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Despina Andropoulou, déléguée au Cartel, livre ici son compte rendu du second tour de l’intercartel électronique. 
Ce travail clôture de façon remarquable l’année 2012-2013 des cartels vers le Congrès.
 

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Les cartels électroniques au travail – Compte rendu du second tour

Par Despina ANDROPOULOU, déléguée aux cartels

Le travail fructueux des cartels électroniques s’est achevé officiellement quelques jours avant le Congrès de la NLS à Athènes, un Congrès qui a dépassé toutes les attentes, s’élevant ainsi à la hauteur de la célébration des dix années d’existence de notre École.

L’importante contribution des e-cartels à la préparation de ce grand événement qui a traité du thème du « sujet psychotique à l’époque Geek », est un fait indéniable. L’un des travaux du premier tour et cinq travaux du second ont été présentés au cours des séances simultanées, ce qui constitue la preuve que les cartels électroniques sont un des instruments qui promeuvent le transfert de travail dans la NLS.

« La réalité est abordée avec les appareils de jouissance »[1] 

Tout être parlant est constitué d’une part de la jouissance primordiale et d’autre part de l’Autre du langage qui est déjà là en tant qu’appareil qui règle cette jouissance. Lacan a lié le sujet du signifiant à la demande de l’Autre à travers le mathème de la pulsion (S barré ◊ D). Il a appareillé la pulsion comme une chaîne signifiante et a désigné le sujet de l’inconscient à partir d’un repérage organique (oral, anal, etc.)[2]. C’est d’ailleurs par le biais du mouvement circulaire de la pulsion autour d’un objet soustrait que tout être parlant atteint la dimension de l’Autre du langage[3].

 Les questions élaborées par les 17 vignettes présentées concernaient précisément d’une part ce qui fait trouble dans l’arrimage du sujet au langage, dans ce mouvement circulaire de la pulsion chez des sujets où l’excès de jouissance déborde le vivant ; d’autre part, le repérage des solutions singulières que ces sujets inventent afin de parer au désarrimage. 

 Le réel parle

Lors de son premier enseignement, Lacan lie le diagnostic de la psychose au repérage des troubles du langage. Dans le Séminaire III nous lisons : « Je me suis refusé à porter le diagnostic de psychose pour une raison décisive, c’est qu’il n’y avait aucune de ces perturbations qui font l’objet de notre étude cette année, et qui sont des troubles dans l’ordre du langage. Nous devons exiger avant de porter le diagnostic de psychose, la présence de ces troubles »[4]. Et, il ajoute : « Pour que nous soyons dans la psychose, il y faut des troubles du langage, c’est en tout cas la convention que je vous propose d’adopter provisoirement »[5]. D’ailleurs, J. Lacan souligne le mérite de G. de Clérambault « d’en avoir montré le caractère idéiquement neutre, ce qui veut dire dans son langage que c’est en pleine discordance avec les affections du sujet »[6] et constate que « dans la phénoménologie de la psychose, tout, du début jusqu’à la fin, tient à un certain rapport du sujet à ce langage tout d’un coup promu au premier plan de la scène, qui parle tout seul, à voix haute, dans son bruit et sa fureur comme aussi dans sa neutralité. Si le névrosé habite le langage, le psychotique est habité, possédé par le langage »[7].

Vingt ans plus tard, lors du Séminaire XXIII sur « Le Sinthome », Lacan revient sur la question qui constitue le fil conducteur de son enseignement : « La question est de savoir pourquoi un homme dit normal, ne s’aperçoit pas que la parole est un parasite, que la parole est un placage, que la parole est la forme de cancer dont l’être humain est affligé »[8]. Le sujet psychotique est le seul qui puisse nous enseigner quelque chose de la structure de la langue, puisque « nous ne sentons pas tous, que des paroles dont nous dépendons nous sont en quelque sorte imposées »[9]. Certains « vont jusqu’à le sentir »[10].

 Trois des cas présentés illustrent le phénomène des paroles imposées de façon claire : Une jeune fille de 14 ans (cas du cartel 1), identifiée au héros d’un manga animé, est hantée par la pensée de « vendre son âme au Diable » après sa mort, moment de séparation d’avec ses parents. Pour se défendre contre cette menace, contre ce réel non refoulé qui vient de l’Autre sous forme d’hallucinations (auditive et visuelle), elle répète ses propres paroles (« jamais », « ce n’est pas vrai », « je ne suis pas avec le diable » etc.) ou s’adonne à des rituels (prières, lavage des mains, lecture du texte à l’envers) pour s’expier. En même temps, des phénomènes de corps montrent la dissolution de l’imaginaire : l’âme se détache du corps, devient une boule multicolore qui erre dans les chambres et se place de nouveau sur la poitrine en provoquant chez elle une angoisse déchirante. Pour apaiser la culpabilité d’être, la faute d’exister, elle va jusqu’à rejeter la vie témoignant ainsi de l’aspect mortifiant de sa mélancolie.

 Dans deux autres cas (cartel 7 et 8), la phrase « tu es un pédé », est un prédicat, un S1 nommant la jouissance dans le réel. Pour O., c’est à l’âge de 9 ans que « la xénopathie foncière de la parole »[11] marquera le début d’une série de phénomènes qui vont de la paranoïa au passage à l’acte hétéro-agressif en passant par des moments féconds de délire. Cette même phrase « tu es un pédé » émise par la sonnerie de son portable ou les rayons du soleil, conduira un autre jeune homme (cartel 8), juste après sa démission politique, vers l’analyste, faute de pouvoir assumer une position sexuelle. L’identification à une amie suicidée, après la séparation avec une femme qui l’imagine père et juge mal son idéal, sera le début de la floraison des hallucinations visuelles marquant la mort du sujet.

Si dans la névrose et la perversion le sujet reçoit de l’Autre son propre message, dans le cas de la psychose, « c’est la réalité concrète qui parle »[12].

La caractéristique majeure du phénomène élémentaire est qu’il est « stagnant par rapport à toute dialectique » ou encore « fermé à toute composition dialectique »[13].

