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Deux paradigmes de la psychose

Compte-rendu du premier samedi de la NLS au Kring

avec Alfredo Zenoni

 

Gand, 24 novembre 2012

 

Erik Mertens

 

 

Ces derniers temps, il est souvent fait le reproche aux analystes lacaniens de trop parler des psychoses. Selon Alfredo Zenoni, notre invité du premier samedi de la NLS au Kring voor Psychoanalyse, il y a, en effet, beaucoup à dire à propos de la psychose, mais il ne s’agit pas d’un ‘trop’. Nous devons plutôt nous poser la question de quelle manière nous pouvons dire quelque chose de la psychose en un temps radicalement différent d’il y a 100 ans.

En notre 21e siècle, l’ordre symbolique n’est de loin plus ce qu’il fut jamais. Il fut un temps où son principe de base se fondait sur la fonction paternelle œdipienne, où le Symbolique était caractérisé par l’ordre qu’il introduisait, et où le Réel, par contre, était associé au désordre. Mais plus que jamais, cet ordre de ‘l’ordre Symbolique’ semble être en dernière instance lui-même une croyance ou une fonction. C’est pourquoi, dès 1973, Lacan cessa de lier la notion d’ordre au Symbolique. Le ‘Symbolique’ (et non ‘l’ordre Symbolique’) devint alors pour Lacan une des trois dimensions, en plus de l’Imaginaire et du Réel, et ne le considérait plus comme dominant ou supérieur envers les autres dimensions. De plus, le Symbolique ne semblait pas juste créer de l’ordre partout et toujours. Il a souvent des effets de grand désordre.

Durant sa première période d’enseignement, Lacan mettait l’accent sur la symbolisation de l’imaginaire. Grâce à une symbolisation, les notions psychologiques ou imaginaires de notre vécu trouveraient une place plus distincte dans la structure. L’opération analytique consistait à introduire des différences pour donner une place symbolique à des expériences de vie confuses. L’opération psychanalytique introduirait donc de l’ordre dans le monde des expériences imaginaires. Mais la condition en est que le symbolique lui-même tienne, que le langage contienne la loi du langage, qu’il comporte un point où quelque chose puisse se capitonner. En effet, pour que les pensées sans fin soient freinées, un point de capitonnage est nécessaire, un signifiant qui arrête le glissement de la signification. Faute de quoi, le langage fuit dans tous les sens. Un signifiant en soi n’a pas de signification. Pour qu’il y ait production de signification, il faut le capitonnage d’un signifiant à un autre signifiant. Cela vaut pour chaque signification. Pour le langage dans son ensemble, ce signifiant qui permet que le signifiés ne glissent à l’infini, c’est le Nom-du-Père : le signifiant qui capitonne l’ensemble des signifiants. La signification phallique ainsi nommée surgit lorsqu’on arrête le glissement permanent.

Durant sa conférence, Alfredo Zenoni s’est référé à un schéma que, lors de son séminaire V  ‘Les formations de l’inconscient’, Lacan a dessiné au tableau pour indiquer la place du père. « Le père, disait-il, est, dans l’Autre, le signifiant qui représente l’existence du lieu de la chaîne signifiante comme loi.”[1]:

 

            S                                 Père

S S S S S S S                           Signifiants

s s s s s s s s                           Signifiés

 

Mais nous ne pouvons pas nous laisser induire en erreur par la dénomination « Nom-du Père ». En dernière instance, il est un mythe, une hypothèse, dit Lacan. D’autres signifiants que le NdP peuvent tout autant remplir cette fonction. Mais aucun ne peut revendiquer d’être en soi le fondement. Le fondement est plutôt une hypothèse ou un postulat, une croyance qui est toutefois nécessaire à tout système. Le Symbolique ne peut fonctionner comme ordre qu’à mesure d’être basé sur un point de départ mythique ou fictif. Dans son enseignement, Lacan concluait finalement que le Symbolique, loin d’être un ordre, est plutôt quelque chose qui fait des ronds autour d’une impossibilité, un trou.

