Liste de
diffusion de l’EuroFédération de Psychanalyse
PIPOL NEWS 63
La séquence
Mitra
Philippe Bouillot
Mitra
Kadivar était très attendue ! Cause, malgré elle,
d’une formule qui est
beaucoup plus qu’un sous-titre, sa contribution au
thème qui s’annonçait d’un
titre emprunté à Jacques-Alain Miller, promettait.
Le témoignage très personnel
qu’elle nous a donné fut précisément son
interprétation du thème et sans
afféterie.
« Que
la langue de Saadi connaisse les paroles de Freud ».
Ce vœu, chevillé au
corps, et « la force des choses » ont poussé Mitra
Kadivar de retour
en Iran après un séjour de dix ans et une analyse à
Paris, à entreprendre des
travaux de traduction, de publication et
d’enseignement couronnés de succès. Voilà
le départ d’un exposé dont Jorge Forbes, avant de
les interroger, a finement
souligné les articulations : les effets de ce désir
dans la société
iranienne, son reflux qui laisse dénudée une
jouissance masquée de toujours,
l’élaboration de cette jouissance Autre à partir de
la philosophie grecque et
iranienne et enfin la question du futur de cette
jouissance et de la solitude. Une
reprise de tout l’exposé à partir d’une série de
binaires répercutant celui de
l’ « Etre » et de l’ « Existence », disait, à sa
manière, l’intermittence entre deux positions
mutuellement incompatibles, celle
de la jouissance comme sœur de la vérité et celle de
la jouissance Autre. Mais à partir de cette
jouissance Autre qui
vous laisse « hors monde », qu’est-il encore
possible de proférer et
de transmettre ? Quelle politique au-delà de
l’Œdipe ? A ces
questions de Jorge Forbes, Mitra Kadivar, s’appuyant
sur sa lecture de
« L’être et l’Un », nous a dit combien tout cela
tenait au
consentement nécessaire à la fiction de l’Autre et
qu’elle aussi aimerait
connaître comment il se conjuguera dans son futur.
Nouvelle formule du projet des cartels
électroniques
Chers collègues,
Comme il a été
annoncé à la fin du compte rendu du second tour des cartels électroniques, le projet
des e-cartels sera l’année prochaine légèrement modifié, et cela dans le but de
renforcer le travail au sein de chaque cartel et de faciliter les échanges
entre les cartels.
En prenant en
compte les points de butée que nous avons repérés tout au long de l’année, la
nouvelle formule du projet e-cartel pour 2013-2014 est la suivante :
1re étape : Constitution des cartels par groupes (4
+1) ou à titre individuel. Dans ce dernier cas, c’est le délégué qui, comme à
l’accoutumée, se chargera de la désignation du Plus-Un. Les Plus-Uns pourront
envoyer la composition de leur cartel jusqu’au 15 septembre à l’adresse : d.andropoulou@yahoo.gr
2e étape : Les membres de chaque cartel choisissent
parmi les cas proposés la vignette qui sera commentée et discutée. Afin
d’inciter le travail de tous les membres du cartel, davantage de temps (environ
trois mois) sera consacré aux échanges entre les membres du cartel (élaboration
théorique du cas, précisions sur le parcours du cas, effets de l’acte
analytique, travail approfondi sur la structuration du cas etc.).
3e étape : Chaque cartel, par le biais du Plus-Un,
envoie sa vignette élaborée au délégué des cartels.
4e étape : Redistribution des
vignettes par le délégué.
5e étape : Chaque cartel travaille sur le cas d’un
autre cartel pendant deux mois. Un extime participe à la discussion.
6e étape : Les vignettes seront envoyées au délégué.
Le délégué renvoie chaque vignette commentée au cartel qui l’a rédigée.
7e étape : L’auteur a à sa disposition un mois pour
envoyer sa vignette dans sa version finale (en incluant les commentaires de
l’autre cartel ou/et en répondant à ses questions).