Pétrification sous un S1 : un signifiant idéal hors dialectique

L’absence de dialectique qui caractérise le discours du sujet psychotique n’est pas seulement repérable à travers les phrases interrompues ou les insultes transmises par des voix qui concernent un point de jouissance (« pédé »). L’absence d’intervalle entre S1 et S2 est aussi repérable à travers le statut de l’idéal qui soutient le sujet ayant des effets d’apaisement et d’intégration sociale non négligeables.

Si l’idéal du « meilleur avocat » (cartel 3) et du « meilleur médecin » (cartel 5) donnent en tant qu’objectifs un sens à la vie de J. et de V., le fait que ces signifiants n’entrent pas en tension avec un deuxième signifiant rendent ces identifications spéculaires menacées par un retour ravageant de la jouissance. L’angoisse ressentie lors des moments de vacillements de ces identifications aboutit au surgissement du réel sous formes de phénomènes élémentaires (automatisme mental, hallucinations) qui évoluent vers des « petits délires », dévoilant de cette façon la précarité du recouvrement du trou symbolique qu’ils assuraient. De même, dans le cas de L. (cartel 10), la retraite sera le moment de bascule, voire de déclenchement de sa psychose. « L’employée de banque » comme signifiant maître qui dirigeait sa vie, servait jusqu’alors de « pseudo Nom-du-père », lui permettant une certaine séparation avec la folie maternelle. L’impossible séparation avec la « banque-mère » au moment de la perte du poste de travail marque le débranchement avec l’Autre.

 Ces cas soulignent la façon dont le sujet de la psychose apparaît comme solidifié sous ce S1, comme pétrifié par le signifiant[14]. Sujet et signifiant constituent un monolithe à partir du moment où le sujet n’opère pas comme manque, où l’objet n’est pas extrait. De même, l’identification du sujet au déchet de l’Autre, constitue la source de la mélancolisation dans deux autres cas de sujets féminins. Le non-dit de la jouissance non phallicisée du père anxieux et dépressif, pétrifie S. (cartel 11) qui se trouve dans un état de dépression et de culpabilité non dialectisable, dont la seule issue possible semble être la mort, exprimée par des pensées suicidaires. Comme il lui est impossible de parler de son « père mort » dans sa langue maternelle, elle va trouver un analyste bilingue pour en parler dans une langue étrangère. L’analyste est supposé être dans le fantasme du sujet le traducteur, un médiateur entre S. et son père, assurant une certaine séparation du trauma de la langue paternelle mortifiante. Dans le cas de Z. (cartel 12) « former un tout » avec la mère est sa façon d’articuler l’ensemble holophrastique qu’elle constitue en tant que sujet avec l’autre. Le tiers étant exclu, il lui est impossible d’assumer une position subjective et s’engager dans une activité professionnelle. Le primat des rapports spéculaires sous forme d’érotomanie discrète génère la forte sensation d’anéantissement aux moments de solitude allant jusqu’aux pensées suicidaires. Z. n’est que l’objet de l’Autre dont l’absence signifie son laisser tomber. 

 La jouissance de l’Autre inentamée : persécution et érotomanie

Un autre trouble au niveau de l’opération de la séparation se repère dans les cas où le sujet, confronté à un Autre sans faille, identifie la jouissance dans le lieu de l’Autre. Puisque jouissance et signifiant sont identiques, « ce que l’Autre veut dire, la chose à quoi il fait allusion reste obscure, tout en concernant personnellement le sujet »[15]. En même temps, le narcissisme et l’identification sont les deux dimensions prévalentes de la structure.

Le rapport sexuel avec un homme de l’âge de son père (50 ans) constitue le moment où A. (cartel 6) se trouve à 30 ans devant la faille centrale du symbolique générant chez elle angoisse et perplexité. La rencontre avec l’Un-Père, figure du père réel, révèle la carence du signifiant paternel avec comme conséquences majeures le déchaînement du signifiant et la délocalisation de la jouissance. A. identifie sur son compagnon la jouissance débridée qui trouble l’ordre de son monde. Celui-ci devient son persécuteur, « Il veut lui faire du mal, la commander et lire ses pensées ». La séparation avec lui ne la soulage pas de la persécution de l’Autre. Sa méchanceté se généralise et vise A. dont « les actes prennent une signification pour les autres ». Désormais, elle devient l’objet qui comble un Autre jouisseur. Cette certitude paranoïaque ne pouvant pas assurer une construction stable, recule devant l’envahissement du corps par le réel marquant « la mort du sujet ». D’autre part, la paranoïa d’O. révèle l’effort du sujet psychotique pour « civiliser la jouissance en la portant au signifiant »[16]. Même s’il parvient à localiser le « kakon » dans l’Autre maternel, dans les gènes parentaux transmis et dans la famille de sa fiancée, il aboutit à un passage à l’acte afin de s’en séparer, visant l’objet aimé, transformé en persécuteur. En visant sa bien aimée, il vise le monstre que lui-même est au regard de l’Autre après son opération dont il sort avec un handicap apparent. O. « se soustrait aux équivoques de la parole comme à toute dialectique de la reconnaissance, il fait l’impasse sur l’Autre »[17], du moment où les séquelles de l’intervention chirurgicale ont atteint l’image du corps.

Une autre femme (cartel 13) qui se déclare « dépendante affective » traite l’érotomanie et la persécution par une forte consommation de drogues, une addiction qui la sépare de l’Autre tout en mortifiant le corps. Les rapports sexuels ne sont que la rencontre répétitive avec le père réel qui la laisse tomber pour « l’amour de Dieu » tandis que les rapports avec des femmes l’amènent au ravage des rapports spéculaires sous la forme d’un délire de jalousie.

Pour faire face au réel qui surgit à travers des phénomènes élémentaires (hallucinations verbales injurieuses, phénomènes interprétatifs), un autre sujet (cartel 17) choisit la voie de la revendication auprès du tribunal pour dire non à la jouissance de l’Autre méchant qu’elle reconnaît chez ses proches.   