Cette dégradation du pouvoir du Symbolique fut déjà indiquée par Lacan par les termes “évanescence du père”. Il n’indiquait pas une évanescence du Symbolique, mais plutôt une évanescence du nœud de capitonnage qui semblait en fin de compte seulement fugace ou variable. Lacan a désidéalisé la notion universelle du père et accentué de plus en plus la désidentification dans sa nouvelle conception du père. Pour la première fois dans l’histoire de la psychanalyse, Lacan commença à approcher le père par le biais de son rapport singulier à la cause de son désir, par le biais du particulier de son symptôme. A partir de 1972-1973, Lacan ne considère plus tant le père de l’angle de vue de la paternité, mais plutôt de celui de la conjugalité. De manière exemplaire il témoigne de la manière dont une femme est pour lui la cause de son désir. A cet égard, il est nommément responsable de la manière dont il se tire d’affaire avec le rapport sexuel impossible à écrire. C’est ce que Lacan appelait “père-version”, ou la version du père quant à la jouissance. Ainsi, le père n’a pas seulement un symptôme, il en est un lui-même. Il est un symptôme de non-rapport. Dans la dernière période de l’enseignement de Lacan, le père se réfère à un trou, à quelque chose que ne se peut écrire, une impossibilité, et en même temps à quelque chose qui traite ce non-rapport. Il localise l’impossibilité et en limite les conséquences. « Père » est une des manières possibles de nouer ensemble le réel, l’imaginaire et le symbolique.[2]

Dans le séminaire RSI, Lacan nomme le NdP un opérateur du refoulement, comme nous le voyons prouvé dans la métaphore paternelle par la substitution. Mais si dans notre société cette métaphore paternelle s’évanouit jusqu’à un certain point, une partie du refoulement s’évanouit également. Tout ceci a de sérieuses conséquences au niveau de la société et de la clinique. La question clinique n’est plus s’il y a NdP ou non, mais s’il existe un élément qui puisse fonctionner comme point de capiton, qui puisse arrêter le glissement de la signification. Selon Zenoni, nous pouvons sur ce point parler d’un changement du paradigme de la folie.

Le premier paradigme de la psychose est un paradigme binaire : présence du NdP dans la névrose (+) contrairement à l’absence du NdP dans la psychose (-). Cette opposition binaire disparaît dans le deuxième paradigme, à partir du moment où Lacan généralise la notion de symptôme et met l’accent sur l’absence de fondement. En effet, dans ce nouveau paradigme, ou conception poststructuraliste de la folie, nous avons affaire à un impossible fondement tout court. Il y a un trou dans le savoir quant au sexe et au rapport sexuel. En dernière instance, chaque discours est une croyance, un délire, parce que le réel ne contient pas de savoir. A l’encontre du réel de la science, le réel lacanien ne contient ni savoir, ni structure, ni sens, ni centre d’orientation. Finalement, les rapports humains sont de pures approches, des arrangements, “des solutions de fortune” – comme Zenoni le fit observer – car le réel ne comporte pas de règles de conduite. Le réel n’a pas de normes, pas d’explication, pas de mode d’emploi, pas de formule. A l’égard de cette opacité il n’existe que des ”solutions de fortune” plurielles qui peuvent empêcher le glissement de la signification : certaines seront œdipiennes, d’autres non, mais dans ce deuxième paradigme elles se situent au même niveau par rapport au fondement absent. Dès lors, nous n’avons pas tant affaire à l’opposition entre folie et normalité, qu’ à une diversité de folie par rapport à l’absence de norme dans le réel, avec laquelle nous devons tous nous débrouiller comme parlêtres. Pour cette raison, ce paradigme nous donne aussi une autre idée de la « supplétion » : il s’agit maintenant de supplétion d’un élément qui n’existe pas, et non plus de supplétion d’un élément manquant. Que les divers arrangements soient mis au même niveau ne signifie pas que la différence clinique entre névrose et psychose disparaît, mais elles ne sont plus considérées comme opposées. Les diverses solutions sont plutôt placées les unes à côté des autres comme une série de divers arrangements (de ce qui ne se laisse pas arranger).

Dans notre clinique, la classification diagnostique recule de plus en plus vers l’arrière-plan, au bénéfice d’une vision pragmatique. Aujourd’hui, la finesse clinique ne s’adresse plus tant à l’évaluation de la présence ou non du NdP, mais prête plutôt attention aux diverses solutions symptomatiques. Comme le remarquait déjà Jacques-Alain Miller, peut-être que sous peu viendra un temps où la notion de psychose semblera très étrange ou lointaine. A la place de la distinction diagnostique entre psychose et névrose viendront peut-être les diverses dénominations du symptôme, couplées à un problème à chaque fois singulier. « L’homme aux rats », « l’homme aux loups », « l’homme à l’apéritif », “l’homme dans le brouillard”, etc. Ces titres nomment autre chose qu’un diagnostic structurel. Au cœur de cette nouvelle clinique se trouve la manière unique dont chacun se tire d’affaire avec le réel. De cette manière, un cas particulier peut avoir une fonction d’illustration, d’exemple, tant par sa problématique que par sa solution

