Le Pont Freudien à Montréal
Pour sa trente-sixième rencontre, le Pont Freudien invite : Dominique HOLVOET
La rencontre aura lieu les 26, 27 et 28 AVRIL 2013.
Psychanalyste à Tournai (Belgique) et psychologue, Dominique Holvoet est le Président de la New Lacanian School (NLS). Il est aussi membre de l’École de la Cause Freudienne (ECF) et de l’Association Mondiale de Psychanalyse (AMP). Il est directeur thérapeutique au Courtil jeunes adultes (institution pour enfants et jeunes psychotiques), enseignant à la Section clinique de Bruxelles et au Collège clinique de Lille. Il est l’auteur de nombreux articles.
Dominique Holvoet traitera lors de la :
1- Conférence : Vendredi 26 avril à 19H30 :
L’impact de la langue sur le corps
2- Séminaires du Champ freudien : Samedi 27 et dimanche 28 avril 2013 :
La psychose ordinaire : l’issue par le symptôme
a. Samedi 27 avril 2013 de 9h30 à 13h : Séminaire de lecture où sera commenté le cas de l’Homme aux loups, de Sigmund Freud.
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Sigmund Freud, “Extrait de l’histoire d’une névrose infantile. (L’homme aux loups)” In Cinq psychanalyses.
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Bibliographie :
Miller Jacques-Alain, “L’homme aux loups (1ère partie)”; In La Cause Freudienne 72, Novembre 2009.
Miller Jacques-Alain, “L’homme aux loups (2ème partie)”; In La Cause Freudienne 73, Décembre 2009.
b. Samedi 27 avril 2013 de 14h30 à 17h : Présentations de cas cliniques par Ruzanna Hakobyan (psychanalyste à Montréal, membre de la New Lacanian School (NLS) et de l’Association Mondiale de Psychanalyse (AMP)) et Reine-Marie Bergeron (psychanalyste à Montréal, membre de la New Lacanian School (NLS) et de l’Association Mondiale de Psychanalyse (AMP)), cas qui seront ensuite commentés par Dominique Holvoet.
c. Dimanche 28 avril 2013 de 10h à 13h : Séminaire théorique : “La psychose ordinaire : l’issue par le symptôme”.
LIEU : UQAM, Local DS-1950. Pavillon J.-A. De Sève (DS), 320 rue Sainte-Catherine Est. Montréal. Métro Berri-Uqam.
Conférence : L’impact de la langue sur le corps.
Comment la langue nous façonne-t-elle ? Comment creuse-t-elle son sillon sur le corps et y laisse des traces ?
Le psychanalyste Jacques Lacan a posé que “L’inconscient est structuré comme un langage”. La matière qui nous constitue comme sujet serait de la matière signifiante. On parle de nous, nous parlons, c’est ce qui nous fait être. Mais le corps là-dedans ? Le corps relève, lui, non pas de l’être, mais de l’avoir : on a un corps. Lorsque les deux, langue et corps, se rencontrent, que se passe-il ? Qu’est-ce que la psychanalyse peut dire de l’impact de la langue sur le corps ?
Séminaires : La psychose ordinaire : l’issue par le symptôme.
Lacan, parti de la forclusion du Nom-du-Père pour rendre compte de la psychose, va, plus tard dans son enseignement, généraliser la forclusion et pluraliser les Noms-du-Père.
Dominique Holvoet reprendra le concept de forclusion chez Lacan, pour ensuite développer la seconde métaphore paternelle et ses conséquences cliniques -pas uniquement dans la psychose, mais dans le déplacement que cela opère dans la psychanalyse elle-même, et donc ses effets sur l’interprétation. Le travail de Lacan l’amène à serrer toujours plus la question du Réel comme ce qui vient donner consistance à la vie via le symptôme.
Quelle fonction le symptôme prend-il alors ? Et quelle différence avec le sinthome ? Ainsi, quelle issue par le symptôme dans la psychose ordinaire ?
Séminaire de lecture : L’homme aux loups, de Sigmund Freud.
Nous tirerons des enseignements du texte de Freud “Extrait de l’histoire d’une névrose infantile” dit “cas de l’homme aux loups”. Nous montrerons le travail d’investigation clinique et de questionnement théorique que ce cas pose à Freud. C’est à partir de la discussion de Freud avec lui-même sur les concepts de Verwerfung et Verdrangung que Lacan va tirer son concept de forclusion. Nous verrons en quoi l’homme au loup est le premier cas de psychose ordinaire dans la psychanalyse, comment ce cas démontre la psychose ordinaire dans le décryptage qu’en fait Freud, avéré ensuite dans la cure avec Ruth Mac Brunswick.
Nous aborderons dans ce fil, les concepts freudiens d’inhibition, de symptôme et d’angoisse, en accentuant la valeur du symptôme, non comme trouble, mais comme régime de jouissance paradoxale qui constitue le dénouement de la fin de la cure.
N’hésitez pas à nous contacter afin d’obtenir des renseignements supplémentaires :
Anne Béraud : anne.beraud@pontfreudien.org 514-814-3958
Ruzanna Hakobyan : rhakobyan@gmail.com 514-260-9959
Geneviève Houde : genevieve.fleuve@gmail.com
Pierre Lafrenière : plaf1@videotron.ca 514-290-6377
Site web : http://www.pontfreudien.org
Cette rencontre du Pont Freudien est reconnue aux fins de la formation continue en psychothérapie et compte pour 12 heures de formation. Une attestation de formation continue en psychothérapie sera remise aux participants.
JE M’INSCRIS AUX RENCONTRES DU PONT FREUDIEN, LES 26, 27 et 28 avril 2013.
NOM : ………………………………………………………..Tél.:…………………
ADRESSE:…………………………………………. CODE POSTAL :……..
COURRIEL : ………………………………………………………….
Tarif pour l’ensemble de la rencontre (incluant la conférence) :
120 $
65 $ étudiants
15 $ pour la conférence seule
10$ étudiants pour la conférence seule.
Joindre un chèque à l’ordre de Anne Béraud, 703 avenue McEachran, Montréal, Qc, H2V 3C8.
Il est possible de s’inscrire sur place.
Cette année 2012-2013, le Pont Freudien organise 3 rencontres sur la PSYCHOSE ORDINAIRE :
– 26, 27 et 28 octobre 2012 : Alexandre Stevens.
– 22, 23 et 24 mars 2013 : Guy Briole.
– 26, 27 et 28 avril 2013 : Dominique Holvoet.