 Psychose infantile : l’enfant support du désir maternel dans un terme obscur[18]

« …Lorsqu’il n’y a pas d’intervalle entre S1 et S2, lorsque le premier couple de signifiants se solidifie, s’holophrase, nous avons le modèle de toute une série de cas… C’est pour autant que […] l’enfant débile prend la place au tableau en bas et à droite de ce S, au regard de ce quelque chose à quoi la mère le réduit à n’être plus que le support de son désir dans un terme obscur, que s’introduit dans l’éducation du débile la dimension psychotique »[19]. La place que l’enfant psychotique occupe, c’est la place de l’objet a, objet cause du désir de la mère, autre nom du condensateur de la jouissance maternelle, ce qui l’exclut du champ du désir[20].

Dans son commentaire[21] Éric Laurent souligne que « ce dont nous témoignent les psychotiques c’est de ce que c’est un corps. Ce n’est en tout cas pas quelque chose qui parle. Il n’y a pas de langage du corps. C’est un lieu d’effraction, ouvert sans cesse au retour toujours effréné de la jouissance. Le psychotique qui n’a pas symbolisé cette jouissance, n’a pas concentré – puisque Lacan utilise l’expression « condensateur » pour l’objet – cette jouissance dans l’organe qu’il abandonne, qui est le phallus. C’est pour ça que le corps du psychotique peut devenir tout entier zone érogène […] Nous pouvons ainsi saisir l’effort de l’enfant non pas pour reconstituer une métaphore délirante, mais localement saisir comment l’enfant peut essayer de faire fonction d’un organe. Autrement dit, comment peut-il l’abandonner ? […] À partir du moment où pour l’enfant psychotique l’opération paternelle ne se produit pas, il est pris dans le rapport sexuel, ce qui fait qu’il jouit. […] Si l’enfant psychotique autiste est dans ce travail effrayant de faire fonction de ses organes, c’est parce que comme chacun de nous, il est fils du logos. Il fait ce qu’il peut pour être à la hauteur »[22].  

Le garçon de 3,5 ans (cartel 14) qui bousculait, mordait les enfants, jouissait d’être isolé et se parlait de façon incompréhensible, parvient à construire un bord, une limite à la jouissance en se branchant au double qui est l’analyste. Dans un deuxième temps, il crée des identifications imaginaires, l’une concernant un savoir-faire, le métier de « conducteur de bus », une autre concernant la position sexuelle, « fille méchante ». « À cause de sa difficulté de soutenir une position phallique, il différencie les deux sexes par des binaires comme gentil-méchant. Autrement dit, faute de référence phallique, il ne peut pas faire cette distinction par rapport au signifiant du sexuel »[23]. De surcroît, on peut concevoir son jeu qui consiste à attribuer des numéros à une série de bus en créant des lignes sur une planche et puis les disperser violemment, comme « un acte de chiffrer, d’inscrire une part du réel plutôt que de donner du sens, le chiffrage étant une opération de mise en ordre, de tri qui limite la prolifération langagière tout en étant une pratique hors sens »[24].

 U. (cartel 16) qui a été emmené chez l’analyste à l’âge de 8 ans pour traiter sa dysorthographie, sa dyslexie et son retard scolaire important, consent à entrer dans un certain dialogue par le biais des devinettes sur les dessins de l’analyste. Si les questions déclenchaient la perplexité et l’angoisse, les devinettes « l’introduisaient dans l’énigme de la langue, là où il pourrait y avoir au contraire un trop de savoir de l’Autre »[25]. Dans un deuxième temps, c’est U. qui invente un jeu créatif et utilise l’analyste comme son partenaire. Par la suite, le savoir sur l’informatique devient l’objet du dialogue avec le double. En même temps, pour traiter la jouissance envahissante de la voix, il écoute la musique sur un MP3. C’est sa façon de se boucher les oreilles, de « faire fonction de son organe, de l’abandonner ».

 Dans un autre cas, M. (cartel 4) qui a consulté un analyste à l’orée de l’adolescence (12 ans) à l’occasion d’un épisode de violence extrême, a pu passer des « phrases de personne » aux « phrases de moi » par le biais de l’acte analytique. Plus précisément, M. a hurlé dans le métro en disant « merde » au lieu de déféquer sur la pelouse et cela suite à l’intervention du clinicien qui lui a déclaré : « tu n’es pas un chien, tu es un garçon ». Au moment du hurlement, l’acte analytique, qui consistait à lui proposer d’écrire sur une feuille blanche le mot « réellisé », a fait coupure. Il a procédé de cette façon à un traitement du réel par la lettre. Il s’agit d’une tentative de constituer un bord, de se constituer un corps. Par la suite, le clinicien, en subtilisant la feuille de papier et en la faisant disparaître dans sa poche, a effectué une certaine soustraction de l’objet. La production d’un « simili d’objet perdu » a eu comme résultat l’accès du sujet à la parole[26].

Les phénomènes de la « réellisation » du symbolique ainsi que la volonté d’immuabilité sont aussi repérables dans le cas de N. (cartel 9) qui vient chez l’analyste justement pour s’assurer que rien en elle et dans le monde environnant ne risque de changer.

 Des issues possibles

Comme nous avons pu le constater lors du compte rendu du premier tour des cartels, les deux moyens les plus fréquents de stabilisation et d’apaisement dans les cas présentés étaient l’écriture et la compensation par la nomination. Cette dernière doterait le sujet d’un certain savoir-faire avec son symptôme et en même temps lui assurerait une place dans le lien social (« généticien », « biologiste », « docteur », « avocat » etc.). De nouveau, on remarque que notamment dans les cas de la paranoïa (érotomanie dans le cas du cartel 12, délire de revendication dans le cas du cartel 17) les sujets trouvent une issue par l’écriture. Selon l’interprétation de Jacques-Alain Miller « dans l’écriture, le sujet, récupère son activité d’une façon univoque. Quand on parle, on est parlant et parlé. C’est inhérent au dialogue ou à l’échange, on rebondit sur la parole de quelqu’un etc. C’est comme si l’écriture mettait à distance la question de l’intention mauvaise. Il peut y avoir des questions de décryptage, mais l’intentionnalité est moins présentifiée »[27]. Ce traitement de l’Autre par le biais de la lettre est encore plus évident dans le cas de S. qui écrit dans sa langue maternelle – tandis qu’elle choisit un analyste avec qui elle peut parler dans une langue étrangère – pour assumer quelque chose du réel qui l’envahit. Comme l’analyste remarque : « ses écrits semblent être des nominations qui font trou dans le réel ».