Comment nommerions-nous le cas que Vic Everaert a présenté durant le séminaire clinique ? « La prison de Dave » ? De quelle manière pouvons-nous évaluer la menace qui émane de cet homme (comme réaction à quelque chose qui le menace) ? C’était une des questions posées durant le commentaire de cet accompagnement dans le cadre d’un centre ambulant de soins aux drogués. Dès les premiers entretiens, en gesticulant sauvagement, Dave débite sans discontinuer, jusque dans les détails, des propos concernant des méfaits commis ou non, des actes de violence ou de nouvelles déclarations de guerre. Aller combattre avec la légion étrangère en zone de guerre est ce qu’il aimerait le mieux. Au moment où il arpente réellement la rue et se rend au centre avec une arme à feu à la ceinture, se pose naturellement la question de ce qui retient l’homme à en faire usage. Dans tous les cas, l’héroïne ne le limite pas, mais le plonge complètement dans la substance jouissante, dans une spirale autodestructrice. Une partenaire le calme tant soit peu, mais cette relation tourne mal, elle aussi. Finalement, dans son débit incessant, c’est la prison qui semble être de plus en plus la « solution ultime ». Et de fait, la police l’arrête, mais quelques semaines de détention préventive ne le stabilisent pas. Cela borde Dave, mais dès sa libération sous condition le monde lui semble de nouveau une zone de guerre. Qu’est-ce qui dans la vie de Dave pourrait lui servir de boussole d’ancrage ? Durant la conversation clinique, Alfredo Zenoni s’est rallié à l’approche que fait Vic Everaert d’un élément particulier dans les dires de Dave, c’est-à-dire sa façon de « parler en détail » à propos de toutes sortes de techniques : la technique de démontage d’une armoire, d’installation de matériel d’isolation, etc. Et lorsque Dave ne voit absolument aucune issue, il commence à tout « mettre en place » dans son appartement. Voilà qui semble lui donner plus d’avenir, même s’il est encore incertain.

(traduction : Monique de Buck)

 



[1]               J. Lacan, Le Séminaire livre V Les formations de l’inconscient, Paris, Seuil, 1998, p. 196.

[2]               Voir aussi, e.a. : A. Zenoni, Van de ene Vader naar de andere, iNWiT Tijdschrift voor Psychoanalyse, nr 2/3, 2007, p. 143-156.

                D’un père à l’autre, Quarto, 87, p. 38-43

 






 

PIPOL NEWS 17

21.01.2013

Français

 

Appel à contributions pour les simultanées
cliniques de PIPOL 6

La force des simultanées

Les
simultanées du deuxième Congrès Européen de
Psychanalyse, PIPOL 6, sous le titre « Le cas,
l’institution et mon expérience de la psychanalyse »
seront l’occasion de forger une foule qui ne parle pas
d’une seule voix, mais avec une pluralité
d’énonciations singulières. Ainsi, conformément à
l’ère d’Après l’Œdipe, nous pousserons notre
intérêt pour la diversité de la pratique
psychanalytique en Europe à l’extrême du un par un.
Ce type particulier de foule, où chacun s’efforce de
cerner ce qui le différencie absolument de tout autre,
est le socle de notre « force matérielle ».

L’institution du psychanalyste 

Pour le
psychanalyste, l’institution est un discours,
c’est-à-dire un mode de lien social qu’il installe
dans les lieux où il déploie son acte1.
Derrière le divan, l’analyste établit un rapport
sérieux à une « autre scène », soutient l’hypothèse
que les ratages de la parole veulent « dire quelque
chose », et manie l’équivoque signifiante afin de
produire des effets de vérité. Outre ces trois pôles :
l’inconscient, le sujet supposé savoir, et
l’interprétation, le dispositif institué par le
psychanalyste a la particularité de laisser la place
du maître vacante, afin de permettre au sujet d’y
déposer ses propres signifiants-maîtres.   

En sortant
de son cabinet, le psychanalyste ne sort pas pour
autant de son discours. Analystes et analysants qui
opèrent dans des institutions de soin de « santé
mentale » s’y déplacent avec le discours du
psychanalyste. Que le maître ou le savoir s’incarnent
dans ces lieux n’est qu’une donnée supplémentaire que
le praticien de la psychanalyse doit prendre en
considération dans le calcul de son action. Par
ailleurs, cette présence du maître et du savoir
l’expose à des cas qui se rencontrent rarement en
cabinet. En effet, le sujet déboussolé, le non-dupe,
celui qui n’arrive pas à accrocher l’énigme de son
existence à une signification quelconque, vient
trouver dans cette présence une modalité de lien
social, une alternative discursive qui l’arrime au
signifiant, lui procure des identifications et
soutient son être.