Les délais de
chaque étape ainsi que les noms des extimes et d’autres informations détaillées
seront fournis au fur et à mesure.
La déléguée des cartels
Despina Andropoulou
Allégorie de l’Amour et du Temps
Miquel Bassols
Pipol 6 a marqué un tournant dans la série des PIPOL. C’est dans le déplacement du thème effectué durant le temps préparatoire au Congrès que ce tournant s’est rendu particulièrement présent : depuis « Le cas, l’institution et mon expérience de la psychanalyse » jusqu’à « Après l’Œdipe les femmes se conjuguent au futur ». Gil Caroz a marqué les scansions de ce déplacement de façon aussi opportune que précise jusqu’au moment Pipol 6 de la fin de la semaine dernière.
De quoi a-t-il été effectivement question dans ce déplacement et dans ces scansions ? De différents registres, et tout spécialement de la place que l’expérience analytique personnelle a eue et continue à avoir dans la position de chaque analyste; ensuite, dans l’usage qu’il fait du transfert dans chaque analyse qu’il conduit, et également dans sa façon de situer les effets que chaque cas produit en lui. Mais comme Jacques-Alain Miller l’a signalé en séance plénière, nous avons des raisons de nous interroger sur « ce qui différencie cette manière d’exposer l’analyse personnelle au profit d’un cas de ce qui se pratique dans la psychanalyse sous le nom de contre-transfert ». Le contre-transfert – cette « impropriété conceptuelle » au dire de Jacques Lacan dans la « Direction de la cure »1 – est en effet le mode par lequel l’analyste reste dans l’expérience embourbé dans la réciprocité des affects, des passions, et des caprices du Moi, et en définitive, de ses propres préjugés, le tout dans une démission du désir de l’analyste, désir qui va précisément à contre-courant de cette inertie, désir qui est supposé avoir pu traverser les voiles réciproques des affects. C’est le risque encouru chaque fois que l’analyste parle en tant que sujet d’une expérience dans laquelle il n’est jamais présent en tant que sujet mais en fonction d’objet. Pour ce faire il n’est qu’une issue, qui est en fait une entrée indiquée par Jacques-Alain Miller dans la suite de son commentaire : « Pour atteindre le réel, l’analyste doit aller jusqu’au bout dans le registre de la structure, et non dans le sens de ses caprices ».
Le registre de la structure n’est autre que le désir même, mis en acte comme interprétation. Et de cette mise en acte il n’y a pas de sujet, ni préalable ni postérieur, qui puisse dire « Je » ; il n’y a que ses effets chez un sujet qui ne peut se situer de manière réciproque face à l’Autre du transfert. C’est ce que Lacan a pu déduire en affirmant : « il n’y a pas de transfert du transfert » de même qu’il n’y a pas « le vrai sur le vrai » (voir son compte rendu d’enseignement sur « l’acte analytique »)2. Ceci pourrait laisser l’analyste dans une position plutôt inconfortable, ou parfois aussi dans une position d’une ambiguïté recherchée et avantageuse, ne fût-ce que parce que lui-même doit avoir fait l’expérience des tromperies de l’amour de transfert, dans ce que nous devons bien situer comme un usage du transfert après l’Œdipe.
Autrement dit, il s’agit d’un usage de l’amour de transfert qui ne dépend pas du Nom-du-Père comme supposé Autre de l’Autre, ce dernier étant au principe même de l’impropriété conceptuelle du contre-transfert. Cet usage nouveau – et on a pu l’observer à plusieurs reprises au cours du Congrès – le situe plutôt dans une position féminine.
