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Vous trouverez ci-dessous un compte rendu de la réunion organisée la veille du Congrès de Tel Aviv à l’Université à l’invitation de nos collègues israéliens. Eric Laurent y poursuit sa conversation rigoureuse avec les neurosciences afin de maintenir la psychanalyse vivante dans ce débat. Vous pourrez lire combien la dimension de la perte n’est pas seulement à situer comme le font les neurosciences dans l’hypothèse d’un déficit neuronal explicatif, mais plus radicalement est à situer comme perte de jouissance originaire dont le sujet est précisément la réponse ! 
Ce compte rendu que nous devons à nos collègues du GIEP sera utile pour la suite des travaux de la NLS en préparation du Congrès d’Athènes. L’exposé qu’Eric Laurent a donné deux jours plus tard, le 16 juin, en clôture du Congrès et qui servira de fondement pour notre travail vers le prochain Congrès sera publié dans les deux langues de la NLS dans le courant de ce mois d’octobre ainsi que le titre définitif, l’argument et la publication de l’affiche… patience et surprises !
 
Dominique Holvoet
Président de la NLS
 
 
 
 
 

La Lecture des pertes

À propos du livre d’Eric Laurent, Lost in Cognition

         

Le jeudi 14 Juin, 2012 s’est tenue à l’Université de Tel-Aviv une rencontre qui avait précédé l’ouverture du Xe Congrès de la NLS, intitulé « Lire un symptôme ». Cette réunion a été organisée autour de la traduction en hébreu du livre Lost in Cognition d’Eric Laurent. La réunion  accueillit  l’urgence de faire le lien au transfert vers l’Ecole Une. Urgence symbolique, celle de mettre en jeu la relation de chacun à la cause analytique ; urgence imaginaire, celle de répondre où  est le corps dans le nœud borroméen ; et urgence d’un « réel affecté par sa nomination ».

Le début de la réunion fut marqué par des problèmes techniques dans la salle, en raison de l’absence de microphones. Chose qui était particulièrement défavorable aux interprètes. L’ouverture de la conférence se fit de manière informelle. Ce fut à Eric Laurent, récemment arrivé en Israël, qu’il échut de présenter les traducteurs de son livre en hébreu : Nehama Guesser, Perla Miglin, Ilana Rabin, Dafna Amit Selbst, et Schlomo Liber. Le Professeur Uri Hadar, qui était à la fois l’hôte et un des conférenciers de cette réunion, nous présenta sa position sur les tensions existant entre le pôle des sciences cognitives (et sa prééminence dans le discours universitaire) et le pôle psychanalytique. Les questions posées par l’assistance fournirent le matériel de débats fructueux et opportuns.

Le XXIe siècle, celui du cognitivisme et des neurosciences, ne modifie pas le domaine du savoir en général, mais bien ceux de la politique, de l’éducation, et de la clinique. Ces trois domaines qui, pour Freud, sont les arts de l’impossible : psychanalyser, éduquer, gouverner.

Ensuite, Marco Mauas nous présenta son exposé sur le livre de Michael Hagner « Der Geist bei der Arbeit » (2010), « l’esprit au travail », traduit de l’allemand et publié en hébreu sous le titre « Le Cerveau humain ». Marco Mauas nous a dit que Hagner donnait une vision historique de ce que l’on appelle les neurosciences et que sa lecture était principalement une prise de distance, une interrogation sévère sur la représentation visuelle des fonctions physiques et psychologiques du cerveau.

Dans sa présentation, le Dr Itzhak Binyamini nous a fait part de faits et arguments tangibles qui incarnent, et mettent en évidence, l’impasse du statut du savoir universel. Il fut confronté à ces faits lors de l’entrée de son fils en maternelle. Afin que tout soit possible pour ce paradigme scientifique, il faut exclure toute référence au sujet de l’inconscient, au ratage, à l’impossible, comme condition du sujet parlant. J.-A.Miller, dans l’argument de présentation au Xe Congrès de la NLS, montre que si l’on peut parler d’une sorte d’être, c’est de l’être du langage, ce qui crée un certain tournant.

