et fêlures » 
que seule une « lecture » peut repérer dans l’histoire du sujet criminel. 
 
L’atelier de Criminologie lacanienne de Martigny remercie vivement Francesca Biagi-Chai 
pour le travail qu’il a pu faire en sa présence. 
 
 
                  Dr. R. Raggenbass 





                       

                                           
           ASREEP-NLS     
                  
                   
                               Compte rendu de la première séance
préparatoire

                                            Séminaire d’étude
sur la passe

                                 
                                    “La passe et la variété de ses
moments”



La première réunion préparatoire du
séminaire sur la passe a eu lieu le 26 septembre 2013. Dans une
ambiance de travail conviviale, nous avons commencé par nous
poser
des questions autour de l’acte et de l’amour à partir de deux
exposés. Le premier, “La passe à la lumière de l’acte
analytique”; portait sur L’acte analytique, séminaire
qui s’est déroulé entre novembre 1967 et mars 1968 et qui a été
interrompu par les événements de mai 68. C’est un séminaire qui
suit la « Proposition d’octobre 1967 sur le psychanalyste de
l’École », essentiel à mon avis pour entendre les témoignages
des AE et des intervenants dans le dispositif de la passe. Il
s’agissait pour moi de donner quelques repères sur le cadre
conceptuel dans lequel Lacan a inventé la passe.


Une question de Rose-Paule
Vinciguerra
dans son article « Une théorie atypique » m’a paru
pertinente pour cette démarche. « Il suffit de se former dans
les concepts lacaniens pour se dire lacanien en tant que
psychanalyste ? »


Ma lecture s’est faite autour d’un
concept, le “sujet-supposé-savoir”; depuis son
installation jusqu’à sa réduction à la fin de l’analyse, comme
dit
Lacan, à “n’y pas être”; qui est caractéristique de
l’inconscient lui-même. Nous voyons donc que de l’acte de
l’analyste, pour Lacan, dépend l’existence même de
l’inconscient.
L’acte analytique ne se déduit pas de la théorie de
l’inconscient,
cependant, en tant que création, il fait exister l’inconscient
structuré comme un langage, c’est-à-dire un réel structuré, qui
a
des effets.


Nous avons évoqué dans le dernier
point “Là où c’était … je dois devenir “psychanalyste”;
la question de l’acte comme rupture du cogito. Point difficile

Lacan situe deux “là où c’était” : le premier
attaché au sujet comme manque, castration, -phi, “je ne pense
pas”; et, à une place opposée, le sujet comme objet, objet
perdu, objet a, “je ne suis pas”. À la fin d’une
analyse, le sujet est divisé, conséquence de la perte qui
constitue
l’objet a. La perte est “la cause de soi” puisque le
sujet n’est pas “cause de soi”; pour résumer les propos de
Lacan.


À contre-courant de la conception
de
son époque sur la place de l’analyste, et dans une audace qui
nous
émerveille, Lacan soutient que l’analyste s’inscrit dans la
structure de l’inconscient, non pas avec son inconscient, mais
dans
sa position de sujet dans le réel de la structure. Dans son
acte,
donc, le psychanalyste ne pense pas.


Malgré la difficulté des concepts
évoqués, les intervenants ont participé activement, tant pour
éclaircir certains points que pour poser les questions qui les
taraudent, notamment le rapport de l’analyste à l’École.


Beatriz Premazzi



Quel destin pour l’amour ?


Point de départ, Neruda a dit :
« s’il n’y a rien qui nous sauve de la mort, au moins que
l’amour nous sauve de la vie ». Alors de quel amour allons-nous
parler ? Pourquoi parler d’amour dans un séminaire sur la
passe ?


En 1915 Freud1
écrit « Observations sur l’amour de transfert » et il
dit : « que les seuls obstacles vraiment sérieux se
rencontrent dans le maniement du transfert (…) si complexe, si
inévitable, et si difficile à liquider ». Voilà l’amour dont
on a parlé, l’amour du transfert. Que devient-il ?

Lacan ne perdra jamais de vue le
transfert freudien. Mais, il s’intéressera aux conditions logiques
de son apparition. Pour Lacan le transfert sera moins dicté par
les
impératifs de la mémoire et de l’histoire du sujet. Pour Lacan,
c’est un phénomène de structure, intimement lié à la
constitution même du sujet divisé par son entrée dans le langage.
Il fait du transfert une opération, qui sera aussi opérationnelle
pour la psychanalyse.


Il formalise la spécificité du
transfert lié à la psychanalyse à partir de ce que nous
connaissons comme le Sujet Supposé Savoir, et il indique que
c’est
une supposition du savoir, dont l’analyste, de par sa présence,
est pris. Cependant, Lacan affirme aussi que : « aucun
sujet n’est supposable par un autre sujet »2,
et signale que le SsS est un signifiant détaché de l’analysant.


Alors,
y
a-t-il de l’amour jusque là ? Pour parler de l’amour dans
l’expérience analytique, Lacan s’appuie sur le modèle du
banquet
socratique. L’amour repose sur la supposition d’un objet,
brillant et
merveilleux, sans semblable, l’
agalma que
l’amant postule au sein de l’aimé. Le savoir est au principe
même
de cette relation, le sujet suppose que c’est l’Autre qui l’a.