Dans tous les cas, on peut constater que l’analyste « attend le sujet comme invention »[28] et qu’il est présent afin d’en accuser réception.

 

Remerciements

En renouvelant le rendez-vous des cartels électroniques, sous une forme légèrement modifiée, pour le mois de septembre prochain en vue de la préparation du prochain congrès à Gand, je voudrais remercier tous les collègues qui ont travaillé cette année, les Plus-Uns pour leur contribution à la coordination des cartels ainsi que les extimes pour leur disponibilité et leur contribution au travail des cas : Patrick Monribot, Geert Hoornaert, Jacques Borie, Claudia Iddan, Monique Kusnierek, Franck Rollier, Jean-Luc Monnier et Philippe Stasse.

 


[1] Lacan J., Le Séminaire, livre XX, Encore, Paris, Seuil, 1975, p. 52.

[2] Miller J.-A., « La pulsion est parole », in Quarto no 60, juillet, 1996, p. 8.

[3] Lacan J., Le Séminaire, livre XI, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Paris, Seuil p. 177.

[4] Lacan J., Le Séminaire, livre III, Les psychoses, Paris, Seuil, 1981, p. 106.

[5] Idem.

[6] Ibid. p. 284.

[7] Idem.

[8] Lacan J., Le Séminaire, livre XXIII, Le sinthome, Paris, Seuil, 2005, p. 95.

[9] Idem.

[10] Idem (c’est nous qui soulignons).

[11] Miller J.-A. « L’interprétation à l’envers », in Revue de la Cause freudienne, février 1996, no 32, p. 7.

[12] Lacan J., Le Séminaire, livre III, Les psychoses, op.cit., p. 62

[13] Ibid., p. 31.

[14] Lacan J., Le Séminaire, Livre XI, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Paris, Seuil, 1973, p. 215.

[15] Zenoni A., L’Autre pratique clinique : Psychanalyse et institution thérapeutique, Paris, Érès, 2009, p. 171.

[16] Maleval J.-C., La forclusion du nom du père. Le concept et sa clinique, Paris, Seuil, 2000, p. 324.

[17] Miller J.-A., Jacques Lacan : remarques sur son concept de passage à l’acte, Mental, Paris, avril 2006, no 17,  p. 22.

[18] Lacan J., Le Séminaire, livre XI, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, op. cit., p. 215.

[19] Idem.

[20] Laurent É. «  La psychose chez l’enfant dans l’enseignement de Jacques Lacan », Quarto no 9, déc. 1982, p. 7 et 13.

[21] Ibid.,  p. 12.

[22] Idem.

[23] Commentaire de l’extime J. Borie.

[24] Idem.

[25] Idem.

[26] Commentaire condensé de l’extime P. Monribot.

[27] Miller J.-A., L’Autre méchant, Six cas cliniques commentés, sous la direction de Jacques Alain Miller, Paris, Navarin, 2010,  p. 85-86.

[28] Ansermet Fr., « Autisme et émergence du sujet », in Conversation clinique organise par UFORCA le 30 juin 2013, À l’écoute des autistes, Ces concepts et des cas, Volume I

 

 

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PIPOL NEWS INFO 13 (bis)   
Une partie de la commission d'organisation dans la salle d'attente de PIPOL 6
Champagne  
Yes you can! 

Trois cent cinquante congressistes nous ont fait savoir qu'ils viendront chercher leur dossier au SQUARE à la veille de PIPOL 6, le vendredi 5 juillet entre 17 et 20h. Nous serons là pour les accueillir. Vous pouvez faire partie de ce moment de rencontre. Ecrivez un mail vierge à Guy Poblome (poblome.guy@gmail.com), avec comme objet : "Champagne", et votre verre sera commandé !

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350 delegates have indicated they will pick up their dossiers at SQUARE on the eve of PIPOL 6, Friday July 5th between 5 and 8pm. We shall be there to welcome them. You can take part in this gathering. Send a blank email to Guy Poblome (poblome.guy@gmail.com), with the subject: "Champagne", and your flute will await you!

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Trescientos cincuenta congresistas nos han hecho saber que vendrán a buscar sus carpetas al SQUARE la víspera de PIPOL 6, el viernes 5 de Julio entre las 17h y las 20h. Estaremos allí para recibirlos. Podéis formar parte de este momento de encuentro. Escribid un mail vacío a Guy Poblome (poblome.guy@gmail.com) con la palabra "Champagne" como asunto, y vuestra copa estará servida!

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Trecentocinquanta congressisti ci hanno fatto sapere che verranno a ritirare il loro dossier al SQUARE la sera prima di PIPOL 6, il venerdì 5 luglio tra le ore 17 e le ore 20. Noi saremo lì per accoglierli. Potete far parte anche voi di questo momento di incontro. Scrivete una mail vuota a Guy Poblome (poblome.guy@gmail.com), avente come oggetto : "Champagne", e la vostra coppa di champagne sarà ordinata !

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PIPOL NEWS FLASH 15

Quelques questions posées à Mitra Kadivar 

Comme cela a été annoncé, Mitra Kadivar
participera aux séances plénières de PIPOL 6, en présentant un travail sous le
titre "Une Superbe Autosuffisance".

Mitra ayant été invitée par l’ECF lors
de l’après-midi, "
Rencontre avec Mitra – 5
mois après", PIPOL NEWS a demandé à Anne
Ganivet-Poumellec de lui poser quelques questions en guise d'avant-goût.
 

Cet interview sera
également publié dans
LACAN QUOTIDIEN.
 

1-   
Les élections
à la présidence dans votre pays ont lieu aujourd’hui. Comment voyez-vous
l’avenir de votre pays ? 

Il faut savoir, ce qui est en général toujours ignoré en
France concernant mon pays, que l’Autre de l’Iran n’est jamais où on l’attend.
Tout est imprévisible en Iran, ce pays ne répond jamais aux attentes et, la
plupart du temps, ce qui arrive est une bonne surprise. Hier, j’ai couru voter à
l’ambassade d’Iran à Paris, nous voyons maintenant le candidat modéré arriver
en tête : personne ne s’y attendait.