Dans le chapitre « Perte et Cognition », E. Laurent fait valoir que « le cognitivisme de Chomsky est une chose, et les thérapies cognitives en sont une autre. Lacan maintient le dialogue avec la conception de Chomsky et s’en écarte. L’idée que les langues ont en commun la possibilité de l’émergence de la science, est complètement différente de celle qui considère que ce qu’elles ont en commun est une grammaire générative en tant qu’organe de la langue. Cette idée de Lacan est cruciale, selon Laurent. Ce que les langues ont en commun, ce n’est pas une grammaire générative mais bien la possibilité de la science. Les langues naturelles mobilisent le nombre, et c’est le nombre qui permet alors la possibilité de la science. »

 Quand on s’approche de la façon dont Lacan parle de sa lecture de Descartes, en accordant une attention particulière aux détails des « Méditations Métaphysiques », cela donne un nouvel éclairage à cette œuvre, et ainsi on en déduit que le sujet de l’énonciation est le fondement de la science.

Dans son livre, E. Laurent critique trois hypothèses, trois manières d’accéder à l’avenir de la psychanalyse, et en propose une de plus. La première conception qu’il critiqua fut celle d’Eric Kandel, qui proposa un titre très explicite en avril 1999 : « Biologie et avenir de la psychanalyse ; nouveau cadre pour la psychiatrie ». C’est un projet tout à fait cohérent : il s’agit de l’avenir de la psychanalyse du point de vue de la perspective partielle, celle qui appartient à sa place scientifique dans le domaine des sciences du cerveau. Il s’appuie sur les recherches dans le domaine du registre de la mémoire à l’intérieur du système nerveux. Ce qui lui valut le prix Nobel. Selon Kandel, ce que Freud appelle l’inconscient a, à partir de maintenant, une traduction scientifique supplémentaire : ce sont les empreintes laissées par les évènements extérieurs sur le système nerveux. C’est ainsi qu’il considère la totalité de l’expérience humaine comme une série d’apprentissages – de base pavlovienne – qui s’accumulent et fournissent la base matérielle du système inconscient. Kandel souligne que ceci revient à la proposition de Freud dans son « Projet de psychologie pour les neurologues », écrit en 1900. Kandel n’est pas psychanalyste, mais a étudié les textes de psychanalyse. En réalité, tout tourne autour d’un cercle d’intellectuels new-yorkais, composé d’analystes comme David Rapaport, qui étudia avec un groupe de jeunes dans les années cinquante. Ensemble, ils firent des recherches sur le « Projet de Psychologie » de Freud au moment où ses écrits étaient à nouveau découverts et traduits. Ce cercle de jeunes comptait des gens très capables ; il y avait parmi eux deux prix Nobel, Eric Kandel et Daniel Kahneman. Ce dernier qui avait, à l’époque, quitté Israël pour étudier aux Etats-Unis, avait été recruté dans le cercle de ces jeunes capables et doués. Finalement, deux modèles ont émergé de ce premier travail réalisé sur le projet de Freud : (1) l’économie comportementale de Daniel Kahneman et (2) la théorie de l’apprentissage d’Eric Kandel. Il convient de rappeler que ces deux courants sont fondés sur cette lecture des textes de Freud. À cette époque Lacan lisait les textes de Freud pour les convertir en l’avenir de la psychanalyse. Mais il en a fait une lecture différente de celle des jeunes du cercle Rapaport. Pour Lacan qui se basait sur les recherches des linguistes modernes, ce que Freud appelait des traces du système nerveux étaient en réalité les signifiants du langage. Il nous reste aujourd’hui deux façons de lire l’inconscient freudien : soit il est inscrit dans le corps, dans le système nerveux ou dans d’autres systèmes du corps ; soit il est hors du corps, il est Autre. Cela ressemble à ce qui se passe dans la linguistique. Soit on estime que l’interprétation du texte est dans la tête ; soit on considère qu’elle est en dehors de la tête. Pour les philosophes logiques comme pour Hilary Putnam, le sens est à l’extérieur, il n’est pas inscrit dans le corps.