Derrière l’écran du langage

Mais pour
le psychanalyste, l’institution ne se limite ni à une
machine à produire de l’aliénation, ni à un appareil
de solidification des identifications. Une fois que le
sujet a trouvé un apaisement dans un cadre discursif
qui se soutient du langage commun, le praticien
orienté par la psychanalyse s’applique à défendre la
singularité qui résiste au code de l’Autre. Il tente
de lire lalangue qui précède la parole du
sujet, lettre qui lui permettra de nouer un lien
symptomatique qui se passe de l’institution en tant
qu’incarnée par le maître.

Quand l’Un-tout-seul
rencontre un autre

Nous
savons, depuis PIPOL 5, que le cas exposé dans nos
colloques n’existe pas comme tel2. C’est
une construction du praticien, et le praticien y est
présent comme Velázquez dans Les Ménines.
Reste à savoir s’il est présent par son fantasme, ses
idéaux, et ses identifications, ou au contraire par
son style le plus intime, déterminé lors de la
rencontre traumatique du signifiant avec le corps. À
partir du moment où le praticien commence à avoir un
écho de sa singularité la plus privée dans le cadre de
son expérience de la psychanalyse, il peut creuser une
place et manier la singularité du sujet qui lui parle.
C’est dire que le travail en institution se pratique à
partir de ce que l’expérience de la psychanalyse
enseigne au praticien sur son rapport le plus
authentique au réel. Ce rapport aux singularités et au
réel, allégé des défenses, lui permet, selon le cas,
de renforcer l’arrimage du sujet à l’Autre de
l’institution quand il le faut, ou bien de soutenir
chez le sujet un travail sur la lettre, une
élaboration de sa lalangue, afin de border la
jouissance qui l’envahit3.

Invitation 

Nous invitons les patriciens de la
psychanalyse en Europe à parler à partir de cette
place de praticien-analysant, en nouant trois
fils : le cas, l’institution et l’expérience de la
psychanalyse du praticien. Il vous est demandé, vous
qui souhaitez participer aux simultanées en tant
qu’orateurs, d’illustrer un événement clinique, en
montrant comment votre expérience de la psychanalyse
vous a permis d’opérer avec le cas et l’institution,
tout en prenant le réel en jeu comme appui de votre
action.      

 

Pour terminer, rappelons cette
définition mobile que nous avons donnée de
l’institution. L’analyste transporte son discours dans
sa valise. Il l’installe là où il est et, par son
éthique, qui consiste à écraser l’universel par le
singulier4, il vise le point
Un-tout-seul
qui échappe à l’institution. Par
conséquent, tous les collègues sont invités à
participer aux simultanées cliniques de PIPOL 6, même
si leur institution se limite au divan5.

 

Informations pratiques

Toutes les séances simultanées se
dérouleront le premier jour du congrès, soit le samedi
6 juillet 2013, de 10h à 13h et de 15h à 18h. Les
textes peuvent être écrits et présentés dans une des
cinq langues du congrès : anglais, français, espagnol,
italien et néerlandais. Ils sont à envoyer d’ici le 16
avril 2013 à minuit à Laura Petrosino, secrétaire des
simultanées (
mlpetrosino@gmail.com), et à Gil
Caroz (
gil.caroz@skynet.be). Les
textes sélectionnés seront travaillés avec des «
mentors », afin de permettre à chaque orateur de
prendre la température de l’Autre et d’affiner son
travail avant le Congrès.

 

Quelques indications techniques
concernant le texte :

–     L’ensemble ne doit pas dépasser
les 9000 signes, espaces compris (15 minutes de
parole).

–          Caractères : Times New
Roman.

–          Taille de police : 12

–          Format du fichier :
Document Word 97-2003

–          Nom du fichier :
NOM-LANGUE (par exemple : COHEN-FRANÇAIS) 

–         En haut de la première
page, centrés : Titre du texte et en dessous vos nom
et prénom. 

 

Gil Caroz

Directeur
de PIPOL 6

EuroFédération
de Psychanalyse

 

 

1 MILLER
J.-A., « Vers PIPOL 4 », Mental n°20, février
2008.

2 MILLER
J.-A., « Parler avec son corps », Mental
n°27/28, septembre 2012.

3 CAROZ G.,
« Introduction aux simultanées cliniques de PIPOL 6 »,
PIPOL NEWS 2
, 01-11-2012

http://www.europsychoanalysis.eu/index.php/site/page/fr/7/fr/bulletin/#article-box-155 

4 LACAN J.,
« Lituraterre », Autres écrits, Paris, Seuil,
2001, p. 16.

5 BASSOLS
M., « Présence de l’institution dans la clinique », PIPOL
NEWS 4
, 13-11-2012

http://www.europsychoanalysis.eu/index.php/site/page/fr/7/fr/bulletin/#article-box-157  