[À la fin de
l’après-midi nous apprenions que, contre toute attente, le candidat modéré avait
remporté les élections au premier tour, « Beaucoup de choses vont
changer » a été le commentaire de Mitra Kadivar, qui souligne que ce
réformateur est favorable à l’activité des ONG]
 

2-   
La psychanalyse pour vous, une rencontre ? 

Mon choix de petite-fille avait été la science et la
médecine, avec l’idée de me spécialiser en psychiatrie, mais ma rencontre avec
Freud, avec les textes de Freud que je lis dans l’excellente Standard Edition, a été
bouleversante : il m’a fallu suivre Freud absolument. Après un premier
séjour en France, j’y suis revenue décidée à entreprendre mon analyse. Elle a
duré 10 ans, à Paris. Il s’est trouvé que comme mon analyste était lacanien,
plus tard, il m’envoya la transcription des cours de Jacques-Alain Miller,
« L’orientation lacanienne » : je reconnus qu’il existait là un
enseignement – je n’avais rien trouvé de tel ailleurs. Ce qui est toujours
aussi déterminant pour moi, c’est le choix forcé de Freud, on ne peut nullement
me séparer de Freud, ce que j’appelle mon piège
freudien
.

À la fin de mon analyse, de retour à Téhéran, j’aurai pu,
par goût, continuer la recherche scientifique et étudier Freud parallèlement. L’ignorance
constatée de l’Autre m’a poussée à enseigner, à faire connaitre Freud en Iran à
travers ses textes. 

3- Quelle est la place
que la psychanalyse prend à Téhéran? Et plus précisément, quelle place a la
psychanalyse d'orientation lacanienne? Est-elle présente d'une façon quelconque
à l'université, dans les institutions de soin, dans des lieux de formation?
Pourriez-vous nous décrire vos activités de transmission de la psychanalyse en
Iran?

Lorsque je suis retournée en Iran, il y a 20 ans, après ma
formation à partir de mon analyse personnelle faite à Paris avec un analyste
lacanien, j’ai constaté que tous, universitaires, psychiatres, psychologues,
etc., prétendaient faire de la psychanalyse sans même avoir été analysés
eux-mêmes. Aussi les gens se disaient analysés parce qu’ils avaient fait sept
séances d’une pratique quelconque par la parole !

J’ai compris qu’il fallait que je commence par dire ce
qu’est une psychanalyse et j’ai commencé à enseigner. Aujourd’hui encore je
dois toujours batailler contre la psychanalyse « sauvage ».

Je m’appuie sur les écrits de Freud, sur mon analyse et la
connaissance de Lacan. Les trois dimensions (réel–symbolique–imaginaire) apportées
par Jacques Lacan clarifient la psychanalyse et empêchent les dérapages laissés
par les concepts imaginaires des post-freudiens.

Avec mes élèves nous reprenons les textes freudiens et, pas
à pas, en donnons une traduction, ce qui nous pousse à faire une recherche
minutieuse parmi toutes les nuances proposées par la langue persane.

Pour abriter ce travail, j’ai réussi à faire reconnaître une
association, reconnue d’utilité publique, qui a le statut d’ONG : L’Association freudienne.

Cette association est un lieu d’enseignement – le mien et
celui de mes élèves ; c’est aussi le lieu où je loge la pratique de mon
cabinet, en particulier l’accueil de nouveaux analysants – souvent élèves aussi,
ce que j’appelle le « recrutement ».

Le projet est d’y rattacher un centre de traitement de la dépendance
psychique des toxicomanes, un lieu de psychanalyse appliquée où mes élèves pourront
démontrer l’efficacité de la psychanalyse, par rapport à toutes les pratiques
en cours actuellement à Téhéran, rapides, mais qui souvent échouent sur le
moyen terme. 

4- Les femmes en Iran, qu'en dites vous?

L’histoire
de l’Iran est très ancienne et sa conversion à l’islam chiite n’en occupe que
le dernier quart (1400 ans). Des influences préislamiques (zoroastriennes et
mitraïques) sont très fortes dans le pays et les femmes n’ont pas le même
statut que dans les pays arabes où s’étend l’influence de  l’islam sunnite. En Iran, je peux affirmer
que la culture et le savoir sont très valorisés, ce qui explique ma place
privilégiée dans ce pays.








                                                        Le
laboratoire belgo-bulgare du CIEN

Le troisième module de cette année scolaire du laboratoire
belgo-bulgare du Cien se tiendra à ROUSSÉ, sur le Danube, les 22
et le 23 juin prochain. Ce cycle, pour sa huitième année
consécutive, est assuré par le  Champ freudien et le laboratoire
belgo-bulgare du CIEN (Centre Interdisciplinaire sur l’Enfant),
“L’enfant et ses symptômes”, avec l’Association «Enfant et
Espace », qui en assure sur place l’organisation et la Société
Bulgare de Psychanalyse Lacanienne. Cette année le fil
conducteur est celui de la psychose de l’enfant.
Roussé n’a pas été choisi au hasard. Cette jolie petite ville
bulgare est  le lieu où travaillent plusieurs  travailleurs du
champ médico-social qui  tentent depuis de nombreuses années de
s’orienter avec les repères de Freud et de Lacan.
Bernard Seynhaeve animera ce
laboratoire. Le module aura pour thème « L’enfant, son corps,
ses objets ».

* Mittleuropa.  Roussé ou Ruse est la cinquième plus
importante ville de Bulgarie, avec une population de près de
166 056 habitants. La ville s’appelait, jusqu’à l’indépendance
de la Bulgarie en 1878, Roustchouk. Wikipédia












 


                                                    
                    Compte-rendu de la 36ème rencontre du Pont Freudien à Montréal

 

 


, avec Dominique HOLVOET

 

 



Par Ruzanna Hakobyan

Les 26, 27 et 28 avril 2013 à l’Université du Québec à Montréal se tenait la 36ème rencontre du Pont Freudien avec Dominique Holvoet, président de la New Lacanian School (NLS), membre de l’ECF et de l’AMP. Cette rencontre était la dernière d’une série de trois, consacrée cette année à la psychose ordinaire.