Le premier concept qu’il a critiqué à partir de l’orientation lacanienne, était la réduction de l’inconscient et sa place dans le corps. Il partageait l’opinion de ceux qui s’opposaient aux théories de l’apprentissage, comme celle de Chomsky, selon lesquelles on ne peut expliquer la parole, le savoir que nous avons à propos de la langue sur base de l’apprentissage, et il inventa un organe de la langue qui n’est pas le regard de l’inconscient freudien. Cependant, son opposition entre le fini de l’apprentissage et l’infini de la langue est toujours valide. C’est aussi délicat par rapport aux mathématiques. Certains disent qu’il est possible d’étudier les mathématiques par l’apprentissage et la répétition. Au début, il y aurait des modules neuronaux simples, universels, qui permettent une protonumération. Puis il y aurait des métaconcepts et d’autres structures. Les mathématiciens eux-mêmes distinguent particulièrement l’aspect de l’apprentissage et l’isolent de la certitude de la pensée qui aboutit dans la démonstration et qui ne peut s’apprendre. En France, un grand mathématicien, Alain Connes, s’est opposé à la théorie neuronale. Il s’opposait à la théorie de l’apprentissage et, en passant, justifiait ainsi la raison pour laquelle les mathématiciens se convertissaient spontanément en disciples de Platon. Il est certain qu’il existe un monde des mathématiques qui existe en dehors, qui n’est pas un organe du corps.

La résistance de l’inconscient freudien à l’apprentissage est due au fait que le corps s’articule sur ce qui est en dehors. Le sens provient de ce mouvement de va-et-vient avec le corps, ce qui en sort : non seulement l’objet oral, anal, le regard, ou ce qui pénètre dans les yeux, mais aussi la pulsion qui attire l’attention, et qui aide le corps à s’articuler avec l’objet extérieur qui est l’Autre de la langue, l’Autre de la mathématique, l’Autre de la lettre. Il a critiqué la seconde conception, qui se trouve à l’intérieur de la psychanalyse : celle de la neuropsychoanalyse, qui considère que ce que nous avons appris sur le rôle de l’amygdale (ou de l’hypothalamus), que ce qui importe c’est le contrôle de l’émotion ou les relations de la division du système limbique ou système de contrôle du cortex frontal. En fait, cela remonte aux instances freudiennes, le ça, le moi et le surmoi. Le contrôle est le surmoi, le système limbique est le ça, et le moi, entre l’amygdale et l’hippocampe vers le cortex cérébral. Si c’était le cas, la psychanalyse ne serait pas compliquée, elle serait plutôt mécanique, et l’on n’aurait pas besoin de se déranger pour s’intéresser à ce sujet.

Sur les perspectives des sciences du cerveau, il y a aussi des précisions intéressantes sur la façon de se passer du moi. Car, au fur et à mesure de l’évolution des sciences du cerveau, on propose des modules séparés de traitement, de thèmes distincts, sans qu’un centre apparaisse clairement. Il y aurait des modules distincts, un module de traitement de l’anxiété, un autre module pour le traitement cognitif par imitation, un autre pour le traitement des couleurs, un autre pour les odeurs. Comme l’a fait remarquer un chercheur de Harvard : nous n’avons aucune idée de l’endroit où tout cela pourrait être unifié. Ainsi le Moi ne peut être l’un qui unifie. C’est précisément la raison pour laquelle la psychanalyse a essayé de trouver une autre voie. Freud l’a appelé : le moi inconscient, et Lacan l’a appelé « le sujet ».