En faisant référence au travail sur
le transfert du cartel de ACF3,
nous clarifions ce point : « Plus ou moins rapidement en
effet, le névrosé introduit le savoir dans la cure : ” Allez
donc savoir ! Dieu sait pourquoi ! ” » dira-t-il pour
indiquer l’étrangeté d’un symptôme ou d’un acte manqué. Il
postule ainsi l’existence d’un sujet supposé au savoir. Pour
Lacan,
il n’y a qu’un seul sujet dans la cure, le sujet supposé savoir,
fonctionnant comme un pivot entre les partenaires. « Celui-ci
est identique à l’agalma (…), autrement dit, le
transfert
est un amour qui s’adresse au savoir ».


Alors, si l’amour est au début de
la
cure, quel destin, que devient-il à la fin ? Quel destin pour
le transfert et le savoir ?


À la fin d’une analyse, nous avons,
plus au moins l’habitude d’entendre parler de traversée du
fantasme, destitution subjective, du sinthome (selon les
différents
enseignements de Lacan), mais est-ce que nous parlons de «
traversée
du transfert ? de destitutions de l’amour ? Et le savoir,
quelle place a-t-il à la fin de l’analyse ?


J.-A. Miller dit : « il n’y
a pas de traversée du transfert mais plutôt résolution du
transfert”4,
alors pas annulation non plus ?


Pour sa part, Lacan dit5:
« avec ce que j’ai appelé la fin de la partie, nous sommes –
enfin- à l’os de notre propos de ce soir, la terminaison de la
psychanalyse dite superfétatoirement didactique, c’est le
passage
en effet du psychanalysant au psychanalyste ». Ce passage est
le résultat d’un changement de la position de l’analysant en
relation au savoir. « Au commencent de la psychanalyse est le
transfert »6,
et la supposition de savoir dans l’Autre. Alors, à la fin ?
Nous entendons parler de “non savoir”; mais non pas comme
ignorance, sinon comme un opérateur qui orientera celui qui
prendra
la position de l’analyste. Au début, il y a le Sujet Supposé
Savoir
et à la fin le désir de l’analyste ? Sur quelle forme ?


Lacan dit que : « le désir
du psychanalyste, c’est son énonciation ». Ceci est le
résultat d’un travail orienté par les principes de psychanalyse.
Ce
travail d’élaboration s’est fait dans le dispositif de la passe.
Alors, pouvons-nous dire que l’école est à l’horizon ?


Pour finir, pouvons-nous dire que
sans
amour il n’y pas de psychanalyse, et sans le désir de
l’analyste,
l’amour ne restera-t-il pas dans l’errance solitaire de
l’ignorance
du sens ?


Merci à tous les collègues présents
lors du séminaire pour leurs questions et interventions qui ont
permis de donner forme à ce texte.


Sandra Pax-Cisternas

1 S. Freud, La technique
psychanalytique,
XI, PUF, page
116.

2 J. Lacan, « Proposition du 9 octobre 1967 sur le
psychanalyste de l’École »,
page 247.

3 Cartel sur : « Le transfert »,
Hélène Bonnaud, Nathalie Georges, Patrick Monribot,
Marie-Hélène Roch. Jean-Claude Razavet (plus-un).

4
J.-A.Miller, « Remarques sur la traversée de transfert », In
Revue de la Cause freudienne, n°18, Paris, ECF, 1991, pp.
18-20.

5Ibid., page 251.

6Ibid., page 247.







 

 
 Papers nº 1

Bulletin
Electronique du Comité d’Action de l’Ecole Une
2013-˜2014
En fichier joint

 

http://www.congresamp2014.com/fr/default.php


Éditorial, Laure
Naveau

Un réel, un trauma, Paola
Bolgiani

Dependants , Gustavo Dessal

Un réel pour l’époque geek, Florencia
Fernández Coria Shanahan
La science et le réel,
Mercedes Iglesias

D’un désir de toucher au réel,
Ram Avraham
Mandil 
L’amour et le réel, Laure
Naveau

Se relier au réel, Silvia Salman


Des réels, demi-journée vers le congrès AMP 2014, le 8 mars 2014

 

 

 

 

 

 

 

SOCIÉTÉ HELLÉNIQUE DE LA NLS

Séminaire Nouages à Athènes

Samedi, le 21 septembre 2013
 

 

                                                                                                                Compte-rendu

 

 

par Thanos Xafénias

 

Le séminaire annuel « Nouages » organisé par la Société hellénique de la NLS a eu lieu samedi 21 septembre 2013 en présence de Dominique Holvoet, président de la NLS dans un amphithéâtre bondé à l’hôpital général G. Gennimatas à Athènes. Le thème du séminaire reprenait celui du prochain congrès de la NLS : « Ce qui ne peut se dire – désir, fantasme, réel ».

Lors de son introduction théorique, intitulée « L’os de la fonction de l’objet dans le désir », Dominique Holvoet a suivi l’intervention de J.-A. Miller à Athènes, en se concentrant sur la dernière partie du Séminaire VI concernant la « dialectique du désir ». Il nous a rappelé que le grand secret de la psychanalyse est qu’« il n’y a pas d’Autre de l’Autre»i, alors que jusque-là c’est le Nom-du-Père qui apparaissait comme étant « l’Autre de l’Autre ». Le succès de l’ordre symbolique et de ses loisii voilait la révélation du dit « secret ». Le refoulement de cette vérité intolérable est l’objet même de la psychanalyse.