Avant tout, il faut souligner l’effet produit sur les participants par ces journées, où Dominique Holvoet, avec sa manière passionnée de transmettre la psychanalyse, a su réveiller chez certains un désir de s’engager plus dans les activités du Pont Freudien et, pour quelques-uns, de se rendre au Congrès de la NLS à Athènes.  
La rencontre s’est déroulée en trois temps.

1. La conférence : « L’impact de la langue sur le corps »

Dominique Holvoet nous indique que toute la psychanalyse est concentrée dans le titre de la conférence. Lorsque l’on pense, on pense avec les mots et il y a une rencontre de ces mots avec le corps.

Le choix des signifiants qui viennent des parents et qui accompagnent la venue de l’enfant induit une certaine résonance des mots. Pour le sujet, au-delà du discours, il y a imprégnation du désir par le langage. C’est cette imprégnation que Lacan nomme lalangue. Lalangue, c’est l’imprégnation du désir dans le langage par la jouissance, c’est la langue intime de chacun.

D. Holvoet a indiqué que le corps ne se limite pas à sa fonction d’enveloppe, de sac, contenant les organes : le corps n’est pas seulement le corps orthopédique. Ce n’est pas non plus seulement le corps unifié dans le miroir.

Le corps qui intéresse la psychanalyse concerne le champ de la pulsion. C’est par ce corps que le sujet est relié au monde. La langue, elle, est faite de matière langagière.

Dans la langue, il y a toujours un écart qui se trouve au fondement de l’équivoque et de l’interprétation. L’équivoque ne se rapporte pas au sens établi. L’équivoque se supporte de ce que J.-A. Miller a appelé la « fuite du sens ». Quand on parle, il y a une équivocité, une suspension du sens qui crée l’impact de la langue sur le corps ; il y a des mots qui imprègnent la langue d’une manière particulière. Par exemple, l’enfant reçoit des mots qui laissent leurs traces avant même qu’il ne les comprenne. L’art de l’interprétation se justifie par l’écart entre ce qui se dit et ce qu’on entend. Comme l’indiquait S. Freud, il y a un sens caché dans ce qu’on dit.

Partant de l’idée de Lacan de « l’inconscient structuré comme un langage », D. Holvoet a parlé du premier temps de son enseignement, où il se concentre sur la différence entre le signifiant et le signifié.

Dans le deuxième temps, l’enseignement de Lacan est orienté par la différence entre la lettre et le signifiant. La dimension de la lettre introduit le décollement du signifiant du signifié. La lettre, c’est un signifiant qui est séparé de la signification. Plus on va du côté de la lettre, moins on est du côté de la signification stable, rigide.

La lettre est un élément du langage qui vient découper le Réel d’une manière différente de ce que fait le signifiant. Le signifiant vient symboliser quelque chose du Réel, la lettre est plutôt du côté de la coupure.

Et la lalangue ?  La lalangue (comme la lettre) n’est pas représentable, n’a pas de signification. La lalangue, c’est la mise en lettre, la valeur, de ce qui est jouissif. C’est la manière propre du sujet de prononcer certains mots.

Dominique Holvoet termine la conférence en soulignant que de s’orienter de lalangue permet  de modifier le statut de l’interprétation. Il ne s’agit plus ici de restaurer la vérité du symptôme, sinon d’attraper le rapport jouissif du sujet au langage. C’est pour cela que l’interprétation lacanienne vise à dé-significantiser.

Les deux journées suivantes de la rencontre ont été consacrées à la question de la psychose ordinaire.
 
2. Le séminaire de lecture portait sur le texte de S. Freud « Extrait de l’histoire d’une névrose infantile »1 (L’homme aux loups) que D. Holvoet a commenté en s’appuyant sur la lecture faite par J.-A. Miller2.

Le cas de l’Homme aux loups, qui est considéré comme  le premier cas de psychose ordinaire dans la pratique analytique, permet d’attraper la question de la psychose lorsque la dimension de la forclusion n’apparaît pas au premier plan.

D. Holvoet a montré comment, pour l’Homme aux Loups, à la fois, on est dans le « rejet » de la castration et, en même temps, dans la reconnaissance de la castration  comme un fait.  Pour Lacan, il s’agit de deux registres différents : Symbolique (refus de la castration à travers la phrase « je ne suis pas châtré ») et Imaginaire (identification à la position féminine qui fonctionne comme suppléance). Pour l’Homme aux loups, il s’agit de la forclusion du signifiant phallique, d’un signifiant, mais pas de l’image.

Partant du texte de Lacan « D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose », D. Holvoet a ensuite développé la question : l’élision du Phallus (Phi0) est-il la conséquence de la forclusion ou est-ce une opération indépendante ?
 

La deuxième partie de la journée été consacrée aux présentations de cas cliniques.

Reine-Marie Bergeron (membre de la NLS et de l’AMP) a présenté un cas qui nous a permis d’étayer notre réflexion à propos de la direction des cures de sujets mélancoliques chez qui il n’y a pas eu de déclenchement.

Ruzanna Hakobyan (membre de NLS et de l’AMP) a présenté un cas de psychose ordinaire, qui permettait de saisir les solutions que la patiente a pu construire pendant son travail analytique. 

3. Le séminaire théorique – La psychose ordinaire : L’issue par le symptôme
Lors de ce séminaire, D. Holvoet a repris  plusieurs éléments du texte de E. Laurent : « La psychose ou la croyance radicale au symptôme ».

D’abord, l’opération majeure de la psychanalyse ne serait plus l’interprétation qui produit du sens, mais l’interprétation devient une lecture, un « constat ». L’interprétation (du côté de la production de sens) est une opération qui porte sur la parole, alors que le constat porte sur l’écriture du symptôme en tant que marque signifiante sur le corps, c’est-à-dire qu’elle porte sur la lettre.

L’interprétation porte sur le fonctionnel, le constat de ce qui existe.
Quelle est la conséquence de tout ceci pour les psychoses ?

Pour répondre à  cette question, D. Holvoet reprend la 1ère et la 2ème métaphore de Lacan.

 1ère métaphore : en 1958, pour Lacan, le signifiant du NP, c’est le signifiant qui ordonne le discours.

