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Nouvelle formule du projet des cartels électroniques

 

Chers collègues,

Comme il a été annoncé à la fin du compte rendu du second tour des cartels électroniques, le projet des e-cartels sera l’année prochaine légèrement modifié, et cela dans le but de renforcer le travail au sein de chaque cartel et de faciliter les échanges entre les cartels.

En prenant en compte les points de butée que nous avons repérés tout au long de l’année, la nouvelle formule du projet e-cartel pour 2013-2014 est la suivante :

1re étape : Constitution des cartels par groupes (4 +1) ou à titre individuel. Dans ce dernier cas, c’est le délégué qui, comme à l’accoutumée, se chargera de la désignation du Plus-Un. Les Plus-Uns pourront envoyer la composition de leur cartel jusqu’au 15 septembre à l’adresse :d.andropoulou@yahoo.gr

2e étape : Les membres de chaque cartel choisissent parmi les cas proposés la vignette qui sera commentée et discutée. Afin d’inciter le travail de tous les membres du cartel, davantage de temps (environ trois mois) sera consacré aux échanges entre les membres du cartel (élaboration théorique du cas, précisions sur le parcours du cas, effets de l’acte analytique, travail approfondi sur la structuration du cas etc.).

3e étape : Chaque cartel, par le biais du Plus-Un, envoie sa vignette élaborée au délégué des cartels.

4e étape : Redistribution des vignettes par le délégué.

5e étape : Chaque cartel travaille sur le cas d’un autre cartel pendant deux mois. Un extime participe à la discussion.

6e étape : Les vignettes seront envoyées au délégué. Le délégué renvoie chaque vignette commentée au cartel qui l’a rédigée.

7e étape : L’auteur a à sa disposition un mois pour envoyer sa vignette dans sa version finale (en incluant les commentaires de l’autre cartel ou/et en répondant à ses questions).

Les délais de chaque étape ainsi que les noms des extimes et d’autres informations détaillées seront fournis au fur et à mesure.

 

La déléguée des cartels

Despina Andropoulou

 

www.amp-nls.org

 

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Société hellénique de la Nouvelle École Lacanienne
Séminaire «Nouages» à Athènes

Préparation du XIIè CONGRES DE LA NLS 

CE QUI NE PEUT SE DIRE

désir, fantasme, réel

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  • Dominique Holvoet, Président de la NLS, psychanalyste (A.M.E.), membre de l’ECF
  • Anne Béraud , psychologue, psychanalyste, membre de la NLS (Montréal)
  • Jacqueline Nanchen, psychologue, psychanalyste, membre de la NLS & de la Société suisse (ASREEP-­‐ΝLS)
  • Despina Karagianni, psychologue, psychanalyste, membre de la NLS & de la Société hellénique de la NLS 
 

Samedi 21 septembre 2013 10h -­ 16h  

Amphithéâtre de l’hôpital Gennimatas 

Infos : (+30) 210 67 56 578  Entrée libre 

    

Traduction consécutive 
 
Oeuvre E. Munch, Ashes, 1894

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Séminaire d’étude sur la passe à Genève
La passe et la variété de ses moments
 
Première Séance préparatoire
Le 26 septembre 2013
Horaire 19h à 21h30
 
 ” D’abord un principe: le psychanalyste ne s’autorise que lui-même.
Ce principe est inscrit aux textes originels de l’Ecole et décide de sa position. 
Ceci n’exclut pas que l’École garantisse qu’un analyste relève de sa formation. 
Elle le peut de son chef. 
Et l’analyste peut vouloir cette garantie, ce qui dès lors ne peut qu’aller au-delà : devenir responsable du progrès de l’École, devenir psychanalyste de son expérience même.” 
 
“Proposition du 9 octobre 1967 sur le psychanalyste de l’École” Jacques Lacan. 
 
Pour cette première rencontre nous aurons deux présentations : 
  • Beatriz Premazzi: La passe à la lumière de l’acte analytique 
  • Sandra Pax-Cisternas: Quel destin pour l’amour? 
Lieu : CTAI Centre de traitement ambulatoire intensif 
20, avenue Beau-séjour 
1206 Genève 
Bus: ligne 1 depuis la gare direction Rive ou Belle Idée. 
 