Mais n’est-ce pas cela aussi que nous découvrons, comme une lettre jetée à la vue de tous, sur la merveilleuse page de couverture du Séminaire VI de Jacques Lacan sur « Le désir et son interprétation » ? Appelée parfois « Le triomphe de Vénus », et parfois encore « Allégorie de l’Amour et du Temps », la célèbre toile de Bronzino (Agnolo di Cosimo) révèle, entre gêne et ambiguïté, cette énigme de la position féminine dans l’amour. Et elle la révèle malgré, ou plutôt – comme l’a indiqué Jacques-Alain Miller lui-même – précisément par le fait qu’elle illustre le dévoilement même de l’interprétation. Le biographe de Bronzino décrit de la sorte : « Il a réalisé une peinture d’une beauté singulière qui fut envoyée à François Ier, roi de France ; on y voit une Vénus dénudée embrassée par Cupidon ; d’un côté du tableau on peut voir le Plaisir et le Jeu avec plusieurs Amours, d’un autre côté on peut voir la Fraude, la Jalousie et d’autres passions de l’Amour ». Chaque personnage du tableau, les masques compris, manifeste un trait d’équivoque ambiguïté savamment dosé par le peintre : c’est le cas de Cupidon lui-même dont le corps entre masculin et féminin évoque en même temps un inceste avec sa mère Vénus. Ou le geste porté par chacun à l’insu de l’autre : Cupidon essaye d’ôter le diadème de Vénus, Vénus retire la flèche de l’amour – ou de la haine – à Cupidon. Et il en va de même pour chacune des autres figures, qui défilent dans le précieux commentaire qu’Erwin Panofsky a fait de ce tableau.
Au jeu du judo de l’amour avec la jouissance, là où il n’est pour le sujet aucune réciprocité possible avec l’Autre, c’est l’interprétation, incarnée dans le tableau par le geste du Temps maintenant le voile levé sur la scène, qui décide de la place de l’objet dans la structure. Et c’est une place toujours marquée par la position féminine, en tant qu’Autre à soi-même, mais aussi en tant qu’il lui est impossible de se faire réciproque pour personne.
Barcelone, 10 juillet 2013
1 Ndt : Lacan, Jacques, Ecrits, Paris, Seuil,1966, p. 585.
2 Ndt : Lacan, Jacques, Autres Ecrits, Paris, Seuil, 2001, p. 375-383.
Traduction: Jean-François Lebrun
ASREEP NLS
Séminaire d’étude sur la passe
La passe et la variété de ses moments
La passe est le dispositif inventé par Jacques Lacan en 1967 pour rendre compte du passage de l’analysant
à l’analyste à l’intérieur de l’École. Pour l’École, il n’y a pas d’autre possibilité d’accéder à la position d’analyste
que par la voie d’une analyse, contrairement aux autres «situations professionnelles» dont la formation est
sanctionnée par un diplôme. “La passe est une procédure de l’école et l’École est la garante”.1 Celle-ci comporte
autant des aspects épistémiques qui concernent la fin de l’analyse, que des aspects politiques.
Sonia Chiriaco le dit ainsi: “En faisant sa proposition sur la passe, Lacan isole la psychanalyse pure de la
thérapeutique et fait valoir le réel en jeu dans la formation même de l’analyste”.2
Dans son versant épistémique, la passe n’est pas un exercice de rhétorique ni de théorisation.
Elle est, pour celui qui fait la demande, une expérience subjective3 dont il est question de rendre
compte. Il s’agit de situer “un événement qui marque la fin de l’analyse”4, et d’en témoigner dans le dispositif
pour éclaircir le passage du symptôme au sinthome. Cette lecture de son analyse propre est entendu d’abord
pour les passeurs qui auront la responsabilité de le transmettre au cartel de la passe, qui conclura si de
l’énonciation du témoignage se dégage qu’il y a du “psychanalyste”.