NP         DM
___           ____   NP ( A
DM          X             ____        
                           Phallus)

Dans les psychoses, le sujet se trouve hors champ de la métaphore paternelle. Ici il n’y a pas de signifiant phallique, il est forclos. À ce temps de l’élaboration de Lacan, la solution pour les psychoses se situe du côté de la métaphore délirante.
D. Holvoet indique que Lacan ne s’en est pas tenu à cette élaboration de la métaphore paternelle. Très tôt dans son enseignement, la figure du père a été élevée au rang symbolique, de fonction : ainsi, le NP est pluralisé.

À la pluralisation du NP va correspondre la deuxième métaphore.

Ce qui va apparaître dans la  2ème métaphore, c’est que l’Autre n’est pas complet. S(A barré), le grand Autre n’est pas complet, il y a un signifiant du manque dans l’Autre. Ça signifie que l’Autre ne peut pas garantir la stabilité absolue des significations.

De la  1ère à la 2ème métaphore, on passe ainsi de la consistance à l’inconsistance de l’Autre. Du côté du phallus, on passe du phallus (Phi) à moins phi.

 

 


 

 

 

Grand Phi —> -petit phi
NP —> S( A barré)

 

Cela amène Lacan à dire que non seulement il y a un manque dans l’Autre, mais aussi, que l’Autre de l’Autre n’existe pas, qu’il n’existe pas comme Un.

Dans la 1ère métaphore, l’Autre comme Un est défini comme l’extimité : S (1/S) ;
dans la 2ème métaphore – ce qui fait Autre pour nous, c’est l’inconscient. Le point de référence et de consistance ici – c’est la jouissance :
 
S( A barré)
___________
 – petit phi

et la métaphore qui vient après est :

 
( A barré)
______
    J

Ce qui signifie que malgré la castration, il y a pour chacun une jouissance non négativable qui reste au-dehors : c’est le sinthome. Et cela est un point de consistance, que Lacan appelle le réel ; un point d’impossible pour soi-même.

La clinique de la psychose invite à travailler sur ce point, soit la question de savoir y faire avec cet impossible pour soi-même, de supporter un peu mieux l’impossible à négativer de l’Autre.

À l’époque actuelle de chute des idéaux où l’Autre n’existe pas, il y a nécessité pour chacun d’inventer un Autre. Il s’agit toujours d’un bricolage, d’un montage. Dans ce sens, ce sont des sujets psychotiques dont nous pouvons apprendre quelque chose.  Il ne s’agit pas de réinstaller l’Autre qui jouit de tous les autres, mais, par exemple, de se laisser enseigner des sujets psychotiques qui font de l’organe langage un instrument et ne se font pas instrumentaliser par le langage.

La salle a été comble tout au long des trois jours, et l’énonciation particulièrement vivante et pleine d’enthousiasme de D. Holvoet a fait de cette rencontre un événement. Nous l’en remercions vivement.

Montréal, mai 2013.

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La NLS partage une vidéo avec vous 
de la part de Panos Tsakos
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Στις 18 και 19 Μαΐου 2013 πραγματοποιήθηκε στο Πανεπιστήμιο Αθηνών το 11ο ψυχαναλυτικό Συνέδριο της Nέας Λακανικής Σχολής (ΝΛΣ), που συμπίπτει με τα δέκα χρόνια από την ίδρυσή της, με θέμα «Το ψυχωτικό υποκείμενο στην Geek εποχή – Τυπικότητα και συμπτωματικές επινοήσεις».Τα ζητήματα που εξετάστηκαν στο Συνέδριο ήταν οι μορφές λόγου μέσω των οποίων το ψυχωτικό υποκείμενο εντάσσεται στον πολιτισμό στηριζόμενο στις συμπτωματικές επινοήσεις του, οι νέες μορφές κοινωνικών δεσμών μέσω των κοινωνικών δικτύων και των παιχνιδιών on line, η μηχανοποίηση του σώματος από την επιστήμη, η σύνδεση των αντικειμένων με το σώμα.
Ξεχωριστή ενότητα αποτελέσαν οι μαρτυρίες ψυχαναλυτών της Σχολής για το τέλος της προσωπικής τους ψυχανάλυσης, δηλαδή για το πέρασμά τους από τη θέση του ψυχαναλυόμενου στη θέση του ψυχαναλυτή, που για τον Λακάν αποτελεί τον πυρήνα της ψυχαναλυτικής εμπειρίας.
 
 
   
 
 
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Troisième Séminaire de

la Société Bulgare de Psychanalyse Lacanienne

Groupe affilié de la New Lacanian School (NLS)


Roussé, Centre de conférences,
123, bul. Lipnik


Vendredi 21 juin 2013

Sous la présidence de Yves Vanderveken,
Psychanalyste, Vice-président de la New Lacanian School, membre de l’École de la Cause Freudienne et de l’Association Mondiale de Psychanalyse.

 

Introduction à la question des psychoses
 

Argument

Sans pour autant en faire un “pur et simple fait de langage”, c’est par le biais du rapport au langage, de ses phénomènes de signification et de structure que Lacan, dans les premières leçons de son Séminaire III, donne des repères cliniques extrêmement précieux concernant Les Psychoses – en tant qu’elles se distinguent sur ce point des névroses.

 

Cet abord, absolument original, est riche de distinctions dans les phénomènes cliniques, tant de l’adulte que de l’enfant – à ce niveau, cette différence n’est pas pertinente. Il s’agit d’y revenir, précisément, pour en cerner la logique.

 

Suivant Lacan, nous retournerons donc à cette question essentielle, pour le parlêtre (terme plus tardif dans l’enseignement de Lacan), des modalités de comment il peut “habiter le langage”. Nous essayerons de dégager les enjeux qu’entraine le fait de remettre au centre des préoccupations cliniques la question dont Lacan dit qu’elle doit dominer tout l’abord des psychoses : Qui parle ? A la lecture de ces premiers chapitres, nous en envisagerons la portée structurale qui oriente notre base diagnostique différentielle. Elle nous amènera à envisager cette autre question centrale qu’isole la psychanalyse lacanienne : celle de “l’attribution subjective” – phénomène central et pourtant toujours si peu intégrée, voire rejetée, dans l’abord psychopathologique contemporain.”