La troisième critique est celle qui vient de la découverte du système nerveux comme système doué de « plasticité » : il est dans un état ​​de changement permanent. Certains pensent alors proposer un modèle du sinthome et de la répétition à partir de la plasticité neuronale. Le sinthome pourrait provenir d’une erreur de réenregistrement, et la répétition freudienne serait ce que l’on appelle, dans les sciences du cerveau, la reconsolidation des traces mnésiques. À cette application mécanique, à cette traduction d’un champ dans un autre, je donne le nom de « fausse synonymie » et je propose un point de vue différent. Je propose de faire la distinction entre les domaines des sciences du cerveau et de la psychanalyse. Les neurosciences décrivent les mécanismes se déroulant à l’intérieur du corps et renouvellent l’articulation entre le somatique et le système nerveux. Elles amènent à critiquer le point de vue erroné d’un cerveau qui dirigerait le corps et autres choses intéressantes. Cependant, ce qui compte vraiment dans l’expérience analytique, c’est la façon d’aborder ce qui est en dehors du corps, ce qui affecte le corps par les organes qui le relient. Quant à l’avenir de la psychanalyse, l’essentiel consistera en discussions avec les neurosciences sur ces questions de la relation entre l’Autre du langage et le corps, ce que Lacan appelle la faille épistémo-somatique.

Il semble donc que l’avenir des neurosciences n’est pas bloqué par les théories de l’apprentissage, mais par la production d’objets que l’on commence à voir apparaître comme des postiches en guise d’extensions des organes d’adaptation du corps au monde. Des postiches qui permettront aux sujets paralysés de se déplacer, de bouger des bras ou des mains artificiels commandés par des signaux forts, chose qui sera très utile. Il n’y aura pas de postiches en ce qui concerne l’objet oral, anal, le regard et la voix. Les objets libidinaux qui sont au cœur de l’expérience analytique mettront au défi les postiches psychanalytiques.

Dans le débat qui a suivi, le Professeur Uri Hadar a déclaré que malgré le fait que lui-même, tout comme Chomsky, approche ​​le langage comme un phénomène distinct, il est d’accord avec le Dr. Laurent que l’on perd quelque chose de l’essence lorsque l’on étudie la psyché avec les méthodes des sciences cognitives, et ce quelque chose c’est la question du sujet, de l’être du sujet, de la subjectivité. En outre, après avoir lu Lost in Cognition  il a demandé à des collègues neurocognitivistes s’ils reconnaissaient que les méthodes des neurosciences cognitives ne pourraient pas résoudre le problème d’être un sujet, même lorsqu’ils examinaient la conscience et la capacité de gestion, considérés comme constituants de la subjectivité. Et ils ont tous convenu que la neuroscience cognitive ne peut pas trouver une réponse adéquate aux problèmes de la subjectivité : elle est incapable de la définir convenablement ni de décrire son développement ou sa réhabilitation. Les sciences cognitives ne peuvent se substituer à la psychanalyse dans la recherche du sujet et de la subjectivité. Mais, contrairement à Laurent, selon le Professeur Hadar on perd aussi quelque chose si l’on ignore les sciences cognitives. Il voulait consacrer le reste de la discussion son objet a à décrire ce qui est perdu si on écarte les sciences cognitives.

Les sciences cognitives ses détracteurs et ses défenseurs sont du même avis dissèquent de façon objective la psyché et/ou l’être humain. Elles objectifient la psyché lorsqu’elles étudient ses régularités, sa logique sous-jacente et sa logistique. Il est difficile d’imaginer ou de décrire ce que veut dire pour un être humain d’être sans subjectivité, excepté, évidemment, si nous l’imaginons mort. Ou sinon, vivant uniquement avec les fonctions du tronc cérébral sans cortex, uniquement avec les fonctions circulatoires, respiratoires et métaboliques. Mais, évidemment, il n’y a pas beaucoup de psychologie dans cette situation. Les choses deviennent plus intéressantes du point de vue de la psychologie quand on étudie les gens qui souffrent d’aphasie totale ou d’asymbolie totale (suppression de sa fonction symbolique au sens lacanien). Cela se produit parfois après une lésion cérébrale massive. Dans ce domaine, dans lequel il est quelque peu un expert, le Professeur Hadar estime qu’aucune autre discipline n’a fait mieux que les sciences cognitives pour décrire et comprendre la perte des fonctions cognitives supérieures, y compris le langage et la parole, à la suite de lésions cérébrales. Même en étant d’accord que les sciences cognitives ne peuvent pas comprendre la subjectivité.