Compte-rendu de la 35è rencontre du Pont Freudien à Montréal
sur la psychose ordinaire
Par Anne Marché Paillé
Les 22, 23 et 24 mars 2013 a eu lieu à l’Université du Québec à Montréal la 35e rencontre du Pont Freudien. La rencontre s’est déroulée en trois temps. La première journée a été consacrée à deux conférences, l’une portant sur la pratique orientée de la psychanalyse lacanienne en institution médico-pédagogique pour enfants et adolescents psychotiques et autistes en Espagne, présentée par Marta Serra ; la seconde sur le traumatisme, donnée par Guy Briole. Les deux journées suivantes ont été consacrées à la question de la psychose ordinaire traitée par Guy Briole dans le cadre de Séminaires du Champ Freudien.
Enfin, une soirée a été organisée sur la passe, faisant une place toute particulière au témoignage de Guy Briole comme A.E., lors de laquelle il nous parla de l’amour.
C’est Marta Serra, psychanalyste à Barcelone, membre de l’ELP et de l’AMP, qui a ouvert les travaux par une conférence intitulée « Le travail avec les enfants psychotiques : comment leur faire une place ? » Elle y a témoigné du « travail à plusieurs », exposant comment le travail était réalisé au un par un dans le respect des trouvailles que chaque enfant invente pour se tenir dans la vie et habiter le monde qui l’entoure. Marta Serra a montré comment chacun d’entre eux était accueilli et accompagné dans la singularité de son symptôme par une équipe de professionnels travaillant ensemble à un tissage très fin du psychologique et de l’éducatif. Les vignettes cliniques que Marta Serra a dépliées ont été d’une grande richesse, permettant notamment de mesurer l’importance accordée par chacun des intervenants, enseignants, éducateurs, tuteurs, psychologues, au principe de se laisser enseigner par l’enfant. L’auditoire de la conférence était composé essentiellement d’étudiants et de cliniciens qui ont posé à Marta Serra de nombreuses questions au sujet du traitement pharmacologique, des relations avec les familles, de l’après institution. L’humilité et la générosité avec laquelle Marta Serra a témoigné de sa pratique a permis une transmission des plus précieuses pour un public nord-américain certes peu accoutumé aux institutions médico-pédagogiques orientées par la psychanalyse, mais extrêmement attentif et intéressé. Cette conférence destinée aux étudiants sur l’heure du midi inaugurait une collaboration entre le Pont Freudien et une Association d’étudiants en doctorat de psychologie.
Le soir, Guy Briole, membre de l’ECF et de l’AMP, AE en exercice, a fait porter une conférence intitulée « Regard sur la modernité du traumatisme » sur la place du traumatisme dans le discours hypermoderne et dans la pratique. Le propos a été de pointer la centralité du regard dans le traumatisme. L’effraction du traumatisme, c’est d’abord la fulgurance d’un regard qui ne s’oublie pas dans la rencontre avec la mort, la sienne ou celle de l’autre. C’est ensuite le lancinant regard porté par l’autre sur la tache honteuse et indélébile du traumatisé, lui-même objet du regard d’un autre, objet du jugement. C’est aussi le regard porté par les soignants et intervenants exposés, quant à eux, non seulement à la fascination du trauma mais au trauma lui-même : « avec le traumatisme pas d’anticipation, seulement l’effet de surprise de la brutalité du déchirement du voile qui recouvrait le réel », dit Guy Briole. Le regard sur le trauma porte les marques de la modernité, avec, provenant du corps social et politique, mais aussi parfois des praticiens mêmes, cette volonté farouche que le sujet n’en dise rien, les menant jusqu’à intervenir directement sur le symptôme. Dans quelle langue dire ce qui relève de ce que Guy Briole a appelé « la marque de l’homme », c’est-à-dire de ce qui, dans le trauma, « fait mémoire de l’homme comme être parlant » ? Comment mettre au travail la part qui revient au sujet ? Guy Briole nous a offert en réponse la position éthique de Jorge Semprun : « il faut que je fabrique de la vie sur toute cette mort ».
Le séminaire avait pour titre : « La psychose ordinaire et le psychanalyste : clinique et acte ». Il s’est ouvert par le séminaire de lecture avec une lecture serrée du chapitre XVI « Les corps attrapés par le discours », du Séminaire XIX … ou pire, de Jacques Lacan. Guy Briole nous a donné une lecture de ce chapitre en exposant comment dans le dernier enseignement de Lacan va se développer une autre conception de la subjectivité dans laquelle le sujet cède la place au parlêtre : certains signifiants que le sujet prélève dans le monde extérieur vont affecter le monde intérieur qui est le sien, faisant de lui un parlêtre. L’action, c’est quand le corps prend acte de l’impact du signifiant. Lors du passage du primat de l’Autre à celui de l’Un, la jouissance supplante le désir. Guy Briole a exposé les conséquences de ce glissement dans le rapport au réel en fin d’analyse en articulant le passage de l’ontologie de l’être un corps à l’hénologie d’avoir un corps. Il s’agit dès lors du passage du désir à la jouissance, de la traversée du fantasme au réel incurable considéré comme impossibilité logique.
Le séminaire clinique s’est déroulé autour de deux cas. Le premier, présenté par Anne Marché Paillé qui a rencontré le sujet quelques fois en tant que conseillère d’orientation, il s’agissait d’un cas de psychose non floride à propos d’un sujet qui, à aucun moment de son existence, ne trouve sa place. Le défaut dans le symbolique est repéré du côté de l’impossibilité à faire lien.
Dans le second cas, Anne Béraud a exposé le travail d’un sujet en analyse depuis 5 ans : un cas de psychose ordinaire, où le sujet face à un corps dont l’espace n’est pas défini, devait chaque matin s’astreindre à une série de bricolages singuliers comme condition pour retrouver son propre corps et le séparer de l’espace dans lequel elle va évoluer. Progressivement, le sujet a trouvé de quoi se fabriquer un corps avec les mots de l’analyse et avec les mots de la poésie qu’elle écrit. Ici, l’analyse fait ici partie du sinthome. Dans son commentaire des deux cas, Guy Briole a insisté sur la formule de Jean-Pierre Deffieux dans La conversation d’Arcachon (1997) qui dit que le sujet psychotique ordinaire est un psychotique en costume de névrosé.
Guy Briole a poursuivi par un séminaire théorique intitulé « La psychose ordinaire et le psychanalyste : clinique et acte ». En s’appuyant sur l’indication de J.-A. Miller à Arcachon « la psychose ordinaire, ce n’est pas de l’à-peu-près », Guy Briole a montré, justement, comment c’était très précis. Le syntagme inventé par J.-A. Miller à Arcachon ne renvoie pas à un concept ou à une catégorie. Il s’inscrit dans une clinique borroméenne où le nouage vaut pour le sujet, qu’il dispose ou pas du Nom-du-Père. La psychose ordinaire est d’abord une psychose. La clinique des psychoses comprend la clinique florissante de la psychose extraordinaire et celle de la psychose ordinaire qui se repère aux franges. Ce n’est pas non plus une psychose non déclenchée dont le nouage se serait fait très tôt. Dans la psychose ordinaire, la forclusion tend à être compensée, par ajustement, à l’aide d’un faire-croire au Nom-du-Père, le compensatory make believe forgé par J.-A. Miller (2009), mais l’Autre n’existe pas. Pour l’analyste, cela implique un acte en conséquence : une pratique du plus ou moins, une pratique de l’ajustement.