 

Yves Vanderveken

 

Discipline de lecture :

 

Phrase 1 : « Ce qui se passe entre deux jeunes enfants comporte ce transitivisme fondamental qui s’exprime dans le fait qu’un enfant qui en a battu un autre peut dire – l’autre m’a battu. Non pas qu’il mente – il est  l’autre, littéralement. […] Comment cela est-il possible ? » (p. 50)

 

Phrase 2 : « Au niveau du signifiant, dans son caractère matériel, le délire se distingue précisément par cette forme spéciale de discordance avec le langage commun qui s’appelle un néologisme. […] Il y a deux pôles où ce caractère est porté au point le plus éminent. […] L’intuition délirante… […] A l’opposé, il y a […] la ritournelle. » (pp. 43-44)


 

Bibliographie :

Jacques LACAN, Séminaire livre III, Les psychoses, 1955-1956.

 

Programme

 

Vendredi, 21 juin 2013, de 9 h à 17h.

 

09.0009.30 Accueil des participants

09.3011.30 Discipline de  lecture

1ère Phrase : commentée par Paulina Katchouleva

2ème Phrase : commentée par Nadejda Petrova

Commentaire et discussion avec Yves Vanderveken

11.30 – 11.45 – Pause

11.4513.30 Exposé de Yves Vanderveken et discussion

13.30 – 14.30 – Pause de midi

14.30 – 15.30Miléna Jekova.

15.3015.45 – Pause

15.4516.45 Anette Marinova – Manol et sa loyauté

16.45 – 17.00 Conclusion– Yves Vanderveken et Vessela Banova

 

Tarif de participation : 40 lv., étudiants – 20 lv.

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Troisième Journées Scientifiques des Cercles de Varsovie et Cracovie
Nouvelle école lacanienne
L’autisme et la psychose dans la psychanalyse
Freud, Lacan, une clinique moderne
 
Varsovie, ul. Cracovie banlieue 1
15 – 16 Juin 2013
 
Avec la participation de Sandra Cisternas Nunez pour Comité Exécutif de la NLS
 
   

Trzecie Dni Naukowe 
Koła Warszawskiego i Koła Krakowskiego
Nowej Szkoły Lacanowskiej

AUTYZM I PSYCHOZA W PSYCHOANALIZIE
Freud, Lacan, klinika współczesna
Warszawa, ul. Krakowskie Przedmieście 1
15 – 16 czerwca 2013
opłaty: 180zł, 150zł (członkowie Kół), 80zł (studenci)

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PROGRAM:

 

SOBOTA 15 czerwca 2013r.

10.00 – 10.30   Rejestracja

10.30    Przywitanie

10.30 – 12.00
I sesja – prowadzenie: Janusz Kotara
– Renato Seidl – „Identyfikacja i rysy autystyczne”
– Małgorzata Gorzula – „Ty stary pchlarzu – praca z chłopcem autystycznym”
 dyskusja

12.00 – 12.15    Przerwa

12.15 – 13.45
II  sesja – prowadzenie: Tomasz Gajda
– Riccardo Carrabino – „Inny i jego jouissance u autystyka – struktura autyzmu i psychoz” 
– Janusz Kotara – „Funkcja brzegu w autyzmie”
 dyskusja

13.45 – 15.45    Przerwa obiadowa

15.45 – 17.15
III sesja – prowadzenie: Serge Dziomba
– Sandra Cisternas Nunez – „Kwestie etyczne w pracy z dzieckiem autystycznym”
– Agnieszka Kurek – „Trudności pracy z rodzicami dzieci autystycznych i psychotycznych”
 dyskusja

17.15 – 17.30    Przerwa

17.30 – 19.00  
IV sesja – prowadzenie: Jarosław Lipiec 
– Alina Henzel-Korzeniowska – „Oni słyszą” 
– Anna Jankowska – „Najpierw żona… a potem koty. Możliwości i ograniczenia psychoanalizy w oddziale psychiatrii sądowej” 
– Danuta Heinrich – „Gdy Symboliczne zawodzi…” 
 dyskusja

NIEDZIELA 16 czerwca 2013r.

9.30 – 11.00
V sesja – prowadzenie: Przemysław Mączka
– Jarosław Lipiec – „Psychoza zwykła”
– Dorota Parnowska – „Znaczenie identyfikacji dla pacjenta z psychozą zwykłą”
– Grażyna Skibińska – „Przypadek Wacława N.”
 dyskusja

11.00 – 11.15    Przerwa

11.15 – 12.45
VI sesja – prowadzenie: Guy Trobas
– Agnieszka Chojnowska – „Praca podmiotu psychotycznego” 
– Tomasz Gajda – „Asymptota psychozy” 
– Rafał Tyranowski – „Transseksualizm a psychozy” 
 dyskusja

12.45-13.00     Zamknięcie Dni

 

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La Société Hellénique de la NLS en Crète

invite Miquel Bassols, psychanalyste, membre de la NLS, de l’ELP et vice-président de l’AMP,

le 14 et 15 juin 2013

Miquel Bassols animera le vendredi, 14 juin à 19h

une conférence ouverte au public avec comme thème

« Psychose  et mélancolie

deux cas »

au Musée d’Histoire Naturelle, de l’Université de Crète à Héraklion

Le samedi  15 juin, Miquel Bassols animera un séminaire fermé :

10.00- 12.30 séminaire théorique avec comme thème « la structure du sujet au terme du procès psychotique »

12.30-13.30 pause- buffet

13.30-16.30 présentation de deux cas par les équipes de l’hôpital psychiatrique de Rethymnon et de l’hôpital psychiatrique de La Cannée.

Le séminaire fermé se déroulera au local des séminaires en Crète,

84, rue Georgiou Papandreou, Héraklion

Renseignements : tel 0030 6973028246  et 0030 6944880059

Nombre de participants limité

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echoppe

Nouveauté sur
ECF-Echoppe : Le Séminaire VI "Le désir et son
interprétation”

Disponible dés
aujourd’hui au local de l’ECF, 1 rue Huysmans, et à l’achat en ligne en cliquant ici

Le Desir_et_son_interprétation