Pour vous inscrire veuillez vous adresser à Beatriz Premazzi b.premazzi@bluewin.ch ou à Sandra PaxCisternas (sandra.cisternas@bluewin.ch).
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XIIè CONGRES DE LA NLS – 17 &18 mai 2014 – GAND (Belgique)

CE QUI NE PEUT SE DIRE

désir, fantasme, réel

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L’intervention que Jacques-Alain Miller a prononcée à Athènes sous le titre “L’Autre sans Autre” orientera le travail de la NLS vers le Congrès. L’enregistrement a été transcrit par Dossia Avdelidi et  le texte a été établi par Anne Lysy. Nous suggérons que cette version intertitrée soit utilisée pour réaliser ou préciser les traductions à faire ou en cours. 

Le prochain Congrès de la NLS se tiendra à Gand les 17 et 18 mai 2014
Il sera précédé le vendredi 16 mai d’une grande Conversation Clinique réservée aux membres de la NLS, sous l’égide de l’AMP

Télécharger l’intervention de J-A Miller, l’Autre sans Autre

 

 

 

 

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Activité à Amsterdam
Séminaire Université Populaire Jacques-Lacan
Le séminaire se tient en espagnol et aura une extension en néerlandais prochainement
 
Angustia y síntoma: Ciclo de 4 encuentros 2013-2014
Primer encuentro: La Angustia: Acting out y Pasaje al acto 
Seminario Teórico- Clínico animado por Dalila Arpin
 
Fecha: 14 de septiembre de 2013 de 14 a 18 hs
 
Lugar: Marnixstraat 364-366. Amsterdam
 
Inscripciones por mail: m.vitto@psicologo.nl

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XIIè CONGRES DE LA NLS – 17 &18 mai 2014 – GAND (Belgique)

CE QUI NE PEUT SE DIRE

désir, fantasme, réel

Le prochain Congrès de la NLS se tiendra à Gand les 17 et 18 mai 2014

Il sera précédé le vendredi 16 mai d’une grande Conversation Clinique réservée aux membres de la NLS.

ARGUMENT

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D’aucuns auront reconnu dans notre titre les accents de la formule de Wittgenstein, l’ultime proposition de son Tractatus : “ce dont on ne peut parler, il faut le taire”[1]. Nous coupons la formule en son milieu et gardons le suspens pour la compléter à l’envers du philosophe à partir de ce qu’offre Lacan dans son Séminaire VI avec l’orientation décisive qu’en a donnée Jacques-Alain Miller à Athènes[2].

Car l’expérience psychanalytique, elle, invite précisément à ne pas taire ce qui ne peut se dire, “ce qui fournit une occasion de mettre à l’épreuve le fait que les mots ne suffisent pas pour tout dire”[3]. Au fil de la cure, l’aspiration à trouver le mot qui dirait la chose se dissipe, même si Lacan a commencé par installer le Nom-du-Père comme le fin mot de l’histoire. Il en faisait un Autre de l’Autre, le point de garantie de l’ordre établi, qu’il a consacré comme ordre symbolique. Mais ce que J.-A. Miller montre dans son intervention c’est que dans la suite et jusqu’au bout de son enseignement il a démantelé systématiquement cette pseudo-harmonie du symbolique. C’est le sens de cette formule du Séminaire VI : “il n’y a pas d’Autre de l’Autre”.

L’association libre rencontre nécessairement l’impossible à dire. C’est alors au moment où le mot manque au dire, que le sujet défaille jusqu’au point panique où il doit faire face, dit Lacan, à son existence. “À ce moment, qui est, si l’on peut dire, un point panique, le sujet a à se raccrocher à quelque chose, et il se raccroche justement à l’objet en tant qu’objet du désir”.[4]

Wittgenstein aurait raison, relève Jean-Claude Milner, “si seulement, ce dont on ne peut pas parler consentait à se taire”[5]. L’analysant conclurait son analyse sur la révélation d’un manque à être qui constitue la métonymie de son désir et rejoindrait “l’horizon déshabité de l’être”[6]. C’est une version de la fin de l’analyse, note J.-A. Miller, qui fait du sujet un non-dupe, autrement dit un sujet qui se fond dans l’errance.

Or, comme il l’a souligné à Athènes, le lieu où se joue la fin de l’analyse n’est pas du côté de l’être insubstantiel d’un désir qui serait pure métonymie signifiante, mais du côté du fantasme qui est substance jouissante. Ainsi “le cœur de ce Séminaire, ce n’est pas l’interprétation, c’est le rapport inconscient du sujet à l’objet dans l’expérience désirante du fantasme”[7].