Ce dispositif interroge aussi la possibilité et la responsabilité de transmettre la psychanalyse avec des concepts qui
font passer d’un savoir singulier sur la lalangue à l’universel de la langue commune. La passe exige une certaine
élaboration du savoir nécessaire “pour rendre publique ce qui a été une expérience singulière dans l’analyse”.5
La passe, nous dit Miller “est le pari de mettre en jeu son analyse” dans un dispositif qui “assure une présence de
l’institution dans les analyses. Elle fonctionne comme le seul appareil de contrôle potentiel, non pas d’ailleurs sur le
mode d’un droit de surveillance, mais comme la garantie que, tout de même, il y a un au delà de votre analyse; vous
pouvez le vérifier, et ce sera l’occasion pour vous de convertir la série de séances, la succession de séances que
constitue votre analyse, en un ensemble”.6
Ce séminaire aura pour objectif de nous enseigner sur la passe, son expérience et ses effets. Après un travail de
lecture des textes fondamentaux, nous aurons à cœur d’entendre de nombreux AE et d’autres collègues informés.
Le séminaire est ouvert aux membres de l’ASREEP-NLS et à des gens qui le demandent un par un.
Pour l’ASREEP-NLS,
Beatriz Premazzi et Sandra Pax-Cisternas
Rencontres de préparation
lectures des textes théoriques et des témoignages des AE
lieu : CTAI : avenue Beau-séjour 20 Genève
• 1ère rencontre: 26 septembre 2013; horaire 19h à 21h30
• 2ème rencontre: 07 novembre 2013; horaire 19h à 21h30
• 3ème rencontre: 05 décembre 2013; horaire 19h à 21h30
Rencontres avec les invités
lieu: Nouvel Auditoire de Pédiatrie HUG
• Samedi 9 novembre 2013
Horaire 10h à 12h
Marcus Andrès Vieira; Analyste de l’École (AE), membre de l’Escola Brasileira de Psicanálise (EBP) et de
l’Association mondiale de psychanalyse (AMP)
• Samedi 25 janvier 2014
Horaire 10h00 à 16h30
Bruno de Halleux; Analyste de l’École (AE), membre de l’École de la Cause freudienne (ECF) et de l’AMP
Araceli Fuentes;Analyste de l’École (AE), membre de la Escuela lacaniana de Psicoanálisis (ELP) et de l’AMP
• Samedi 22 mars 2014
Horaire 10h00 à 16h30
Ana Aromí; Analyste de l’École (AE), psychanalyste à Barcelone. Membre de l’ELP et l’AMP. Enseignant à la
Section Clinique de Barcelone, ICF. Responsable de Coordination de la SCB
Esthela Solano-Suárez; AME, psychanalyste membre de l’ECF, de la NLS et de l’AMP
• Samedi 10 mai 2014
Horaire 10h00 à 16h30
Rodolphe Adam; psychanalyste, France-Bordeaux
Mariana Alba de Luna; psychanalyste, France-Méxique
• Samedi 27 septembre 2014
Horaire 10h00 à 16h30
Hélène Bonnaud; Analyste de l’École AE, AME de l’ECF et membre de l’AMP
Bernard Porcheret; Analyste de l’École AE, psychanalyste à Nantes, membre de l’ECF et membre de l’AMP
Ces rencontres auront lieu en deux temps.
– Le matin pour les témoignages et exposés des invités
– L’après-midi pour une conversation avec les participants du séminaire
1Yasmine Grasser, “La passe et sa procédure”; www.causefreudienne.net.
2 Sonia Chiriaco, “Qu’est-ce que la passe?”; www.causefreudienne.net.
3 Éric Laurent, “Huit passants considérés”; La cause freudienne No 75, page 82.
4 Catherine Lazarus-Matet, La cause du désir No 83, page 8.
5 J.-A. Miller, “Logiques du non-savoir en psychanalyse”; La cause freudienne No 75.
6 J.-A. Miller, ” Est-ce passe?”; La cause freudienne No 75, page 88.
Liste de diffusion de l'EuroFédération de Psychanalyse
Dans l'après-coup de PIPOL 6
Un week-end
ensoleillé à Bruxelles
Jean-Daniel Matet
Il y avait du monde
—1300 personnes— au palais des congrès de Bruxelles, dit le Square, pour le 2ème
congrès de l’EuroFédération, PIPOL VI, les 6 et 7 juillet 2013. L’accueil et la
préparation minutieuse de l’équipe du congrès autour de Gil Caroz favorisaient
la rigueur des échanges qui ne demandaient qu’à se prolonger au-delà d’un
timing très précis.