Une soirée sur la passe qui avait été préparée par les participants avec la lecture des différents témoignages de passe de Guy Briole, a conclu ces quatre journées montréalaises. Elle fut consacrée à l’amour. Anne Béraud a introduit la soirée par une présentation de la procédure de la passe. Guy Briole est parti de l’amour, voie par laquelle opère la psychanalyse, amour porté au savoir supposé à l’analyste. L’amour est aussi ce qui tente de recouvrir le y’a pas du rapport sexuel. Si Lacan souligne dans Les non-dupes errent : « ce à quoi les corps tendent, c’est à se nouer. Ils n’y arrivent pas », il finira ce séminaire en disant « qui n’est pas amoureux de son inconscient erre ». La condition pour ne pas errer, c’est d’aimer son inconscient, c’est-à-dire aimer le savoir supposé à l’analyste. Mais à la fin de l’analyse et du vidage du sens qui s’y est produit, on peut se demander si l’on peut continuer à aimer. Guy Briole explique comment la chute du supposé savoir, par conséquent la chute de l’amour pour son inconscient, ouvre sur ce qu’il appelle l’amour civilisé, c’est-à-dire le désir de l’analyste. L’amour civilisé serait un amour au prix d’avoir accepté ce ratage, c’est-à-dire un amour séparé de la demande infinie que suppose l’amour. Alors, la question de l’amour, pour un homme, peut se poser du côté du pas-tout en passant de comment l’autre vous aime à comment, cet autre, on l’aime. Cette lecture de l’amour autoriserait alors à sortir du piège de l’amour qui consiste à offrir ce qu’on n’a pas qui suppose une demande où le partenaire se trouve aliéné. Dans ce nouvel amour il s’agirait plutôt d’un intérêt singulier pour l’autre sans exigence de réciprocité. Et donc, pour l’homme, le premier pas c’est d’entendre que c’est comme pas-toute qu’une femme aime.
L’exposé fut suivi d’une conversation entre les participants et Guy Briole.
L’ensemble de cette rencontre fut une vraie réussite, d’une part en raison de la qualité des interventions des deux invités que nous remercions chaleureusement pour leur généreux apport à la psychanalyse au Québec, d’autre part par le nombre de participants (salle pleine à chacune des activités), et pour finir par cette exceptionnelle soirée sur la passe.
Québec, le 5 avril 2013.
18th and 19th May 2013 | XIth NLS Congress in Athens 18 et 19 mai 2013 | XIè Congrès de la NLS à Athènes
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Le Pont Freudien à Montréal
Pour sa trente-cinquième rencontre, le Pont Freudien invite : Guy BRIOLE
les 22, 23 et 24 MARS 2013.
Psychanalyste, psychiatre et Professeur à l’hôpital du Val-de-Grâce (directeur de l’École de Médecine du Val-de-Grâce) à Paris, Guy Briole est membre de l’École de la Cause Freudienne (ECF) dont il a été le Président (1997-98), de la Escuela Lacaniana de Psicoanálisis (ELP) et de l’Association Mondiale de Psychanalyse (AMP). Il enseigne au département de psychanalyse de l’université Paris VIII. Il fut le coordonnateur de la Red assistencial à Madrid lors des attentats du 11 mars 2004. Il a publié plusieurs ouvrages et il est l’auteur de plus de 500 articles. Guy Briole est AE (Analyste de l’École) en exercice depuis novembre 2010.
Guy Briole traitera lors de la :
1- Conférence : Vendredi 22 mars à 19H30 :
Regards sur la modernité du traumatisme
2- Séminaires du Champ freudien : Samedi 23 et dimanche 24 mars 2013 :
La psychose ordinaire et le psychanalyste : clinique et acte
a. Samedi 23 mars 2013 de 9h30 à 13h : Séminaire de lecture où sera commenté le chapitre XVI “Les corps attrapés par le discours“; du Séminaire XIX … ou pire, de Jacques Lacan.
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Jacques Lacan, Séminaire XIX … ou pire, Ed. du Seuil, Paris 2011. Chapitre XVI.
b. Samedi 23 mars 2013 de 14h30 à 17h : Présentations de cas cliniques par Anne Béraud (psychanalyste à Montréal, membre de la New Lacanian School (NLS) et de l’Association Mondiale de Psychanalyse (AMP)) et Anne Marché Paillé (Ph.D. conseillère d’orientation), cas qui seront ensuite commentés par Guy Briole.
c. Dimanche 24 mars 2013 de 9h30 à 13h : Séminaire théorique : “La psychose ordinaire et le psychanalyste : clinique et acte”.
LIEU : UQAM, Local DS-1950. Pavillon J.-A. De Sève (DS), 320 rue Sainte-Catherine Est. Montréal. Métro Berri-Uqam.
Conférence : Regards sur la modernité du traumatisme.
Le traumatisme fascine car il nous regarde tous, au hasard des rencontres avec le réel. Le traumatisme exerce cette irrésistible attraction par cette contingence qui fait que, dans l’effraction traumatique, c’est d’une rencontre avec la mort qu’il s’agit, la sienne, celle des autres. La modernité expose encore plus le sujet aux rencontres avec le réel et, des réponses qu’il reçoit, dépend son devenir.
Séminaires : La psychose ordinaire et le psychanalyste : clinique et acte.
La psychose ordinaire ce n’est « pas de l’à peu près » est une indication que donne Jacques-Alain Miller lors de la Conversation d’Antibes. Nous voulons ainsi montrer qu’il ne s’agit pas là d’un concept où pourraient se loger toutes les incertitudes diagnostiques. Au contraire, il s’agit de la clinique très précise d’une approche de la psychose ; celle que permet le dernier enseignement de Lacan qui insiste sur le nouage singulier à chaque sujet. Ainsi, ce concept n’est pas une nouvelle catégorie nosologique, mais il rend compte d’une grande variété de solutions stables trouvées par des sujets : parfois seuls, parfois dans un travail avec un analyste.
Séminaire de lecture : Jacques Lacan, Séminaire XIX … ou pire. Chapitre XVI « Les corps attrapés par le discours ».
Au reproche que l’on faisait à Lacan de ne pas avoir parlé du corps, il répondait : « du corps, je n’ai parlé que de ça ». Son enseignement nous conduit là où se révèle l’erreur des phénoménologues. En effet, pour Lacan, la perception suppose une implication subjective.