Eric Laurent répondit que le Professeur Hadar avait, dans son intervention, exprimé une position à la fois subtile et forte, qui rassemblait les deux parties de cette division de façon très convaincante. Eric Laurent se montra partagé sur cette question. D’une part, il appréciait la perspective qui proposait de se référer aux sciences cognitives basées sur l’étude de ce qui se passe lors de la perte de certains mécanismes neuronaux. Ces pertes peuvent s’appréhender comme des métaphores de la subjectivité : ce n’est pas Un qui s’ajoute, mais plutôt un moins, quelque chose qui ne peut s’inscrire. Ainsi, Damasio a basé ses travaux sur l’orientation cognitive en s’appuyant sur la perte des fonctions corticales du discours. Oliver Sachs transmit de manière superbe l’expérience subjective de ceux qui ont perdu des pans entiers de la fonction corticale en leur donnant une voix particulière qui résonne dans le fait que la subjectivité du locuteur repose sur une perte. Pour Laurent, la leçon la plus intéressante à tirer de la direction prise par la recherche mène au contact avec la fierté narcissique de ceux qui croient n’avoir rien perdu. C’est un apport à la santé, comme l’expérience analytique. Cela fait partie du traitement de l’anxiété par la perte. Et de ce point de vue, lorsque les sciences cognitives ont à leur service des plumes comme celles de Sachs et Damasio, elles en viennent à faire partie de l’arsenal de la subjectivité moderne quand on doit les considérer avec l’angoisse de la perte, qui est l’angoisse de la vie. C’est l’expérience humaine comprise, non pas comme une accumulation d’apprentissages, mais comprise radicalement comme une perte. Le sujet de l’inconscient, c’est ce que l’on propose pour rendre compte de cette perte. Dans l’inconscient freudien, le sujet est réponse à la perte radicale de jouissance d’où surgit le sujet.

Alors que le Professeur Hadar parlait de l’expérience de l’amnésie globale avec déficit cognitif dû à une lésion corticale, on pourrait, du point de vue analytique, prendre l’expérience clinique de l’amnésie de l’identité sans lésions corticales. Le tableau clinique de l’amnésie de l’identité présente l’étonnant paradoxe du sujet qui peut faire usage de tout son savoir, les langues étrangères, les mathématiques, tout en ne sachant pas que lui c’est lui. On n’oublie pas les apprentissages de toutes sortes, mais on oublie tous les souvenirs, y compris ceux qui sont personnels.  Le tableau clinique de la clinique classique ressemble un peu à l’inverse du point de départ de Descartes, dans une situation naturelle, clinique. Descartes distinguait le savoir, qu’il pouvait mettre en doute, de la certitude du Moi, dont il ne pouvait douter : « Cogito, ergo sum ». L’amnésie d’identité est l’inverse ; les savoirs sont préservés tandis que le moi se perd. C’est un doute hyperbolique de l’ « ergo sum ».

 

 

Transcription du texte d’Eric Laurent : Amram Guli et Dafna Amit Selbst
Compilation : Perla Miglin et Antoni Vicens
Texte revu par Eric Laurent.

 

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GIEP-NLS – Israeli Association of the New Lacanian School of Psychoanalysis 
 
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“What Do We Call Psychosis” 
Symposium 
Saturday October 20th 2012 
9:30-15:15

 

 

Program:

9:00-9:30 – Coffee and registration

9:30-10:45—Conversations of the School : “From the Forced Invention to A Belief in the Symptom”
Six interventions:

Samuel Nemirowsky

Susana Huler

Mabel Graiver

Claudia Iddan

Perla Miglin

Sergio Myszkin

10:45-11:00 – Break

11:00-12:00— Discussion

Moderator: Samuel Nemirovsky

12:00-12:45 – Break and Refreshments

12:45-13:15—Clinical Cases

Marco Mauas: “Analyst Sinthome”

Assaf Vakning: “Do it Moves”


13:15-14:00 – Discussion
Moderator: Sharon Cohen-Zvili

14:00-14:30— Clinical Cases

Shlomo Lieber: “From an ‘Ordinary’ existence towards a Break”