Qu’est-ce qu’une pratique de la psychanalyse qui vise l’objet a du fantasme ?  Il ne s’agit pas ici de raconter les fantasmagories analysantes mais de cerner, comme Lacan le fait avec ses analyses de rêves ou avec Hamlet, ce autour de quoi se structure la vie du sujet lorsqu’il est prisonnier de son fantasme – au singulier et inconscient. Du fantasme inconscient il n’y a pas l’expérience directe, c’est pourquoi il est nécessaire de la reconstituer dans nos constructions.

Le congrès de Gand portera ainsi sur ce qui ne consent pas à se taire et se fraie un chemin dans l’inter-dit. Nous aurons à mettre en valeur “l’opposition entre l’ordre fermé du père – la métaphore est toujours un arrêt – et ce que le désir comporte au contraire d’irrégulier et de foncièrement déplacé”[8]. Le thème se déploie entre ce qui ne peut se dire qu’entre les lignes et ce qui reste impossible à dire. Si “l’analyste s’offre comme support à toutes les demandes et ne répond à aucune”[9], ce n’est pas seulement dans cette non réponse que se trouve le ressort de notre présence, soutient Lacan à la fin du Séminaire VI. La vraie nature des objets du fantasme que révèle ce Séminaire est d’être objets réels, “tout séparés qu’ils soient du sujet, ils sont dans un rapport étroit avec sa pulsion vitale”[10]. C’est de cela que l’analyste se fait l’inexorable[11] support. La reconstitution d’une structure du fantasme comme soutien du désir servira, dans les diverses structures, de plaque tournante à articuler la relation du désir du sujet au désir de l’Autre… sans Autre. 

Dominique Holvoet

 



[1]  L. Wittgenstein, « Tractatus logico-philosophicus », Coll. Tel, Gallimard, Paris, 1961, n°109, p. 27 et p. 107.

[2] J-A Miller, “L’Autre sans Autre”, intervention en clôture du congrès d’Athènes, mai 2013. A paraître dans Mental 30 et Hurly Burly 10. Version de travail disponible sur le site de la NLS.

[3] J-A Miller, “La psychanalyse, sa place dans les Sciences”, Mental, 25, p. 19.

[4] J. Lacan, Le Séminaire, Livre VI, Le désir et son interprétation, La Martinière et le Champ freudien éditions,  juin 2013, p. 108.

[5] J.C. Milner, « L’oeuvre claire, Lacan, la science, la philosophie », Paris, Seuil, 1995, p. 169.

[6] J. Lacan, « La direction de la cure et les principes de son pouvoir », Ecrits, Paris, Seuil, 1966, p. 641

[7] J-A Miller, “L’Autre sans Autre”, op. cit. p. 13.

[8] J-A Miller, Idid, p. 17.

[9] J. Lacan, Ibid, p. 572.

[10] J. Lacan, Ibid., p. 469.

[11] J. Lacan, Ibid. p. 565.

 

 

 

 

 

 


Compte rendu de la Journée intercartel du Kring Voor Psychoanalyse de la New Lacanian School,
                            22 juin 2013

Par Thomas Van Rumst

                    “Sans diarrhée, pas d’entrée!”

Non, ceci n’était pas la condition d’admission qui expliquerait pourquoi les chaises du Hof van Watervliet étaient si bien remplies. Cependant, il fallait avoir lu les textes qui ont été envoyés à chaque participant, puis commentés par deux discutants en présence de l’auteur. C’était la nouvelle formule de la Journée intercartel de l’année 2013, mais comme Nathalie Laceur, secrétaire des cartels le laissait entendre, la possibilité d’un changement de formule restait ouverte pendant toute la journée. La répartition des textes en quatre volets, ainsi que leurs titres restaient également sujet à discussion. Caprice féminin ou ouverture à la contingence ? C’est selon, mais quel suspense! Special guests cette année étaient Erwin Jans, dramaturge et ainsi extime parmi les discutants; Philippe Bouillot, psychanalyste et responsable thérapeutique au Courtil et Alexandre Stevens, psychanalyste, psychiatre et fondateur de la même institution qui accueille des enfants et jeunes adultes dans une orientation lacanienne. Le travail quotidien des derniers n’est donc pas sans lien avec le thème de cette année : La clinique des psychoses aujourd’hui. Typicité et inventions symptomatiques.