À la fin de son enseignement, le sujet, où prévaut le symbolique, cède sa place au parlêtre qui va marquer cette greffe d’un être sur le corps et la prééminence du réel. Passé du primat de l’Autre à celui de l’Un, la jouissance supplante le désir. Nous en verrons les conséquences dans le rapport au réel en fin d’analyse.
N’hésitez pas à nous contacter afin d’obtenir des renseignements supplémentaires :
Anne Béraud : anne.beraud@pontfreudien.org 514-814-3958
Ruzanna Hakobyan : rhakobyan@gmail.com 514-260-9959
Geneviève Houde : genevieve.fleuve@gmail.com
Pierre Lafrenière : plaf1@videotron.ca 450-434-9596
Site web : http://www.pontfreudien.org
Cette rencontre du Pont Freudien est reconnue aux fins de la formation continue en psychothérapie et compte pour 12 heures de formation. Une attestation de formation continue en psychothérapie sera remise aux participants.
JE M’INSCRIS AUX RENCONTRES DU PONT FREUDIEN, LES 22, 23 et 24 mars 2013.
NOM : ………………………………………………………..Tél.:…………………
ADRESSE:…………………………………………. CODE POSTAL :……..
COURRIEL : ………………………………………………………….
Tarif pour l’ensemble de la rencontre (incluant la conférence) :
120 $
65 $ étudiants
15 $ pour la conférence seule
10$ étudiants pour la conférence seule.
Joindre un chèque à l’ordre de Anne Béraud, 703 avenue McEachran, Montréal, Qc, H2V 3C8.
Il est possible de s’inscrire sur place.
Cette année 2012-2013, le Pont Freudien organise 3 rencontres sur la PSYCHOSE ORDINAIRE :
– 26, 27 et 28 octobre 2012 : Alexandre Stevens.
– 22, 23 et 24 mars 2013 : Guy Briole, psychanalyste et psychiatre à Paris (AE 2010-2013), membre de l’Association Mondiale de Psychanalyse (AMP) et de l’École de la Cause Freudienne (ECF).
– 26, 27 et 28 avril 2013 : Dominique Holvoet, psychanalyste à Tournai (Belgique), directeur thérapeutique au Courtil jeunes adultes, enseignant à la Section clinique de Bruxelles et au Collège clinique de Lille, Président de la New Lacanian School (NLS) et membre de l’Association Mondiale de Psychanalyse (AMP) et de l’École de la Cause Freudienne (ECF).
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Une conférence, organisée conjointement par le CARPH (Centre d’Activités et de Références Psychodynamique et Humaniste) et le Pont Freudien, aura lieu :
Vendredi 22 mars 2013 de 12h30 à 14h00, à l’UQAM, Local DS-1950. Pavillon J.-A. De Sève (DS), 320 rue Sainte-Catherine Est. Montréal. Métro Berri-Uqam.
« Le travail avec les enfants psychotiques : comment leur faire une place ? »
par Marta Serra
« Nous parlerons du travail en institution mais, surtout, nous parlerons de la singularité au cas par cas, de la souffrance subjective, de garçons, de filles qui ont d’importantes difficultés pour trouver un lieu digne pour habiter le monde et la vie, aussi de l’importance du dialogue entre les professionnels, de l’accompagnement des familles et d’une éthique de l’abord de la psychose. »
Marta Serra est psychologue, psychanalyste à Barcelone (Espagne), membre de l’Association Mondiale de Psychanalyse (AMP) et de la Escuela Lacaniana de Psicoanálisis (ELP). Collaboratrice de l’Institut du Champ freudien à Barcelone, elle enseigne aussi la théorie de Lacan dans un Cours d’enseignement universitaire privé. Elle travaille également dans une Institution pour enfants psychotiques et autistes.
Entrée libre et gratuite.
CARPH Le Pont Freudien
http://www.carph.uqam.ca/ www.pontfreudien.org
514 814 39 58
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Les cartels électroniques au travail
Compte rendu du premier tour
Vers le Congrès de la NLS à Athènes : « Le sujet psychotique à l’époque Geek »
Par Despina ANDROPOULOU, déléguée aux cartels
Dix-sept cartels dont les membres proviennent des quatre coins du monde depuis la Russie et l’Australie jusqu’au Canada et le Portugal, de l’Irlande jusqu’à la Pologne et Israël, ont entrepris de travailler sur ce que l’on pourrait définir comme la psychose lacanienne au XXIe siècle. Le travail consiste en la présentation d’une vignette clinique par chacun des dix-sept cartels, vignette qui dans un second temps est discutée en petits groupes de deux cartels (un de trois) et élaborée par un extime.
Les cartels nous enseignent…
À l’orée de la publication du DSM-5, à savoir de la médicalisation de l’existence et des émotions, de la demande de réponses et de solutions simples, du recours immédiat au médicament, de l’extension de la clinique par le trouble, le syndrome et l’item, de la réduction du ratage entre signifiant et jouissance au gène moléculaire, du règne de l’un tout seul et du gadget en tant que « répondant parasexué »[1], les travaux présentés montrent que la clinique lacanienne du parlêtre détermine une expérience qui conduit chaque sujet à une éthique de la responsabilité de son mode singulier de jouissance. Il s’agit d’une clinique pragmatique qui se sert des modalités discursives du parlêtre pour démontrer la logique de la structure, à savoir « du réel qui se fait jour dans le langage »[2].
Ayant comme boussole la clinique orientée par le réel, nous essayerons de faire le bilan de ce premier tour des travaux des cartels électroniques, en nous référant aux axes suivants :
1) Les circonstances dans lesquelles le sujet s’adresse à un analyste, une fois ses solutions mises en échec.
2) Le statut du désordre vécu sur les trois registres : réel, symbolique et imaginaire.
3) Le maniement du transfert et son aboutissement sur les deux versants de la suppléance et du sinthome, dans certains cas la cure étant elle-même un mode de stabilisation.
1) Vacillements d’une réponse ordinaire
Si la psychose comme la névrose et la perversion sont des réponses ordinaires à la question du comment se constitue un être parlant à partir de la jouissance qui le cause, le sujet psychotique s’adresse au psychanalyste lorsque pour des raisons de contingence – qui sont à découvrir dans chaque cas –, les semblants vacillent, laissant le sujet perplexe face à l’énigme de l’existence et provoquent des phénomènes qui vont de la déstabilisation et des petits débranchements jusqu’au déclenchement de la psychose dite classique. Pourtant dans la majorité des cas, il a été possible de repérer dans l’anamnèse des sujets de discrètes déconnections de l’Autre voire des moments féconds de la psychose qui ont alors été traités de façon singulière par le sujet et qui méritent, certainement, d’être explorés au profit du traitement du réel lors de la cure.