Yulia Perelman: “The Sun Has Eyes”


14:30-15:15 – Discussion

Moderator: Tamar Gerstenhaber

 

Bialik 26 Tel Aviv
 


 

 

 


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REPORT ON ICLO-NLS OPEN SEMINAR

 

Dublin, 20th October 2012

 

On Saturday 20th October, ICLO-NLS held the first of its two open seminars for this year on Lacan and the Arts. The title of this event was “All Our Fathers: Literature and Psychoanalysis in Dialogue” with Carlo Gébler. The event was held in the Dublin Writers Museum and it was very well attended with many people participating in the dialogue. Indeed these open seminars have been specifically organised qua structure and content with the larger public in mind.

Florencia Shanahan (chair of ICLO-NLS) opened the seminar. She began by asking the question what psychoanalysis can learn from the artist. She explained that based on Freud and Lacan it is indeed important to ask the question what psychoanalysis can learn from the artist rather than how psychoanalysis can be applied to art. In introducing the day as an exploration of the functions of the father and of writing, she quoted J-A Miller on ‘reading one’s own unconscious’: “…that book of which only one copy has been printed, whose virtual text you carry everywhere with you and where the script of your life is written, or at least its rough draft”. She thanked the artist Clodagh Kelly for providing the painting for the poster.

Then the writer Carlo Gébler spoke about his life, his work, his relationships with his parents, more especially his father. He spoke for well over an hour. His was a dazzling performance that fascinated everyone in the audience. Particularly outstanding was his openness about his experiences and his vulnerabilities. He said that his writing had a lot to do with being recognized by his father; he wrote for his father. Carlo had been introduced by the psychoanalyst and Trinity College scholar (emeritus) Ross Skelton. After Carlo’s enthralling talk Ross conducted a brief interview with him dealing with such questions as the relationship between analysis and writing. After this interview a lively conversation took place between Carlo and the audience. In this conversation what was explored, amongst many other things, was the question of writing as a form of therapy. Carlo had mentioned that he had been in analysis and made the point that for him writing was very much of therapeutic value, as he called it.

After the coffee break everyone returned for a session called “Psychoanalytic Perspectives on the Father”. This section of the seminar was chaired by Lorna Kernan. Three ICLO members presented papers on the question of the father. Claire Hawkes presented an overview of Freud’s ideas on the topic, whereby she especially concentrated on The Oedipus Complex, Totem and Taboo and the Father from Moses and Monotheism. She finished her paper by referring to Irish writer Frank O’Connor’s beautiful short story “My Oedipus Complex”. The second paper in this section was presented by Joanne Conway. She spoke Lacan’s perspective on the crucial problem of the father. She argued that there is still an element of anatomical/biological reductionism involved in the Freudian conceptions of the father. Rather than considering the real protagonists Lacan emphasized the structure that is at stake in the question of the father, at least that was the case of the Lacan of the 1950’s with his emphasis on the Name-of –the-Father and the paternal metaphor. She said that in terms of the drives the operation of the paternal metaphor imputes a mediating effect permitting other pathways the child can enjoy. However, she also mentioned that already as far back as 1938 Lacan was concerned about what he called then the degradation  of the paternal imago; an idea that would be taken up by the third and last speaker Alan Rowan. He spoke about the changed idea and function of the father in modern society. He outlined a number of contemporary changes, such as mothers increasingly participating in work, single parent families and other socio/cultural/economic factors. In place of the paternal function we are nowadays talking about a parental function. He argued that the changed role of the father has consequences for the way we suffer. He also brought to our attention the crucial idea that “our question concerning fatherhood in the twenty first century cannot be separated from the question of the symbolic in the twenty first century”, i.e., we live in a globalised world and one the side effects of this is, as J-A Miller has pointed out, that the subject is today, more than before, without a compass. Towards the end of his presentation he said that it is in this context that we must pose the question of the nature of a fatherhood that can no longer rely on an ideal or grander narrative.