La chose freudienne, étant irréductible à l’ordre du père, conduit à un incessant verbiage qui témoigne de son authenticitéiii. Il y a un noyau irréductible, qui est celui du désir. L’ordre symbolique doit être lu comme une défense contre ce qui ne peut être dit. À partir du Séminaire VI, Lacan commence méticuleusement la déconstruction de l’ordre symbolique, en entrant dans l’espace de l’indicible, celui du réel.

Au début de l’analyse, le sujet est à la recherche de ce qui le représente, la vérité de son désir, son propre Nom-du-Père. Plus tard, il vise « la rencontre avec lui-même, avec son vouloir »iv. Le sujet doit chercher sa vérité chez l’Autre, où il finira par rencontrer l’absence de signifiant, puisqu’« aucun signifiant n’existe qui garantisse la suite concrète d’aucune manifestation de signifiant »v. C’est le sens du : « il n’y a pas d’Autre de l’Autre ».

Ce qui rend ce mécanisme de renvoi indéfini indispensable est ce qu’il appellera plus tard l’objet cause du désir. C’est quelque chose qui précède et propulse le désir. Dans les termes du Séminaire VI, nous pourrions dire que le fantasme est ce qui guide le sujet. L’existence de ce mécanisme conduit Lacan à dégager une autre modalité d’interprétation qui ne sera pas uniquement de l’ordre du symbolique, la fonction de la coupure.

Logiquement, le lieu de ce signifiant manquant, dont l’autre ne dispose pas, n’est pas de nature signifiante. C’est un lieu où il manque quelque chose et que Lacan nomme la « part sacrifiée », une part de la poussée vitale. Lacan remarque qu’en tant que parlêtres nous sommes soumis à la rencontre de notre destin avec cet objet indicible.

Le Séminaire VI explore le lieu où l’autre ne répond pas, le « champ du fantasme », le nouage entre symbolique et imaginaire. L’absence de réponse de l’Autre plonge le sujet dans une détresse profonde, un sentiment d’abandon qui peut atteindre un point-panique. C’est un point de rupture avec le symbolique, où le sujet ne peut plus rien dire de lui-même. Le sujet a alors recours à l’imaginaire, l’imaginaire du fantasme, et se défend avec son moi. Mais cela ne suffit pas. S’il existait une traversée du fantasme, ce que Lacan n’a mentionné qu’une fois, elle déboucherait sur un horizon de désêtre, un vide existentiel, un reste cynique qui mène soit à l’errance, soit à la canaillerie.

Lacan déplace le fantasme de l’imaginaire vers le réel. Le cœur du Séminaire VI est le rapport inconscient du sujet à l’objet dans l’expérience désirante du fantasme. Lacan invente une valeur de l’objet non plus imaginaire mais réelle. L’objet n’est pas sous la domination du symbolique. C’est un objet non résorbable, irréductible à l’imaginaire et au symbolique. Lacan souligne que le fantasme fondamental relie le sujet à un objet réel, une liaison qui se produit au moment de panique.

Le Séminaire nous permet de distinguer les « fantasmagories imaginaires », la posture moïque, du « fantasme fondamental », qui n’est pas accessible comme tel. Le fantasme dont nous allons parler au cours de cette année dans le cadre de la NLS reste inconscient, nous ne faisons pas l’expérience directe de cette dimension. Ce n’est pas un élément qui peut s’appréhender par le symbolique ou l’imaginaire. L’enjeu pour le parlêtre est d’arriver à saisir quelque chose qui n’est ni de l’ordre du symbolique, ni de l’imaginaire. Il s’agit plutôt d’une reconstitution de l’expérience de cette dimension.

Le sujet est pris dans la coupure, là où il n’est pas, là où il ne sait pas qu’il est, la dernière caractéristique structurale du symbolique, selon Lacan. Cet objet, avec lequel le sujet est connecté, est un objet réel dans la mesure où il a été prélevé sur le corps vivant. Lacan apporte tous ces éléments à la fin de son séminaire. C’est là que s’ouvre la construction de ce qu’il appellera plus tard l’objet petit avi. Ces objets du fantasme sont des jouissances « supplémentaires » qui viennent en infraction de la norme. Ils ne sont pas inscrits dans un processus de maturation du désir. Cette idée particulière de la maturation du désir est liée à l’idée de l’existence possible d’un objet idéal. En fin de compte, le rêve était de mettre le phallus à la place d’un objet idéal. « Le réel apparaît comme ce qui résiste à la demande (…). Cette forme du réel qui s’appelle l’inexorable se présente en ceci, que le réel revient toujours à la même place »vii.

Cette année au cours de notre travail, nous devrons repérer ce qui revient toujours à la même place. Cette récurrence inévitable, cette insistance, circonscrit le lieu du désir, un lieu qui n’est pas harmonieux. Ce désir est toujours pervers, il ne peut être dit qu’« entre les lignes », et aucune des demandes du sujet ne peut l’épuiser. Nous sommes devant « l’os de la fonction de l’objet dans le désir ».

 


Dans la partie clinique du séminaire, trois cas ont été présentés.

Anne Béraud, membre de la NLS et du groupe associé NLS-Québec (Montréal), a présenté le premier cas clinique intitulé « Le vertige de l’innommable ».