Le samedi, dans dix
salles multiples, les 120 intervenants de nombreux pays de l’EuroFédération et
de l’AMP (Allemagne, Argentine,
Belgique (Bruxelles, Flandres et Wallonie), Brésil, Bulgarie, Canada,
Danemark, Espagne, Finlande, France, Grande Bretagne, Grèce, Irlande, Israël,
Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne, Russie, Suisse.) donnèrent
un aperçu des pratiques cliniques, dans les institutions ou au cabinet du
psychanalyste. Chaque séquence d’une heure avec un président et un discutant furent
l’occasion de débattre de deux textes sur des sujets très variés, en italien,
espagnol, français, flamand, et anglais. L’orientation générale était donnée
par le titre « Le cas, l’institution, et mon expérience de la psychanalyse
». Les uns tentant d’attraper dans la logique de la cure, les effets sur le
symptôme, la jouissance et l’interprétation, conséquences de cette évolution
des relations du masculin et du féminin. Les autres ont témoigné de ces
conséquences dans la clinique institutionnelle, toujours envisagée au cas par
cas ainsi que sur les institutions elles-mêmes, leur structure et leur mode de
fonctionnement.
Dimanche, les travaux
se concentraient en salle plénière, avec traduction simultanée de qualité, pour
approcher les évolutions des formes du désir et de la jouissance marquées par
une extension du féminin. L’ouverture par la Vice-Présidente du Parlement
européen, Isabelle Durant, qui sut dire avec précision, l’intérêt qu’elle
portait aux travaux de ce congrès susceptibles de traduire ce qu’elle observait
de la vie politique en Europe, ses résistances et ses espoirs quant à la place
occupée par les femmes dans les modes de vie contemporains. Le président de
l’EuroFédération, Gil Caroz, qui l’accueillait trouva l’occasion de lui dire le
sentiment partagé d’un lien amical, à travers les combats menés, depuis le
Forum des femmes, à Paris en 2010. Le président de l’AMP, Leonardo Gorostiza,
introduisit les travaux en rappelant les orientations données par Jacques-Alain
Miller à travers l’enseignement de Lacan.
Un éclairage précis
sur la clinique après l’Œdipe, à travers la clinique féminine (Eric Laurent),
le déclin de la psychiatrie (Miquel Bassols), et l’institution quand elle fait
place au féminin (Alexandre Stevens) fut apporté dans la première séquence.
Sous le titre « Actions
lacaniennes », les initiatives originales de trois femmes — à Moscou,
Yulia Akhtyamova, à Paris, Mireille Battut avec La main à l’oreille, en
Belgique, Nathalie Laceur, à travers l’expertise orientée par la clinique
lacanienne dans un procès d’assise—qui montrèrent leur détermination à déplacer
les discours convenus en prenant appui sur leur propre expérience de la
psychanalyse.
L’invitée de la
séquence suivante animée par Lilia Mahjoub et Jacques-Alain Miller, ayant fait
défaut pour raisons de force majeure, Clotilde
Leguil et Ben Verzele montrèrent le lien qui s’établit entre le contrôle de
l’analysant et ses interventions dans des cas reçus en institution. Devant le
risque de n’entendre que l’écho des effets sur l’analyste de la rencontre avec
le patient, accent du contre-transfert, Jacques-Alain Miller nota pour l’avenir
l’exigence d’aller « à fond sur la structure » dans l’analyse d’un
cas.
L’après-midi commença
par une intervention attendue de Mitra Kadivar, deux semaines après son passage
à Paris, qui retraça son parcours à Téhéran pour faire exister le texte
freudien et transmettre son enthousiasme pour sa traduction en persan. Elle
montra sous le titre qu’elle choisit « Une superbe autosuffisance »
les obstacles rencontrés dans sa démarche et le soutien qu’elle trouva auprès
de Jacques-Alain Miller, des Ecoles de l’AMP, mais aussi sa farouche
détermination, non sans le recul humoristique que lui a donné sa formation
analytique, pour parvenir à transmettre le sel corrosif du message freudien
dans la société iranienne de son temps.