It was this last point that became the starting point of a lively discussion with the audience after Carlo Gébler and Ross Skelton had been invited back to the podium for a panel discussion with the presenters and the audience. Amongst the many themes that were discussed and debated was the idea of parenthood and the changed reality of what fathers and mothers are for – and how they relate to – their children. Questions were raised and debated as to how this related to feminism and even how the changed father-role could have possibly be one of the factors that contributed to the rise of fascism in the 20th century. I will leave the last word to Carlo Gébler: “If there is anything that determined me as a writer and as a person, it is the voices of my parents”.

 

Rik Loose (ICLO-NLS)

 

 

WORLD ASSOCIATION OF PSYCHOANALYSIS

 

NEWS FLASH!

 

 

Dear colleagues,

 

With great pleasure we inform you that since August 28th we have the volume that contains -in Spanish- the papers presented at the plenary sessions of the VIIIth WAP Congress, “The symbolic order in the 21st century. It’s not what it used to be. What consequences for the treatment?”, held in Buenos Aires fro 23rd to 27th April 2012.

 

Both its presentation and its contents reactualize the intense and fruitful work of our colleagues: “The pass”, “The analytic practice”, “The epoch”, “Subjectivities in the age of technoscience”, “The clinic”, are some of the titles you will find developed there,; and also, as closing, the presentation by Jacques-Alain Miller of the theme of the next Congress to be held in Paris, orientating once again the pathway for the next two years.

 

The WAP will soon undertake and encourage the publication of this volume in the other languages of the School One.

 

 

Buenos Aires, 31th August 2012.

 

 

Flory Kruger Leonardo Gorostiza

VIIIth Congress Director WAP President

 

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Lacan Circle of Melbourne

 

Seminar on Fundamental Texts

 

Wednesday 12 September, 7.30pm – 9.00pm

1888 Building, University of Melbourne, Grattan Street, Carlton

 

 

Jacques Lacan, Seminar 19, . . . or worse (1971-1972)

 

The Seminar on Fundamental Texts recommences this Wednesday, when we embark on a detailed study of Lacan’s, Seminar 19, … or worse (1971-1972). All interested in studying psychoanalysis in the Lacanian Orientation are welcome to attend. If you would like to participate but are unable to attend the first meeting this Wednesday, please contact me.

 

This seminar chants the disharmony of the sexes. Lacan’s now-famous theorem, “There is no sexual relationship”, finds its origin in this seminar in the discussion of modal logic, the logic of contingency; in the place of a gap in the symbolic, there are myriad seductive images, prescriptive discourses, recommendations for achieving wellbeing —all just so many semblants whose inadequacies psychoanalysis exposed over the course of the 20th century. Marriage a natural alliance? Sex a natural attraction between man and woman? What fictions have to be maintained in order for such longstanding cultural reference points to be upheld? And what ensues when they are disturbed? Will things be better . . . or worse?

 

The thesis, “There is some One”, “Il y a de l’Un”, discretely introduced in this seminar, raises the question of the solipsism of the subject’s jouissance. This is the start of Lacan’s final years of teaching, in which everything is both the same and different, where everything seems to be turned upside down, renewed and recast in many new ways. Whereas Lacan had previously upheld the primacy of the Other in relation to truth and desire, here he speaks of the primacy of the One in the dimension of the real. He downplays desire and stresses jouissance, insisting on the inexistence of the Other, stressing its fictional nature. (See JA Miller’s “Note” on the seminar.)

 

The French edition of the seminar is available from Amazon.fr, the Gallagher translation from the usual sources, and a recent translation of a series of talks Lacan gave at Sainte Anne Hospital the same year will be made available.

 

This text of Lacan’s is an ideal place to start for anyone interested in exploring his later teaching. Contact me if you are new to this seminar on fundamental texts and would like to participate.