Il s’agit du cas d’une jeune femme hystérique qui, tout au long de son analyse, parvient à construire un savoir après avoir réussi à déchiffrer les symptômes et les identifications de son adolescence.

Par la suite, une interprétation lui permettra de changer de position subjective, de se débarrasser de certains symptômes physiques et de devenir une mère. À partir de ce moment, elle sera confrontée à la jouissance qui est en jeu dans ses scénarios et rêves, où l’anxiété et la jouissance se mêlent, mettant en avant le vertige en tant qu’innommable.

Au cours de la présentation du cas, nous avons pu assister à l’interprétation fondée sur l’équivoque de certains signifiants et l’émergence d’un signifiant particulier, « choir », qui condense le chemin de son analyse, sa sensation de vertige.

Le deuxième cas clinique intitulé « La logique d’un cas dans une clinique du sinthome » a été présenté par Jacqueline Nanchen, membre de la NLS et de la Société suisse (ASREEP-NLS).

Un homme d’âge moyen, qui tend à somatiser depuis son enfance, subit la deuxième crise grave de sa vie. La première crise est survenue quand il a dû choisir entre ce qu’il appelle la vie et la mort, avec l’amour comme défense contre la brèche ouverte par la mort.

Or, voilà que dans des circonstances similaires, à l’occasion d’un choix qui doit être fait, il est pris au piège entre la demande obscure de sa femme et la demande explicite d’une maîtresse potentielle. Le signifiant qui émerge – prétexte à une nouvelle somatisation – marque la vie du sujet depuis toujours. Ce signifiant particulier condense la jouissance du sujet et se retrouve sous diverses formes, impliquant son corps et son éthique. En tant que serviteur du fonctionnement de son cerveau, il calcule sans cesse. Or ce même fonctionnement lui est très utile quand il pratique son passe-temps dangereux. Ce qui est en jeu ici, c’est sa vie elle-même.

Enfin, Despina Karagianni, membre de la NLS et de la Société hellénique, a présenté le troisième cas clinique, sous le titre « Une Mère fait ça comme personne ». Il s’agit d’une jeune femme qui cherche à être dirigée dans sa vie, la dimension du manque subjectif étant absente. Au cours d’un épisode de déstabilisation, les thèmes dominants de la séparation et de la perte provoquent une grande détresse.

Sans se préoccuper de questions qui concernent son histoire familiale, elle est très perturbée quand son emploi du temps quotidien ne peut être respecté. Ses déstabilisations ont lieu à chaque fois qu’elle est confrontée à un autre barré. Elle a alors recours à des spécialistes qui lui dictent comment vivre sa vie. Avec l’aide de son mari, elle arrive à se supporter. Son mari est précieux et indispensable en raison du fait qu’il peut la supporter comme sa mère l’aurait fait.

Un signifiant qu’elle a inventé pour désigner sa jouissance intrusive l’aide à avoir une vie « ordonnée ». De cette manière, une certaine stabilisation est obtenue. En outre, une holophrase sera en mesure de consolider le sens. Ce signifiant particulier de sa jouissance, bien que tyrannique, est essentiel. L’enjeu consiste à le rendre viable en tant que particularité.

À l’issue du séminaire, le président de la Société hellénique, Epaminondas Theodoridis, a tenu à remercier tous les participants et en particulier les trois intervenantes, ainsi que le président de la NLS Dominique Holvoet, dont l’introduction orientera notre travail pour le prochain congrès de la NLS à Gand.

Traduit en français par Eleni Koukouli

 

Compte-rendu du cartel-fulgurant d’Athènes

Dimanche, le 22 septembre 2013

 

par Marina Frangiadaki

Le dimanche 22 septembre s’est déroulée à Athènes la matinée du cartel-fulgurant, organisée par la Société Hellénique, animée par Epaminondas Theodoridis et par le Président de la NLS, Dominique Holvoet. Les travaux du cartel-fulgurant ont été suivis par la quasi-totalité des membres de la Société Hellénique. Nous avons pu écouter trois exposés de présentation des chapitres du Séminaire VI Le désir et son interprétation.

Notre invitée de Montréal, Anne Béraud, a fait une lecture pertinente des chapitres XXI et XXII autour de la notion de coupure. Elle a développé la fonction du fantasme, à savoir apporter une réponse là où il n’y a pas de réponse, au point où le sujet rencontre le vide chez l’Autre, ce que Lacan articule sous les termes « il n’y a pas d’Autre de l’Autre ». Au dernier congrès de la NLS à Athènes, Jacques-Alain Miller avait mis en valeur cette thèse nommée par Lacan « le grand secret de la psychanalyse » (Séminaire VI, page 353). Anne Béraud a démontré que Lacan présente la coupure dans son rapport avec les objets oral, anal, phallique et vocal, qui vont permettre de donner leur appui au sujet dans l’axiome du fantasme.

Dossia Avdelidi, de son côté, a développé la nature perverse du désir en opposition à la structure perverse (chapitre XXVII). Le désir ne suit pas les règles de la normalité, et la particularité de son rapport non réglé avec la jouissance rend tout désir pervers.