 

 

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Deuxième Congrès Européen de Psychanalyse

Après l’Œdipe

Diversité de la pratique psychanalytique en
Europe

Les 6 et 7
juillet 2013

 

Au SQUARE

Brussels
Meeting Centre

Mont des
Arts 1000 Bruxelles

(Entrée :
cube en verre)

 

Traductions 
simultanées

En anglais,
espagnol, français, italien, néerlandais

 

Inscriptions
en ligne :
www.europsychanalyse.eu

Renseignements
:
+32 (0)483 365 082 | info@europsychanalyse.eu

 

 

 

 

 

 


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PIPOL NEWS 17

21.01.2013

Français

 

Appel à contributions pour les simultanées cliniques de PIPOL 6

La force des
simultanées

Les simultanées du deuxième Congrès Européen de Psychanalyse,
PIPOL 6, sous le titre « Le cas, l’institution et mon expérience de la
psychanalyse » seront l’occasion de forger une foule qui ne parle pas
d’une seule voix, mais avec une pluralité d’énonciations singulières. Ainsi,
conformément à l’ère d’Après l’Œdipe, nous pousserons notre intérêt pour
la diversité de la pratique psychanalytique en Europe à l’extrême du un par
un
. Ce type particulier de foule, où chacun s’efforce de cerner ce qui le
différencie absolument de tout autre, est le socle de notre « force matérielle
».

L’institution du
psychanalyste 

Pour le psychanalyste, l’institution est un discours,
c’est-à-dire un mode de lien social qu’il installe dans les lieux où il déploie
son acte1. Derrière le divan, l’analyste établit un rapport sérieux
à une « autre scène », soutient l’hypothèse que les ratages de la
parole veulent « dire quelque chose », et manie l’équivoque
signifiante afin de produire des effets de vérité. Outre ces trois pôles :
l’inconscient, le sujet supposé savoir, et l’interprétation, le dispositif
institué par le psychanalyste a la particularité de laisser la place du maître
vacante, afin de permettre au sujet d’y déposer ses propres signifiants-maîtres.   

En sortant de son cabinet, le psychanalyste ne sort pas pour
autant de son discours. Analystes et analysants qui opèrent dans des
institutions de soin de « santé mentale » s’y déplacent avec le
discours du psychanalyste. Que le maître ou le savoir s’incarnent dans ces
lieux n’est qu’une donnée supplémentaire que le praticien de la psychanalyse
doit prendre en considération dans le calcul de son action. Par ailleurs, cette
présence du maître et du savoir l’expose à des cas qui se rencontrent rarement
en cabinet. En effet, le sujet déboussolé, le non-dupe, celui qui n’arrive pas
à accrocher l’énigme de son existence à une signification quelconque, vient
trouver dans cette présence une modalité de lien social, une alternative
discursive qui l’arrime au signifiant, lui procure des identifications et
soutient son être.

Derrière l’écran du
langage

Mais pour le psychanalyste, l’institution ne se limite ni à
une machine à produire de l’aliénation, ni à un appareil de solidification des
identifications. Une fois que le sujet a trouvé un apaisement dans un cadre
discursif qui se soutient du langage commun, le praticien orienté par la
psychanalyse s’applique à défendre la singularité qui résiste au code de
l’Autre. Il tente de lire lalangue qui précède la parole du sujet,
lettre qui lui permettra de nouer un lien symptomatique qui se passe de
l’institution en tant qu’incarnée par le maître.

Quand l’Un-tout-seul
rencontre un autre

Nous savons, depuis PIPOL 5, que le cas exposé dans nos
colloques n’existe pas comme tel2. C’est une construction du
praticien, et le praticien y est présent comme Velázquez dans Les Ménines.
Reste à savoir s’il est présent par son fantasme, ses idéaux, et ses
identifications, ou au contraire par son style le plus intime, déterminé lors
de la rencontre traumatique du signifiant avec le corps. À partir du moment où
le praticien commence à avoir un écho de sa singularité la plus privée dans le
cadre de son expérience de la psychanalyse, il peut creuser une place et manier
la singularité du sujet qui lui parle. C’est dire que le travail en institution
se pratique à partir de ce que l’expérience de la psychanalyse enseigne au
praticien sur son rapport le plus authentique au réel. Ce rapport aux
singularités et au réel, allégé des défenses, lui permet, selon le cas, de
renforcer l’arrimage du sujet à l’Autre de l’institution quand il le faut, ou
bien de soutenir chez le sujet un travail sur la lettre, une élaboration de sa lalangue,
afin de border la jouissance qui l’envahit3.

