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Très cher(e) collègue,

« Devant le fou, devant le délirant,
n’oublie pas que tu es, ou que tu fus, analysant,
et que toi aussi, tu parlais de ce qui n’existe pas »
Jacques-Alain Miller, Clinique ironique

 

Vous  n’ignorez pas que dans cinq mois, les 18 et 19 mai 2013 nous nous retrouverons à Athènes pour le XIè Congrès de la NLS qui sera l’occasion de fêter les 10 ans d’existence de notre Ecole. Une Conversation des membres ponctuera l’événement le vendredi 17 mai après-midi afin de savoir ce que veut la Nouvelle Ecole Lacanienne pour le XXIè siècle !

Le thème du Congrès, amorcé par Eric Laurent à Tel Aviv, portera sur les impacts de la science et du capitalisme sur notre clinique, à partir de ce que nous appelons « psychose ». Il s’agira de produire du neuf à partir de ce que nous enseigne la psychanalyse, notre analyse et notre pratique. Quels modes originaux de nouage, quelles inventions toujours symptomatiques, ou encore  quels modes typiques, tel parlêtre a trouvé pour joindre le corps à la parole ? Il n’est pas exclu, dans l’orientation de Pipol VI, que l’on prenne la question à partir de sa propre expérience d’analysant, ou encore d’analysant-intervenant en institution.  Car cette jointure du corps à la parole ne tient jamais complètement pour aucun, ce qui fait vaciller la catégorie des psychoses à la fin de l’enseignement de Lacan. Ce congrès devra en tirer les conséquences. C’est en tout cas à partir d’un autre nouage que celui du Nom-du-père que la question sera envisagée, dans la logique du congrès précédent où nous explorions comment le sinthome comme écriture impactait le corps et appelait non plus son interprétation mais sa lecture.

Les informations pratiques, les festivités, les modalités concrètes, tout cela se prépare activement. Le point-infos c’est le nouveau site de la NLS où vous pouvez d’ores et déjà vous inscrire au Congrès. Je vous invite à découvrir ce site, pour redécouvrir ton Ecole, rubrique par rubrique.  Il ne lui manque plus que ta contribution !

Je lance un appel à contributions, pas encore pour le congrès lui-même, mais pour sa préparation. Je vous invite à envoyer à Florencia Shanahan avant la fin du mois un texte de maximum 3500 signes (espaces inclus en anglais ou en français) qui présente l’éclair de la question telle qu’elle surgit pour vous en ce moment, à partir d’une lecture, d’une vignette clinique, d’un moment d’analyse, d’une séance de contrôle, d’un travail de cartel, d’un film,…  Relisez l’intervention d’Eric Laurent ainsi que l’argument, tous deux disponibles sur le site en téléchargement pdf en français et en anglais. Jetez un œil sur la bibliographie sur le site. Les contributions seront mises en ligne sur un blog par les bons soins de Florencia Shanahan. Les collègues pourront ensuite y réagir en ligne !

Au nom du Comité Exécutif et de l’équipe du Congrès, c’est le moment de présenter à chacune et à chacun nos meilleurs vœux pour l’année 2013 et de vous donner rendez-vous sur le site de la NLS, sur le blog ainsi que sur nls-messager avant de nous retrouver au Congrès d’Athènes pour un moment de travail in presentia.

 

Dominique Holvoet

Président de la NLS

 

 

Contributions à envoyer à florenciashanahan@gmail.com avant le 31 janvier 2013

www.amp-nls.org

 

 

 

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HURLY-BURLY
 

 

 
“In this respect, I would like to iterate just what an instrument
of public service the journal of the New Lacanian School is”

Éric Laurent

 

 

On Philippe La Sagna’s “Séglas and the System of the Malicious Other”

 

 

 

Under the aforementioned title, Philippe La Sagna elaborates the main ideas underlying Séglas’s theoretical approach and work. Starting from the asylum of the Salpêtrière, where “the clinic of hallucination was the crux of the clinician’s work”, we become familiarized with the historical context of Jules Séglas. In addition, we can witness the modifications in his thinking over time and the contributions he made to our approach to clinical practice. 