En écho à leurs
récentes publications, Mercedes de Francisco, Philippe Hellebois et Stella
Harrisson firent résonner des figures du féminin contemporain (« Femmes
hypermodernes ») à travers la littérature sur « L’amour au
féminin », « Les scandaleuses », « News sur l’homosexualité
féminine ».
La dernière séquence,
Traversées féminines, donna la parole à quatre AE — Hélène Bonnaud, Paola
Bolgiani, Guy Briole, Araceli Fuentes — qui surent nous transmettre ce qui,
dans leur analyse, avait été déplacé dans le rapport au corps et à la mère.
Jacques –Alain Miller,
dans un commentaire de quelques passages du Séminaire VI de Lacan, récemment
publié, Le désir et son interprétation, montra la mutation ébauchée par
Lacan sur la place de l’Autre du langage
et le statut de l’objet, encore référé à l’image, mais anticipant son statut
réel à travers la formule du fantasme introduite dans le graphe. La nouveauté
de sa lecture nous a rendu plus impatient de la reprise de son cours où ces
commentaires seraient déployés.
Gil Caroz concluait
brièvement ces deux jours intenses de congrès par des remerciements aux
nombreux membres de l’équipe d’organisation qui en assurèrent impeccablement la
tenue. Il fut lui-même longuement applaudi pour le travail accompli depuis
trois ans à la tête de l’EuroFédération avant de passer la main à son
successeur, Jean-Daniel Matet, élu la veille par l’Assemblée générale.
L’accueil et la
convivialité des collègues belges, dès le vendredi soir autour d’un verre, ont
renforcé l’affectio societatis
culminant dans la soirée qui rassembla les participants dans ce lieu admirable
qu’est l’Albert Hall, et ont donné à ce congrès une chaleureuse ambiance de
travail.
Le
9 juillet 2013

PIPOL 6
Points de repère, en
bref
L’adresse
No stress : évitez les
files
S’y retrouver dans les
couloirs
Casques de traduction : on
se comprend…
Le jeu des
Simultanées
Le rythme de la plénière et
Tomassenko
WiFi
Restauration
La soirée du Futur
Imprimez le document en
attaché, il vous sera utile !

Les simultanées en cinq flashs
Le bien-dire est bref!
La ruche des simultanées. Ça bourdonne. Deux cents
quarante personnes sont à la tâche. Pour les salles où il y aura plus d'une
langue avec traduction simultanée, les quatre intervenants de chaque séquence
se préparent. On échange des traductions. On cherche un collègue généreux pour
traduire en espagnol, on traduit avec Google traduction, et ensuite on corrige
en comparant à l'original et en faisant usage du peu d'anglais qu'on a appris à
l'école… On réanime son italien. Les Wallons traduisent en français des textes
en néerlandais, les collègues de la Flandre leur rendent la pareille… On
bricole pour que le débat soit de qualité. Les participants aux salles
unilingues s’échangent déjà quelques mots. On fait connaissance ou on s’envoie
des « je me réjouis de travailler avec toi ». On le sent, les
présidents, les agents de la "question", les orateurs, ont un désir
pour les simultanées. Ils veulent en faire un lieu d'extraction d'un savoir. Si
cette communauté de travail n’existait pas, je l’aurais créée pour en faire
partie.
Textes flèches. La présentation de chaque texte
par les orateurs ne dépassera pas les 15 minutes. Le nombre maximal de signes
toléré (9500 espaces compris) est calculé à cet effet.