Invitation 

Nous invitons les
patriciens de la psychanalyse en Europe à parler à partir de cette place de praticien-analysant,
en nouant trois fils : le cas, l’institution et l’expérience de la
psychanalyse du praticien. Il vous est demandé, vous qui souhaitez participer
aux simultanées en tant qu’orateurs, d’illustrer un événement clinique, en
montrant comment votre expérience de la psychanalyse vous a permis d’opérer
avec le cas et l’institution, tout en prenant le réel en jeu comme appui de
votre action.      

 

Pour terminer, rappelons
cette définition mobile que nous avons donnée de l’institution. L’analyste
transporte son discours dans sa valise. Il l’installe là où il est et, par son
éthique, qui consiste à écraser l’universel par le singulier4, il
vise le point Un-tout-seul  qui échappe à l’institution. Par conséquent,
tous les collègues sont invités à participer aux simultanées cliniques de PIPOL
6, même si leur institution se limite au divan5.

 

Informations
pratiques

Toutes les séances
simultanées se dérouleront le premier jour du congrès, soit le samedi 6 juillet
2013, de 10h à 13h et de 15h à 18h. Les textes peuvent être écrits et présentés
dans une des cinq langues du congrès : anglais, français, espagnol, italien
et néerlandais. Ils sont à envoyer d’ici le 16 avril 2013 à minuit à Laura
Petrosino, secrétaire des simultanées (
mlpetrosino@gmail.com), et à Gil Caroz (gil.caroz@skynet.be). Les textes sélectionnés seront
travaillés avec des « mentors », afin de permettre à chaque orateur
de prendre la température de l’Autre et d’affiner son travail avant le Congrès.

 

Quelques indications
techniques concernant le texte :

–     L'ensemble ne
doit pas dépasser les 9000 signes, espaces compris (15 minutes de parole).

–          Caractères
: Times New Roman.

–          Taille de
police : 12

–          Format du
fichier : Document Word 97-2003

–          Nom du
fichier : NOM-LANGUE (par exemple : COHEN-FRANÇAIS) 

–         En haut de
la première page, centrés : Titre du texte et en dessous vos nom et
prénom. 

 

Gil Caroz

Directeur de
PIPOL 6

EuroFédération
de Psychanalyse

 

 

1 MILLER J.-A., « Vers PIPOL
4 », Mental n°20, février 2008.

2 MILLER J.-A., « Parler avec son
corps », Mental n°27/28, septembre 2012.

3 CAROZ G., « Introduction aux simultanées
cliniques de PIPOL 6 », PIPOL NEWS 2
, 01-11-2012

http://www.europsychoanalysis.eu/index.php/site/page/fr/7/fr/bulletin/#article-box-155 

4 LACAN J., « Lituraterre », Autres écrits,
Paris, Seuil, 2001, p. 16.

5 BASSOLS M., « Présence de l’institution dans la
clinique », PIPOL NEWS 4, 13-11-2012

http://www.europsychoanalysis.eu/index.php/site/page/fr/7/fr/bulletin/#article-box-157  

 

 

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Deuxième Congrès Européen de Psychanalyse

Après l’Œdipe

Diversité de la pratique psychanalytique en Europe

Les 6 et 7
juillet 2013

 

Au SQUARE

Brussels
Meeting Centre

Mont des
Arts 1000 Bruxelles

(Entrée :
cube en verre)

 

Traductions 
simultanées

En anglais,
espagnol, français, italien, néerlandais

 

Inscriptions
en ligne :
www.europsychanalyse.eu

Renseignements
:
+32 (0)483 365 082
|
info@europsychanalyse.eu

 

 

 

 

 

 

 

 


Premier Séminaire de la Société Bulgare de Psychanalyse Lacanienne


groupe associé de la New Lacanian School (NLS)


Sofia, Institut Français de Bulgarie,
2, rue Diakon Ignatii


Vendredi 1er février 2013

Sous la présidence de Dominique Holvoet,
Psychanalyste, Président de la New Lacanian School, membre de l’École de la Cause Fredienne et de l’Association Mondiale de Psychanalyse.

Introduction à la question des psychoses
Commentaire détaillé du premier chapitre du Séminaire III sur Les psychoses de Jacques Lacan.


Argument


Nous verrons comment Lacan pose la question des psychoses en reportant à un temps second la question de leur traitement.
Nous aborderons avec lui, la différence Schizophrénie et Paranoïa, la critique de la notion de Compréhension de Jaspers et enfin la théorie de la forclusion, détaillée dès le premier chapitre à partir de l’hallucination du doigt coupé chez l’homme aux loups.