Dora Pertessi a contribué à l’illustration de cette thèse sur la nature perverse du désir, et l’opposition entre fantasme névrosé et fantasme pervers, avec son exposé sur la lecture lacanienne de Lolita de Vladimir Nabokov (chapitre XXVI). Si Lolita semble soutenir chez le héros un désir pervers, elle illustre par ailleurs les caractéristiques de la relation du sujet au fantasme névrotique. C’est pour cette raison que le héros, comme dit Lacan, se trouve démuni de tout moyen d’atteindre l’objet de son fantasme.

La matinée s’est terminée avec un débat passionné des participants qui, pour la plupart, avaient étudié le Séminaire VI.

i J.-A Miller, « L’Autre sans Autre », présentation au XIIe Congrès de la NLS à Athènes, NLS Messager no 806, 05/09/2013 .

ii Ibid., p. 6.

iii Lacan, J., Le Séminaire, Livre VI, Le désir et son interprétation, Paris, Édition de la Martinière, Le Champ freudien, 2013, p. 424.

iv Ibid., p. 349.

v Ibid., p. 441.

vi Ibid., p. 469.

vii Ibid., p. 565.

 

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Communiqué du Comité Exécutif de la NLS
 
 
NOUAGES 2013-2014 : Nouvelle formule
 
 
Dans le fil du Conseil de la NLS à Athènes, le Comité Exécutif  a mis à jour la formule des Séminaires Nouages.
Nous avons chercher à renforcer encore les liens entre Sociétés et Groupes Affiliés de la NLS.

Dans ces nouveaux nouages les cinq Sociétés de la NLS vont accueillir un membre d’une autre Société et un autre membre d’un Groupe.
Chaque invité présente un cas, un membre de la Société invitante présente un troisième cas. 

Un membre du Comité Exécutif introduit le Nouage. La présidence du Nouage est assurée par le président de la Société hôte ou son représentant. 
Enfin, les trois cas présentés aux Nouages seront envoyé 2 semaines à l’avance à un extime qui jouera la rôle de mentor afin d’affiner au mieux le texte des trois cas proposés. 
 
Par ailleurs avec les Sociétés qui le souhaitent nous proposons d’organiser le même WE un cartel fulgurant public mais réservé aux seuls membres de la Société de la NLS. Le représentant du Comité Exécutif est le plus-un du cartel composé des deux invités et de deux membres de la Société hôte. A cinq ils présenteront leur lecture d’une ou plusieurs leçon(s) d’une référence du Congrès, cette année le Séminaire VI.

Le 21 septembre se sont tenus simultanément à Athènes et Genève les premiers Nouages dont vous avez pu lire le compte rendu sur NLS-Messager. Un cartel fulgurant a été organisé chaque fois. Les prochains Nouages sont prévus en janvier à Londres, en février à Bruges et en mars à Tel-Aviv.
 
 

 
Pour le Comité Exécutif
Dominique Holvoet

2013-2014 Genève Athènes Tel Aviv Londres Bruges
  21/09/2013 21/09/2013 16/03/2014 11/01/2014 22-23/02/2014
Sociétés Kring: Thomas Van Rumst ASREEP-NLS: Jacqueline Nanchen Société Hellénique: Yannis Dimitrakos  GIEP: Susana Huller London Society:  Roger Litten
Groupes Cracovie & Varsovie: Dorota Parnowska   NLS-Québec: Anne Béraud Bulgarie : Biliana Mechkunova Russie : Mickaël Strakhov ICLO: Rik Loose
Membre C.E. CE: Yves Vanderveken CE: Dominique Holvoet CE : Florencia Shanahan CE: Nathalie Laceur CE: Despina Andropoulou
Extime Monique Kusnierek Maria Cristina Aguirre Russell Grigg Jean-Louis Gault Jean-Pierre Klotz
Cas 1 Babeth Hamel Anne Béraud Biliana Mechkunova Mickaël Strakhov Rik Loose
Cas 2 Dorota Parnowska Jacqueline Nanchen Yanis Dimitrakos Susanna Huller Roger Litten
Cas 3 Thomas Van Rumst Despina Karagianni  
Veronique Voruz
 
Président Lynn Gaillard Epaminondas Theodoridis Samuel Nemirovsky Natalie Wulfing Lieve Billiet
Rapporteur Dominique Tercier Marina Frangiadaki      

 

 

Compte-rendu de la matinée des Cartels du Pont Freudien – Montréal

 

 

Par Anne Béraud

 

Samedi 5 octobre 2013, une matinée des cartels, organisée à Montréal par le Pont Freudien, préparée par Ruzanna Hakobyan et Pierre Lafrenière, puis présidée par Pierre Lafrenière, nous a permis d’entendre trois exposés. Ces travaux, traversés par la question de chacun, révèlent toute la qualité du travail en cartel, qui met à l’épreuve le désir de savoir, au joint de la rencontre entre la psychanalyse de chacun et le travail des textes. Dans les textes théoriques, les butées, tout autant que les découvertes, croisent les questions rencontrées au sein de sa propre expérience psychanalytique.

Deux exposés proviennent d’un même cartel sur le cours de Jacques-Alain Miller de 2011 « L’être et l’Un »i, dont le Plus-Un a la particularité d’être hors Québec puisqu’il s’agit de Luc Vander Vennet (membre de la NLS et de l’AMP), résidant en Belgique.

Le premier exposé présente l’intérêt de révéler la fonction du Plus-Un, en montrant la part qu’il a pris aux échanges et aux effets produits.