 

With reference to Séglas, La Sagna presents us with the hallucinatory phenomenon, especially the “little Séglasian revolution” according to Lacan, which is the verbal psychomotor hallucination. This is the beginning of an exploration of the minute differences between the various types of hallucinatory phenomena. This allows for a great variety of questions to be posed. For instance, what differences are there between auditory and verbal psychomotor hallucinations?  Is there a link between hallucinatory phenomenon and delusion? How can hallucinations be mistakenly identified with obsessions? What kind of misrecognition is taking place?

 

Apart from this, La Sagna provides us with further details concerning the opposition between two major poles of psychosis, specifically melancholia and paranoia. Beginning with Cotard’s syndrome, La Sagna differentiates melancholia from paranoia based on Séglas’s conception. Delusion of negation and ideas of negation, vastness and megalomania, emotions and intellectuality are some of the elements that contrast with each other.

 

In 1934, Séglas criticizes the notion that a hallucination is “a perception without object” – according to the definition given by Benjamin Ball- and thus he produces his own first theory of hallucination. Here is where Lacan and Séglas meet each other. Obviously, here the hallucination is being removed from the domain of sensation and being placed on the side of language. First and foremost the question now is “who is speaking”? “Contrary to what used to be believed, the source of auditory hallucination is not external to the subject but within the subject”, says La Sagna.  Additionally, for Lacan, the delusion itself is an elementary phenomenon; for Séglas, hallucination – an elementary phenomenon par excellence – is a delusion.

 

Philippe La Sagna’s lecture is followed by a fruitful discussion with the other participants of the seminar. With Jacques-Alain Miller’s guidance, questions and remarks, certain topics of Séglas’s theory are put forward for further clarification. I am convinced that this article will be very useful to all who are eager to study the subtle distinctions presented to us, in order to prepare their work for the next NLS Congress in Athens.

 

Thanos Xafenias

 

 

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PIPOL NEWS 13

7.01.2013

Français

Vous
trouverez ci-dessous une version courte du texte d’introduction aux
Simultanées
de PIPOL 6 qui se dérouleront sous le titre : « La cas, l’institution,
et mon expérience de la psychanalyse ». La version complète
de ce texte peut-être consultée en cliquant sur :
PIPOL NEWS 2

 Un
appel à contributions pour les simultanées sera diffusé
prochainement.

 

Le cas, l’institution, et mon expérience de la
psychanalyse

Introduction aux simultanées cliniques de PIPOL 6

(Version courte) 

L’institution est une
manifestation du discours du maître. L’ancien paradigme de
l’institution est l’Œdipe familial1.
Néanmoins, en épinglant le monde contemporain par
l’expression Après l’Œdipe, Jacques-Alain Miller
nous conduit à élargir notre grille de lecture des institutions
sociales ou de soin. Après l’Œdipe d’autres
éthiques sont venues orienter les institutions, suppléant
à la fragilisation du lien familial et occupant la place vacante
laissée par le père. Dans ce nouveau paysage institutionnel, les
cas les plus heureux sont ceux qui se laissent orienter par la psychanalyse.

Dans le Champ freudien, la question
du mode de présence de la psychanalyse dans une institution est
étudiée depuis de longues années. On
s’aperçoit que le praticien qui a l’expérience de la
psychanalyse a très souvent un rapport juste et un savoir-faire
inédit avec le réel de la clinique. Nous voulons expliciter ce
point lors des simultanées de PIPOL 6.

Du discours et de lalangue en
institution

L’orientation de la
psychanalyse en institution passe par un effort de bien dire, mieux dire, dire
autrement.
À la place de « il vole
tout le temps », on préfère : « il
décomplète l’Autre ».
À la place de « il est
très violent », on préfère :
« il passe souvent à l’acte », le passage
à l’acte étant une parole qui passe dans le « faire »
faute de pouvoir se dire.
À la place
de « il est hyperactif », on préfère :
« la jouissance lui fait retour dans le corps ».

Cet effort d’arracher le
discours ambiant de l’institution aux coordonnées imaginaires,
éducatives ou « scientifiques » de
l’événement clinique aux fins de le localiser dans la
structure, n’est pas un simple humanisme de bonnes intentions car, quand
on dit les choses autrement, on les modifie.
À la longue, ces formules deviennent un langage institutionnel
qui détermine une politique de l’institution face au
réel de la clinique. En même temps, un praticien qui a
l’expérience analytique réinvente à chaque fois, en
fonction du cas, un bien-dire inédit, qui se décale du langage institutionnel
commun, quel qu’il soit.

D’où vient cette capacité
d’invention ?