Le sujet psychotique s’adresse à l’analyste quand le recours à un discours établi s’avère impossible.
Plus précisément, on peut constater que dans certains cas un événement marque un après et un avant, introduisant une certaine discontinuité dans la vie du sujet. Ainsi, des événements liés à la perte d’un autre, tenant lieu de moi idéal (a-a’), comme la mort d’un proche (mort du père dans le cas du cartel 2, mort du grand-père dans le cas du cartel 3, mort de la sœur dans le cas du cartel 8) ou la séparation avec son alter ego (cas du cartel 1) mettent en cause les identifications –qui jusque-là maintenaient le sujet – et leur fonction d’agrafe. La fragilité de ces identifications labiles dénote la carence de la fonction du trait unaire qui assure la stabilité de la structure grâce à la fixation de l’être sous un S1. Le sujet ne disposant pas d’un signifiant pour parer au non-sens, reste en plan devant le trou du réel et perplexe devant l’énigme de sa propre existence.
Dans la série des événements spécifiques qui amènent chez un analyste, on pourrait inclure le cas d’une patiente écrasée par les paroles de son compagnon (cas du cartel 4) car elles visent son être de comédienne. Dans ce cas, l’axe imaginaire stabilisant se brise, lorsque les paroles de l’autre obtiennent la certitude de la malveillance provoquant l’effondrement des semblants du sujet.
Dans un autre cas, c’est l’échec de la vie monastique comme suppléance à l’errance subjective qui date depuis l’enfance et le fait de vivre une vie conformiste où il est branché sur les autres (cas du cartel 13), qui amènera le sujet à l’analyste. La voix et le regard, deux bouts de réel non symbolisés, font effraction dans le symbolique et rendent le lien social choisi intolérable.
La rencontre avec un Autre dont le sujet se croit être le complément indispensable est le moment du déclenchement d’un délire passionnel où le pousse-à-La-femme vient à la place du signifiant qui n’existe pas, alors que l’amour non dialectisable oriente le sujet jusqu’au bout du sacrifice (cas du cartel 12). La localisation de la jouissance dans l’Autre poussera un autre sujet à s’adresser à l’analyste pour acquérir un savoir-y-faire avec la certitude délirante que les abus commis au détriment des abeilles le visent personnellement (cas du cartel 17). Dans un autre cas, la jouissance qui se situe dans l’Autre en le rendant méchant (paranoïa) met le corps dans une complète dépendance par rapport à celui-ci, et le sujet réduit à l’être de son corps (dépersonnalisation)[3] devra s’adresser à un analyste pour éviter l’effondrement (cas du cartel 9). Le retour de la jouissance dans le corps réel quand le corps perd sa texture symbolique ainsi que la persécution par l’Autre conduisent à l’analyste un autre sujet craignant l’autonomisation de son corps au moment de la grossesse (cas du cartel 7). Les conséquences mortifiantes de « l’identification réelle au déchet » et de la vie désespérée qui fait vomir furent les raisons de la rencontre avec un analyste pour d’autres sujets qui se trouvent sans l’abri d’aucun discours établi (cas des cartels 14 et 15). Dans un pareil état d’indécision fondamentale de l’être se trouve également la jeune fille qui décide de choisir la parole au lieu de se jeter par la fenêtre quand l’angoisse provoquée par l’énigme du corps devient insupportable (cas du cartel 5). Dans le cas du petit Léo ce sont les effets de l’énigme que l’holophrase « mère » lui pose, en activant l’axe imaginaire sous forme d’agression, qui conduisent ses parents à solliciter l’aide d’un analyste (cas du cartel 11).
Enfin, l’aggravation de la lâcheté morale, du désordre qui arrive « au joint le plus intime du sentiment de la vie chez le sujet »[4] fut la raison qui a conduit un autre sujet dans le cabinet de l’analyste. Il s’agit d’une psychose sans phénomènes élémentaires, troubles de langage ou délire, marquée plutôt par un vide subjectif interne et une absence de boussole, une perte de sens esquissant le tableau de ce que J.-C. Maleval décrit comme une « clinique du désert » que l’on peut lire selon l’axiomatique de la clinique continuiste. C’est le cas du jeune homme qui malgré sa réussite sociale vit comme si chaque jour était le « jour de la marmotte » et comme si depuis son enfance il était « un mannequin » (cas du cartel 6).
Ce qui est tout à fait important de souligner, c’est le choix de l’analyse, choix corollaire d’une éthique, que certains sujets mettent en avant dès leur première rencontre. Leur choix relève de la volonté de traiter la cause du désordre qui les afflige par le biais de l’adresse de la parole à un autre qui respectera leur style de vie. « Je veux être heureuse […] J’espère que vous n’allez pas me transformer. Mon orientation sexuelle est lesbienne et je veux la conserver » (cas du cartel 1). « Je ne veux pas oublier ce qui m’est arrivé, ni l’effacer. Je veux comprendre » (cas du cartel 4). « Je ne veux pas trouver un refuge dans les médicaments encore une fois, les médicaments voilent la cause et la laisse intraitable » (cas du cartel 7).
2) Effets de la rupture du nouage des trois instances (RSI)
Procédons à présent d’une part aux conséquences de l’absence du fantasme, du petit délire, par « où se constitue pour chacun sa fenêtre sur le réel »[5] servant ainsi de rempart contre celui-ci, et d’autre part aux conséquences de l’absence ou du ratage du symptôme qui assure comme quatrième rond le nouage des nœuds, aboutissant à une désorganisation de la structure plus ou moins importante.
L’expérience de la dépression vécue comme un vide irréductible et irréparable et l’angoisse de la mort imminente, souvent sous forme d’attaque de panique (cartel 1, 2, 3, 7 et 14) s’avèrent être les formes les plus courantes du désordre quand le sujet se trouve « hilflos » et perplexe devant la perte de sens de l’existence.
Dans certains cas la déconnection des trois registres amène à l’absence de toute jouissance jadis investie à la pensée et aux objets (manque de concentration, isolement, errance, banalité de la vie quotidienne). Dans au moins un cas, l’incorporation signifiante de l’organisme s’avère défaillante (cartel 5 : le nez comme bouché, les yeux – barrière sur ma peau) et l’étrangeté du corps, son non habitation par le langage, amène jusqu’à la crainte de son autonomisation (cartel 7) ou son éparpillement (cartel 14).