Michel Johnson a intitulé sa présentation « Mes trouvailles au sein du cartel montréalais ». Le Plus-Un, dit-il, « nous a suggéré de se laisser attraper par un dit (un écrit) qui nous renvoie à une question. » « Mon attention a été retenue par cette proposition que fait J.-A. Miller, tôt dans la 2e séance de son cours : « La question du réel est instance pour toutes les parlothérapies — une façon de les nommer qui fait résonner le mot parlote. En quoi la parlote peut-elle atteindre au réel ? Et que faut-il que ce réel soit pour qu’une parlothérapie ait des effets ? Je ne sais si là nous pouvons aller plus loin que l’axiome classique qui veut qu’il y ait une homogénéité de la cause et de l’effet, que cause et effet soient du même ordre. Enfin, si nous nous rangeons à cet axiome — au moins pour aujourd’hui —, si nous admettons qu’il faut que le réel soit du même ordre que ce qui a des effets sur lui, alors il faut que par quelque biais le réel subsiste de parole. » Qu’est-ce que le réel dans la parole ?

La question, dont Michel Johnson est parti pour tirer un fil dans sa lecture du cours de J.-A. Miller, est : «  Pourquoi chercher à atteindre le réel ? »

Michel Johnson est alors encouragé par le Plus-Un, pour aller de l’avant avec sa question, qui lui répond : alors que « le réel est vraiment le truc lacanien qui le différencie de toutes les orientations des parlothérapies, y inclut les thérapies analytiques, que toute notre clinique s’oriente vers le réel, etc… Et Michel, lui, pose la question « pourquoi alors vouloir atteindre au réel ? » Il faut oser ça. Et cela me semble un très bon point de départ. Je constate aussi qu’il s’introduit dans cette question par le biais de la fonction de la parole et du langage. Oui, il me semble que c’est un des grands fils rouges dans ce séminaire, notamment comment la fonction de la parole et du langage change du tout en tout dans l’enseignement de Lacan. Du langage en tant qu’instrument de mortification et de négativation de la jouissance, vers le langage et la parole en tant qu’il véhicule une jouissance. Ce qui a des conséquences en effet sur le parlêtre pour qui le rapport n’existe pas. »

Michel Johnson nous fait part de son trajet à travers quelques séances du cours de Miller, ainsi qu’à travers sa lecture du Séminaire XIX pour retenir cette phrase de Lacan, issue du Séminaire XIX … Ou pire, « (…) la création du dispositif dont le réel touche au réel, soit ce que j’ai articulé comme le discours analytique. »ii M. Johnson termine son exposé sur ce réel qui touche au réel dans le discours analytique. Lors du débat, une question lui est posée sur le statut accordé à ces deux réels : sont-ils les mêmes ? Michel Johnson conclut que « le premier serait la parole, alors que le second, c’est le constat que je suis appelé à disparaître. »

 

Luis Villa, dont l’exposé s’intitule « Le symbolique à sa limite », part de la question sur laquelle il a buté dans sa lecture de « L’être et l’Un » de Jacque-Alain Miller : Qu’est-ce que la séparation de S1 et de S2 ? Question qui l’a amené à s’intéresser tant à l’Un, S1, qu’à S2, c’est-à-dire au dernier enseignement de Lacan, comme au précédent.

Ainsi, Luis Villa découvre que « dans le texte de Lacan de 1957, « Fonction et champ de la parole et du langage », Lacan dit : « il est déjà tout à fait clair que le symptôme se résout tout entier dans une analyse de langage, parce qu’il est lui-même structuré comme un langage, qu’il est langage dont la parole doit être délivrée. »iii Alors, le « symptôme se résout tout entier », c’est l’optimisme, tout peut être guéri. Comme Miller l’a montré, nous sommes dans le maniement de deux entités égales. Le symptôme est langage, et par le langage, la parole doit être délivrée. » Luis Villa amène qu’« au fur et à mesure que l’enseignement de Lacan avance, il peut constater qu’il y a un côté qui n’est pas maniable par la parole. Par conséquent, il y a des restes symptomatiques dans une analyse qui ne sont pas maniables par la parole. » « Dans la grande partie de l’enseignement de Lacan, il a donné la primauté au signifiant. C’est-à-dire qu’il a considéré le réel à partir du signifiant. Par la suite, il nous oriente, dans son dernier enseignement, à faire une clinique à partir du réel. »

Luis Villa s’interroge : « Miller a montré comment Lacan, pour arriver au réel, « a réduit le symbolique à l’Un ». Lacan a réduit le vaste océan du symbolique à l’Un nommé aussi S1. Lacan a séparé le S1 de l’Autre. Mais qu’est-ce que l’Autre ? »

Luis Villa conclut : « L’Autre, c’est le discours de l’inconscient qui relève le discours du maître, et comme tout discours appartient à l’Autre, il s’agit de ne pas continuer à alimenter la jouissance du discours du maître, il s’agit plutôt de la sevrer, de la limiter, de la réduire. Et pour cela, Lacan a réduit le signifiant à la lettre dans la séparation de S1 et de S2 ; et du même coup, il va changer l’Autre du langage pour l’Autre du corps. Plus précisément, S1 est du côté de la lettre qui a frappé le corps ou qui a percuté le corps.
S1 sans le S2, c’est aller au-delà de tout idéal, incluant la psychanalyse elle-même. C’est la rupture la plus radicale qui soit, comparable juste à celle de l’art, rupture comme telle qui pousse au travail. »

 

Guylaine Massoutre, a présenté un travail issu d’un cartel sur le texte de Lacan des Écrits « Kant avec Sade »iv. « Le temps de la répétition, d’après Kant avec Sade » est le titre de son exposé.