C’est que de faire la lecture
de sa propre lalangue dans son expérience de la psychanalyse, le
praticien est aussi bien disponible à lalangue d’un autre.
Il lit dans la narration du sujet ce qui est écrit au-delà de
l’écran du langage. Cette lecture du langage le plus privé
du sujet permet au praticien de répondre de façon inventive,
au-delà du langage institutionnel.   

L’institution comme canevas de
la lettre

Lire lalangue ne
nécessite pas toujours un effort de traverser la narration du sujet,
puisqu’à l’occasion lalangue est à ciel
ouvert. Dans ce cas, le praticien s’immisce dans cette lalangue en
participant et encouragent le sujet à élaborer un travail de la
lettre et ainsi enrichir sa lalangue, sans insister à comprendre
ni se précipiter à plaquer un sens sur ce langage privé.
Tous les éléments de la structure institutionnelle sont à
disposition pour mettre en œuvre ce travail de la lettre : les
espaces, les portes, les véhicules, les activités, les ateliers,
etc. Ce partenariat « sujet-praticien » peut alors
dessiner des circuits pulsionnels et y circuler, border une jouissance
affolée qui éclabousse les alentours, pluraliser un Autre
persécuteur et trop consistant, condenser hors corps une jouissance qui
envahit le sujet, faire une rencontre d’un essaim de signifiants qui
permettent au sujet de s’engager dans la voie d’un sinthome
singulier.

De la langue privée à
la langue publique

Mais il n’y a pas que la
lettre. Dans d’autres cas, le lien de travail se tisse par un arrachement
du sujet à la dimension autistique de sa lalangue, afin de la
verser dans le langage. C’est une application du principe lacanien
concernant les enfants autistes : « il y a sûrement
quelque chose à leur dire »2. Ce principe est
ainsi élargi au-delà de l’autisme stricto sensu vers
la dimension autistique de tout sujet. Il s’agit justement de parler avec
ce qui ne s’adresse pas à l’Autre, en introduisant lalangue
dans le dialogue. Le patricien soumet alors au sujet l’hypothèse
d’un Autre du code. Le sujet dit : « aïne né
ka la audornuit ? », et le patricien lui répond :
« mais si, Nadine est là aujourd’hui, elle est dans la
cuisine ». La substance institutionnelle ne sert pas ici de canevas
pour tracer la lettre, mais offre une matière à la construction
d’un Autre.

Un élément majeur dans
cette construction de l’Autre est la réunion
d’équipe. Celle-ci opère comme un au-delà du
praticien auquel ce dernier peut se référer. Si toute
séance analytique implique la présence de l’Autre du
langage comme tiers, la réunion donne souvent la consistance
nécessaire à ce tiers dans le travail institutionnel. Ce lieu
d’au-delà où la parole s’incarne dans plusieurs voix
qui s’échangent allège le poids du rapport imaginaire entre
le praticien et le résident, forgeant dans les certitudes une forme de
dialectique.      

Avoir l’expérience de la
psychanalyse

Il faut avoir
l’expérience de la psychanalyse, avons-nous dit, pour lire lalangue,
d’abord la sienne, ensuite celle de l’autre. Ajoutons : il
faut faire l’expérience de sa propre jouissance pour la manier
dans la rencontre avec l’autre, sans passer par le père, la
castration, la justice, la morale. Ou encore : Il faut connaître le
divan pour se passer des idéaux d’une institution, et s’en
servir à la fois.

Pourtant, le savoir-faire du
praticien n’est pas établi. Tant que l’analyse n’est
pas finie, ce savoir ne se sait pas, néanmoins, il transperce aussi bien
le savoir qui s’élabore dans l’institution que la doctrine
psychanalytique en général.

Eh bien, le projet audacieux des simultanées
de PIPOL 6 sera d’approcher, par des dires, ce point indicible, en
mettant en évidence le triangle qui se forme entre le cas,
l’institution et l’expérience de la psychanalyse du
praticien. Des praticiens analysants, qu’ils soient analystes ou pas,
parleront à partir d’un cas, de la façon dont ils ont pu
s’appuyer sur leur propre expérience de la psychanalyse pour lire lalangue,
la soutenir, la verser dans le langage public et manier le discours de
l’institution pour extraire et soutenir les solutions inventives du
sujet. 