“Sans diarrhée, pas d’entrée!” était une première surprise lors de la discussion du texte de Joost Demuynck sur l’Homme aux loups. Joost dessinait le parcours peu connu de l’Homme aux loups après ses analyses chez Freud et MacK Brunswick, analyses où il reçut les nominations de “Homme aux loups” et “paranoïaque”, qu’il refusait. La dernière nomination dans ce parcours est Paul Segrin, peintre de natures mortes. Se faire un nom, tel que Lacan l’avait épinglé dans le cas de Joyce, n’est pas à généraliser trop hâtivement tel qu’il s’avère dans les flambées délirantes qui suivaient certaines nominations. Avant de reconnaître le sujet comme “artiste”, accueillons d’abord ses inventions. Elles visaient chez Paul Segrin l’extraction du regard, ce qui chez l’Homme au loups se produisait dans le réel. Touché au joint le plus intime du sentiment de la vie, il n’avait pas l’accès au monde, accès qui lui était barré par un voile. Il y entra après un vidage brutale de ses intestins. Sans voile, mais alors complètement replié sur lui-même, il se laissait absorber par les points noirs sur son nez. Avec Paul Segrin le tableau venait à la place du voile et sa fixation au regard trouva son image dans la fixité de la nature morte.

Le volet “inventions singulières” a été complété par l’étude sur la férocité psychotique de Wittgenstein par Abe Geldhof. Alors que la philosophie considère qu’il y a un Wittgenstein I et II, Abe propose que ces deux philosophies sont deux réponses au même phénomène élémentaire et qu’ils sont, du point de vue clinique, en continuité : il s’agira dans toute son œuvre d’isoler, dans la langue, une zone d’univocité. Une chasse féroce à l’équivoque jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’énigme : tous les problèmes philosophiques, qui sont pour lui des problèmes linguistiques, ont été résolus une fois pour toutes. Ceci en isolant un signifiant tout seul (Wittgenstein I) ou en neutralisant la dialectique dans le rapport entre deux signifiants (Wittgenstein II). Le premier Wittgenstein, celui du Tractatus, posait une série de “propositions élémentaires” : des tautologies hors-sens qui lui servaient de suppléances, ce dont témoigne le surgissement des colères, pensées suicidaires et passages à l’acte lorsqu’il était sommé d’expliquer, de joindre un S2 à ses propositions. Wittgenstein lui-même conclura que la solution de tous les problèmes philosophiques et linguistiques mène à une logique morte, morte de par la fixité de la certitude psychotique qui se loge dans ses axiomes, contrairement aux axiomes dans la logique qui se fixent d’une façon plus pragmatique. Mais n’y a-t-il vraiment qu’un Wittgenstein ? Quelqu’un dans le publique mentionnait le Wittgenstein du meaning is use. La signification n’est pas à fixer d’avance avec des définitions et des propositions, mais s’engendre d’un usage qui fait du langage un organon, un outil partagé dans un certain Lebesform, un lien social. Ici, il part de l’équivoque généralisée que l’on ne pourra jamais neutraliser complètement : cela restera toujours relatif au lien social donné. Cette impossibilité serait après tout un réel par où quelque chose du vivant peut s’introduire dans sa logique.

La contribution de Veerle De Wilde autour de Antichrist de Lars von Trier ouvrait le volet suivant: “féminité et psychose”. Erwin Jans situait cette tragédie familiale dans la série Électre, Clytemnestre, Antigone et Médée: œuvres qui font passer la civilisation par le prisme de la féminité et où les femmes incarnent des figures du deuil, du manque. Leur jacasserie est le retour au sein de la civilisation de ce que cette même civilisation a violemment opprimé, lisez : refoulé. Il pose alors, suivant Veerle, que la femme dans Antichrist se présente à l’homme comme le Sphinx devant Oedipe. Ne faisons pas ici l’application de la psychanalyse aux personnages, mais plutôt l’exploitation de la structure. On ne peut attendre plus d’une oeuvre d’art. Dans ce film, la structure se révèle à partir du non-rapport sexuel, ce qui fait que la jouissance apparaît au premier plan, jouissance qui se présente sous le nom de nature. Les rapports que cet homme et cette femme ont avec cette nature diffèrent selon leur sexuation. Pour l’un, la nature est ce qui va de soi selon certaines lois. La femme au contraire, s’assujettit à un Autre cruel qui crée, mais qui détruit surtout. Ce film fourmille littéralement de chair vivante au bord de la mort et la mort gît derrière, voire même dans chaque arbre. La forêt vierge est parsemée de cadavres et de branches mortes : dans l’Eden de cette femme ne résonne aucun hurlement du grand méchant loup, juste “le cri de ce qui va mourir.” C’est dans la femme comme Sphinx que l’homme trouvera l’heure de vérité de son fantasme. Anne Lysy se demandait à juste titre qui est en fin de compte le héros dans cette tragédie ?