La tâche de la présidente (ou du
président). Elle ou il encadrera la séquence et
ramassera en quelques mots les points vifs du texte. Le secrétariat des
simultanées demande : please, pas de longs commentaires ! Le
président (ou la présidente) donnera la parole à l’agent de la question et
ensuite à la salle. Elle ou il formulera brièvement, à la fin du débat, le
savoir extrait lors de la séquence. Elle ou il garantira la discipline :
il est indispensable de terminer chaque séquence à temps et de passer à la
séquence suivante !
L’agente ou l’agent de la
« Question ». Elle ou il posera les deux
premières questions, une à chaque participant. Voici ce que je leur ai
écrit : "Vous aiderez le président de séance à mener un débat
percutant et utile, en posant une question très brève à chaque orateur (pas
plus longue qu'une minute) et en participant de façon spontanée au débat avec
la salle. Il ne s'agira surtout pas de faire un exposé supplémentaire. Une
question qui dure cinq minutes n'est pas une question. C'est une réponse…"
La participation de la salle au
débat. Celle-ci
nous est chère. En effet, la journée des simultanées de PIPOL 6 est un moment
où chaque congressiste, s'il le souhaite, peut mettre sa mise, ce qui ne sera pas
le cas pendant les plénières. Il y a aura deux micros baladeurs pour les
participants de la salle, et une hôtesse ou des collègues les feront passer.
Gil Caroz

Les simultanées en cinq flashs
Le bien-dire est bref!
La ruche des simultanées. Ça bourdonne. Deux cents
quarante personnes sont à la tâche. Pour les salles où il y aura plus d'une
langue avec traduction simultanée, les quatre intervenants de chaque séquence
se préparent. On échange des traductions. On cherche un collègue généreux pour
traduire en espagnol, on traduit avec Google traduction, et ensuite on corrige
en comparant à l'original et en faisant usage du peu d'anglais qu'on a appris à
l'école… On réanime son italien. Les Wallons traduisent en français des textes
en néerlandais, les collègues de la Flandre leur rendent la pareille… On
bricole pour que le débat soit de qualité. Les participants aux salles
unilingues s’échangent déjà quelques mots. On fait connaissance ou on s’envoie
des « je me réjouis de travailler avec toi ». On le sent, les
présidents, les agents de la "question", les orateurs, ont un désir
pour les simultanées. Ils veulent en faire un lieu d'extraction d'un savoir. Si
cette communauté de travail n’existait pas, je l’aurais créée pour en faire
partie.
Textes flèches. La présentation de chaque texte
par les orateurs ne dépassera pas les 15 minutes. Le nombre maximal de signes
toléré (9500 espaces compris) est calculé à cet effet.
La tâche de la présidente (ou du
président). Elle ou il encadrera la séquence et
ramassera en quelques mots les points vifs du texte. Le secrétariat des
simultanées demande : please, pas de longs commentaires ! Le
président (ou la présidente) donnera la parole à l’agent de la question et
ensuite à la salle. Elle ou il formulera brièvement, à la fin du débat, le
savoir extrait lors de la séquence. Elle ou il garantira la discipline :
il est indispensable de terminer chaque séquence à temps et de passer à la
séquence suivante !
L’agente ou l’agent de la
« Question ». Elle ou il posera les deux
premières questions, une à chaque participant. Voici ce que je leur ai
écrit : "Vous aiderez le président de séance à mener un débat
percutant et utile, en posant une question très brève à chaque orateur (pas
plus longue qu'une minute) et en participant de façon spontanée au débat avec
la salle. Il ne s'agira surtout pas de faire un exposé supplémentaire. Une
question qui dure cinq minutes n'est pas une question. C'est une réponse…"
La participation de la salle au
débat. Celle-ci
nous est chère. En effet, la journée des simultanées de PIPOL 6 est un moment
où chaque congressiste, s'il le souhaite, peut mettre sa mise, ce qui ne sera pas
le cas pendant les plénières. Il y a aura deux micros baladeurs pour les
participants de la salle, et une hôtesse ou des collègues les feront passer.
Gil Caroz