On a pu aussi remarquer que la quête d’une issue au moment où ce qui est forclos du symbolique fait retour dans le réel du corps pousse souvent au passage à l’acte. Les automutilations assurent l’appropriation du corps et la constitution de son image (le sang qui coule est beau, les cicatrices enlaidissent les bras, cartel 1) mais aussi la séparation momentanée avec le réel qui leste le vivant, réalisant de cette façon un point d’arrêt à la jouissance mortifiante, voire à la culpabilité, autre nom de la douleur morale du sujet mélancolique (cas des cartels 1, 14 et 15). La consommation de drogues est aussi une pratique de séparation avec l’Autre qui apaise, voire anesthésie le corps, une tentative pourtant ratée à cause de son effet mortifiant (cas des cartels 3 et 14). La consommation d’alcool ayant la même fonction de séparation, assure dans un autre cas un lien social a minima (cas du cartel 8).
Dans un autre registre, la mort et le sacrifice comme destins s’esquissent aussi quand le pousse-à-La-femme, effet de la volonté d’un sujet féminin d’incarner l’objet qui anime l’Autre idéalisé – l’entraîneur qui aide à maigrir –, conduit le sujet à l’idée de se donner la mort en s’identifiant dans son délire érotomaniaque au grand-père qui s’est suicidé ainsi qu’à sa femme-cause de son suicide (cas du cartel 12). Dans un autre cas, la privation de la nourriture assure un corps idéal osseux, version de l’objet réel, qui se donne comme proie au regard du père « Lion » (cas du cartel 14). L’amour platonique semble être une bonne issue pour se défendre contre le ravage dû à l’identification réelle à l’objet d’un Autre méchant (cas des cartels 14 et 15).
Sur le registre imaginaire, on repère des phénomènes importants allant de l’inconsistance de l’image du corps (régression topique au stade du miroir) jusqu’à l’activation de l’axe imaginaire[6] sous forme d’agressivité et d’attaque de l’autre qui, dans le miroir, « se réduit à son tranchant mortel » (cf. cartel 2 et 16).
Citons ici le cas de la jeune femme qui se trouve confrontée à la facticité de la constitution de l’image de son corps – elle ne peut plus voir son reflet dans le miroir, elle se voit regarder la scène en dehors de son corps – au moment où l’autre qui était convoqué pour confirmer son moi idéal, ne le soutient plus (cartel 6). Un autre sujet se sent séparé de son corps après la mort de son père, faisant l’épreuve des conséquences de la déconnection de l’image du corps et du corps vivant lorsque le symbolique ne parvient pas à « mordre » sur le corps (cartel 8).
Dans le cas de l’attaque de l’autre, c’est « le kakon de son propre être que l’aliéné cherche à atteindre dans l’objet qu’il frappe »[7] (cartel 2 et 16) et qui assure une certaine revitalisation de l’ego-corps[8].
Dans des cas de psychoses plus aigües on constate que « tout le symbolique est réel »[9]. C’est le cas du sujet schizophrène qui mange les mots et pour qui chaque mot a son goût et son odeur, en nous rappelant que s’ « il n’y a pas de discours qui ne soit du semblant, il y a un délire qui est du réel et c’est celui du schizophrène (…), dans la perspective du schizophrène, le mot n’est pas le meurtre de la chose, il est la chose »[10].
Dans un autre cas, c’est la gélification des signifiants qui ne permet pas l’extraction de l’objet que le sujet aura désormais « dans sa poche ». Pour le petit Léo, le signifiant « mère » est une holophrase, qui devient un S1 insensé comme un phénomène élémentaire « manifestant l’état originaire de la relation du sujet à lalangue » et « mettant en évidence la xénopathie foncière de la parole »[11]. Preuve du défaut de « significantisation » de la jouissance qui s’ensuit, c’est-à-dire de la défense contre le réel, est l’hallucination visuelle qui est articulée par le sujet comme « la tête de la mère encadrée ». Le délire de persécution par le monstre est une tentative d’élever la jouissance non significantisée à une dimension symbolique (cas du cartel 16).
Dans d’autres cas encore, on constate que les obsessions et les délires de persécution sont des défenses contre le réel envahissant. Le sujet donne un nom à sa souffrance (« dépression », « lesbienne » cas du cartel 7), invente un Autre méchant (délire de persécution, cas des cartels 3, 7, 9 et 17), se fait l’exception pour contrer la déréliction de l’être à travers une idée mégalomaniaque (« meilleur que Picasso » cas du cartel 2) ou bien construit une théorie pour interpréter la cause de son angoisse fondamentale (cas du cartel 3). Or, toutes ses manœuvres et interprétations assurent un traitement du réel précaire étant donné qu’elles vont à l’infini.
Quand l’imaginaire et le symbolique se dénouent, ce qui prévaut c’est l’absence du « je » sous des formes diverses : le doute et la critique des actions et des pensées (cas du cartel 8), l’observation passive du monde, autre nom de « l’externalité subjective »[12], la compréhension des règles sociales et leur l’application conformiste faute de significantisation (cas des cartels 5, 6 et 8), l’expérience altérée du temps (le temps va trop vite et trop lentement, fragmentation du temps en jours isolés, cas des cartels 5 et 6), la perte du sens de la vie (cas du cartel 13), l’errance subjective (le sujet se sent perdu, non défini, cas du cartel 6), l’incapacité d’interpréter ses rêves (cas du cartel 9) ou l’autonomisation de la chaîne signifiante (cas du cartel 6). Un autre effet est celui de l’isolement et de la rupture avec le lien social. Il s’agit, en général, des traits discrets du débranchement de l’Autre que l’on rencontre chez des sujets qui mènent une vie en apparence ordinaire.
3) Orientation de la cure. Suppléances et sinthomes
Le fait que le sujet psychotique ait « l’objet dans la poche » contraint l’analyste à la modestie en lui donnant la possibilité de devenir son compagnon[13]. La position du compagnon exclut celle du maître, celui qui incarne le savoir, et en même temps oriente l’analyste à devenir pour le sujet psychotique « comme un sinthome l’aide contre ce qui le pousse jusqu’à La femme dans sa rencontre avec l’Un-père, une aide contre son “ sans raison ″ qui lui serve d’appui contre le signifiant de l’Autre qui n’existe pas »[14].
À travers ces dix-sept cas, nous avons pu constater que le travail analytique consiste à soutenir et accompagner des solutions singulières du sujet, maniant le transfert de façon « à comporter un vidage destiné à rendre plus supportable l’adresse que le sujet psychotique se voit occuper au regard de l’Autre auquel il a affaire »[15].
On pourrait distinguer trois catégories de traitement du réel lors de la cure analytique : 1) la suppléance par l’identification à l’autre et la suppléance par un S1, 2) le sinthome et 3) la stabilisation à travers le rapport à l’analyste.