Gil Caroz,

Directeur de PIPOL 6

EuroFédération de
Psychanalyse

1  LAURENT E., « Institution du fantasme,
fantasmes de l’institution », Feuillets du Courtil, n°4,
avril 1992.

2  LACAN J., « Conférence à
Genève sur le symptôme »  (1975), in Bloc-notes de
la psychanalyse
, n°5, 1985.

 

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The Other Side of the Image
The Gaze as Viewed by Freud and Lacan

Claudia Iddan’s book

Images intégrées 2  It has been claimed that images, especially photographs, that which is seen, have a decisive influential power; that a single photograph can outweigh a thousand words. 

Indeed, a photograph’s ability to fascinate in immense, and therein lies its strength. There is a direct relation between the image’s strength and the extent to which it can delude and mislead us. On the other hand, images are those that express our intimate truth via dreams, they serve as another path for the emergence of the unconscious. What is, then, the other side of the image, of that which his seen?  It is the activity of the drive, which enabled the delineation of the object in psychoanalysis as one that is created and receives its status by its very loss. These relations between visibility and lack of visibility raise numerous questions.  This book offers two major directions for addressing the questions evoked by the imaginary dimension.

One direction is connected to the gaze in general and the way it has been conceptualized in psychoanalysis according to Freud and Lacan. Freud did not explicitly single out the gaze as an object alongside the other objects introduced by him (oral, anal, and phallic); Lacan singled out the gaze and added it the list of objects alongside the voice and nothingness.  Claudia Iddan‘s book tries to unfold different aspects the touch upon the essence of the object gaze – that exist already in Freud’s work and are accentuated by Lacan – that establish it as a paradigm for the formation of the object.

The second direction includes touching upon photographic material from the period of Second World War, period of the Holocaust, and consider the part played by the gaze therein. For that purpose, several photographers were selected, representing different points of view: German photographers that acted on behalf of the Nazi ministry of propaganda, a Jewish photographer, George Kaddish, who was active in Kovna Ghetto, and the photographer Lee Miller, who accompanied the Allied troops on the invasion to Normandy and the liberation of the concentration camps.  

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​​Images intégrées 1

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Inscriptions en ligne: www.europsychanalyse.eu

Renseignements : +32 (0)483 365 082 | info@europsychanalyse.eu 

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Inscriptions en ligne: www.europsychanalyse.eu

Renseignements : +32 (0)483 365 082 | info@europsychanalyse.eu 

 

 
                                                 iNWiT 8/9, la revue néerlandophone de la NLS

                                                                   
                                                                Sortie du numéro 8/9 en décembre 2012

L’éditorial en français, la table des matières et la couverture de iNWiT 8/9, la revue néerlandophone de la NLS, figurent en pièces jointes.

 

 

The London Society

of the New Lacanian School


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SOCIÉTÉ HELLÉNIQUE – NLS
2e Conversation du TyA à Athènes

Toxicomanie : une solution subjective ?

Samedi 3 novembre 2012

Rapport par Eleni Rigoutsou, membre de la SH-NLS

Le samedi 3 novembre 2012 s’est tenue, à l’amphithéâtre de l’Hôpital Général d’ Athènes « G. Gennimatas », la 2e Conversation du TyA à Athènes avec la participation de notre invité Pierre Malengreau. Cette journée de travail a été organisée par le réseau TyA-Grèce en collaboration avec la Société Hellénique de la NLS.

Devant un auditoire de 70 personnes, Epaminondas Theodoridis, responsable du réseau TyA-Grèce, a introduit le thème de la Conversation en rappelant la thèse de J-A Miller : l’addiction est  « la racine du symptôme qui est fait de la réitération inextinguible du même Un », c’est-à-dire que cette jouissance de l’Un ne s’additionne pas mais se réitère. L’addiction comme racine du symptôme est l’incidence du langage sur le corps vivant, ce choc initial hors de tout sens.

Ensuite, Pierre Malengreau – membre de l’Ecole de la Cause freudienne (ECF), analyste membre de l’Ecole (AME) et enseignant à la Section clinique de Bruxelles – a ouvert les travaux par son intervention : Le sujet dit « dépendant » et ses partenaires.
Il s’est posé la question du statut de la
dépendance : est-elle une solution, un symptôme?
Le symptôme est un repère qui oriente la jouissance singulière d’un sujet sur la manière dont il traite cette jouissance.