La citation de Lacan qui ouvre son exposé : « Dire a quelque chose à faire avec le temps. L’absence de temps c’est une chose qu’on rêve, c’est ce qu’on appelle l’éternité ; et ce qu’on rêve consiste à imaginer qu’on se réveille. On passe son temps à rêver, on ne rêve pas seulement quand on dort. L’inconscient, c’est très exactement l’hypothèse qu’on ne rêve pas seulement quand on dort. »v donne le ton de sa question.

Guylaine Massoutre nous dit que « Sade, bien réveillé, rêve de jouissance répétée, libérée et d’un désir consenti, instituée universellement. » « Sade a tout son temps pour rêver et dire comment jouir éternellement. Il dit ce qui n’est pas de son temps. » C’est ce qui retient Guylaine Massoutre dans son exposé. Les questions posées sont celle du rapport entre la répétition et le temps, à la fois borné et éternisé ; et celle du rapport de la répétition et de l’interdit.

« Que fait donc Sade avec le temps ? » « La répétition disloque le temps vécu très concrètement par Sade, jeté au fond de sa geôle ; mais voilà que le prisonnier fait fi, par ses rêves littéraires, des interdits et des verrous et qu’il franchit le temps. Il atteint quelque chose dans le langage hors de l’ennuyeuse chaîne associative. Rien n’arrête donc Sade, et personne ne l’oublie. »

« La répétition a affaire avec la recherche impossible de la première satisfaction, continue G. Massoutre, jusqu’à « l’intolérable » (Lacan, « Kant avec Sade ») « l’extrémité singulière » où « L’horreur renforce l’attrait! » (G. Bataille, Madame Edwarda). » « Chez Kant, au contraire, le temps est une catégorie a priori de la connaissance, qui concerne non la connaissance sensible mais suprasensible de la loi. »

Reprenant le conte de Borges « La secte du Phénix », qui illustre l’idée que le coït annule la disparition du monde, acte que tout le monde pratique et dont personne ne parle, G. Massoutre montre que Sade n’est pas de cette secte. « Il en parle abondamment et est empêché de s’y livrer justement parce qu’il parle et en fait trop. »

« Lacan donne un relief à ce temps immuable de la répétition sadienne, qu’il distingue du relief kantien : ce temps qui ne cesse de courir vers le néant, c’est le masculin féminin de Sade, là où on l’attend le moins. » « Ainsi, le secret de tout le monde s’est ritualisé chez Sade dans l’accroissement de langage. »

Guylaine Massoutre conclut que « Lacan pénètre le rêve que Sade fait de l’impératif kantien en le rapportant à son désir de puissance absolue : « Kant avec Sade » est une analyse… de l’interdit d’interdire (mais pas au sens surréaliste). La jouissance pure de Sade, sans autre lieu que le langage, parce que le désir de souiller la loi consiste à la déplacer dans un au-delà de la morale, où ni l’homme n’est homme, ni la femme n’est femme, produit une angoisse insondable d’être humain, qui consiste à figer l’horreur du coït, sidérante, indicible, dans sa contemplation obsédée.

Le véritable désir, quant à lui, consiste à n’en rien dire, tout en le disant, évidemment : de là, ce temps où le sujet demeure noué, ce temps qui ne passe plus. Et, incidemment, la force intuitive du Sade de pierre, emmuré, dessiné et peint dès 1937 par Man Ray. »

 

Ces trois exposés furent suivis d’un riche débat, puis de la formation de nouveaux cartels.

 

Cette matinée des cartels, lieu d’adresse pour le produit de cartels, est une expérience qui sera renouvelée l’année prochaine, et cette fois, sous l’égide de NLS-Québec.

 

Montréal, octobre 2013

 

Anne Béraud.

 

iMiller J.-A., « L’être et l’Un », L’orientation lacanienne, Département de Psychanalyse de Paris VIII, (Paris), Cours, inédit.

 

iiLacan, J., Séminaire XIX … ou pire, Seuil, p. 234.

iiiLacan J., « Fonction et champ de la parole et du langage », In Écrits, Seuil, Paris, 1966, p 269.

ivLacan J., « Kant avec sade », In Écrits, Seuil, Paris, 1966, p. 765.

vLacan J., Séminaire XXV Le Moment de conclure, 1977, Inédit.