La série de contributions cliniques s’entamait avec le texte de Lien Haustraete. ‘Clinique’ à entendre comme ‘sous transfert’. La question de ses conditions se posait d’emblée. Andrea parle surtout de sa “vechtscheiding” (divorce de combat/combat de divorce) d’avec son mari, mari chez qui est située toute initiative: il la frappe, elle le frappe et ne sait plus s’arrêter. Elle devient agressive lorsqu’elle est “coincée” et doit trouver “une place stratégique”, “une sécurité” afin de pouvoir parler. La sécurité, qu’elle recherchait dans les séances de groupe, consistait à écouter les autres pour qu’elle ne doive pas parler. Le support qu’elle trouvait dans sa relation avec son mari la préservait de s’occuper d’elle-même et ne relevait pas d’une identification. Son mari l’avait sauvée de ses parents, ce qui faisait qu’elle ne devait plus penser à son passé. Lorsqu’elle tomba enceinte, il se mit à boire et venait alors son tour de le sauver. Andrea cherchait tout le temps comment aider les autres “pour ne pas penser à moi-même,” point où elle devenait agressive. Son histoire, dit-elle, “en est une de sauver ou se battre”.

Le cas de Jonas Verbauwhede parlait d’un jeune homme qui était l’objet de négociations dans sa fratrie. Il était ingérable et sale. En incarnant le déchet, il faisait ainsi objection à leurs tentatives de réaliser le désir posthume de la mère. Au-delà de la bataille éducative autour de la propreté, la question cruciale est celle de sa place, parce que Chris n’habite pas le langage. Non seulement il n’est pas très verbal ; il est exilé du symbolique. Alors, où nouer quelque chose d’un symptôme ? Alexandre Stevens signalait deux pistes possibles : le handball, où Chris se sentait vraiment à sa place, et la place que l’on peut donner à sa série préférée Familie, famille symptomatique à venir. Deux pistes de régime sémantique basse, à l’encontre d’une restauration d’un Autre toujours déjà en trop pour lui. Il était surpris lorsque l’institution intervenait contre cet Autre. Elle aussi doit trouver sa place : là où il l’attend le moins.

Le cas suivant du volet “under construction” était de Catherine Roex. La plainte de Chantal autour de son nouvel amant avait un caractère hystérique, mais ne sortait pas de la banalité. La position de Catherine dans le transfert n’était pas celle d’un savoir supposé, mais celle d’un “coach pour la vie quotidienne” qui visait à faire consister un corps en dehors du sens. La question par rapport au scandaleux de son amant était surtout une question sur ce que l’on peut faire ou pas : “Est-ce normal ?” Elle était attirée par lui, non pas par séduction, mais par ses vêtements : Chantal aime “le chic”. The use of chic is the meaning of chic, comme le signalait Philippe Bouillot, et cet usage consistait en un autre serre-joint pour son corps, avec une étoffe phallique en plus. Cependant, son amant était imprévisible et elle ne trouvait aucun modèle pour s’appareiller dans cette situation. Sans l’instrument du manque, elle ne pouvait pas traiter l’inconsistance de l’image, ce qui faisait que son état oscillait avec l’état de son identité imaginaire.