Discipline de lecture :

Phrase 1 :[…]ce qui est faux, c’est de s’imaginer que le sens [dans la chaîne des phénomènes], c’est ce qui se comprend( page 14 de l’édition française).


Phrase 2 : L’expérience freudienne n’est nullement pré-conceptuelle. Ce n’est pas une expérience pure. C’est une expérience bel et bien structurée par quelque chose d’artificiel qui est la relation analytique, telle qu’elle est constituée par l’aveu que le sujet vient faire au médecin, et par ce que le médecin en fait [le médecin est ici l’analyste]. C’est à partir de ce mode opératoire que tout s’élabore.”


Bibliographie :

Jacques LACAN, Séminaire livre III, Les psychoses, 1955-1956.

Programme du Premier séminaire de la Société Bulgare de Psychanalyse Lacanienne


Vendredi, 1 février 2013, de 9 h à 17h.


Introduction à la question des psychoses


09.0009.30 IntroductionVessela Banova


09.3011.30 Disipline de la lecture 2 exposés cliniques:


1. Phrase :”[…]ce qui est faux, c’est de s’imaginer que le sens [dans la chaîne des phénomènes], c’est ce qui se comprend“; commentée par Bilyana Mechkounova


2. Phrase : “L’expérience freudienne n’est nullement pré-conceptuelle. Ce n’est pas une expérience pure. C’est une expérience bel et bien structurée par quelque chose d’artificiel qui est la relation analytique, telle qu’elle est constituée par l’aveu que le sujet vient faire au médecin, et par ce que le médecin en fait [le médecin est ici l’analyste]. C’est à partir de ce mode opératoire que tout s’élabore“; commentée par Liubomir Zhoupounov


Commentaire et discussion avec Dominique Holvoet


11.30 – 11.45Pause


11.4513.30 Exposé de Dominique Holvoet et discussion.


13.30 – 14.30 – Pause


14.30 – 15.30Présentation de cas par Miléna Popova, psychologue à Roussé, et discussion.


15.3015.45Pause


15.4516.45 Présentation de cas par Ivan Nenchev, psychiatre, et discussion.


16.45 – 17.00 Conclusion– Dominique Holvoet et Vessela Banova.

Tarif de participation : 30 lv., étudiants – 15 lv.





miami

 

APPEL à
PRÉSENTATION de TRAVAUX !

La Comité
Scientifique du Symposium de la
Culture & de la Clinique initie
cet appel d’articles pour la
conférence “What Lacan Knew About
Women”. Nous recherchons deux types
d’articles:
1. Présentations de cas cliniques,
correspondant au thème du Symposium
“What Lacan Knew About Women”  tel que
le définit l’argument.
2. Articles correspondant à ce thème
dans une perspective sociale,
culturelle ou le traitant d’un point
de vue théorique. 

Les textes
doivent être d’une longueur maximale
de 20 minutes lorsque lus lentement et
d’un maximum de 12 000 caractères,
incluant les espaces.
Les articles doivent commencer par un
court titre + le prénom et le nom de
l’auteur. Tous les textes doivent
être envoyés en fichier joint, en
format WORD uniquement, avec le titre
suivant: SYMPO + NOM.

Veuillez
envoyer vos articles aux adresses
suivantes :
arenasalicia24@gmail.com
et
 
pierregillesg@gmail.com

Pour plus
d’informations, visitez:
www.miamisymposium2013.org

Attention!
Date limite pour proposer un article
:  le 30 janvier 2013

 

Bibliography
in English

Find a .pdf file
attached with Bibliography in
English.
You can also go to our website:

http://www.miamisymposium2013.org/program.htm

 


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Rencontre ASREEP-NLS et Teatro Malandro, 8 et 9 mars 2013, "ceci n'est pas une affiche, à suivre"

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De France, le débat pudiquement dit du “mariage pour tous”  nous offre l’occasion de lire “un Réel pour le XXIè siècle” à partir de ce que l’expérience psychanalytique a stratifié de savoirs quant à la nature des semblants. 
Ce débat croise également les enjeux du Congrès d’Athènes. N’a t-on pas affaire ici à la recherche d’un nouveau rapport à l’Autre, à la nécessaire invention d’un nouveau grand Autre d’un type inédit, face à la pulvérisation par la science de l’Autre de la tradition  ? Lacan avait prédit que la religion romaine viendrait nous le livrer tout cru… cela ne nous empêche pas de décrypter les solutions symptomatiques singulières que nous rencontrons en chaque cas.
Envoyez-nous vos contributions en anglais ou en français pour le blog du congrès de la NLS : comment dans les pays de la NLS se posent ces questions, en Flandres, en Angleterre, en Suisse, en Grèce mais aussi plus loin en Israël, Bulgarie, en Irlande, au Québec… ? 