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Editeur en chef: Luc Vander Vennet

Editor in
chief : Luc Vander Vennet

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Sommaire

Contents

Luc
Vander Vennet – Editoriaal

 

 

JACQUES LACAN

Twee hoofdstukken uit het Seminarie XXIV, L’insu que sait de
l’une-bévue s’aile à mourre
Betekenaarseffecten ( Les van 11 januari 1977)
De’ wariabiliteit’ van het
symptoom ( Les van 19 april 1977)

 

JACQUES-ALAIN MILLERS LACANIAANSE ORIËNTATIE

Indien de Psychoanalyse bestaat, dan…

 

 

THEORIE : HET AUTISTISCH SUBJECT EN HET GENOT VAN
DE ÉÉN
Eric Laurent  De autistische subjecten, hun objecten en hun lichaam
Eric Laurent 
De autismen vandaag
Jean-Claude Maleval 
  “Eerder breedsprakig”, de autisten
Marie-Hélène Brousse
Of de waan of de
nachtmerrie
Esthela Solano-Suarez 
– De ÉNEN en de ÉÉN
Lieven Jonckheere
 Vier autismen
bij Donna Williams
Joost Demuynck
Temple Grandin.  Een lectuur vanuit de Eén-heel-alleen in het
laatste onderwijs van Lacan

KLINIEK :
DE ONOPVOEDBARE ÉÉN-HEEL-ALLEEN
Patrick Monribot Een boordfenomeen
Daniel Roy 
 Autisme: een andere kliniek
Helene Deltombe
 Niet zonder de
hulp van het object a
Geert Hoornaert 
– Raphael of het Reële
van de autonomie
Christian Loones
–  Hubert,
een bewegingsleer

WERKEN
MET DE OUDERS
Virginio Baio  Niet zonder de ouders
Annick Brauman
Wanneer de wereld uit
elkaar gevallen is
Pierre –Gilles Guéguen
Zijn de ouders
schuldig ?
Laurence Vollin 
 Een ontmoeting wagen

PASSE :
AUTISME ALS ‘GEBOORTESTAAT’ VAN ELK SPREEKWEZEN
Anne Lysy  Klokhuis en borduursels
Sonia Chiriaco 
– “Het dient tot niets,
maar het niet wel.”

INWiT-EVENEMENT

Lieve Billiet  Verslag van het iNWiT-evenement : De
psychoanalyse vandaag.
Voorbij de mythes.


BOEKRECENSIES

 

 


                Compte rendu de la 3ème Conversation du GIEP
       

Ce samedi 12 octobre s’est tenue la troisième Conversation du GIEP, clôturant la série des Conversations initiées par le Comité Exécutif de la NLS en septembre 2012. Yves Vanderveken et Dominique Holvoet assuraient la première et troisième Conversation, Éric Laurent, choisi comme extime par le GIEP, avait assuré la seconde.

Dans le fil des indications de Jacques-Alain Miller lors de la Conversation d’Athènes, cette troisième Conversation a été prise sous l’angle de la Clinique, les deux premières ayant permis des échanges sur la politique du groupe et le rayonnement de la psychanalyse en Israël.

L’introduction par le Président de la NLS permit de tracer les axes de travail vers le Congrès de la NLS à Gand en mai 2014, à partir de l’intervention de J-A Miller à Athènes articulant la lecture du Séminaire VI.  Il justifia en quoi le terme de réel trouvait sa juste place dans le triptyque du sous-titre du congrès : « Ce qui ne peut se dire, désir, fantasme, réel ».

Ensuite, cinq cas, préparés par les collègues du GIEP, ont été débattus une heure chacun, de façon vive et pertinente, avec une contribution active de l’assemblée réunissant une cinquantaine de participants. Le président du GIEP Samuel Nemirosky assurait  l’animation avec Yves Vanderveken et Dominique Holvoet qui avaient préparé leur lecture de chaque cas.

Le cas présenté par Omri BICHOVSKI ouvrait les travaux en montrant comment un sujet schizophrène a trouvé appui sur la présence de l’analyste pour sursoir à l’envahissement d’une voix condamnante et moqueuse. Le débat montrait combien les solutions par l’écriture contenait en même temps leur point d’impasse de relancer le sens et combien une neutralisation du sens permettait de tempérer un funeste destin.

Sari EDELSTEIN présentait également un sujet sous la domination d’une voix, ici maternelle, voix dont le statut restait incertain. Le débat a mis en évidence la position de prudence active de l’analyste pour éviter à se retrouver agent de la persécution.

Le travail de Marco MAUAS montrait la pertinence de la formule freudienne « per via di levare » dans le cas d’une jeune fille posant sa question hystérique à la mère, en l’inquiétant par une relation tendre avec un garçon musulman. Le départ de la mère mit à nu la question de savoir quelle place cette relation occupait dans la vie de l’analysante – initiant ainsi le travail analytique.

Laura GUREVICH nous fit revenir avec son cas, sur le statut de la culpabilité déjà interrogé dans le cas de Sari Edelstein. Une femme enceinte s’interroge sur le géniteur, assurée d’avoir commis une faute, cependant non localisable. La structure allusive de son discours indique un trou forclusif où la faute prend valeur de suture.

Le cas de Sergio MYSZKIN commence par un acte manqué – laisser traîner son journal intime de façon à provoquer chez la petite amie de l’analysant la lecture de ses craintes homosexuelles entraînant la rupture amoureuse. A partir de là, le travail analytique mit en évidence l’incestueux d’une pratique érotisée avec la mère, provoquant une rectification subjective dans la vie du sujet. Le débat souligna la dimension d’acting out qui clôture le cas – interrogeant la place que l’imaginaire a pris dans la direction de la cure.

Après cette journée de travail intense, les membres se sont ensuite retrouvés pour une Assemblée Générale où ils furent nombreux à prendre la parole.

Dominique Holvoet et Yves Vanderveken