Dernier du volet : le cas de Pieter-Jan Van Haecke, où l’on ne peut pas encore parler de symptomatisation, mais plutôt du traitement d’une menace. Un jeune homme au style de vie sauvage, devient “sage” après un accident de voiture. En devenant sage, il arrête son auto-médication (alcool, drogue) et surgit alors l’interprétation délirante. Dorénavant, il fera tout pour une femme, mais les femmes le “jettent comme une poupée”. Tout commence par un sourire, un signe de la femme en question, ce qui l’oblige à faire tout pour elle : il se sent “compétent”. Le sourire finit par devenir un rire moqueur. Il ne veut plus être un jouet et veut en finir. Sur ce, Pieter-Jan le renvoie aux femmes qu’il rencontre sur le net. Bien que cela ne résolve pas la question de son être de “poupée jetée”, l’interprétation peut être logée dans les messages des femmes qu’il déchiffre. Ainsi, la logique qui le tyrannise se trouve interrompue parce qu’il ne doit pas faire preuve de sa “compétence” sur le net.

“Quand on touche à une solution…” : le dernier volet doit terminer en suspense ! Tine van Belle y parle de son expérience comme coordinatrice d’un point d’accueil créé par l’Église afin de répondre aux plaintes d’abus sexuel par des prêtres. La nécessité d’un diagnostic lacanien, comme elle intitula son texte, est doublement problématique dans un contexte comme celui-ci. Tout d’abord par la place du diagnostic dans un discours juridique qui détermine une victime, un coupable et un dédommagement, mais non pas un traitement. Le ‘lacanien’ est d’autant plus problématique, car dans cette éthique, ne sommes-nous pas tous responsables de notre position subjective ? La nécessité est plutôt celle d’un autre discours ; pas un discours en termes de diagnostic, psychose, névrose, mais un discours qui laisse entendre quelque chose de la logique du sujet pour qu’on ne touche pas trop brutalement aux solutions qu’il aurait déjà trouvées.

De l’Église à l’enfer : Dries Dulsster, dernier de la journée, relate comment s’est dénoué un phénomène psychosomatique qui avait une fonction stabilisante. Un jour, après une longue recherche de la bonne nomination de ses mystérieux maux de dos, un homme entend dire qu’il n’a “rien” et qu’il doit découvrir le sens de sa maladie. Ses plaintes cédaient la place à la paranoïa et les passages à l’acte. Son travail continuait à le tarauder : il devait s’épuiser/s’expulser (“uitwerken”). Quelque chose devait sortir de ce corps : un organe dans lequel la jouissance pourrait être condensée. Une tentative dans ce sens a échoué : il voulait vider des poissons, mais sa copine refusait qu’il fasse ce travail à cause de l’odeur. D’ailleurs, ne s’est-il pas ouvert le ventre en y écrivant avec un couteau : “I am in hell”?

Que cette fin dramatique ne jette pas une ombre épaisse sur la gaîté avec laquelle cette journée a évolué d’un ordre arbitraire à un ordre sans garantie. Ainsi n’a-t-on pas réduit la psychose à ce qui serait typique pour sa catégorie, mais notre usage de cette catégorie a été mis en question par ce qui était typique pour chacune des contributions. Toute certitude a été habilement desserrée par Nathalie dès le début, ce qui fait que les surprises n’ont pas manqué à l’appel. Elle y a été assistée par les discutants qui, chacun selon son style, ont su joindre l’humour à la rigueur. Bien qu’ils ne soient pas tous nommés ici, ils en sont par ceci vivement remerciés.

 

 

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Intervention au Congrès de la SLP à Milan le 12 mai 2013

par Dominique Holvoet

 

 

 

 
Lorsque la présidente de la Scuola Lacaniana di psicoanalisi, Paola Francesconi m’a sollicité pour parler du Cartel à la SLP je me suis trouvé mal pris. Je venais d’interrompre un travail de cartel dans lequel j’étais plus-un, sous prétexte d’autres charges qui m’incombaient mais aussi du fait d’un malaise discret dont je ne tirais pas toutes les conséquences. Je me trouvais appelé dans ce cartel à la place de celui qui saurait et dont on attend un enseignement, sans parvenir à fonctionner suffisamment comme plus-un, à me déplacer dans la position juste. Quant à la proposition de Paola, j’ajouterai que j’avais toujours eu l’idée jusque-là que des cartels, il valait mieux en faire que d’en parler ! Je révise mon jugement après ce travail : le cartel, il faut en connaître la structure si l’on veut éviter ses écueils. JAM en fait la série en partant des 4 discours : absence de production s’il y a eu du maître au départ, association libre sans filet si le plus-un a cru devoir occuper une position d’analyste, crise du cartel s’il n’y a que du « plus-un-de-savoir ».  Un savoir ne s’obtient que si le plus-un est mis en position de S/.
 