 

Russell Grigg

ragrigg@gmail.com.au

 

 

 

 

KNOTTINGS 2012-2013

 

Psychoanalysis and the Psychotic Subject
From Forced Invention to Belief in the Symptom

 

Concept of ‘Knottings

 

The ‘Knottings’ Seminar of the NLS, has the function –as its name suggests- of weaving the working ties within the whole of the School, in a combinatory way that pierces bilateral ties. Organised by the Executive Committee of the NLS, it brings together colleagues from the 5 Societies, plus the Polish groups. The axis of the Knottings is the Congress of the School, which this year will take place in Athens on 18 and 19 May 2013.

 

The Knottings allow other voices of psychoanalysis in the Lacanian way–which is one-, to be heard. Their richness lies in this confrontation of languages at the heart of the most heterogeneous of the Schools of the WAP. This diversity is homologous to our object’s matter itself.

 

The title, the argument, the bibliography, Eric Laurent’s intervention in Tel-Aviv, are to be published to the rhythm of the preparation of the Congress theme, in a continuous work-in-progress. Circulated via NLS-Messager, they will be published on the NLS website: https://amp-nls.org. The website, which is undergoing complete renovation, will offer new tools for this work.

 

In each location, three papers will be presented and discussed: a theoretical introduction by a member of the Executive Committee, two clinical presentations, by one member of the local group and by a guest from another group. The President of the local group is responsible for chairing and reporting.

 

Programme

 

You will find below the programme for the next three ‘Knottings’ seminars. The programme for the other Knottings seminars scheduled for 2013 will be announced later.

 

 

For the Executive Committee of the NLS

Dominique Holvoet and Nathalie Laceur

 

 

15.09.2012 – ASREEP-NLS

Location: Geneva

Introduction: Dominique Holvoet (EC)

Clinical Cases: Lieve Billiet (Kring voor Psychoanalyse van de NLS); Beatriz Premazzi (Asreep-NLS)

President: Renato Seidl

 

24.09.2011 – Hellenic Society of the NLS

Location: Athens

Introduction : Dominique Holvoet (EC)

Clinical Cases: Sharon Zvili (GIEP); Helene Molari (Hellenic Society)

President: Epaminondas Theodoridis

 

27.10. 2012 – Circle of Warsaw & Circle of Cracow

Location: Poznan

Introduction: Yves Vanderveken (EC)

Clinical Cases: Anna Pigkou (Hellenic Society); Alina Henzel-Korzeniewska (Circle of Cracow)

President: Grazyna Skibinska

 

 

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COMMUNIQUE
 
 
We have just heard from the president of the ECF of the nomination of two new Analysts of the School (AS), Marie-Hélène BLANCARD and Bernard PORCHERET.
 
The Executive Committee of the NLS welcomes these news and addresses to both colleagues their warm congratulations.

 
Jean-Daniel Matet also announced that the ECF Study-Days, to be held in Paris on 6th and 7th October on the politics of psychoanalysis (Autism and psychoanalysis), will give us the opportunity to hear their first testimony, expected as a teaching for the School.

 

For the EC

Dominique Holvoet
President of the NLS

 

 
Communique of the EFP
 
As it has already been announced, the Second European Congress of Psychoanalysis(PIPOL 6) will take place in Brussels, on July 6th and 7th 2013, at the SQUARE Brussels Meeting Centre. It will be entitled: «After Oedipus: The Diversity of Psychoanalytic Practice in Europe». Two years after the EFP founding Congress held in July 2011, this second Congress will be a time of supplementary punctuation in this project which brings together the psychoanalytic community in Europe, and which constitutes a “material force” in our approach of politicians and officials at the European level. In a few days, we will begin to disseminate information about this major event. The arguments, texts, debates, practical information and other will be distributed primarily through the electronic list PIPOL NEWS, in the four languages of the EFP: French, English, Italian and Spanish. Currently this list reaches 1630 subscribers. If you have not yet subscribed to the list, we strongly encourage you to do so now, by sending a blank email to the following address: pipolnews-subscribe@yahoogroupes.fr Also, if you have any questions or comments to pose to the instances of the EuroFederation, please do not hesitate to write to: info@europsychoanalysis.eu. We will pay attention to each email, one by one, and you will receive a reply.
 
For the Bureau of the EFP

Gil Caroz, President