Dans certains cas (cas des cartels 6 et 8), c’est l’autre qui devient la boussole, le guide, le soutien du sujet et supplée à ce qui n’existe pas pour voiler le trou. « Il faudra que le sujet porte la charge de cette dépossession du signifiant et en assume la compensation longuement dans sa vie par une série d’identifications purement conformistes à des personnages qui lui donneront le sentiment de ce qu’il faut faire pour être un homme »[16], remarque Lacan dans son Séminaire sur Les psychoses. Or, cette solution s’avère insuffisante à combler le trou, raison pour laquelle d’autres solutions devraient être élaborées. Le cas de la psychose ordinaire de versant schizophrénique est paradigmatique de la personnalité « as if » d’un sujet tout au long de sa vie (cas du cartel 6) mais à un certain moment cette suppléance ne suffit pas et c’est le corps sportif qui assure un certain raboutage de l’ego. Citons encore le cas de l’artiste (cas du cartel 8), pour qui, être le clown de l’autre ou suivre le semblable dans un conformisme absolu ne suffit pas à apaiser l’angoisse. L’automaton du travail sur ses productions, par contre, ayant une valeur plutôt sinthomatique, l’éloigne de la critique incessante de ses actions et de ses pensées et lui permet de mener une vie plus ou moins ordinaire.
La suppléance par le biais d’un S1 offre dans certains cas une identité assurant le lien social. C’est le cas de la « comédienne » (cas du cartel 4) pour qui, faute d’assises subjectives stables, le rôle devient sa façon d’être lui permettant de s’éloigner du vide et de s’assurer une place dans l’Autre social. Dans la même logique, un autre sujet féminin traite l’angoisse envahissante par des noms qui désignent un rôle social : « enseignante » comme sa mère, « mère », « épouse » (cas du cartel 7).
Sur le versant du sinthome, traiter le regard non phallicisé par le biais du métier d’opérateur de prise de vue au cinéma semble être une solution assez solide puisque que le sujet s’avère déterminé et certain de son choix. « Cadrer » l’objet devient le quatrième nœud qui vient à la place de l’objet a condensateur de jouissance (cas du cartel 16).
L’écriture comme tentative de solution sinthomatique est un choix apaisant dans plusieurs cas : l’écriture des mots (cas du cartel 1), des emails et des illustrations (cas du cartel 15) au lieu de s’automutiler devient une invention qui assure la limitation de la jouissance non plus sur le corps réel mais sur une feuille de papier ou un blog électronique assurant ainsi une métaphorisation de la coupure. L’écriture d’arguments – qui autrement devraient être plaidés au tribunal – sur un blog permet la localisation de la jouissance, l’apaisement du délire de persécution et assure une certaine stabilisation au sujet. L’écriture d’un scénario de film pourrait être une solution heureuse pour un autre sujet si la fiction ne devient pas la façon de construire un Autre méchant consistant, à travers des nominations univoques (cas du cartel 2).
Last but not least, dans les cas où les phénomènes de laisser tomber du corps sont inquiétants et le sujet est démuni d’un abri lors de l’invasion du réel, la relation au clinicien, à l’analyste, désigne une agrafe marquant un point d’arrêt au déferlement de la jouissance. Ainsi, dans les passages à l’acte auto ou hétéro-agressifs par exemple, qui sont « une façon de donner un nom, [les cliniciens se sont servis] des éléments signifiants que leur donne le sujet. Il s’agit de ce qu’il dit mais aussi bien des éléments qui permettent de les guider dans le dialogue avec le sujet sur ce que parler veut dire. [Ils ont] visé à l’horizon l’effet de silence, de pause, de stabilisation […] [Ils se sont] mis à l’écoute de la psychose pour apprendre de lui les éléments non-standards qu’il fait fonctionner comme points d’arrêt, […] comment il réussit à introduire du silence et pouvoir eux-mêmes savoir comment ils peuvent l’aider à introduire, à manier la coupure »[17] (cas des cartels 1, 2, 5, 15 et 16).
Alors que nous arrivons à la fin de ce premier tour des cartels électroniques, je tiens à remercier les Plus-Uns pour leur fructueuse contribution à la présentation des cas et à la coordination des cartels, les extimes pour la remarquable élaboration des cas et bien évidemment les membres des cartels pour leur précieux travail.
[1] Lacan J., Intervention au 7e congrès de l’École Freudienne de Paris à Rome, « La troisième », Lettres de l’École Freudienne, n°16, Paris, 1975, p. 203.
[2] Lacan J., « L’étourdit » (1972), Autres écrits, Paris, Le Seuil, 2001, p. 476.
[3] « La psychose ordinaire », La Convention d’Antibes, Le Paon, Agalma-Le Seuil, 1999, p. 14.
[4] Lacan J., « D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose », (1957-1958), Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 558.
[5] Lacan J., « Proposition du 9 octobre 1967 sur le psychanalyste de l’École », Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 254.
[6] Lacan J., « D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose », (1957-1958), Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 568.
[7] Lacan J., « Propos sur la causalité psychique » in Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 175.
[8] Commentaire de Geert Hoornaert.
[9] Lacan J., Écrits, « Réponse au commentaire de Jean Hyppolite », Seuil, Paris, 1966, p. 392.
[10] Miller J.-A., « Clinique ironique », Revue de la Cause freudienne no 23, février 1993, p. 5.
[11] Miller J.-A., « L’interprétation à l’envers », Revue de la Cause freudienne, no 32, 1996.
[12] Miller J.-A., « Retour sur la psychose ordinaire », Quarto no 94-95, janvier 2009.
[13] Miller J.-A., « Sur la leçon des psychoses », Actes de l’École de la Cause freudienne, no XIII, 1987, p. 144, cité dans le livre de J. Borie Le psychotique et le psychanalyste, éd. Michèle, 2012, p. 54.
[14] La Convention d’Antibes, La psychose ordinaire, Le Paon, collection publiée par J.-A. Miller, Agalma-Le Seuil, 1999.
[15] Zenoni A., « Comment s’orienter dans le transfert », L’autre pratique clinique, Point hors ligne, Erès, Paris, 2009, p. 221-244.
[16] Lacan J., Le Séminaire, livre III, Les psychoses, Paris, Seuil, 1981, p. 231.
[17] Laurent É., « Interpréter la psychose au quotidien », Mental no 16, oct. 2005 [Dans le texte nous].
Croyants,
certains, convaincus
Rapport
du séminaire de l’ASREEP à Genève du 26.01.13
Par
Babeth Hamel, membre de l’ASREEP-NLS
Les
questions soulevées par l’auditoire à l’occasion du séminaire
de L’ASREEP-NLS1
du samedi 26 janvier à Genève ont suscité un vif intérêt. Notre
collègue venue de Tel Aviv, Claudia Iddan, membre de l’AMP et du
GIEP-NLS, présentait un travail théorique portant sur le binôme
croyance-incroyance, préparatoire au prochain Congrès de la NLS à
Athènes. En partant du sous-titre du Congrès : de l’invention
forcée à la « croyance radicale au symptôme » (le titre ayant évolué depuis ndlr) Claudia
Iddan a traité la question de l’évolution de cette croyance à
travers le passage chez Lacan de la primauté du symbolique à celle
du réel et de la jouissance.