Comme P. Malengreau l’a souligné, dans certains cas ce repère est absent et il faut transformer la consommation en symptôme. Dans d’autres cas, ce repère est tellement présent que nous pouvons à juste titre nous demander s’il convient de le mettre en question. Et dans d’autres cas encore, la consommation brouille les pistes, et notre travail alors est de chercher de quel symptôme le sujet se protège. Il s’agit dans ce cas de déplacer l’attrait de la consommation vers ce qui a réellement valeur de symptôme pour lui.
La mise en forme symptomatique d’une jouissance constitue une situation favorable pour l’analyse.

Un sujet dépendant d’un objet de consommation est souvent un sujet en manque de symptôme.
Se demander si une dépendance a valeur de symptôme est donc une question cruciale pour la direction de la cure. Mais c’est aussi une question cruciale pour le sujet lui-même. La psychanalyse appelle le sujet à prendre position, à être responsable de ce qui lui arrive.

En présentant le cas clinique d’un homme dépendant, Pierre Malengreau a souligné 3 points:

A travers les échecs, les impasses et les répétitions, le sujet dépendant nous apprend ainsi qu’il y a toujours une jouissance en trop, une jouissance au-delà des limites de l’humain1.

P. Malengreau s’est donc posé la question : que peut-on attendre d’une psychanalyse ?
“Une psychanalyse est la cure qu’on attend d’un psychanalyste”
2.
Autrement dit, la psychanalyse dépend de la relation qu’un psychanalyste entretient avec le discours analytique du fait de son propre engagement dans une psychanalyse
3.
Jacques-Alain Miller parle du
Lieu Alpha4:

La question pour P. Malengreau est de savoir comment se faire partenaire d’un sujet qui ne trouve pas dans le symbolique un appui suffisant pour traiter sa jouissance.
La dimension paradoxale de la démarche du
sujet dépendant s’avère être au fil des séances, un problème de nomination qu’il n’arrive pas à transformer en symptôme.
Il y a deux formes de nomination. L’une «consiste à réduire la nomination à une désignation»
6. L’autre approche de la nomination considère que le sujet se nomme lui-même quand il parle. Il s’agit dès lors de penser un autre usage de la parole, un usage de la parole tourné vers l’impact que les mots peuvent avoir sur le corps avant toute détermination de sens.

Après l’intervention principale, trois collègues grecs, membres de la Société Hellénique de la NLS qui travaillent dans des institutions pour toxicomanes, ont présenté des cas cliniques qui ont été discutés avec le public et commentés par Pierre Malengreau.

Thanos Xafenias a présenté trois cas de femmes toxicomanes qu’il suit au programme de substitution où il travaille. Ce qui caractérise ces trois cas est l’absence d’une question de la part du sujet et de sa relation à l’Autre. P. Malengreau a souligné qu’il y a l’Autre de la rue, l’Autre du programme et l’Autre de la parole. Dans ces cas, ce qui favorise le transfert c’est que l’analyste respecte la volonté des sujets de parler ou de ne pas parler.

Despina Andropoulou a présenté le cas de Théodora, jeune fille toxicomane qui invente différentes réponses, toutes au caractère temporaire, afin de se faire intégrer et de s’extraire du chaos du réel. P. Malengreau a mis l’accent sur la relation à l’analyste qui la stabilise.

Artemis Xeila a présenté le cas d’Aphrodite, jeune femme toxicomane de 27 ans, qui se met en position de déchet dans son rapport à l’Autre afin de trouver une identité. P. Malengreau a distingué deux faces chez cette femme: celle du passage à l’acte qui se drogue et celle qui dialectise ses pensées, ses relations et utilise le transfert afin qu’elle puisse construire une solution.

Ces exposés témoignent de l’éthique qui préside au travail avec ces sujets dits toxicomanes, un travail orienté par la psychanalyse qui n’efface pas la singularité du cas.

1 Pierre Malengreau, « Clinico del toxicomano », Pharmakon, 2010, 11, p.38.

2 Jacques Lacan, « Variantes de la cure type », Ecrits, p.329.

3 Pierre-Gilles Gueguen, « L’addiction généralisée », conférence à Saint Brieuc, 2012, inédite.

4 Jacques-Alain Miller, « Vers PIPOL 4 », Mental n°20, p.186.

5 Jacques-Alain Miller, ibid, p.187.

6 Eric Laurent, « Une psychanalyse orientée vers le réel », L’avenir de l’autisme, p.117.