DH

 
 
Lire LACAN QUOTIDIEN N° 272 :
 
 
 

Persiflages 1, 2, 3 , par Jacques-Alain Miller
 
▪ ICI AILLEURS ▪
 
 
Matrimonio all’italiana”?, par Paola Francesconi
 
 
▪ MARIAGE POUR TOUS ▪
 
 
Y’a des ovules dans les testicules !,  par Anaëlle Lebovits-Quenehen
 
Mariage pour tous et rapport sexuel, par Sophie Marret-Maleval
 
Touche pas à ma famille, par Hélène Bonnaud
 
 
▪ MARIAGE INTERNATIONAL ▪
 
Sur le mariage homosexuel en Grèce, par Dossia Avdelidi
 
Homosexual marriage in Denmark, par René Rasmussen
 
 
▪ DOCUMENT 
 
Du SIUEERPP
 
 
▪ ANNONCE ▪
 
LA POLITIQUE CATHOLIQUE DES CORPS

entre sacralisation et naturalisation

Mercredi 23 janvier à 21h 15, Paris

 
 
 

 

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 SOCIÉTÉ HÉLENIQUE DE LA NLS

 

5e Journée Intercartel

 Thème: «Psychanalyse et psychose»

Samedi 26 janvier 2013

10h00 – 17h00

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Lina Bebi , Both sides now

 

Amphithéâtre de l’Hôpital Général «G. Gennimatas»

Entrée libre

 

PROGRAMME 

10:00-10:15: Nassia Linardou, Les cartels dans la Société hellénique de la NLS

10:15-12:00: Cas cliniques de psychose

-Elli Pahou, « M. Leontidis : Un trouble de séparation»

-Ioulia Karali, «Je suis venu pour que tu m’aides à fuir …»

-Iro Zoubopoulou, «Les deux faces de l’objet plus de jouir, le rien et la substance. Le cas de Danaé»

Ιoanna Verigaki, «Un rire fâché»

Préside, Yannis Dimitrakos

Discutants, Eleni Molari et Despina Karagianni

 

12:00-14:00: Concepts psychanalytiques dans la psychose

-Natacha Katsogianni, «Le concept de l’holophrase dans la clinique de l’autisme»

-Dossia Avdelidi, «La causalité dans la psychose»

-Sophia Kastanidou, «Une psychose ordinaire»

-Elsa Neofytidou, «Les coordonnées diagnostiques dans la psychose»

-Nouli Apazidou, «La structure du langage et le sujet de l’inconscient»

Préside, Epaminondas Theodoridis

Discutants, Marina Frangiadaki, Nafsika Papanikolaou et Vangelis Douros

 

15:00-15:45: Les pulsions et leur destin

-Maria Themeli, «Pulsion de mort»

-Argyris Tsakos, «La psychanalyse à l’époque geek»

Préside, Thanos Xafenias

Discutant, Vlassis Skolidis

 

16:00-17:00: Le désir de l’analyste et l’Ecole de Lacan

-Despina Andropoulou, «L’inédit désir de l’analyste et le savoir du déchet»

-Yannis Grammatopoulos, «De la Société à l’Ecole : le désir et l’acte»

Préside, Réginald Blanchet

Discutants, Anna Pigkou et Georgia Massouri

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The call for contributions in preparation for the XIth NLS Congress has been taken up and so the Blog of the Congress is now on-line!

 

We invite you to read and to respond with your comments, questions and reflections to the first paper, by our colleague Eleni Rigoutsou from the Hellenic Society.

     

L’appel à contributions pour la préparation du XIème Congrès de la NLS a été entendu et doncle Blog du Congrès est maintenant en ligne!

 

Nous vous invitons à lire le premier texte, par notre collègue Eleni Rigoutsou de la Société Hellénique, et à y répondre avec vos commentaires, questions et réflexions.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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http://www.nlscongress.org/
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The call for contributions in preparation for the XIth NLS Congress has been taken up and so the Blog of the Congress is now on-line!

 

We invite you to read and to respond with your comments, questions and reflections to the first paper, by our colleague Eleni Rigoutsou from the Hellenic Society.

     

L’appel à contributions pour la préparation du XIème Congrès de la NLS a été entendu et doncle Blog du Congrès est maintenant en ligne!

 

Nous vous invitons à lire le premier texte, par notre collègue Eleni Rigoutsou de la Société Hellénique, et à y répondre avec vos commentaires, questions et réflexions.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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