En traversant les textes fondateurs de Lacan et les interventions de JAM à propos du Cartel je retrouvais pourtant après cette crise de cartel le point vif qui m’a fait choisir il y a 30 ans la Cause freudienne comme Ecole de psychanalyse.  J’avais en effet été extrêmement surpris et encouragé que des analystes prennent le temps de s’arrêter sur mon modeste travail, de l’écouter, de le commenter et m’aider ainsi à avancer dans mes questions. Cette position singulière que je n’avais jamais rencontrée à l’université ou ailleurs me donnait beaucoup de cœur à l’ouvrage et le cartel d’emblée m’est apparu comme l’outil par excellence pour lire Freud et Lacan, d’autant que s’adjoignait à ce soutien du plus-un la présence stimulante des autres pour hisser l’effort au-delà de la modestie toujours un peu fausse ou lâche. Le cartel à ce titre m’est toujours apparu comme un moyen incomparable d’élaboration contrôlée et je crois que la plupart des collègues de l’AMP partagent cet avis.

 

Pourtant le Cartel ne cesse de poser problème. Il faut en effet reconnaître que le Cartel rencontre une résistance qui semble structurelle. Sans cesse dans les Ecoles de l’AMP on y revient, on en reparle, il faut inventer quelque chose pour redonner au cartel sa vigueur. Et vous observerez comme moi que, tout comme le cartel, la Passe ne cesse de poser problème. On pourrait dire que la passe et le cartel sont les deux poumons de l’Ecole de psychanalyse lacanienne. Sans le cartel et la passe l’Ecole étouffe.  Mais on pourrait même dire que la passe et le cartel sont les deux grains de sable dans le fonctionnement du groupe, deux petits grains de sable que Lacan a placé là pour gripper la machine, pour enrayer le « ça marche » du groupe qui se trouve être l’envers du discours analytique, deux grains de sable pour faire Ecole. Comme l’a montré Jacques-Alain Miller dans son texte « Le Cartel dans le monde »[1], l’invention du Cartel en 64’accompagne un mouvement anti-autoritaire. Le cartel répond certes à la logique freudienne du collectif qui ne se constitue comme groupe que grâce à un leader ou encore qui répond à la logique de la sexuation mâle. Mais dans le cartel la place du au-moins-un, du leader, est minorée. C’est d’ailleurs une fonction, permutative qui plus est. Pas de au-moins-un, mais un en plus qui s’ajoute donc aux quatre pour être l’agent hystérique voire socratique d’une élaboration provoquée. Le plus-un est ici extime, ne s’ajoutant au cartel qu’à le décompléter. Le plus-un est celui qui sélectionne et discute le travail de chacun, celui qui choisit l’issue à réserver à ce travail, écrit Lacan dans l’acte de fondation. Bref le plus-un c’est celui qui se donne de la peine pour se pencher sur le travail des autres, pour donner au travail de chacun la place qui lui revient. Mais c’est aussi celui qui féminise le cartel en le faisant passer de la logique du tout vers celle du pas-tout.

 

 

Les Cartel dans la NLS

 
 

Dans le rapport à l’Ecole le cartel est donc un de ses organes, càd quelque chose qui la rend vivante… ou moribonde si l’organe est malade. Le cartel, Lacan le voulait lieu d’ébullition du travail de l’Ecole. Qu’est-ce donc que le « travail d’école » ? Vu du cartel c’est l’élaboration soutenue par chacun, élaboration soumise à l’écoute et à la critique des pairs dans un petit groupe, élaboration qui peut connaître un destin public puisque le plus-un veille à l’issue à donner aux travaux.  C’est ici que s’inscrit le dispositif mis au point il y a 10 ans dans la NLS par le premier délégué au cartel, Gil Caroz, dispositif affiné au fil des années. Il ne s’agit pas du travail des cartels dans leur ensemble. Il y a la version classique du travail des cartels dont la publicité est faite dans le Catalogue des Cartels en ligne sur le site de l’Ecole. Et puis, il y a une autre version, celle de l’intercartel électronique. Je distinguerais la question de l’usage « électronique » du cartel, de celle de l’intercartel proprement dit.