Le cas
présenté par Beatriz Premazzi, membre de l’ASREEP-NLS, donnait un
exemple de l’enjeu qu’il y a à distinguer croyance et certitude
dans le maniement de la cure d’une patiente psychotique.
« Tout
le monde délire » mais n’est pas fou qui veut
Claudia
Iddan a défini la croyance comme « la dimension libidinale de
l’invention ou de la création que tout être parlant se construit
afin de trouver sa position face aux autres et face à la
sexualité ». Mais sur quoi porte cette croyance ? Sur
l’objet perdu, répond Lacan. « Se convaincre que l’objet a
existe, c’est accepter la délimitation de la jouissance », a
précisé notre invitée. La distinction entre le binôme
croyance-incroyance d’une part et la certitude d’autre part
constitue un repère quant au choix du sujet entre névrose et
psychose. Si Lacan a pu dire que « tout le monde
délire » ou que « tout le monde est fou »,
cela ne signifie pas que tout le monde est psychotique.
Pour
Lacan, la certitude propre à la psychose est une signification qui
advient dans le réel et qui ne renvoie à rien. La certitude est une
signification imposée, incompréhensible, car le S1 n’est pas
articulé à un S2.
Dans
la psychose, il s’agit d’une « délimitation de la
jouissance », mais qui prend une autre forme. Chez le sujet qui
se soutient de la certitude, on trouvera des solutions telles que la
sur-identification, la nomination, qui donnent ainsi au sujet une
consistance, une unicité.
Une
discussion sur ce que peut-être la fin d’une cure s’est ensuite
engagée. Un participant relevait qu’une analyse conduirait à
passer de la croyance à la conviction, c’est à dire passer du
symptôme au sinthome. La conviction, ajoute Claudia Iddan, est alors
celle d’une implication dans la jouissance bien que nous ne nous y
reconnaissions pas : « je suis cela » est l’outil
que j’utilise pour me lier aux autres. Pour autant, je ne m’y
reconnais pas.
Ces
exemples mettent en lumière la richesse des débats suscités par
nos deux intervenantes et le désir vivant des participants à ce
séminaire préparatoire au Congrès de la NLS qui aura lieu à
Athènes les 18 et 19 mai 2013 sous le titre : « le sujet
psychotique à l’époque Geek, typicité et inventions symptomatiques ».
Le
désir était bien à l’œuvre à Genève, on peut en être
certain. Le travail était en
ébullition, on en est convaincu. Le Congrès d’Athènes
nous promet d’être riche d’enseignements, nous y croyons !
1
ASREEP-NLS : Association Suisse Romande de l’Ecole
Européenne de Psychanalyse- New Lacanian School.
Published in English soon
Vers Athènes, appel à contributions : échéance au 31 mars
Les textes de références pour le Congrès sont :
– la présentation du thème par Eric Laurent sous le titre « La psychose ou la croyance radicale au symptôme »
– L'argument qui développe le titre « Le sujet psychotique à l’époque Geek, typicité et inventions symptomatiques »
– la bibliographie succincte du congrès. Vous trouvez l'ensemble sur le site de la NLS.
L’axe principal du travail porte sur la mise en question de la catégorie de la psychose au XXIè siècle, par son déplacement vers le paradigme autistique comme racine du parlêtre qui se défend de l’impact de la langue sur le corps.
Avec l’accent sur les Geek, l'argument invite à une nouvelle logique du vivant. Avec les écrans, ce qui était encore au siècle dernier de l’ordre du gadget est devenu un véritable organe complémentaire, prolongement corporel bien vivant dont le parlêtre ne peut plus se passer.
Les travaux pourront donc étayer cette orientation nouvelle d’une clinique continuiste qui n’est plus articulée uniquement à partir du paradigme paternel, ni plus des discours établis, mais aussi par la revendication de styles de vies particuliers issus de désirs à transcrire en lois.
Quelques thèmes dégagés par les travaux de l'équipe du Congrès :
– De l’homme machine à l’objet hors corps
– Le bruissement de lalangue et les modes de nouages RSI
– Les écrans comme « nouvelles formes privilégiées de l’Autre » (E.L.)
– Le sujet psychotique comme celui qui croit le plus au sens de son symptôme
– Les catégories injurieuses et séduisantes : revendication et rejet
– L’autisme comme belvédère de la clinique
– L'appui sur les discours établis et l'invention psychotique ?
– La jouissance de l’Un-tout-seul… et l’Autre
– Usage des inventions symptomatiques dans la pratique
– Style de vie et normalisation du symptôme
Priorité aux cas cliniques
Nous allons explorer les pistes que J.-A. Miller et Eric Laurent nous offrent à partir de cas cliniques. Une attention spéciale sera accordée à la construction du cas – réduction et sélection du ‘matériel’, mise en série et étayage du symptôme à partir de la question que le cas pose au praticien.
Comité scientifique
Le comité scientifique n’est pas disjoint de la commission d’organisation du congrès. De même que cette équipe a préparé les détails logistiques, elle participera à la sélection des textes. Le comité examinera chaque texte envoyé et entrera en contact avec l’auteur pour lui permettre d’affiner si nécessaire la rédaction du texte. Il est donc important que chaque auteur soumette son texte en français ou en anglais et qu’il respecte le délai pour permettre ce travail préalable.
Délai et longueur des textes
Les textes, comportant 7000 signes espaces compris, devront parvenir à Dominique Holvoet (dominique.holvoet@gmail.com) et Epaminondas Theodoridis (etheodor@otenet.gr) avant le 31 mars 2013 avec la mention dans l'objet du mail : CONGRES NLS. Dans le texte lui-même vous ajouterez à votre nom votre adresse e-mail. Le nom du fichier joint sera au nom de l'auteur. Nous attendons vos contributions et souhaitons que vous serez nombreux à vouloir apporter votre voix au travail d’élaboration.
L'équipe du Congrès
- Direction : Epaminondas Theodoridis & Dominique Holvoet
- Responsable logistique : Anna Pigou, Japd9@hotmail.com
- Responsable traduction : Réginald Blanchet, rblanchet@otenet.gr
- Trésorière locale : Nassia Linardou, naliblan@otenet.gr
- Trésorière NLS : Sandra Cisternas, treasurer@amp-nls.org
- Responsable librairie : Marina Frangiadaki, frangiadaki@yahoo.fr
- Le Comité Exécutif : Despina Andropoulou – Anne Béraud – Nathalie Laceur – Florencia F.C. Shanahan – Yves Vanderveken et Sandra Cisternas

[communique en pièce jointe]