 

La question de l’usage électronique devrait faire l’objet d’un travail en soi et déborde d’ailleurs la question du cartel – elle concerne nos modes de vie totalement bouleversé par le chat, l’email et les réseaux sociaux dans lesquels la dimension temporelle et celle du corps de l’autre sont mise en suspens. Le cartel électronique fonctionne essentiellement par le biais de l’email càd par le biais d’une forme d’écrit. C’est un choix pragmatique qui permet de travailler ensemble malgré les distances. Mais l’absence des corps dans ce travail n’est pas sans effet. Elle est pour certains contraire à la logique du cartel, d’autres voient dans le passage par l’écrit un effet positif de désimaginarisation. Je ne suis pas convaincu par ces positions. Le passage par l’écrit et l’absence des corps réellise la solitude et du coup ajoutent une exigence supplémentaire qui requiert du plus-un un désir fort qui confine avec le pas-tout.

 

L’intercartel de la NLS se déroule de septembre à mai avec le thème du congrès en ligne de mire. Il prend exclusivement en considération des travaux cliniques. Il est attendu du plus-un qu’il sélectionne une vignette clinique présentée par un des participants. Cette vignette fait alors l’objet d’un travail continu d’élaboration qui commence à l’intérieur du cartel. Ensuite la vignette élaborée est confrontée à la lecture d’un autre cartel. Les cartels sont ainsi constitués en binôme auquel est adjoint un extime qui joue le rôle de plus-un du binôme. Chaque vignette est ainsi élaborée au niveau du cartel initial, lue et ré-élaborée au niveau du cartel binôme avec l’extime, et relue et finalisée à nouveau dans le cartel initial. Ces travaux finalisés sont diffusés à l’ensemble des cartels participants et seulement à eux pour des raisons de confidentialité. Un rapport général public est rédigé par le délégué aux cartels qui met en valeur ces travaux en tirant les conséquences théoriques et cliniques de cette élaboration provoquée. Ce dispositif suppose une part très active du délégué aux Cartels qui anime cet ensemble. Il collationne les cartels qui se forment, compose les binômes, choisit les extimes et rédige deux rapports publics par an. Le résultat est la réalisation d’un nouage des groupes via un travail effectif et critique. Grâce à ce travail, l’intercartel est, avec le Congrès, ce qui fait effectivement Ecole dans la NLS et la rend vivante.

 

 

 


[1] J-A Miller, Le Cartel dans le monde, Intervention du 8 octobre 1994, La lettre mensuelle 134

 
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Le Conseil de la NLS partage la grande tristesse éprouvée dans l'ECF et l'ensemble de l'AMP par le décès de notre collègue Roger Cassin, psychanalyste AME de l'Ecole de la Cause freudienne.

Roger était pour nous un homme discret tout en étant ce que l'on appelle un grand homme. 
Nous transmettons à Josiane Cassin notre collègue, à leur fils Gilles et à leurs proches nos sincères condoléances. 
Dominique Holvoet

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COMMUNIQUÉ DU CONSEIL DE L’ECF

Le 20 août
2013

 

C’est avec
beaucoup de tristesse que nous avons appris le décès, à Rennes le 12 août
dernier, à l’âge de 71 ans, de Roger Cassin.

Psychiatre ayant
exercé des responsabilités dans différentes institutions rennaises
(particulièrement au BAPU) qu’il a animées et orientées, il a été un
psychanalyste (AME) actif, ferme dans ses convictions, soucieux de transmettre
la psychanalyse lacanienne. Il a exercé à plusieurs reprises des fonctions de
responsabilité à l’ACF-VLB (présidence), à l’Ecole (membre du Conseil), à la
Section clinique de Rennes.

La présence de
nombreux collègues de Rennes, de membres du Conseil de l’ECF, de son président,
autour de Josiane, son épouse et notre collègue, a témoigné, lors de la
cérémonie d’obsèques, de l’amitié que Roger Cassin suscitait et de la grande
tristesse que provoque sa disparition.

Le Conseil et le
Directoire de l’ECF transmettent à Josiane Cassin, à Gilles leur fils, leurs
sincères condoléances.

 

Jean-Daniel
Matet

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En temps réel : le Congrès de
l’AMP
Paris 2014
Juillet 2013 / Numéro 4
Site Web du Congrès / Thème : Leonardo Gorostiza/
Fête de clôture/ Inscriptions /Prix.